04/12/2007

Bravo, Sandrine Salerno ! Et bon courage...

Il faut un joli courage politique pour te lancer dans le combat pour une juste attribution des logements sociaux en fonction des besoins et ressources ; sachant, en particulier, les amitiés que cette démarche va te valoir auprès des élu-e-s de gauche et des fonctionnaires qui, directement ou par concubin-e-s interposé-e-s, en profitent parfois abusivement.
A l'heure où Pagani se concentre sur les Ferrazinettes et où Mugny prépare un improbable nouveau MEG avec les milieux immobiliers, voici enfin un projet qui va dans le sens d'une justice sociale oubliée.
Le logement, à Genève est une ressource rare et très chère, sauf pour les heureux propriétaires, les privilégiés qui bénéficient de baux très anciens et ceux qui ont l'usage de logements sociaux de divers statuts. Parmi ces derniers se trouvent des fonctionnaires, qui ont souvent l'obligation de résider dans le canton, mais à qui leurs revenus ne permettent pas de payer un logement décent au prix du marché. On ne saurait leur en vouloir, pas plus qu'à ceux qui leur ont attribué les logements : l'état ou la ville ne peuvent exiger l'impossible de leurs plus modestes serviteurs, au prix où on les paye.
Il y a aussi le cas de ceux qui ont rempli, jadis, les conditions d'attribution des logements sociaux et dont les revenus ont augmenté, ou bien dont les charges de famille ont diminué (enfants partis par exemple). De telle manière qu'ils ne remplissent plus ces conditions aujourd'hui, sans avoir, pour autant, les moyens de se loger autrement, que ce soit à cause des prix abusifs du marché ou de la pénurie de locatif vacant, deux causes qui vont étroitement ensemble dans la logique du "dieu marché" des néo-libéraux. On ne peut tout de même pas les jeter à la rue, ces personnes, ou leur demander de revenir à la pauvreté pour les seules joie et fierté de payer un logement au prix du marché...
Alors où sont les erreurs et les solutions ?
Certes, Genève n'est pas Paris où les élus et gouvernants, de droite comme de gauche, fonctionnaires, journalistes, leurs familles, enfants et concubins se répartissent dans des logements de fonction et des HLM, immenses et luxueux pour les mieux servis, parfois refaits à neuf et meublés à grands frais. Des logements attribués par le fait du prince ou par des commissions rimant avec corruption...
Genève a le privilège officiel discret, à côté de tout cela ! Parce qu'ici, le seul vrai privilège est celui de l'argent- roi, dans une société décidée à ignorer ceux qui n'en ont pas. Loger tout le monde supposerait construire, ou racheter pour louer, du non-rentable, pour le bénéfice de ceux qui ne peuvent pas payer le prix du marché, et ensuite de faire baisser les prix, par l'augmentation des ressources. Donc d'abord augmenter les impôts en faisant payer ceux qui peuvent et ne veulent pas, puisque la droite et les verts ne songent qu'à baisser les impôts. Ensuite, diminuer leurs revenus, puisque le racket immobilier est l'une des voies royales de la spéculation et de l'enrichissement. On peut rêver...
Bon courage Sandrine ! Et encore bravo pour ta lutte et celle de l'ASLOCA !

22:14 Publié dans la politique, autrement | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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