24/10/2007

Nicolas Culot et l'écologie béton des Gaulois

Un nom- valise commun pour le pantin hyper- motorisé de TF1 et le président des Gaulois, qui ont en commun d'être des créations de Bouygues Constructions et de sa filiale TF1 ? Qu'y a-t-il de commun, me direz-vous entre l'agité qui fit rêver le peuple en sautant d'un ULM au- dessus de Macchu- Picchu à une moto- neige en Alaska, puis à un scooter marin aux Caraïbes et le petit parvenu qui prépare la karchérisation des cités depuis les yachts et les villas de milliardaires ?
    Beaucoup, en fait : le bruit, la frime, la pollution, l'addiction au pouvoir, l'appât du gain, le "Faites ce que je dit, pas ce que je fais", le geste velléitaire qui suit l'opinion en se donnant l'air de décider ce sur quoi ils n'ont aucun contrôle ... Bien que je ne lise plus ce genre de purée rose depuis longtemps, je suis tombé en arrêt, médusé, devant une couverture récente du Nouvel Observateur représentant Hulot pointant agressivement du doigt et déclarant "Ce que je veux !". On aurait dit la célèbre caricature d'Oncle Sam en haut- de- forme à bannière étoilée disant : "I want you !". De quel droit un clown de Bouygues, qui n'a aucun mandat politique, peut-il exiger quoi que ce soit ? Est-ce une comédie pour faire croire à un puissant chantage politique sur l'autre Nicolas, sous produit du même entrepreneur ? Alors que les deux mettent en scène, de concert, leur "Grenelle de l'environnement"...
    Parlons- en de cette tarte à la crème franco- franchouillarde, en rappelant d'abord à ceux que l'histoire de France ne passionne pas que ce surnom a été donné à une conférence participative "pour sauver la planète", rien que cela ! L'étonnant substantif "Grenelle" fait allusion à la rue de Paris où furent signés en été 1968 les accords où, de concert, la CGT et le gouvernement Pompidou enterrèrent la tentative de révolution française de mai 1968. Il n'est pas surprenant que Sarko, sur l'environnement, prenne comme symbole le lieu de défaite des utopies généreuses de 1968 qu'il déteste. Cela dit bien ce qu'il pense des utopies vertes d'aujourd'hui et ce à quoi il compte les réduire. Dans cette affaire, quelques concessions sur des sujets sans importance auront vite raison de la "volonté" de l'autre petit Nicolas et l'on passera, breveté Nicolo- responsable, aux projets sérieux des grands entrepreneurs ! La volonté de l'opinion et la "démocratie" se retrouveront calibrées dans le même coffrage par la télévision de maçons des petits Nicolas, qui partagent sans doute la même aversion pour toute évocation de mai 1968 et de la libération effective de la parole. Dans un répertoire un peu différent, je pense aux jumeaux polonais...
    Alors, que faire ? Des rassemblements entre masses populaires et "peoples" (bien isolés et protégés) au Zénith de Paris, comme Charlie- People- Hebdo vient d'en faire un ? Pendre par les couilles Cohn- Bendit, Lang et autres renégats de mai 68 ? Demander à Besancenot, facteur qui aide encore les petits vieux, de pousser  les chaises roulantes de Krivine et Laguiller pour réoccuper l'Odéon et la Sorbonne, en se souvenant qu'avant Grenelle 68, il y eut le 22 mars, qui prépara mai 68 et la fête bavarde de mai 68, qui fit sortir les idées des ghettos intellectuels ?
    Car au- delà de l'heureuse défaite des pavés et des "Maos", mai 68 fût une formidable victoire des mots et de la liberté de les dire. Une formidable victoire, aussi, de la liberté des moeurs, dont même les classes les plus rétrogrades de la société profitent encore. Je me souviens de cet étudiant en médecine, fils de grand mandarin hospitalier très catholique, aujourd'hui grand mandarin réactionnaire à son tour, qui s'émerveillait que, depuis mai 68 seulement, les enfants de grands patrons de médecine étaient autorisés à fréquenter des non- enfants de grands patrons de médecine dans les bals et les rallyes !
On fait les révolutions qu'on peut, et à son rythme ...
    Si aujourd'hui notre Titeuf national peut montrer son "Zizi sexuel" à des enfants et ados, beaucoup plus libres et décomplexés que nous l'étions, à la Cité des sciences de Paris, c'est parce que la répression judéo- chrétienne et la censure gaulliste ont été bousculées définitivement par les soixante- huitards. Ces derniers ont juste raté la société de consommation, que les écolos d'aujourd'hui égratignent poliment, et la révolution...
Mais, dans notre monde occidental, presque tous profitent aujourd'hui de leur apport, même les Nicolas Culot qui divorcent librement et vendent du baratin durable !

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22/10/2007

Nobels, bêtes et méchants !

    "Ce qui me frappe, c'est que l'on retrouve toujours la même proportion d'imbéciles, d'escrocs et de gens bien, que ce soit chez les prix Nobel, les enseignants ou les ouvriers" déclarait souvent - en privé ! - l'un des rares lauréats du prix Nobel que j'apprécie parmi une dizaine que l'activité scientifique m'a fait rencontrer plus ou moins. Les déclarations racistes et scientifiquement ineptes de James Watson sur l'Afrique et l'intelligence prétendue inférieure ou bien la libido prétendue supérieure des "noirs" ne font que confirmer ce point de vue. On ne peut pas les mettre sur le seul compte de l'âge : Watson n'a pas encore 80 ans, même s'il n'est plus au top. Par ailleurs, cela fait plus de vingt ans qu'on évite de lui offrir certaines tribunes parce que l'on sait trop, dans les milieux scientifiques, de quoi il est capable en matière d'opinions sur la "génétique de l'intelligence" ou la prétendue génétique - à découvrir, mais d'ici peu, selon lui, - de l'homosexualité ou des maladies mentales ! Comme à beaucoup d'anglo-saxons et quelques autres, l'ADN lui est monté au cerveau !
    Il reste qu'avec ses collègues Crick et Wilkins, il fut récompensé en 1962 pour avoir décrit, en 1953, la structure de l'ADN et ses principales propriétés, ce qui était LA découverte du siècle. Même si les trois semblent avoir piqué, sans son accord, les résultats de cristallographie de Rosalind Franklin qu'un cancer a eu le bon goût d'éliminer avant contestation ...
    Il existe en gros deux sortes de lauréats Nobel. Certains sont récompensés pour une découverte très importante, souvent non reconnue en son temps. Barbara Mac Clintock en est le prototype : ses "gènes- sauteurs" l'ont fait accabler de sarcasmes pendant des décennies et elle ne fut honorée qu'in extremis quand on admit, enfin, que celle qui fut longtemps traitée de vieille folle avait raison (le Nobel n'est jamais attribué à titre posthume). Mais, comme il n'y a pas de découvertes vraiment très importantes tous les ans dans toutes les disciplines scientifiques récompensées, le prix est souvent attribué à de grands communicants - grands magouilleurs qui réussissent à faire croire que leurs travaux, souvent récents, parfois douteux, constituent une avancée fondamentale. Le tout sur fond de tripatouillages politiques et de grands copinages internationaux : l'essentiel du gâteau pour les anglo- saxons qui tiennent les revues auto- proclamées prestigieuses, une part, relativement très honorable, pour les petits scandinaves qui financent et régalent, les miettes pour le reste du monde...
    Après le prix, la vie devient très dure pour les pauvres Nobels. Non seulement ils doivent mener une vie mondaine consternante, mais il leur faut aussi dépenser tous les crédits qui tombent sans arrêt sur leur labo, ce qui représente beaucoup de travail ! Surtout, ils doivent entretenir leur réputation à la hauteur de la découverte qui les a fait récompenser. Mission impossible s'il s'agit d'une très grande découverte, souvent liée à un coup de chance unique ou à un contexte heureux très improbable. Le néo- Nobel, ayant atteint son niveau d'incompétence, tend donc à se reconvertir sur de nouveaux sujets spectaculaires, sur lesquels il est incompétent. Ce qui constitue une "arabesque latérale" selon le célèbre principe de Peter et Hull. Le meilleur exemple en est Francis Crick, compère de Watson qui, ayant réglé son compte à l'ADN, décida de s'attaquer, Nobel au poing, au cerveau humain, avant que le sien ne rende son absence d'âme. Pour cela, il fallait d'abord régler leurs comptes, jusque dans notre auditoire Piaget, aux sciences humaines - incompétentes ! -, à la psychologie et à papa Freud, pourtant déjà bien mort à l'époque. Crick n'hésitait pas à clamer que l'inconscient n'était qu'une invention de l'imaginaire débridé des psychanalystes et qu'il n'y avait rien d'organisé et intéressant dans les rêves, poubelle de la pensée ! Hormis ces imprécations sectaires et gratuites, on attend pour toujours sa contribution positive au sujet...
    Si l'on s'intéresse maintenant à Shockley, l'un des trois lauréats Nobel de physique en 1956 pour l'invention du transistor - ce n'est pas rien ! - les choses sont encore plus simples. Il utilisa son prix et sa réputation pour militer contre le "busing" (transport des écoliers d'une école à l'autre pour lutter contre la ségrégation raciale scolaire aux Etats- Unis), pour propager les idées racistes de Jensen et du Pionneer's Fund sur l'infériorité des noirs, et aussi pour aider à fonder des banques de sperme de prix Nobel destinées à inséminer des femmes volontaires désirant des enfants surdoués. Vu le look du prix Nobel moyen et l'état catastrophique de certains enfants anéantis par le Nobel paternel, relativement peu de femmes sont entrées en matière ... on les comprend ! Ici, on n'a aucun mal à situer la faille entre de hautes compétences réelles en physique appliquée et la prétention à une compétence "biologique" dans un domaine idéologique nauséabond. On retrouve aussi le Pioneer's Fund, association d'extrême droite qui finança, entre beaucoup d'autres du même crû, les "recherches" de Jensen. Ainsi que, bien plus tard, celles d'un certain Rushton, qui répéta, avec les mêmes biais, les "découvertes" de Jensen sur la génétique de l'intelligence, l'infériorité prétendue du QI des noirs et affirma, par argument d'autorité, leur "libido supérieure" qui a inspiré Watson.
    L'histoire des sciences montre souvent qu'une partie non négligeable de ses célébrités n'ont dû leurs découvertes qu'au hasard, au contexte, ou à la prédation des résultats des collaborateurs et souvent des collaboratrices qui ont fait le travail. Beaucoup de chercheurs plus compétents et plus méritants ne trouvent jamais rien. Cela ne veut pas forcément dire qu'ils sont mauvais. Même lorsque leur contribution personnelle fut déterminante, ceux qui ont réussi le meilleur dans un champ technique particulier du savoir ont peu de chances d'être bons dans un domaine différent qu'ils découvrent, encore moins de raisons d'être des autorités morales, philosophiques ou politiques. Pourtant, dans une société où les médias et les politiciens populistes n'arrêtent pas de dénigrer ce qui est scientifique, les mêmes n'hésitent pas à convoquer les lauréats de prix prestigieux comme experts en éthique, enseignement ou éducation, à la place des prêtres de jadis, en leur prêtant, bien à tort, des compétences qu'ils n'ont pas plus. On connait les désastres auxquels certaines expertises de ce type ont conduit dans l'enseignement, en particulier des maths et des sciences ...

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20/10/2007

André Langaney n'a pas rencontré Cécilia Sarkozy à Genève !

    Impossible : j'étais à Carouge ! Remarquez, notre bon maître Halpérin dément qu'elle soit venue à Genève, pas à Carouge ! Je n'ai pas rencontré Marc Roger, non plus, ni Britney Spears, avec ou sans culotte. Paris Hilton ne m'a pas demandé de l'accompagner dans son expédition humanitaire.
    Je ne vous parlerai ni du foot, ni du tennis, ni du rugby, mondial ou municipal, car j'ai la haine de tous les "sports" commerciaux ! Et plus encore des foules hurlantes de supporters ou de militants, qui jouent à la guerre, avec des drapeaux. Comme les militaires que je déteste collectivement, même si j'en ai apprécié certains, individuellement.
    Je ne vous parlerai ni de Blocher, ni d'Oussama Ben Laden, ni de Miss Suisse sur lesquels je n'ai rien de vraiment nouveau à vous apprendre : vous savez déjà que la dernière a un plus joli sourire et un plus joli derrière que les deux autres ...
    Je n'ai retrouvé aucun cadavre de petite fille ou de jeunes filles agressées sexuellement, pardonnez-moi, j'ai oublié les prénoms !
    Je n'exclus pas d'utiliser, un jour, un iphone, mais je ne suis vraiment pas impatient de l'essayer et de perdre des heures à lui transférer la moitié de mes données et de perdre l'autre pour de mystérieuses raisons d'incompatibilités techniques.
    J'ai voté pour les élections fédérales, mais pas pour les partis qui auront le plus de voix et d'élus. Si un-e seul-e candidat-e, parmi mon choix, me représentait à Berne, ce serait un miracle ... et une approximation grossière de notre désaccord politique !
    J'ajoute que ma vieille voiture émet sans doute un peu trop de gaz carbonique, mais que, comme je ne circule qu'à vélo depuis des semaines, je ne mérite sans doute pas d'être trop surtaxé pour réchauffement illicite de la planète.
    Je ne suis donc pas intéressant, ni dans le coup, si j'en juge par ce qui fait la une et les manchettes de nos journaux et de nos "infos".
    Mais, existe-t-il encore une vie au-delà de cette prétendue "actualité" dont nous anesthésient bien peu de groupes de presse et les multinationales de la Com ?

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15/10/2007

Circoncision : silence sur l'autre mutilation qui tue !

    Dans un village d'Afrique de l'Ouest, j'ai vu, un jour, deux circoncis de neuf et dix ans sur onze "opérés" mourir de septicémie sans qu'il soit possible de les soustraire à la fin du rite "de guérison" pour les faire soigner. Les décès de ce genre étaient si fréquents que l'opération était vécue comme un moment de terreur par les familles et les villages entiers. Il y a un siècle, la circoncision était pratiquée vers seize à dix-huit ans dans certaines ethnies. C'était alors une opération très dangereuse et très douloureuse ; ce qu'elle est toujours lorsqu'elle est pratiquée par des forgerons avec le couteau traditionnel et dans des conditions septiques. L'abaissement de l'âge diminue les risques d'hémorragie grave, pas ceux de septicémie. Depuis plusieurs décennies, les gamins ont essayé de prévenir les risques en se faisant circoncire dans les dispensaires ou, gratuitement, par des bonnes soeurs infirmières. Mais la hiérarchie catholique a estimé que ce n'était pas une tache convenable pour des nonnes et leur avait interdit cette activité, qui sauvait pourtant des vies.
    Il ne fait aucun doute que la circoncision a fait des centaines de milliers de morts dans toutes les populations qui la pratiquent depuis des millénaires et que cette mortalité n'a baissé ou disparu que là où elle a été médicalisée. Un juif militant contre cette opération m'a un jour assuré qu'un des grands textes du judaïsme - désolé, j'ai oublié lequel ! - prévoit qu'un couple peut s'abstenir d'opérer un troisième fils, lorsque ses deux premiers sont morts du fait de leur circoncision. Ce qui confirmerait l'hécatombe, si la référence est exacte.
    La circoncision ne se justifie médicalement, plus ou moins, que dans de rares cas de malformation du prépuce. Mais une savante intoxication sur sa "valeur hygiénique" a abouti à sa pratique systématique jusque dans des populations athées, agnostiques ou pratiquant des religions qui ne la prescrivent pas, en particulier aux Etats- Unis. Des études démographiques et épidémiologiques, biaisées ou mal conduites, menées par des chercheurs très engagés, prétendent, à l'égal des mères juives psychanalystes et des imams télévisuels, que la circoncision est une mesure d'hygiène précieuse contre les maladies sexuellement transmissibles et, en particulier, excusez du peu, prévient le sida ! Avec comme conséquence, depuis qu'une organisation internationale leur a fait écho, un nouveau slogan : "Tu ne risques rien, je suis circoncis !". Un slogan qui devrait faire autant de victimes, féminines et masculines, que le décryptage du sigle en "Syndrome Imaginaire pour Décourager les Amoureux ". Beaucoup sont découragés, définitivement !
    La circoncision est une mutilation sexuelle dont la pratique, hors urgence médicale rare, est une atteinte à l'intégrité du corps d'enfants mineurs. Elle est donc contraire aux lois ou aux constitutions de beaucoup de pays démocratiques. Elle y est tolérée hors la loi parce que musulmans et juifs y constituent des minorités importantes et influentes. Pratiquée à plus vaste échelle, elle a certainement tué beaucoup plus, dans le passé, que l'excision, autre barbarie dont on a, bien sûr, raison de dénoncer les méfaits, mais dont personne ne recommande la médicalisation hors des sociétés qui la préconisent.
    Les "données" qui soutiennent l'effet hygiénique de la circoncision viennent souvent de comparaisons entre des ethnies différentes, habilement choisies, dont les  variations de moeurs sexuelles expliquent, à elles seules, les différences de contamination. L'argument hygiéniste vient de préjugés peu justifiés sur les fermentations génitales masculines (que dire alors de l'incubateur naturel que constitue un vagin : mieux vaudrait le fuir, mais nous ne serions pas là !). On peut, à l'inverse, supposer qu'un gland protégé est moins exposé aux lésions, donc aux contaminations, qu'un membre circoncis. Sans chiffres crédibles, cette hypothèse n'a cependant pas plus de valeur que l'argument hygiéniste opposé.
    Pour clore, je citerai un ami juif qui, comme beaucoup, dit n'avoir aucun mauvais souvenir de l'ablation de "ce petit bout de peau" qu'on lui avait retiré tout bébé (âge sans souvenir conscient, mais vulnérable aux traumatismes). Un petit bout de peau "qui ne lui manque pas du tout". Pour lui signaler que les petits garçons qui l'ont encore prennent souvent beaucoup de plaisir à jouer avec leur prépuce. Si, plus tard, de grandes filles s'y intéressent, ce peut être, aussi, l'occasion de jeux raffinés, non indispensables mais fort agréables, que ses parents lui ont refusés sans lui demander son avis. Ce qui devrait interpeller un éminent défenseur des droits humains ...

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08/10/2007

Droit du sol, droit du sang ou droit du fric ?

    C'est Zêdess, excellent reggae man burkinabé, qui remarque que Nicolas Sarkozy descend d'un immigré "subi" et non "choisi". Il l'interpelle en lui demandant "Pourquoi ton père a fui la Hongrie?", ce qui rime bien avec son nom épelé méticuleusement. Si le père avait subi la loi du fils, il serait resté hongrois et son fils n'aurait jamais été "couronné chez les Gaulois", comme le dit la chanson ! ("Un hongrois chez les gaulois", tirée du bel album "Sagesse africaine").
    Les gaulois, eux, ne sont plus sages : après avoir ravagé les anglos, les saxons et les scandinaves, la génétique les rend fous ! Certains veulent faire des tests d'ADN pour éviter les regroupements familiaux "abusifs" des immigrés. Le premier problème, c'est que le test ne dit pas qui n'est pas la femme de qui, puisqu'on n'épouse pas, en général, sa soeur ou sa cousine. Par contre, il peut dire qui n'est pas l'enfant biologique de qui. Imaginez une seconde que maman Sarko ait fait son petit Nicolas avec un beau Turc de passage (en fait, sans doute plutôt un moche, mais c'est pour la beauté de la phrase !) : non seulement Nico aurait été reconduit à la frontière, mais l'atmosphère familiale serait devenue pesante. D'ailleurs, chez les gaulois, la filiation légale est sociale et non biologique. La meilleure preuve, c'est que chez eux, lors d'une insémination artificielle avec donneur, il est interdit de révéler qui est le père biologique. Ce serait un mauvais début d'assimilation que d'imposer une loi génétique opposée aux immigrés !
    Derrière le cas particulier du petit hexagone se place un problème plus général, qui nous concerne aussi au premier chef. Le bon sens voudrait qu'un enfant ait, de droit, la nationalité du pays où il naît et où il vit. C'est ce qu'on appelle le "droit du sol" et ce n'est que justice pour l'enfant, qui ne choisit pas où il naît. Mais les populistes voient déjà la menace de milliers d'étrangères en cloque, tenant leur ventre comme un ballon, qui viendraient accoucher en marquant des essais- bébés derrière nos poteaux frontières, plaquées par une mêlée de douaniers !
    La solution dont les conservateurs rêvent serait de revenir au féodal "droit du sang" - en fait le droit de l'ADN lisible dans le sang. La nationalité serait celle(s) des parents, donc héritée. Mais un tel système est profondément injuste pour les enfants qui ne choisissent pas plus leurs parents que l'endroit où ils naissent. Et qui se retrouveraient souvent expulsés d'où ils vivent vers un pays où ils n'ont jamais mis les pieds, et qui, souvent, n'en veut pas. En plus, ce système ne devrait pas plaire à ses promoteurs car il multiplie les bi- et multinationaux, à moins d'interdire les mariages binationaux, ce que même l'extrême droite n'oserait pas.
    Alors, je cherche un qualificatif pour le troisième système, celui que pratique la confédération et que d'aucuns voudraient encore durcir, oubliant nos besoins de main- d'oeuvre et de cerveaux d'oeuvre, ainsi que nos bonnes consciences. Dans ce système, qui rejoint l'immigration "choisie" du hongrois "subi", on recrute à l'extérieur ceux dont on a besoin, en les payant bien et en essayant de les garder. Et l'on admet, quelques soient leurs couleurs et leurs origines, ceux qui arrivent, comme Johnny, avec un coffre-fort bien garni. Nous arrivons ainsi à un "droit du fric", très tendance dans notre société, mais qui fait bien peu de cas de nos valeurs humanistes.

Pour les gaulois et pour tous ceux qui veulent réviser une partie de ces valeurs, une très jolie pétition sur : http://touchepasamonadn.com/

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04/10/2007

Biodiversité : conserver n'est pas gérer !

    Les crétins qui prétendent "conserver" la nature ou la biodiversité n'ont rien compris à l'histoire de la vie ! Le monde vivant n'a jamais été en équilibre "durable", pour utiliser la tarte à la crème du vocabulaire d'aujourd'hui. Depuis plus de trois milliards d'années, de multiples espèces de microbes, de plantes et d'animaux ne cessent de se transformer en d'autres espèces. Les espèces ne durent, au mieux, qu'une dizaine de millions d'années avant d'en engendrer d'autres, qui ne durent pas plus longtemps. Si vous faites le calcul, vous vous rendez vite compte que les espèces actuelles (moins de deux millions décrites, plus trois à cinquante millions inconnues - selon les "experts" !) ne sont qu'une infime partie de celles qui ont existé. Les espèces du futur ne seront pas les mêmes que leurs ancêtres d'aujourd'hui. La quasi-totalité des espèces du passé ont disparu sans descendance.
    Dans le passé géologique, de nombreuses "crises", climatiques ou autres, ont provoqué l'extinction de la plupart des espèces de l'époque. Jusqu'à 95% de disparitions comptées, par exemple, à la fin de l'ère primaire. Chaque fois, la nature est repartie sur de nouvelles bases, avec de nouvelles espèces, issues des lignées "résilientes" qui avaient traversé la crise. Elle témoignait ainsi de ce que mon vieux maître en écologie et ami Jean Dorst avait appelé "La force du vivant", titre d'un livre déjà ancien, mais que les "écolos" énervés d'aujourd'hui feraient bien de relire. La nature n'est pas menacée par les activités humaines, elle leur survivra et la vie continuera, sans aucun doute, après nous et nos bêtises.
    Depuis cent mille ans - avant aussi, mais on ne sait pas très bien - les climats n'ont cessé de changer. Alternativement on est passé du chaud au froid, de l'humide au sec. Les forêts se transformaient en savanes ou en toundras, puis en déserts, ou bien l'inverse. A chaque fois, les espèces de plantes, comme les animaux, au cours des millénaires, sont montées ou descendues de milliers de kilomètres en latitude, "envahissant" de nouvelles zones propices à leur survie et abandonnant celles qui ne l'étaient plus.
    Depuis dix mille ans, les humains ont transformé les paysages en rasant les forêts pour faire des champs et devenir des millions, puis des milliards alors que leurs ancêtres n'étaient que quelques dizaines de milliers, du temps des chasseurs paléolithiques. Cet avatar n'était qu'un de plus, parmi les rapides et les cascades du torrent du vivant. Il avait pour conséquence mécanique la disparition des forêts que l'on ne saurait conserver que comme des musées de la biodiversité. Pour paraphraser un titre célèbre, la vie n'est pas un long fleuve tranquille et uniforme, de la source à l'embouchure. Elle change sans arrêt ! Vouloir conserver tous ses éléments intacts, tels quels, est mission impossible et dépourvue de sens. Nous ne reviendrons pas au paléolithique et la plupart des espèces des forêts tropicales disparaitront avec la plupart de ces forêts.
    Faut-il pleurer neuf cent mille espèces de scarabées et autres coléoptères qui constituent la moitié des espèces décrites, et beaucoup plus que l'on ne connait même pas ? Surement pas ! Ils n'ont pas leur place dans la nature humanisée de demain, ni dans la nature post- humaine, dont nous n'avons guère de raisons de nous soucier...
    A l'heure où les humains sont les premiers connus à pouvoir agir consciemment sur le devenir de leur espèce et un peu sur l'environnement terrestre, l'heure n'est pas à chercher à remonter le torrent de la vie mais à éviter, autant que possible, par des corrections avisées, les catastrophes humaines prévisibles. Gérer la biodiversité doit d'abord fournir des ressources à partager plus équitablement entre nos descendants qu'entre nos contemporains. Et ceci ne sera possible qu'en utilisant, judicieusement et sous contrôle, toutes les techniques de transformation du vivant susceptibles d'y contribuer. En commençant par les organismes recombinés qui constitueront des populations domestiques plus productives, plus résistantes, moins polluantes et meilleures, diététiquement et au goût, pour notre consommation. Les moratoires imbéciles n'arrêteront pas plus les OGM qu'ils n'ont autrefois arrêté les trains, l'électricité ou les avions. Ils ne feront que faire prendre un retard catastrophique aux pays assez riches et inconscients pour y jouer.    
    Reste-t-il, dans cette dynamique intraitable, une place pour la "conservation" des espèces ?
    Oui, bien sûr ... chaque fois qu'elle est justifiable, et non désespérée !
    Chaque fois qu'une espèce ou une variété menacée présente une potentialité de ressource importante pour le futur : les conservatoires botaniques et agronomiques sont précieux et font un travail indispensable.
    Ou chaque fois que des espèces présentent un intérêt crucial pour la science ou la recherche, comme les grands singes : ils nous apprennent sur notre biologie et notre passé des choses que six milliards d'humains ne nous apprendraient pas.
    Ou chaque fois que des espèces représentent, dans nos cultures ou dans nos arts, des symboles ou des charges émotionnelles respectables.
    Les pandas, les baleines, les ours, les aigles et quelques autres n'auront qu'un rôle et un avenir très limités dans les écosystèmes de demain. Mais les préserver aussi longtemps que possible, dans des conditions aussi naturelles que possible, est un luxe relativement peu couteux, pour le bonheur qu'il pourrait donner à nos descendants !

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