24/10/2007

Nicolas Culot et l'écologie béton des Gaulois

Un nom- valise commun pour le pantin hyper- motorisé de TF1 et le président des Gaulois, qui ont en commun d'être des créations de Bouygues Constructions et de sa filiale TF1 ? Qu'y a-t-il de commun, me direz-vous entre l'agité qui fit rêver le peuple en sautant d'un ULM au- dessus de Macchu- Picchu à une moto- neige en Alaska, puis à un scooter marin aux Caraïbes et le petit parvenu qui prépare la karchérisation des cités depuis les yachts et les villas de milliardaires ?
    Beaucoup, en fait : le bruit, la frime, la pollution, l'addiction au pouvoir, l'appât du gain, le "Faites ce que je dit, pas ce que je fais", le geste velléitaire qui suit l'opinion en se donnant l'air de décider ce sur quoi ils n'ont aucun contrôle ... Bien que je ne lise plus ce genre de purée rose depuis longtemps, je suis tombé en arrêt, médusé, devant une couverture récente du Nouvel Observateur représentant Hulot pointant agressivement du doigt et déclarant "Ce que je veux !". On aurait dit la célèbre caricature d'Oncle Sam en haut- de- forme à bannière étoilée disant : "I want you !". De quel droit un clown de Bouygues, qui n'a aucun mandat politique, peut-il exiger quoi que ce soit ? Est-ce une comédie pour faire croire à un puissant chantage politique sur l'autre Nicolas, sous produit du même entrepreneur ? Alors que les deux mettent en scène, de concert, leur "Grenelle de l'environnement"...
    Parlons- en de cette tarte à la crème franco- franchouillarde, en rappelant d'abord à ceux que l'histoire de France ne passionne pas que ce surnom a été donné à une conférence participative "pour sauver la planète", rien que cela ! L'étonnant substantif "Grenelle" fait allusion à la rue de Paris où furent signés en été 1968 les accords où, de concert, la CGT et le gouvernement Pompidou enterrèrent la tentative de révolution française de mai 1968. Il n'est pas surprenant que Sarko, sur l'environnement, prenne comme symbole le lieu de défaite des utopies généreuses de 1968 qu'il déteste. Cela dit bien ce qu'il pense des utopies vertes d'aujourd'hui et ce à quoi il compte les réduire. Dans cette affaire, quelques concessions sur des sujets sans importance auront vite raison de la "volonté" de l'autre petit Nicolas et l'on passera, breveté Nicolo- responsable, aux projets sérieux des grands entrepreneurs ! La volonté de l'opinion et la "démocratie" se retrouveront calibrées dans le même coffrage par la télévision de maçons des petits Nicolas, qui partagent sans doute la même aversion pour toute évocation de mai 1968 et de la libération effective de la parole. Dans un répertoire un peu différent, je pense aux jumeaux polonais...
    Alors, que faire ? Des rassemblements entre masses populaires et "peoples" (bien isolés et protégés) au Zénith de Paris, comme Charlie- People- Hebdo vient d'en faire un ? Pendre par les couilles Cohn- Bendit, Lang et autres renégats de mai 68 ? Demander à Besancenot, facteur qui aide encore les petits vieux, de pousser  les chaises roulantes de Krivine et Laguiller pour réoccuper l'Odéon et la Sorbonne, en se souvenant qu'avant Grenelle 68, il y eut le 22 mars, qui prépara mai 68 et la fête bavarde de mai 68, qui fit sortir les idées des ghettos intellectuels ?
    Car au- delà de l'heureuse défaite des pavés et des "Maos", mai 68 fût une formidable victoire des mots et de la liberté de les dire. Une formidable victoire, aussi, de la liberté des moeurs, dont même les classes les plus rétrogrades de la société profitent encore. Je me souviens de cet étudiant en médecine, fils de grand mandarin hospitalier très catholique, aujourd'hui grand mandarin réactionnaire à son tour, qui s'émerveillait que, depuis mai 68 seulement, les enfants de grands patrons de médecine étaient autorisés à fréquenter des non- enfants de grands patrons de médecine dans les bals et les rallyes !
On fait les révolutions qu'on peut, et à son rythme ...
    Si aujourd'hui notre Titeuf national peut montrer son "Zizi sexuel" à des enfants et ados, beaucoup plus libres et décomplexés que nous l'étions, à la Cité des sciences de Paris, c'est parce que la répression judéo- chrétienne et la censure gaulliste ont été bousculées définitivement par les soixante- huitards. Ces derniers ont juste raté la société de consommation, que les écolos d'aujourd'hui égratignent poliment, et la révolution...
Mais, dans notre monde occidental, presque tous profitent aujourd'hui de leur apport, même les Nicolas Culot qui divorcent librement et vendent du baratin durable !

19:05 Publié dans la politique, autrement | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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