23/05/2007

La sarkophilie est-elle génétique ?

On sait que le nouveau président français a des idées sur tout, et pas seulement sur la liberté de la presse. Il avait, en tant que ministre, préconisé le dépistage des "pré- délinquants", dès l'école enfantine, et rejoint ainsi, en presque pire, tant les extrémistes de droite du "Club de l'Horloge" de sa chère Ecole Nationale d'Administration que les horreurs de la "biotypologie des criminels" populaire à la fin du 19ème siècle. Encore candidat, il n'avait pas hésité à déclarer,  dans Philosophie Magazine, que la pédophilie était innée. Sans toutefois aller jusqu'à préconiser son dépistage à la naissance et puis ... ???
Comme on m'avait demandé une mise au point scientifique sur le sujet, j'avais produit le texte ci-dessous que ses commanditaires ont finalement rejeté (faute de place parait-il, après avoir publié, en long, toutes les réactions "politiques" sur le sujet).
Pour une fois que la réponse scientifique à une question était simple et claire !

La pédophilie vient d'une "empreinte" acquise et non d'une prédisposition génétique innée.


Les observations par Konrad Lorenz de couples homosexuels de jars chez les oies cendrées et des expériences sur des coqs élevés en isolement montrent que, chez ces oiseaux, la détermination d'un objet sexuel potentiel dépend de sa rencontre, bien après la naissance, au cours d'une "période sensible". Cette "empreinte" identifie, avant que l'animal ait des comportements sexuels, ce que sera, plus tard, la catégorie d'objets sexuels recherchés. A l'âge adulte, une structure en plastique recouvrant un magnétophone diffusant des caquètements de poule pourra être préférée à une femelle de l'espèce par un coq élevé en isolement, si elle a fait l'objet de cette empreinte, en l'absence de poule, pendant la période sensible ! L'empreinte à l'objet sexuel est différente et bien plus tardive que l'empreinte maternelle, qui, par exemple chez les canards, survient dix à quinze heures après l'éclosion de l'oeuf.
Les phénomènes d'empreinte existent aussi chez les mammifères qui ont des comportements moins innés et plus acquis que les oiseaux. L'empreinte est moins prescriptive chez les mammifères, la période sensible est plus tardive et plus longue, et surtout l'empreinte est réversible, alors qu'elle l'est peu, ou pas du tout, chez les oiseaux. Mais n'importe qui a déjà subi les assauts de chiens mâles en rut, sevrés trop tôt et élevés sans congénères au milieu de jambes humaines. Une fois adultes, ils cherchent à s'accoupler avec des jambes humaines...
Du côté des humains, comme le signale Nicolas Sarkozy :
" ... nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents.".
La détermination des orientations sexuelles et de leurs perversions est donc une affaire d'expérience personnelle et d'éducation, certainement réversible dans la plupart des cas. Ce n'est donc pas une fatalité génétique programmée.
Toutefois, en particulier dans le monde anglo- saxon où les religions criminalisent l'homosexualité, les homosexuels et les avocats des pédophiles cherchent avec acharnement à démontrer que des gènes, des centres nerveux ou des hormones sont la cause des orientations sexuelles et des perversions, afin de faire reconnaître ces orientations comme "naturelles". Ce qui légitimerait l'homosexualité et fournirait des circonstances atténuantes aux pires pédophiles.
Comme si la détermination d'une orientation sexuelle entre adultes consentants n'était pas un droit fondamental des humains et comme si l'agression sexuelle d'enfants par des adultes responsables n'était pas un crime que toute société humaine se doit de réprimer...

André Langaney 06.04.2007

19:46 Publié dans science et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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