14/01/2008

Mécréants de tous les pays ... unissons-nous !

Face à la floraison des blogs religieux sur notre site, j'ai toujours plaisir à prendre le contre-pied, fût-ce par la dérision, de ceux qui s'y précipitent à des fins de prosélytisme ou de propagande, qu'ils soient prêtres, politiciens ou autres bigots.
Un membre d'une communauté chrétienne de Meyrin nous a offert l'un des plus grotesques arguments anti-avortement que j'aie jamais lu. Une expérience peu éthique montrerait que le foetus entraîné - âge non précisé, mais sûrement tardif si le fait est exact - distinguerait entre trois et quatre coups frappés sur le ventre maternel. Elle est interprétée par notre paroissien comme démontrant que, avant terme, le foetus est doté de conscience, dignité humaine et tutti quanti, donc, sous- entendu, qu'avorter serait crime contre l'humain ! Et notre biblogueur propose de répéter l'expérience sur le "foetus d'un mois", sinon plus tôt. Or l'embryon (et non "le foetus") d'un mois ressemble à celui de poisson et vient de transformer ses fentes branchiales. Il n'a ni le système auditif, ni le cerveau mûr nécessaires pour entendre et distinguer des sons ou des séquences rythmées. A moins de croire au miracle, comme notre meyrinois (j'ai failli écrire mérinos, s'agissant du cheptel divin!), c'est donc mal parti pour la dignité humaine ... D'autant plus qu'apprendre à distinguer quatre signaux de trois est une performance médiocre que la plupart des vertébrés et au moins quelques invertébrés peuvent apprendre facilement par un conditionnement du type de celui de l'expérience évoquée. Donc, dignité animale, peut- être, humaine, sûrement pas !
Qu'ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, les fondamentalistes religieux passent leur temps à prétendre que le monde n'est pas comme nous le voyons, sentons, vivons, comprenons avec nos sens, notre raison, notre culture laïque, nos savoirs scientifiques provisoires et vérifiables. Et qu'il existe une seule vérité, celle de leur secte et pas celles des autres qui disent le contraire, celle de la vingt cinquième édition censurée et rewritée de textes sacrés écrits on ne sait où, ni on ne sait quand, par des personnages dont parfois l'existence historique même n'est pas certaine.
La réponse de notre époque est claire. Dès que l'on échappe aux fascismes religieux dont les conflits ravagent le monde et qui pèsent encore lourd dans certaines cultures occidentales, il convient de mettre en avant l'un des plus fondamentaux des droits humains : la liberté de penser et de dire ce que l'on pense, sans être menacé ou réprimé. Sans elle, il n'est pas de jugement libre, pas de démocratie. Les pratiques totalitaires des religions qui n'acceptent pas la libre adhésion ou le libre retrait de leurs membres, à tout âge, ne devraient pas être admises, ni encouragées par des avantages fiscaux. Et celles qui acceptent ce droit, torpillées par un inévitable doute, n'ont pas grand avenir, ainsi qu'en témoigne la déchristianisation accélérée de l'Europe occidentale ...
 

21:35 Publié dans on va se faire des amis ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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