27/07/2016

BONNES VACANCES QUAND MEME !

Nous avions pris de mauvaises habitudes dans notre oasis bienheureux, au milieu d'un monde violent : penser que notre vie était presque éternelle, tant que nous n'étions pas très vieux, qu'il était normal de manger à sa faim, et même bien plus, et de n'avoir de choix difficiles à faire que pour notre confort et nos cadeaux d'anniversaires ou de fin d'année.

Les grands pédagogues des armées islamistes, chrétiennes, sionistes et autres bouddhistes nous rappellent, tout près de chez nous, que notre vie, parmi 7 milliards d'humains est fragile et ne vaut pas grand' chose. Que notre richesse, parfois indécente et qui repose en partie sur le malheur de beaucoup d'autres, sera remise en cause, que cela nous plaise ou non. Que nos têtes mêmes ne sont pas à l'abri d'une lame tranchante comme les français en ont utilisé allègrement pendant deux siècles !

Nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours à la Disney, ou encore plus soft - Disney, c'est parfois très violent ! Nous vivons cernés de militaires et de policiers surarmés dont beaucoup rêvent de jouer avec leur matériel, comme dans les jeux vidéos, de prêtres qui, au niveau mondial, prêchent plus souvent l'intolérance que le respect des autres, et de marchands d'armes prospères qui voudraient nous faire croire qu'elles ne seront jamais utilisées qu'à l'autre bout du monde.

Notre monde est dangereux, violent, injuste et nous n'avons pas d'autre choix que de vivre avec et de le faire accepter, tel qu'il est, à nos descendants, en essayant de ne pas le leur pourrir encore davantage. Pour ça, pas d'autre solution que d'équilibrer, par autant de bonheur et de plaisirs, les agressions et le tapage d'un monde hostile. Comme les vacances rééquilibrent un peu le moral de tous ceux dont le travail n'est guère heureux...

Alors, pour les vacances, des jeux, de l'humour, de la science et de l'amour, comme on vous en propose dans deux numéros d'été de haute tenue de Siné Mensuel et du Psikopat :

Psiko 288-1.jpg

SM55_COUV.jpg

 

18/07/2016

Les « bons » et les mauvais terrorismes

Nul doute que l’attaque au camion de Nice est l’un des actes les plus cruels et « inhumains » qui puisse se concevoir. Rien n’excuse celui qui l’a commis et ses éventuels commanditaires, quelques soient leurs raisons. Cela dit, la comparaison s’impose avec d’autres sources de malheurs, comparables par leurs victimes et peut-être évitables. Pour rester dans le pays atteint, j’ai pensé tout de suite au nombre de victimes d’accidents de la route, en France, pour les longs week-ends, comme celui de la Pentecôte. Le bilan en morts est du même ordre de grandeur que l’horreur niçoise et il est plus élevé par le nombre des blessés. Les conditions de souffrance et de survie sont comparables, les enfants et autres victimes innocentes sont aussi présents. Et chacun admet que ces violences routières et autoroutières insupportables reviennent plusieurs fois chaque année, avec la régularité du Père Noël et de l’Escalade ! Aggravées parfois par l’alcoolisation illégale, mais chronique, des conducteurs, que ce soit pour cause de tradition locale vigneronne ou de rituels de restaurants ou de boîtes de nuit. Pourtant, les responsables du « terrorisme routier » sont bien mieux connus que ceux des attentats djihadistes. Les fabricants et vendeurs de véhicules construits pour des circuits, ou manifestement pour violer les lois de la circulation en vigueur, leur marketing agressif pour la puissance et la sur-motorisation, ainsi que les « clubs » de promotion routière viennent en tête. Aidés par les spectacles « sportifs » motorisés qui n’hésitent pas à faire la promotion conjointe de l’alcoolisme. Ce type de terroristes, qui fait bien plus de victimes chez nous que le djihadisme, bénéficie d’une indulgence totale, grâce à un lobby puissant du patronat, auquel aucun politique ne s’attaquera, à moins d’être suicidaire.

Et puis, dans un autre genre, les marchands d’avions, de tanks et d’armes variées, qui alimentent des guerres inefficaces en Irak et en Syrie, tuent des centaines de milliers d’innocents et en jettent des millions sur les routes. Ils restent néanmoins des commerçants aussi « respectables » que ceux qui affament des pays entiers, en spéculant à Chicago sur les récoltes, ou à Genève sur le pétrole. Tandis que, dans notre indifférence, les polices et armées maritimes de méditerranée ou de Mayotte laissent se noyer bien plus de pauvres gens sur leurs bateaux de la mort que le maudit camion n’a fait de victimes. Bien sûr, ce n’est pas sous les caméras et les projecteurs de la Promenade des anglais !

Le vieil économiste réactionnaire qu’était Alfred Sauvy avait, il y a très longtemps, fait une « étude sur le coût de la vie humaine ». En fait, celui de la mort pour les assurances. Il était déjà évident que cette « valeur » était très hétérogène, dans un seul pays, selon les régions et les catégories sociales. A l’échelle mondiale, elle varie, comme les revenus, de rien à infiniment trop. Et l’inégalité la plus scandaleuse est celle qui n’attribue ni émotion, ni intérêt à l’enfant qui meurt en Syrie, au Sud Soudan ou en Méditerranée, alors que l’on éprouve l’émotion et l’indignation qui conviennent pour les victimes innocentes médiatisées.

10/07/2016

Cauchemar !

Dans une grande ville française, pas loin d'ici. Des hurlements et des bruits insupportables, une circulation folle d'accélérations et de coups de freins intempestifs. Des gens, hors de tout contrôle, risquant leurs vies pour brandir des drapeaux et hurler n'importe quoi, assis à l'extérieur, sur les portières des véhicules. Des motards sans casques slalomant à des vitesses insensées entre des files de voitures en folie. Du bleu, blanc, rouge partout : prise de pouvoir par le front national ? Non bien sûr ! Juste un avant-goût avec cette autre sommet de l'irresponsabilité et de la bêtise humaine que concentrent les ballons ronds. L'excitation guerrière derrière des drapeaux avec son potentiel de haine, de violences et de destructions. L'état de perte de contrôle qui permet de décérébrer les foules pour recruter des milices fascistes ou nazies, les pousser à casser, lyncher, tuer n'importe qui, pour n'importe quoi, sur un ordre venu d'on ne sait où...

Je me réveille: Carouge l'été. Luxe, calme et volupté, comme dit Sempé ! Plus loin, il y a bien plein de drapeaux aux fenêtres, mais de toutes les couleurs. Trop de fanatismes tue le fanatisme... On a concentré les cinglés du foot derrière des barrières à Plainpalais et on a la chance d'avoir perdu vite. Ça limite l'alcoolisme et les dégâts !

On va pouvoir choisir entre le Rhône et le lac pour se baigner. Normalement je préfère le Rhône, sa fraîcheur, son courant. Mais c'est le second et dernier jour de la Nuit de la science, alors ce sera le lac et sa perle, avant d'aller travailler un peu au calme, pour la culture et le plaisir, loin de toutes les violences des foules fanatisées et motorisées...

31/05/2016

Leçon de désinformation sur Radio France - FIP

FIP, France Inter Paris est une radio nationale française sans publicité, avec une quantité encore supportable de promotions, qui diffuse beaucoup de bonne musique et limite l'information, très répétitive, à quelques minutes par heure. Bref une rareté culturelle à 85% ! Je l'écoutais ce week-end et, n'ayant pour une fois pas baissé le son pour les infos, j'entends à peu près (de mémoire) : "Baisse de popularité des trois protagonistes principaux du conflit sur la loi travail. Le premier ministre Manuel Valls descend à 24% d'opinions favorables, ... le président François Hollande n'en a, lui, que 19%,... quand à Philippe Martinez, patron de la CGT, il compte 67% d'opinions défavorables...". Emballé ! Tous ces gens sont donc également impopulaires ! Mais pourquoi, faisant une comparaison, parle-t-on de popularité dans deux cas et d'impopularité dans le troisième ? Une présentation statistique honnête aurait donné comme résultat, pour les opinions favorables :

Valls 24, Hollande 19, Martinez 33

et pour les opinions défavorables :

Valls 76, Hollande 81, Martinez 67

Ce qui aurait souligné que le leader syndical est bien plus populaire et aussi moins impopulaire dans l'opinion que le président et son premier ministre, laquais inconditionnels du patronat et accoucheurs de ses projets de lois scélérates contre les droits des travailleurs !

Et ceci malgré une propagande odieuse contre les syndicats et leurs leaders sur tous les médias nationaux et privés.

Même sur une petite radio musicale nationale, qui n'est pas censée faire de propagande, mais dont l'information malhonnête cire, bien maladroitement, les bottes du pouvoir !

10/05/2016

Siné massacré

Regardez bien cette couverture, dernière oeuvre de notre ami et maître en humour, Bob Siné. Il nous a quittés la semaine passée, après  avoir anticipé et raconté, jusqu'à la dernière heure, sa triste fin hospitalière, après 87 ans de fureur de vivre.

SM53_01-COUV_BAT.jpg

Siné le révolté, parce qu'il ne supportait pas les injustices, le cynisme des riches, la misère des pauvres, ni les mensonges des prêtres, des politiques, des militaires, des flics ou des juges corrompus.

Siné ami de ceux qui voulaient changer le monde, Malcom X, Fidel, Ben Bella, Mao,... jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'ils n'allaient plus dans le bon sens.

Siné affectueux, sincère, généreux, conscient de ses erreurs, mais pourfendeur des lamentables imposteurs qui colonisent les médias et ne cessent de courir après les privilèges et l'argent.

Siné, dessinateur de presse et graphiste hors pair, affichiste inspiré et grand maître de l'humour, de l'humour tendre des chats à celui, noir et féroce, de son trait politique.

Siné qui laisse derrière lui une centaine d'amis et collaborateurs bien décidés à continuer le journal mal élevé qui fait mal où ça fait du bien, et des dizaines de milliers de fans décidés, de nuit et de jour, à faire des doigts d'honneur à tous les pouvoirs abusifs, aux patrons félons et aux philosophes de pacotille, à tous les nantis, à tous les racistes, populistes et papistes de tous les pays et de toutes les religions-pièges-à-cons !

En attendant, pour peu de jours avant de se remettre au boulot, on est un peu comme la couverture du dernier Psikopat, avec son dossier sur le cinéma...

01.jpg

27/03/2016

Fondamentalismes : la théorie ne vaut pas mieux que la pratique !

Grosse colère en lisant, en tête de gondole du site de Libération (journal français des résistants, puis des soixante-huitards, puis des marchands d’armes et des financiers), l’interview d’un jeune « philosophe et sociologue » gominé, style Macron, qui explique que le gouvernement français se trompe avec sa politique « tout sécuritaire » inefficace – jusque là on serait presque d’accord ! Mais, selon le bellâtre (un certain Raphaël Liogier, inconnu au bataillon), ces gouvernants se trompent en persécutant les salafistes qui ne seraient que de gentils croyants complètement apolitiques et non violents, des bisounours que l’on devrait, au contraire, choyer pour qu’ils nous servent d’indicateurs contre DAESH qui les persécute eux-aussi ! Tiens, même l’Imam de Brest, celui qui veut interdire « la musique qui fait naître le mal », entre bien d’autres causes sacrées, serait menacé ! La preuve que les salafistes ne sont pas dangereux, c’est qu’avec leurs barbes, leurs burqas et autres déguisements, ils ne peuvent pas se cacher comme les délinquants de DAESH !

Je suis le premier à clamer que les scientifiques doivent explorer et tester toutes les hypothèses, même les plus absurdes. Mais entre explorer et médiatiser, style café du commerce, dans un journal qui pèse dans son pays, on se demande quel est le projet du directeur de publication et de ses maîtres financiers qui laissent propager de telles inepties !

DAESH, Al Qaïda, les salafistes et autres wahabites ont pour objectif clair commun de détruire nos modes de vie pour les remplacer par celui qu’ils préconisent. Tout comme le Vatican et les sectes évangélistes étasuniennes ont pour projet de christianiser le monde à leur sauce et les sionnistes de réaliser le Grand Israël, pour commencer… On ne détaillera pas les Hindouistes, Bouddhistes et d’autres, qui ne valent pas mieux !

Pour tous ces prêtres, la liberté de pensée, la démocratie où la majorité des gens choisiraient leur destin de manière personnelle, éclairée et vivraient comme chacun l’entend, dans le respect des autres et des droits élémentaires de tous, sont des cauchemars. Croisés, djihadistes et missionnaires veulent chacun imposer sa morale archaïque, au nom de révélations bidonnées et de prophètes tocards, plus ou moins déifiés. Pour ne parler que de l’actualité européenne, le salafisme veut imposer l’apart-sexe à l’école et dans les piscines, des codes vestimentaires moyenâgeux, le muezzin et la prière, cul en l’air et en rangs serrés, comme à l’armée. Il refuse, comme Tariq Ramadan, de condamner les douceurs de la charia style lapidations, mutilations des voleurs ou exécutions au sabre, tant prisées dans l’Arabie Saoudite pelotée par nos politiques, nos économistes et l’industrie touristique. Ce combat, prétendu non-violent par ceux qui ne le subissent pas directement, a pourtant le même objectif de sabordage des libertés que celui, violent, des chefs religieux des terroristes. Et ce n’est pas parce que ces derniers recrutent, comme chair à canon, des paumés et des délinquants, et qu’ils ne jouent pas les kamikazes eux-mêmes, qu’ils sont plus innocents que les prêcheurs de haine ou les monarques saoudiens, décorés ou pas de la légion d’honneur. Ceux dont des cousins et/ou rivaux en islam financent DAESH, Al Qaïda ou Boko Haram.

Plutôt que de réunir des aéropages de religieux de tous poils pour « condamner les attentats et la violence », il conviendrait d’expliquer aux peuples que Bible, Talmud et Coran appellent explicitement à cette violence et que ceux qui veulent en imposer les principes sans aucun esprit critique sont des fascistes, des ennemis du vivre ensemble, de l’empathie pour le différent et de la paix que tous les peuples, croyants ou non, désirent. Si les religions d’Europe sont presque maîtrisées, du moins chez nous, par la philosophie des lumières, les révolutions laïques et des politiques musclées d’autrefois, ce n’est pas le cas des islams importés depuis peu par les wahabites, les salafistes ou les ayatollahs chiites, à coups de pétro- dollars. Compter sur ce genre de prédicateurs pour aider à calmer les musulmans peu religieux et opprimés des banlieues difficiles est une erreur politique majeure, dans laquelle le philosophe-sociologue propose de s’entêter avec la même absurdité que pour la loi travail ou la déchéance de nationalité style Front National.

La sauvegarde de nos libertés de penser et d’écrire, du principe d’égalité et de respect des droits, quels que soient l’origine, le sexe, l’âge, l’orientation sexuelle et les croyances, est incompatible avec les communautarismes répressifs musclés que les sectes fondamentalistes musulmanes, chrétiennes, juives et autres établissent pour s’y opposer. Nos droits et nos libertés sont autant, sinon plus menacés par les prosélytismes sectaires que par les attentats. Des millions de convertis sont plus dangereux pour ces libertés que les centaines de terroristes qu’ils engendrent. La liberté de penser et de vivre selon des choix personnels a autant à redouter de l’alliance des calottes et des tapis de prière que de celle du sabre et du goupillon !

La liberté de croyance est une liberté individuelle. Ce n’est pas une « liberté de religion » qui consisterait à prêcher ou imposer sa religion à qui que ce soit, et surtout pas à son conjoint ou ses enfants. En conséquence, les religions qui oppriment les femmes et les homosexuels, qui ne tolèrent ni les mariages mixtes, ni les changements ou pertes de foi, devraient être dans le collimateur des autorités et leurs prédicateurs combattus sans scrupules par des états démocratiques. La religion, c’est comme la prostitution : les principaux coupables sont les prêtres et les proxénètes, pas leurs disciples, ni leurs victimes !

PS : une image agricole et poétique, qui n'a rien à voir...

285.jpg

22/03/2016

A afficher à l'entrée des lieux de culte...

Les religions...jpg

01/03/2016

Salon des assassins à Palexpo !

Comme le titrait la Julie, « sportives » et 4x4 sont les stars du salon de l’auto, dont on encense les bolides, construits et vendus pour violer en permanence le code de la route, polluer bien plus que nécessaire et tuer presque impunément des milliers d’innocents. Car, parmi les drogues dures, la vitesse et l’imprudence automobiles ont la particularité de faire plus de victimes parmi celles et ceux qui ne les pratiquent pas – innocents transportés, conducteurs prudents, cyclistes et autres piétons qui n’ont que le tort d’être là - que parmi les cinglés de la vitesse et de la prise de risques. L’« automobilisme passif » est ainsi pire que le tabagisme passif, en faisant plus de victimes parmi les non-consommateurs que parmi les consommateurs.

Ceci soulève au moins trois problèmes de société fondamentaux :

Le premier est la répression très insuffisante des délits de prise de risque automobile et de la criminalité au volant. Le terrorisme automobile est encore considéré comme anecdotique, voir héroïque sur les réseaux sociaux, alors qu’il tue bien plus, chez nous, que le terrorisme politique.

Le second est l’absence totale de contrôle du politique sur la propagande commerciale en faveur de bolides qui devraient être considérés comme hors la loi, puisque conçus, fabriqués et vendus délibérément pour violer les lois, codes et règlements. Les politiques sont-ils vendus à un lobby automobile criminel ou seulement désuets face à aux dealers de drogue dure mortelle ?

Le troisième est l’incroyable indulgence de la majorité de la population - pour qui la voiture n’est qu’un moyen commode pour se déplacer prudemment ou transporter du matériel - vis-à-vis des crimes des fous de la vitesse, de la frime et des exhibitions routières dangereuses.

Nous avons tous perdu ou failli perdre aujourd’hui trop de membres de nos familles, d’amis, de connaissances, victimes définitives ou handicapées à vie par suite d’accidents provoqués par les hooligans du salon de l’auto. Il serait temps de mettre ces derniers et les dealers d’excès de vitesse de Palexpo hors d’état de nuire !

13/02/2016

Vernets : trouffions, béton, NON !

     Ainsi, non contente d’avoir pollué et enlaidi un bel espace genevois aux Vernets, l’armée de clowns de la confédération voudrait qu’on lui mette un autre terrain à disposition pour polluer et enlaidir ailleurs, aux frais des contribuables locaux. Lesquels votent de plus en plus pour la suppression de ladite armée et refusent, chaque fois qu’ils peuvent, ses gadgets coûteux. Vengeance tardive des lobbies de marchands de canons alémaniques et de leurs relais populistes ? Des politiciens, dont on attendait mieux, tentent de nous expliquer que c’est une affaire superbe qui va résoudre la crise du logement en bétonnant une des dernières zones encore aérées du secteur Carouge-Acacias-La Praille. On ne sait trop comment les répartir entre ceux qui sont vendus aux lobbies de bétonneurs et au culte de la croissance, au mépris de la qualité de la vie, et quelques naïfs qui espèrent qu’une action locale et limitée résoudra une « crise » dûment organisée par des spéculateurs et des régies qui en tirent un maximum de profits.

      Genève avait le privilège d’être une petite ville entourée de villages. La qualité de vie résistait déjà mal à une automobilisation absurde à son échelle. Mais la volonté de croissance à tout prix – pour quoi faire ? – passe par des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères qui coûtent beaucoup indirectement et rapportent peu, puisqu’elles ne sont là que pour optimiser leur fiscalité. Ce qui revient à faire un médiocre transfert entre les impôts du contribuable local et les budgets cantonaux, tout en aggravant le problème du logement par l’arrivée de demandeurs plus prospères que ce contribuable. En tant que Carougeois, je ne décolère pas de voir qu’un de nos magistrat se réjouit de voir croître d’un tiers la population du « village », qui en est de moins en moins un ! Il n’était déjà plus possible de manger le midi dans les bons bistrots envahis de costumes cravates parlant un anglais médiocre depuis l’installation locale des sièges de très grandes banques ; des bistrots dont les prix ont souvent pris l'ascenseur en conséquence. Si l’on bétonne les Vernets comme le veulent nos élus, la croissance de la population ne manquera pas d’entraîner mécaniquement la décroissance de la qualité de la vie. On finira presque par regretter la caserne, ses rotations de véhicules absurdes et les meutes de trouffions alémaniques titubant la bière à la main… Au moins, il restait quelques arbres et quelques herbes au milieu !

06/01/2016

CHARLIE HEBDO VIT, LETTRE A RISS

CharlieHebdo-380x483.jpgMon cher Laurent,

Merci pour ce dessin !

Au moins, le personnage représenté ne vous fera pas de procès puisque, soit il n’existe que dans l’imagination des prophètes, des imbéciles et des manipulés, soit il n’existe pas du tout…

Bien sûr, tout ceux qui se réclament de lui et bafouillent prétendument en son nom ne manqueront de te, de vous poursuivre, à coup d’injures, de mensonges, de procès et éventuellement, faute d’autres arguments, d’armes de guerre.

Le regard mortel de ton assassin qui court toujours décrit tellement bien les sentiments que nous portent les encalottés de tous les cultes. Et le jouet qu’il porte au dos rend dérisoires les armes qui tuent et mutilent directement et collatéralement, des gens innocents de tous les pays. Des armes que nos marchands de canons et politiques de tous bords sont si fiers de vendre partout, quitte à faire passer Obama pour une poule mouillée.

J’aime bien aussi la résonnance entre le rouge du sang et la mention « numéro spécial », seul autre rouge de ton noir et blanc. Ça m’évoque un monde où le sang et la mort deviendraient l’exception, le spécial, et non le quotidien envahissant de l’actualité. Un rêve, quoi…

La diffusion de ce dessin te propulse au rang des grands affichistes, comme Cabu, Charb et Siné. C’est le « coup de poing dans la gueule » que voulaient Cavanna et Choron pour sortir de leur torpeur les anesthésiés de la sensibilité, face aux horreurs du monde. Mais c’est un coup de poing virtuel, qui remet à zéro les circuits du cerveau sans altérer le physique matériel.

Alors, bien sûr, un coup de poing, même virtuel et ajusté par un professionnel, ce n’est pas très précis et cela peut être mal interprété par celui qui le reçoit. Surtout qu’on le reçoit en plusieurs temps : au premier degré, le surréalisme de la situation m’a fait éclater de rire ! Puis, j’ai pensé que tu avais fait très fort en trouvant une surenchère œcuménique aux caricatures de prophètes. Et puis après, je me suis demandé si, finalement, c’était malin de remettre sur le tapis ces dieux fictifs dont on parle déjà trop ! Mais là, j’admets que c’est un réflexe de scientifique et de prof, non pertinent entre dessinateurs et journalistes…

Voilà, Laurent ! Tu sais mieux que moi que l’on peut tout dire et tout penser d’un dessin. Il échappe à son auteur, tant par sa composante inconsciente que par les réactions et les interprétations sans limites de ceux qui le regardent ou l’analysent. Un bon dessin fait exploser la liberté de penser qui est si menacée aujourd’hui. Une explosion plus pacifique et moins dangereuse que celles des bombes, américaines ou coréennes, nucléaires ou pas. D’ailleurs, Bob Siné nous honore aussi aujourd’hui (voir ci-dessous) d’une explosion pacifique contre ceux qui menacent nos libertés de penser, dessiner, écrire…

Toutes mes amitiés aux survivants, qu’ils continuent ou passent à autre chose.

Je t’embrasse, Dédé

SM49_COUV.jpeg

 

03/01/2016

LEGION D'HORREUR !

Ainsi Hollande, le national - qui n'aime pas les bi pour peloter les électeurs du Front du même nom - et socialiste - on frémit historiquement du rapprochement ! - va décorer nos potes assassinés voici un an de la médaille qui a distingué tant de criminels de guerre des armées coloniales, tortionnaires en Algérie, généraux putschistes à qui on l'a rendue, marchands de canons et de bombardiers, crapules maffieuses de la finance et de la politique, ainsi que, par hasard, quelques honnêtes citoyens plus ou moins méritants. Depuis que Sartre et quelques courageux l'DSCN0161.jpgavaient refusée, il parait qu'il fallait la demander pour l'obtenir. Là, avec les morts, on est sûr qu'ils se conduiront bien, qu'ils ne la renverront pas à la figure de  l'accrocheur ou ne s'en serviront pas pour la clowner comme les postiches de Choron et Cavanna sur la couverture de l'excellent Schnock No 17. Parce que, quand même, attribuer le ruban rouge de l'armée et de la magouille frouze à Cabu, qui n'a cessé de conchier les militaires, les flics et les prêtres ou à Tignous, Honoré ou Charb, qui n'en faisaient et pensaient pas moins, c'est quand même violer leur mémoire et leur pensée d'une manière peu admissible, quoiqu'en pense leurs héritier-e-s ! En témoigne la couverture que Charb m'avait faite pour un petit bouquin que l'éditeur a prestement retiré de la circulation, sans explications, six mois après sa mise en venteCOUV INJUSTICE.jpg : militaire, juge et costard-cravate y passent un sale quart d'heure...

Oui, je sais, Wolinski l'avait - on s'était assez fichu de lui ! - et Bernard Maris, paraît-il, aussi... sans doute discrètement dans sa lointaine province. Mais ils l'avaient acceptée, eux ! Et puis la chaire UNESCO qui va être ouverte au nom de l'économiste qui a crucifié le néo-libéralisme dans toute son oeuvre, c'est quand même autre chose que ces décorations archaïques qui honorent surtout ceux qui les distribuent et la soumission à l'ordre social des récipiendaires. C'est donc odieusement lâche de décorer les morts ! Il faudrait prévoir un refus posthume des décorations. Tiens, proposer une carte et une inscription en fichier : en cas de décès, j'accepte de donner tous mes organes d'abord à la médecine, ensuite à la science, mais je refuse toute légion d'honneur !

29/12/2015

Grand Raymond et petit Dédé.

La combinaison de ma date de naissance et des manques de place dans l’éducation nationale française m’avaient fait suivre ma scolarité avec deux ou trois ans de moins que mes camarades de classe. Certains y voyaient un avantage, mais ceux à qui cela arrive, surtout avec une puberté et un développement physique tardif, le vivent mal. Dans l’ambiance souvent dure d’un collège technique parisien des années 1960 – horaires surchargés, disciplines techniques physiques, compétition musclée à la récréation et à la sortie,… - les petits, comme moi, étaient très désavantagés. Leur protection ne pouvait venir que de grands, tout recours à l’autorité étant inenvisageable. Parmi mes protecteurs, Raymond Schlegel était l’un des plus prévenants et sensibles. Sa haute stature décourageait mes agresseurs potentiels, sa tranquillité freinait mon agitation et il n’hésitait pas à prendre un ton quasi parental pour freiner mes fréquents enfantillages : deux ans et demi d’écart, de part et d’autre de la puberté, c’est presque une génération d’écart ! Contrairement à certains qui m’appelaient Dédé d’un ton – si j’ose ! – Dédédaigneux, Raymond m’appelait André, soucieux, sans doute, de m’aider à grandir. Après le collège, nos itinéraires nous ont séparés. J’ai fui l’enseignement technique et perdu de vue, pour cinq décennies, la plupart de mes camarades, futurs ingénieurs. Jusqu’à ce que l’initiative heureuse de certains nous fasse nous retrouver un jour, au collège, émus et stupéfaits, assaillis de souvenirs et des fantômes de nos enseignants admirés ou d’autorités redoutées. Raymond était là, plus reconnaissable que certains autres, par sa taille, son attention et son empathie. D’autres avaient plus changé, selon leurs itinéraires personnels. Quant à moi, j’assumais dorénavant « Dédé » : Cavanna avait fait de moi « Dédé-la science » à Charlie Hebdo, par référence à Raymond-la-science, artificier des anarchistes de la bande à Bonnot, un vrai titre de gloire ! Un Raymond bien différent de celui que j’évoque ici, qui ne partageait sans doute que son prénom… François Cavanna nous a quittés l’an passé, un an avant les événements de janvier, qui l’auraient sans doute achevé. Raymond Schlegel vient de le rejoindre. Faute d’être présent, je l’accompagnerai par la pensée, ainsi que Christiane et les siens, demain matin. Au nom de tous les petits et les faibles que les plus grands, comme lui et François, ont toujours voulu protéger…

                                                     Dédé-la-science

13/12/2015

Amis médecins, tremblez : le Psikopat vous fait la fête !

01 copie.jpgPresque rien ne vous sera épargné : ni l'exercice illégal de votre Art, ni vos escroqueries alternatives et parallèles, ni votre fréquent amour de l'argent, ni vos erreurs dramatiques aux conséquences inhumaines !

Bouclé au lendemain des attentats un numéro au dossier très fort vous concerne, dans lequel on a juste reporté le pire (à de prochaines "tambouilles"), pour épargner les nerfs des urgentistes, déjà bien atteints d'avoir fait au mieux dans l'horreur...

Ne vous réjouissez pas trop, ce n'est que partie remise par la faute de l'actualité...

Mais, comme qui aime bien châtie bien, vous ne vous en sentirez que plus aimés, du moins ceux qui le méritent et qui ont gardé le sens de l'humour !

13/10/2015

POUR OU CONTRE LE CANNIBALISME ?

Contre                                                                                                        J’aurais jamais dû conseiller à ma fille Anouk de lire l’excellent roman « préhistorique » de Roy Lewis "Pourquoi j'ai mangé mon père" ! Surtout connaissant son écriture décalée, son goût des polars, ses scrupules documentaires et sachant qu’elle vit en Corse, dans une culture bizarre. Trop tard ! Sa passion de l’exotisme et de l’écriture, sa gourmandise gastronomique et culturelle, plus un goût de la provoc (venu d’on ne sait où ?), nous valent, chez un éditeur Corse, donc suspect, « Cannibal-Tour ». Des insulaires du monde de l’enseignement (pourquoi ?) s’y font déguster, au sens strict, chez des colonisés aussi branchés qu’imprévisibles. Le tout avec des pratiques Michelin trois étoiles qu’elle a manifestement eu du plaisir à détailler. Tout ça n’était pas grave avant qu’elle ne m’invite pour un réveillon, très loin dans la montagne… D’abord, je me suis réjoui, allant jusqu’à accepter, moi l’intraitable mécréant, la perspective de la messe de minuit, des polyphonies, de la liqueur de myrte et des fromages de destruction massive qui terrorisent continentaux et autres étrangers. Mais l’insistance d’Anouk, le contexte insulaire et exotique me firent vite éprouver un certain malaise, puis un malaise certain ! Je repense à Roy Lewis, à son argumentation imparable et me trouve devant un choix cornélien : est-ce bien raisonnable de rejoindre, loin dans la montagne, dans sa tribu d’adoption, hors réseaux sans fils, l’auteure de cette apologie de l’anthropophagie humaine et cultivée ? Bien sûr, je n’en parle à personne et m’interroge : un incident est vite arrivé là-bas ! Ma curiosité me dit d’y aller, mais le souci de mon intégrité corporelle demande des garanties. J’hésite encore et confie donc ce texte à XXXX, avec mission de le publier, dès que possible et en urgence, s’il n’a pas de mes nouvelles d’ici le Nouvel an 2015.                                                                                                                Ajaccio, 24-12-2014

 

Pour : agrégé cannibale !                                                                     C’était fin juillet 1967, oral de l’agrégation de biologie. Fin de matinée, chaleur torride, jury endormi au trois quarts pour sa quatrième « leçon » du jour. Bref, la pire heure pour parler des protéines dans l’alimentation, niveau bac. Seul le président m’écoutait, les autres ronflaient. Je risquais mon va-tout en concluant, à forte voix, par cette évidence : « d’un point de vue diététique, seules les protéines humaines présentent les structures et proportions idéales pour construire et entretenir un corps humain ; ce qui nous incite au cannibalisme ! ». Rires et coups de coude du président, réveils paniqués : « qu’est-ce qu’il a dit ? ». Eh bien, ils ont ri et m’ont reçu… Merci les cannibales !

 

Abstention : Aime ton prochain comme toi-même : crû ou cuit ?        « Ceci est mon corps, ceci est mon sang… » Plutôt vampires et cannibales leurs évangiles ! Si l’apôtre et le communiant ne se sentent pas draculants, ont-ils le droit de faire du boudin avec le raisiné du p’tit Jésus ? Et s’ils n’aiment pas dieu en tartare, ont-ils le droit de faire cuire la chair ? Je voudrais vous y voir chez les cathos : essayez donc de cuire une hostie ! Chez les luthériens, au moins, la brioche est cuite, on n’attrape pas la maladie de la vache sacrée folle… Par contre, cuire le pinard dans des boyaux, ça ne le fera pas ! Tout ça pour vous dire qu’avant de rigoler du cannibalisme des autres, faudrait être plus clair avec le nôtre… Amen !

                      

 

 

12/10/2015

Sur les chapeaux de roue...

Quelques fidèles auront remarqué ma rareté sur ce blog ces derniers temps et je leur présente mes excuses. Rapidement car c'est le surplus d'événements et d'obligations en cette rentrée, non leur rareté, qui causent cette absence. Entre le retour saisonnier des étudiants et de multiples interventions, c'est, cette semaine, la réouverture du Musée de l'Homme de Paris rénové qui mobilise mon attention. Je l'ai déjà annoncée dans la Cité, dans le remarquable Siné Mensuel d'octobreSM46_COUV.jpg et dans le Psikopat*01.jpg spécial Louzeurs, en racontant à chaque fois des épisodes de son histoire récente que vous ne lirez guère ailleurs et qui illustrent les relations perverses, en France, entre le monde interlope des négociants en art, les politiques et les musées publics, relations que l'on retrouve sans surprise, en pire, dans l'histoire récente de notre canton, les mêmes causes produisant les mêmes effets. J'attends la fin des événements en cours pour vous en raconter plus...

*ENFIN !... j'ai pu voir une gondole avec Le psikopat et Fluide à Cornavin. Faut-il dire merci Naville ?