05/11/2007

NON AUX FICHAGES GENETIQUE ET ETHNIQUE !

    Quand les Français font des conneries, il se trouve toujours un crétin pour les reprendre à son compte dans ce pays. Après qu'un second couteau populiste ait proposé des tests d'ADN pour certaines catégories d'immigrés, ne doutons pas qu'un de ses collègues à court d'idées va nous proposer, comme en France, d'autoriser le fichage ethnique des résidents à des fins "d'enquêtes scientifiques". Prenons donc les devants en regardant ce qui se passe à l'Ouest !
    En France, cette bonne idée d'autoriser le fichage racial et ethnique dans la loi Hortefeux est contraire à tous les principes de non- discrimination des citoyens et des résidents, selon des critères de race ou de religion, de la constitution, de la déclaration des droits de l'homme et de la loi informatique et liberté, qu'il faudrait émasculer. Elle répond au voeu de longue date d'une chercheuse, ainsi que de l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED) et de l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques qui veulent pouvoir mener des enquêtes discriminantes "pour le bien des populations défavorisées concernées".
    Il serait temps de rappeler à ces bons samaritains que l'INED a pris, après un léger coup de peinture de façade, à la fin de la deuxième guerre mondiale, la succession de la "Fondation pour l'Etudes des Problèmes humains" qui, sous l'occupation nazie de la France, était chargée de proposer la politique eugéniste du gouvernement fantoche de Vichy. On sait le zèle que ce dernier apporta au fichage ethnique, des juifs, des tziganes et des homosexuels, en particulier, et tous les bienfaits que ces minorités défavorisées tirèrent des études scientifiques et des fichages qu'elles préparèrent.
    Il est ahurissant qu'un Institut à prétention scientifique, qui a déjà du mal à faire oublier ses dérives idéologiques récentes en matière de natalisme militant, ait la mémoire aussi courte dans un domaine aussi nauséabond.
    Les Etats- Unis eux-mêmes ont renoncé à considérer les notions de race et d'ethnie comme des entités scientifiques opérationnelles, tellement elles sont inapplicables pratiquement dans le monde mélangé d'aujourd'hui. Ils en ont fait, depuis peu, de simples catégories déclaratives, donc arbitraires. Pourtant, certains de nos voisins gaulois voudraient réinventer le communautarisme cloisonné et fiché. Demain l'apartheid ?
(les nationaux français peuvent signer l'excellent texte de SOS racisme sur http://www.fichepasmonpote.com/)
    Les scientifiques qui veulent mener des enquêtes de démographie et d'économie disposent de multiples données objectives et légales, dont les nationalités, les lieux de résidence et de naissance des individus et de leurs ascendants. Celles-ci leur permettent, depuis toujours, toutes les enquêtes utiles sur les populations, leurs migrations et leurs subdivisions légales. Y ajouter des critères aussi dépourvus de sens biologique que la race ou de pouvoir discriminant que l'ethnie serait créer, dans la culture et l'administration, des entités arbitraires et floues qui n'existent pas plus dans la nature que la race juive ou la race aryenne des nazis.
Notre politique d'immigration est déjà très restrictive et critiquable dans ses critères implicites et explicites de sélection. Il serait lamentable qu'elle s'inspire du pire qui se fait ailleurs et que notre communauté scientifique en soit complice. Anticipons- donc la prochaine offensive populiste en préparant un rejet net de ce style de propositions par les communautés scientifique et humaniste ...

02:16 Publié dans science et politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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