27/06/2007

Du résultat sans intérêt à l'idiotie médiatique

Si des scientifiques responsables d'une grande enquête ne trouvent rien, mais le publient dans une "bonne revue"... Si, pour une raison quelconque, ce rien devient quelque chose  sous la plume d'un "prestigieux éditorialiste"... Si le spécialiste local, embarrassé, bafouille que ce n'est pas grand-chose, mais quand même ... et si celui qui fait titres et manchettes dans votre cher journal manque de matière, alors le plomb scientifique se transforme en or médiatique.
Exemple dans votre Tribune du 26 juin !
Sur la couverture et sous le titre "intelligence", on annonce : "Le lien entre l'ordre de naissance dans une fratrie et le quotient intellectuel est établi. Page 27".
Déjà énervé, je passe page 27 et tombe sur le titre imparable :
"Les aînés sont plus intelligents que leurs cadets. Prouvé!".
Ma colère froide monte car ce titre prétend que la psychologie, invoquée comme caution scientifique, démontre que n'importe quel aîné est supérieur à n'importe quel cadet, ce qui est évidemment grotesque. Quand on passe aux justifications, on tombe sur une vieille enquête sur les conscrits norvégiens, dans laquelle on a trouvé deux points de QI de plus, en moyenne, chez les aînés que chez les seconds, et trois, en moyenne, de plus que chez les troisièmes. Ce qui, en pratique et compte tenu de la très large variation des QI entre 60 et 140, chez les aînés comme chez les cadets, veut dire que dans les paires (un aîné, un second), la performance de l'aîné sera supérieure dans environ 52 à 55% des cas ... et inférieure dans 48 à 45 % ! Pas de quoi en faire le fromage que l'autoproclamée "très prestigieuse revue Science" en fait, en titrant :
"Expliquant la relation entre l'ordre de naissance et l'intelligence", ou, dans un commentaire plus long que l'article qu'il commente : "Ordre de naissance et intelligence", toujours sous la rubrique psychologie, caution de scientificité !
Une fois de plus, on passe, sans réserve, de la mesure unique, non- répétable d'une performance, le QI du jour du test, à un concept non défini, multi- dimensionnel et non- mesurable sur une échelle linéaire : l'intelligence. Comme si le QI était une propriété identitaire et invariable des individus ! D'ailleurs, dans une des études citées sur les enfants, il est montré que la relation s'inverse quand l'aîné, avant le cadet, atteint l'adolescence et devient plus ou moins con... mais toujours bien plus réticent aux tests de QI !
Le roi des titres en profite pour faire dire, au passage, au spécialiste local interviewé que "60% de l'intelligence est héritée", ... les 40% qui restent étant sans doute trouvés au marché aux puces de la vie. Or, ce n'est pas cela que le spécialiste a dit : il s'est contenté de dire que "60% de la variance du QI sont dus à des facteurs génétiques, hérités de nos parents" faisant référence à la très complexe "théorie de l'héritabilité" qui mesure une caractéristique des statistiques sur les populations et non une propriété biologique des individus et de la transmission des gènes. Si c'est 60% chez les norvégiens, ce fût 80% chez des anglais et entre 40 et 90% ailleurs, sans que ceci soit contradictoire. Alors, quand on n'a ni les outils, ni l'espace pour expliquer un concept très complexe que l'on met 6 ans à apprendre à des étudiants très spécialisés en bio- statistiques, il vaudrait mieux ne pas lui faire dire, en un slogan simpliste, ce qu'il ne veut pas dire du tout. Bien entendu, toutes les réserves prudentes des auteurs norvégiens, états-uniens ou du spécialiste local sont passées à la trappe, ou bien en petits caractères que personne ne lira.
Le lecteur ne retiendra que deux slogans :
- toi, le petit, tu es toujours plus bête que le grand !
 Ce qui est faux !
- 60% de l'intelligence est héritée !
 Ce qui ne veut rien dire !
En résumé, un fichier inutile d'une armée aussi inutile a produit des statistiques complexes sans intérêt. Le copinage éditorial et l'émulsion médiatique incontrôlable en ont fait un pseudo- événement, basé sur des affirmations erronées ou dépourvues de sens.
Ainsi va, parfois, la communication scientifique !


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21/06/2007

Quand le feu rose passe au vert...

Quand le rose passe au vert, ... cherchez la femme !
Dans une diatribe d'une rare violence, qui contraste avec la politesse docile habituelle de nos mous socialistes, Christian Brunier- David, invité de la Tribune hier, s'en prenait à Halpérin- Goliath. Lequel avait déclaré, avec bon sens, que "la prochaine occasion de despotisme sera verte...". Pour ma part, alors qu'Halpérin représente souvent l'exact contraire de mes opinions, je lui reprocherai juste d'avoir mis sa phrase au futur, alors que le despotisme vert est déjà au pouvoir et détruit méthodiquement la gauche genevoise.
La condamnation d'Halpérin amalgamé à Bush, auquel il ne ressemble guère que par le clignement des yeux et la main tendue trop facilement, est digne d'un procès stalinien, au nom de la science : "même combat contre l'écologie!" titre le billet. Pourtant, si l'argumentaire se prétend scientifique, son énoncé est aux antipodes de la méthode de la science avec des arguments tels que :

- ...l'évidence scientifique
- Menée par près de 600 éminents scientifiques inter-gouvernementaux (sic !, comment un scientifique peut-il être gouvernemental ?), cette étude...
- l'environnement se dégrade violemment.
- Les êtres humains se suicident collectivement.
- Comme l'affirme Al Gore, les savants du monde entier s'accordent à dire qu'il reste à peine une dizaine d'années pour éviter une catastrophe mondiale...

Désolé Christian ! La science ce n'est pas des évidences, surtout dans un domaine aussi complexe, controversé et polémique que l'environnement et le climat. Le nombre des scientifiques émettant une idée ou défendant le paradigme à la mode ne leur a jamais donné raison. Au contraire, l'histoire des sciences montre que les plus grands progrès ont été réalisés par des visionnaires isolés comme Vanini, de Maillet, Galilée, Buffon, Lamarck, Mendel, Darwin, Einstein,..., seuls contre tous leurs collègues et contre les opinions publiques et religieuses de leur temps. Certains ont esquivé la répression en reniant leurs découvertes, d'autres, plus nombreux qu'on ne le dit, les ont payées de la privation de liberté, de la torture ou de la mort. Toujours provisoire, la "vérité", en science, dépend des preuves et non de sondages d'une opinion, même éclairée. Si les scientifiques avaient voté à leur sujet, au temps de leur découverte, la rotation de la terre, les lois de Mendel, la relativité ou l'évolution auraient été balayées au Karcher, comme le couple Royal- Hollande ou le ministère de l'environnement jupesque ...
Alors, malheureusement, Halpérin a en bonne partie raison : le totalitarisme vert transforme les doutes scientifiques sur la part humaine dans l'évolution climatique en certitudes politiques. Les verts et les roses-verts prétendent à l'unanimité des scientifiques, dont ils se voudraient les porte-parole, alors que ces derniers sont très partagés, faute de preuves ou de données fiables. Leurs doutes ne sont jamais répercutés par les médias, aussi alarmistes et populistes que le programme des verts et la diatribe de Brunier. On terrorise le troupeau, pour le regrouper sous la bannière des grands loups de l'écologie militante, pas scientifique bien sûr. La science qui se respecte n'a pas de drapeau !
Le drame des verts, c'est qu'ils sont nuls en écologie ...
Il faut quand même rappeler que le socialisme, dont se réclame abusivement Brunier (pour combien de temps encore ?), doit ses succès passés à la révolte des travailleurs contre les persécutions et l'exploitation capitaliste et libérale, pas à la lutte contre le mauvais temps ! Qu'il a molli pour réclamer une Volkswagen ou une Trabant pour chaque citoyen, auquel les roses- verts reprochent aujourd'hui de s'en servir ! Et que maintenant, faute d'un projet de gauche, les socialistes hurlent avec les verts pour "protéger la nature" et "conserver la biodiversité". Comme si la nature, face à laquelle les six milliards d'humains ne sont qu'une nuée de moucherons, avait besoin de protection ! Comme si la conservation de la biodiversité, mission impossible du fait de la transformation accélérée des écosystèmes naturels, n'était pas l'idée la plus rétrograde, la plus stupide et la plus anti-scientifique que l'on puisse avoir face à l'histoire dynamique du monde vivant. Depuis quatre milliards d'années, la terre et la biosphère n'ont cessé de changer, souvent très vite, parfois brusquement, causant de grandes extinctions, détruisant jusqu'à 95% des espèces du moment. Les 20 ou 50 millions d'espèces d'aujourd'hui - personne ne sait combien en vérité ! - sont sans doute bien moins de 1% de celles qui ont existé depuis plus de trois milliards d'années. L'extinction des espèces est donc la règle de la nature, pas l'exception due aux humains ! Elle n'a jamais empêché la vie de continuer autrement et il y n'a pas de raison de penser que cette continuité soit menacée, sinon par les arsenaux nucléaires que l'on oublie trop souvent ! Le réchauffement climatique est une anecdote à côté...
Pour passer de quelques milliers à quelques milliards depuis douze mille ans, les humains ont dû sacrifier les forêts pour les remplacer par des champs. Comme les neufs milliards d'humains de demain ne retourneront pas chasser le Mammouth avec des armes en pierre taillée, ils vivront de culture hors-sol grâce à des variétés transgéniques synthétisant l'azote sans engrais polluants et résistant aux insectes sans insecticides également polluants. La protection de l'environnement y gagnera beaucoup, et seuls quelques collectionneurs pleureront les centaines de milliers d'espèces de coléoptères équatoriaux ou les milliers d'espèces de papillons disparus. Certains feront même des super profits en spéculant sur les spécimens ! Avec un peu de chance, on aura sauvé quelques petites populations de ces grands mammifères qui, comme les baleines et les ours, comptent tant dans notre imaginaire et nos cultures. Et puis quelques populations, au moins artificielles, de ces grands singes qui, seuls, permettent à la science de nous rappeler qui nous sommes et de pister d'où nous venons. Mais personne, sauf les éco- raeliens du WWF ou de Swissaid, n'élèvera de monument au cloporte disparu, victime de la déforestation, de la pollution humaine ou des OGM !
Et la Suisse se sera réchauffée, par notre faute ou par celle des caprices de la terre. Quand et jusqu'où ? Là sont les bonnes questions auxquelles la science n'a pas de réponse, ni dix ans, ni cent, ni mille. Dans un premier temps, des cocotiers transgéniques décoreront les palaces de la riviera vaudoise ; des manguiers et des bananiers remplaceront les poiriers et les abricotiers en Valais, à moins que des variétés, transgéniques elles aussi, ne supportent le climat tropical des moraines ex-glaciaires. Il sera plus esthétique de promener un koala, un panda ou un fennec génétiquement modifiés qu'un dogue, un Yorkshire ou un chihuahua, qui l'étaient déjà. Si cela continue, soit le phénomène sera surtout naturel et nos descendants seront très mal, soit il sera surtout humain et ce serait moins grave : il deviendrait alors réversible, par la raréfaction du pétrole et pas parce que les roses- verts auraient renoncé à leur 4x4 !
Alors, Christian ! Pour lutter contre le libéralisme, c'est le capital spéculatif, boursier et mondialisé qu'il faut attaquer. C'est Bush, du lobby pétrolier et Gore, son alter- écolo libéral, au sens américain. Ce sont les banques et les lobbies industriels qui financent les libéraux locaux, au sens réactionnaire, qu'il faut accuser de nos maux comme le chômage, la pollution urbaine, l'inaccessibilité aux soins coûteux de qualité, le mépris de la citoyenneté des femmes, des handicapés et l'incroyable accroissement des inégalités. C'est le populaire TCS et la publicité, courroies de transmission du lobby de l'automobile qui pue et qui pollue, mais qui flattent si bien tes électeurs que ces derniers ne peuvent plus s'en passer.
Mais pour cela, il faudrait que les nouveaux socialistes, même paritaires, aient des couilles et, comme les gendarmes que chantait Brassens, ça fait longtemps qu'ils n'en ont plus ! A force de tirer Ariane et son fil, les socialo sont tombés dans la toile de l'araignée verte et de son despotisme réactionnaire et populiste, que dénonce si bien Halpérin, notre ennemi commun...

PS : j'allais oublier, pour se recycler scientifiquement en écologie, aux éditions Ellipses, Paris, le dernier bouquin de l'excellent Gilles Macagno : "BiodiversiTERRE". Il avait déjà commis, chez le même éditeur "La longue marche d'Homo sapiens" que j'aime bien parce que c'est assez exact, drôle et que cela énerve mes collègues. C'est plein de dessins, ce qui fait que même les politiques illettrés comme le maire vert pervers pourraient comprendre...s'ils lisaient...

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19/06/2007

Comment faire des bébés ??

C'est une question posée sur le site 300 questions à un biologiste.
http://www.tsrdecouverte.ch/4-12/forums/all/forum-biologie412/
Comme elle est vraiment d'intérêt général, je vous confie ma réponse en trois temps, un mouvement...
" Comment les premiers hommes sur terre ont ils appris à faire les bébés alors qu’ils ne savaient pas comment les faire? "
 
Si les premiers humains sont nos ancêtres, c'est parce qu'ils savaient comment faire des bébés, sinon nous, qui sommes leurs descendants directs, ne serions pas là !
Et puis, bien avant, leurs propres ancêtres, qui n'étaient pas encore des humains, mais déjà des grands singes ou, encore bien avant, d'autres animaux, savaient aussi faire des bébés ...
Comme tous les animaux qui font des bébés en s'accouplant entre un père et une mère s'accouplent et font des bébés, sans avoir jamais appris !
Sinon, leur espèce disparaîtrait...

Les humains, comme les autres animaux, n'ont donc jamais appris à s'accoupler pour faire des bébés, mais ils ont toujours su le faire, avec la même compétence innée qu'ils ont pour respirer ou uriner, sans avoir jamais appris non plus.
Comme les animaux, les humains s'accouplent parce qu'ils éprouvent du plaisir à le faire. Ce plaisir est une récompense qu'ils recherchent. Les animaux s'accouplent parce qu'ils ont envie de ce plaisir, sans savoir que cela conduit, plus tard, à des naissances et à des bébés. Chez les animaux, la grossesse ou la ponte des oeufs viennent si longtemps après qu'ils ne savent pas que l'accouplement est la cause des grossesses ou des pontes, plusieurs jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard.

Une bonne question est donc de se demander quand, et comment, les premiers humains, ou leurs ancêtres, ont compris que s'accoupler pouvait produire des bébés dans le ventre des mamans et comment d'autres, ensuite, ont découvert les mécanismes de la fécondation. La fécondation réunit un spermatozoïde et un ovule, qui, après pénétration du spermatozoïde, devient oeuf, puis embryon, puis foetus, puis bébé.

Dans toutes les sociétés humaines actuelles, on sait que les jeunes filles ne peuvent pas avoir de bébés tant qu'elles n'ont pas de rapports sexuels en s'accouplant avec des garçons ou des hommes. Mais, dans certaines sociétés, on croyait encore, il y a peu, qu'il fallait qu'une jeune fille ait des rapports amoureux avec plusieurs hommes différents avant de réussir à être enceinte et à avoir un enfant. En 1868, Charles Darwin croyait qu'il fallait un seul père, mais plusieurs spermatozoïdes pour féconder un ovule. C'est Hertwig qui, quelques années plus tard, a montré, grâce au progrès des microscopes, qu'un seul spermatozoïde pénétrait un seul ovule à la fécondation et donnait un oeuf, puis un bébé
(ou parfois deux ou plus, si l'oeuf se divise et produit des jumeaux).

Les humains se sont vite posé une autre question, contrairement aux animaux qui n'ont pas compris que faire l'amour produisait des bébés. C'était de trouver comment profiter du plaisir que s'accoupler procure, sans faire trop de bébés que l'on aurait du mal à élever. Quand les humains font tous les bébés possibles, comme au Québec au 19 ème siécle, ils font de "belles familles" comptant jusqu'à vingt ou vingt cinq enfants par femme. Or, dans toutes les autres populations, on faisait rarement plus de six à dix enfants par femme, dont la moitié, ou plus, mourraient très jeunes. Toutes ces sociétés anciennes de chasseurs ou d'agriculteurs avaient donc, non seulement compris comment on fait les bébés, mais aussi comment ne pas en faire trop, sans se priver pour autant du plaisir de faire semblant d'en faire !

Et puis une autre bonne question est de se demander comment il se fait que les humains d'aujourd'hui doivent apprendre à faire des bébés et recevoir une "éducation sexuelle" alors que tous les  animaux et certains humains font des bébés sans jamais en avoir. Certains disent que les animaux font tout instinctivement, alors que les humains doivent apprendre et avoir des comportements raisonnés. Mais il y a  une explication plus simple : chez la plupart des animaux, et dans certaines sociétés humaines, personne ne se cache pour s'accoupler. Les enfants n'ont qu'à regarder et faire comme les parents ! C'est seulement dans les sociétés humaines actuelles que l'on se cache le plus souvent pour faire l'amour, et que l'on prive ainsi les jeunes d'un exemple facile à suivre, dont il faut compenser la perte par l'éducation...

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13/06/2007

Les preuves de l'évolution

Question posée par un élève sur le forum 300 questions à un biologiste :
http://www.tsrdecouverte.ch/4-12/forums/all/forum-biologie412/
Existe-t-il des preuves que la théorie de l'évolution est vraie?
Je pense que question et réponse sont, comme souvent sur ce forum que je recommande, assez générales pour vous intéresser 
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La théorie de l'évolution est une théorie scientifique.
Elle réunit, en un ensemble cohérent, les faits et propositions actuels sur l'histoire de la vie. Elle doit y intégrer sans cesse les connaissances nouvelles sur le sujet.
Comme toute théorie scientifique, la théorie de l'évolution est donc provisoire, incomplète et susceptible de changer par la réfutation de certains de ses éléments et l'adjonction de nouvelles propositions qui les remplacent.
On ne peut donc pas dire globalement que théorie de l'évolution est vraie, ni qu'elle est fausse. Elle comporte des éléments "robustes", prouvés et vérifiés par la théorie ou l'expérience, qui ont peu de chance d'être remis en cause. Beaucoup d'autres propositions doivent encore être vérifiées. Certaines sont sans doute fausses, mais beaucoup d'autres seront conservées après vérification. Enfin, de nombreuses questions que l'on se pose, en particulier sur les mécanismes de l'évolution, n'ont pas de réponse dans l'état actuel de la science. Ce qui n'a rien d'anormal dans une théorie scientifique.

    Parmi les propositions vérifiées par de multiples preuves et qui risquent peu d'être remises en cause, figurent :

- la très longue durée de l'histoire de la vie, que l'on sait mesurer avec une bonne précision (plus de 3 milliards d'années, prouvée par les fossiles, la géologie et les datations physiques).

- la transformation des populations et des espèces au cours du temps. On connaît aujourd'hui les principaux mécanismes génétiques qui la gouvernent.

- l'origine unique, commune, de toutes les espèces d'êtres vivants, par une descendance généalogique, à partir des formes de vie les plus simples.
    Cette hypothèse de Lamarck (1800) a été démontrée par la découverte de l'universalité du code génétique (1953), ainsi que l'universalité des structures et de la chimie des cellules, entre beaucoup d'autres preuves. Il n'y a pas d'autre explication rationnelle des observations de la biologie.

Parmi les sujets débattus, on peut citer comme exemples :

- l'importance de la sélection naturelle, prouvée dans certains cas, mais dont Darwin lui-même avait constaté qu'elle n'expliquait pas toute l'évolution.

- les mécanismes de survie des "macro- mutations" qui ont parfois changé le plan des organismes d'une espèce ancestrale à ses descendantes.

Parmi les sujets incompris, on peut citer les mécanismes de transformation des formes et des dimensions des organismes, parce que l'on ne sait toujours pas quels gènes les contrôlent, ni comment. On peut citer aussi l'autre hypothèse de Lamarck selon laquelle la vie serait issue par transformation physico-chimique à partir du monde minéral. C'est l'hypothèse la plus simple, mais on n'a pas les moyens de la mettre à l'épreuve parce que cet événement historique n'a pas laissé de traces connues autres que les êtres vivants d'aujourd'hui.

    Aucune théorie scientifique alternative, rationnelle et crédible, ne s'oppose aujourd'hui à la théorie de l'évolution.
 

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10/06/2007

Orgasme précoce : le syndrome méconnu !

Elle est politicienne, haut fonctionnaire, chercheuse, brokeuse, pdgette...
Sourire d'ange sous ses longs cheveux bruns, racines refaites toutes les semaines, pariade de séduction immédiate à l'apparition du premier mâle qui passe, décuplée s'il s'agit d'un  de ces personnages prestigieux ou importants qu'elle ne cesse de croiser et rechercher. Dans les difficultés extrêmes, elle n'a jamais reculé devant les "promotions- canapé", même si elle cherche plus souvent le beurre en gardant l'argent du beurre.
Elle n'a jamais eu la vie facile entre ses conquêtes multiples et décevantes : maltraitée autrefois par des machos, méprisante après usage de ceux qui se laissent dominer, elle ne supporte pas les autres. Reste les copines qu'elle célèbre, à condition qu'elles soient plus moches et passent leur temps à l'admirer. Et puis les enfants, qui l'emmerdent vraiment, mais à qui elle prodigue, pour son image personnelle, tous les débordements d'amour exhibé que les ados détestent !
Sa vie sexuelle, bien que très précoce et ayant tout essayé, fût un long échec avant qu'elle ne découvre, il n'y a pas si longtemps, le mode d'emploi de son clitoris dans les magazines féminins niais et les émissions people ou pornos dont elle se délecte "pour se reposer de trop d'activités intellectuelles dans son travail". Depuis, elle se masturbe trois ou quatre fois par semaine, souvent avec un partenaire, question de standing ! Mais elle "se connaît si bien maintenant" qu'elle gagne le septième ciel en ascenseur express, en moins de cinq minutes ! Avant de sauter sur le natel qu'elle n'a pas débranché, pour appeler ses copines ou envoyer des sms. Le malheureux partenaire éventuel a intérêt à ne pas aimer les préliminaires longs, à suivre le rythme et à ne pas réclamer de supplément !
Elle n'arrête pas de se proclamer libre, heureuse, forte, mais se bourre de somnifères, fume sans cesse, prends des kilos et fond en larme "sans savoir pourquoi, les hormones sans doute", trois fois par semaine. Elle rêve toute l'année des vacances idéales qu'elle n'a pas le temps ou l'argent de prendre. Et qu'elle transforme en camps scouts quasi-militaires pour les tribus qu'elle y associe, si jamais. Déformation professionnelle oblige... Féministe "non- ringarde", elle "aadooore les mecs", mais est intransigeante sur  le langage épicène (devais-je écrire "haute" fonctionnaire ?).
Pathétique et dérisoire, elle nous rappelle qu'entre les trois temps plein du métier, du militantisme et des enfants, le fast- food et le fast sex, les femmes "libérées" se sont souvent bien fait avoir...

23:59 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

04/06/2007

Virginie exposée

"Médée" au Théâtre Saint-Gervais, tous les soirs, sauf vendredi, jusqu'au 10 juin
Elle est forte et fragile, belle et simple, audacieuse et vulnérable. Elle sait tout faire : danse, joue de son corps, de sa voix, de ses instruments de musique, du cirque, du théâtre, de la commedia dell'arte, en italien ou en français.
Virginie Lutz, mise en scène par Jérôme Richer, incarne ici les douleurs extrêmes des femmes exposées ou révoltées et prend seule sur scène, sans hésitation, tous les risques.
Faites comme moi, profitez des dernières cette semaine !

23:14 Publié dans sortez pas idiots ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

En finir avec vos préjugés, ce soir à UNIMAIL !

La LICRA Genève milite contre le racisme sans sombrer dans le communautarisme qui mine l'action de nombreux mouvements dits anti-racistes. Je n'en fais pas partie, mais j'aime bien ce qu'ils font, sauf quand ils prennent Mugny pour président ! Erreur tragique réparée depuis ! Après Gaston Kelman, inoubliable bourguignon auteur de "Je suis noir et je n'aime pas le manioc", ils invitent Caroline Fourest, journaliste à Charlie Hebdo. Laquelle ne manque pas de courage en dénonçant les pièges des communautarismes anti- laïques, frère Tariq ou en commentant sereinement "Le choc des préjugés". Plutôt que de continuer à paraphraser, je vous répercute l'invitation.
A ce soir !


La LICRA-Genève vous invite à la conférence de

Mme Caroline Fourest
Essayiste - Journaliste

« Le choc des préjugés »

Jeudi 7 juin 2007 à 20 h. Auditoire MS 150 – Uni-Mail, 40, bd du Pont-d’Arve,1205 Genève Entrée libre (Salle au sous-sol)

Sans fantasmes ni angélisme, Mme Fourest dénonce l’impasse des postures sécuritaires et victimaires. Elle démontre et démonte les mécanismes des amalgames et des préjugés des uns auxquels répondent les amalgames et les préjugés des autres. Elle conteste
« l’ethnicisation de la question sociale » et au communautarisme qui entraîne fantasmes, mythes, peurs et déresponsabilisation elle oppose le respect de l’individu.

Elle pose les véritables questions qui permettent le vivre-ensemble dans une société laïque.

« L’identité est une alchimie mystérieuse, elle doit le rester. Pour dénoncer les discriminations, la tentation est grande de la réduire à l’expression de son stigmate le plus visible. Il faut alors prendre garde à ne pas confondre un moyen différentialiste (parfois nécessaire pour souligner la nature des discriminations subies) avec un objectif différentialiste (revendiquer des droits culturels au nom d’un particularisme), sous peine d’entretenir soi-même la machine à figer les identités. Au contraire, les discriminations doivent être pointées du doigt pour ce qu’elles sont : la trahison de l’idéal républicain égalitaire et universaliste. » in Le choc des préjugés, 2007, éditions Calmann-lévy »

Caroline Fourest est diplômée de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, rédactrice en chef de la revue ProChoix et journaliste à Charlie Hebdo. Elle enseigne sur "Identités, égalités et vivre-ensemble" à l'IEP à Paris. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Tirs croisés : la laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman" 2003, "Frère Tariq" 2006. Elle a reçu le Prix national de la laïcité en 2005. Son ouvrage "La tentation obscurantiste" a obtenu le Prix du livre politique en 2006.

Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme - LICRA-Genève
Adresse postale : Licra-Genève - 1200 Genève - tél. +4179 6783855 licra-ge@freesurf.ch

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