08/10/2007

Droit du sol, droit du sang ou droit du fric ?

    C'est Zêdess, excellent reggae man burkinabé, qui remarque que Nicolas Sarkozy descend d'un immigré "subi" et non "choisi". Il l'interpelle en lui demandant "Pourquoi ton père a fui la Hongrie?", ce qui rime bien avec son nom épelé méticuleusement. Si le père avait subi la loi du fils, il serait resté hongrois et son fils n'aurait jamais été "couronné chez les Gaulois", comme le dit la chanson ! ("Un hongrois chez les gaulois", tirée du bel album "Sagesse africaine").
    Les gaulois, eux, ne sont plus sages : après avoir ravagé les anglos, les saxons et les scandinaves, la génétique les rend fous ! Certains veulent faire des tests d'ADN pour éviter les regroupements familiaux "abusifs" des immigrés. Le premier problème, c'est que le test ne dit pas qui n'est pas la femme de qui, puisqu'on n'épouse pas, en général, sa soeur ou sa cousine. Par contre, il peut dire qui n'est pas l'enfant biologique de qui. Imaginez une seconde que maman Sarko ait fait son petit Nicolas avec un beau Turc de passage (en fait, sans doute plutôt un moche, mais c'est pour la beauté de la phrase !) : non seulement Nico aurait été reconduit à la frontière, mais l'atmosphère familiale serait devenue pesante. D'ailleurs, chez les gaulois, la filiation légale est sociale et non biologique. La meilleure preuve, c'est que chez eux, lors d'une insémination artificielle avec donneur, il est interdit de révéler qui est le père biologique. Ce serait un mauvais début d'assimilation que d'imposer une loi génétique opposée aux immigrés !
    Derrière le cas particulier du petit hexagone se place un problème plus général, qui nous concerne aussi au premier chef. Le bon sens voudrait qu'un enfant ait, de droit, la nationalité du pays où il naît et où il vit. C'est ce qu'on appelle le "droit du sol" et ce n'est que justice pour l'enfant, qui ne choisit pas où il naît. Mais les populistes voient déjà la menace de milliers d'étrangères en cloque, tenant leur ventre comme un ballon, qui viendraient accoucher en marquant des essais- bébés derrière nos poteaux frontières, plaquées par une mêlée de douaniers !
    La solution dont les conservateurs rêvent serait de revenir au féodal "droit du sang" - en fait le droit de l'ADN lisible dans le sang. La nationalité serait celle(s) des parents, donc héritée. Mais un tel système est profondément injuste pour les enfants qui ne choisissent pas plus leurs parents que l'endroit où ils naissent. Et qui se retrouveraient souvent expulsés d'où ils vivent vers un pays où ils n'ont jamais mis les pieds, et qui, souvent, n'en veut pas. En plus, ce système ne devrait pas plaire à ses promoteurs car il multiplie les bi- et multinationaux, à moins d'interdire les mariages binationaux, ce que même l'extrême droite n'oserait pas.
    Alors, je cherche un qualificatif pour le troisième système, celui que pratique la confédération et que d'aucuns voudraient encore durcir, oubliant nos besoins de main- d'oeuvre et de cerveaux d'oeuvre, ainsi que nos bonnes consciences. Dans ce système, qui rejoint l'immigration "choisie" du hongrois "subi", on recrute à l'extérieur ceux dont on a besoin, en les payant bien et en essayant de les garder. Et l'on admet, quelques soient leurs couleurs et leurs origines, ceux qui arrivent, comme Johnny, avec un coffre-fort bien garni. Nous arrivons ainsi à un "droit du fric", très tendance dans notre société, mais qui fait bien peu de cas de nos valeurs humanistes.

Pour les gaulois et pour tous ceux qui veulent réviser une partie de ces valeurs, une très jolie pétition sur : http://touchepasamonadn.com/

21:54 Publié dans science et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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