28/02/2008

L'histoire du langage et des langues.

Pourquoi et comment parlons-nous, alors que les autres animaux, même très semblables, ne le font pas ? Pourquoi parlons-nous plus de six mille langues ? Pourquoi sont-elles si différentes, mais avec de nombreuses propriétés communes ? Parlons-nous d'abord pour communiquer entre nous ou, surtout, chacun pour soi, pour organiser notre pensée et nos actions ? Comment un enfant réussit-il, en trois à cinq ans, à maîtriser les difficultés et les complexités d'une ou plusieurs langues alors qu'un adulte n'y arrivera jamais ? C'est un des sujets les plus passionnants que l'on puisse imaginer !
Cécile Lestienne a recueilli et mis en ordre les réponses à ces trois groupes de questions données respectivement par trois auteurs. Le premier, c'est le paléontologue et primatologue Pascal Picq, célèbre pour ses colères et imitations de grand chimpanzé ! Le second est le linguiste Laurent Sagart, spécialiste des dialectes chinois et suspect pour ses collaborations avec des généticiens qui, comme les linguistes Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen et contrairement à lui, parient sur l'existence démontrable d'une dernière langue ancestrale commune à toutes les langues parlées aujourd'hui. Enfin, Ghislaine Dehaene, que je n'ai pas eu la chance de rencontrer et sur laquelle je n'ironiserai donc pas, parle de manière passionnante du parcours du combattant que le moindre bébé doit accomplir en un temps record pour s'exprimer comme vous et moi.
Dans cette belle collection de grandes interrogations sur notre vie quotidienne et ses interprétations scientifiques, ce livre, que n'importe qui m'ayant lu jusqu'ici lira facilement avec bonheur, est certainement l'un des plus stimulants et des plus réussis. Je noterai, avec joie, que les "plus belles histoires" du monde, de l'homme, des plantes et des animaux, que celle-ci complète heureusement, ont été de grands succès internationaux, alors que "La plus belle histoire de Dieu", franchement sectaire et ratée, a fait un bide en librairie.
N'en déplaise aux calotins des éditions du Seuil :

où la science passe, la foi trépasse !

A lire :

"La plus belle histoire du langage", par Pascal Picq, Laurent Sagart, Ghislaine Dehaene et Cécile Lestienne, éditions du Seuil, Paris, 2008.

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22/02/2008

7 + 4 = 11 enfoirés !

Voilà que le Conseil d'Etat veut la promotion des femmes dans l'administration ! Après que ses membres des "partis paritaires" majoritaires, vert et socialiste, se soient livrés aux pires magouilles pour éliminer les candidates de leurs partis lors de leurs candidature. Tout comme les élus "de gauche" du Conseil administratif, c'est sûrement un hasard ! Sur douze gouvernants, il n'y a que Sandrine qui a échappé - de peu ! - à l'"excision partisane" et ferait croire qu'ils ne sont pas si sexistes que cela.
Allez les machos, quand vous démissionnerez pour laisser votre place à vos viennent- ensuite féminines, on commencera à croire qu'elles vous intéressent pour autre chose que pour satisfaire vos éventuelles petites envies ...
Et vous les Quotidiennes, rassurez-vous ! Ils vous laisseront sans doute le ménage, la vaisselle et le quotidien des gosses ...
 

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18/02/2008

Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ?

   Ce beau sujet a été donné l'an passé à l'épreuve de philosophie du bac scientifique français. Je ne résiste pas au plaisir de vous le traiter à ma façon...qui m'aurait sans doute valu une note éliminatoire.

    Tout comportement humain, autre que réflexe, est affaire de motivation faisant intervenir différentes parties du système nerveux central, les émotions, la mémoire et l'expérience culturelle et historique du sujet. Les actions déclenchées par ces motivations tendent normalement à maintenir la structure l'organisme ou à assurer la survie de l'espèce. Le désir de nourriture, par exemple, résulte d'une synthèse neuronale entre une pulsion interne d'un centre de la faim de l'hypothalamus, une mise en oeuvre sous la double action des mécanismes assurant les rythmes du cycle quotidien et du système limbique qui, par les émotions positives ou négatives associées à la représentation mentale de la "réalité" de la nourriture disponible, renforce ou inhibe le "désir" induit par la pulsion interne. En retour, un centre de la satiété, de l'hypothalamus lui aussi, inhibe cette pulsion quand les sens périphériques mesurent la satisfaction ou l'impossibilité de poursuivre l'action. Dans cette affaire, la trop célèbre "hypoglycémie" ne semble intervenir de manière appréciable que dans les cas de privation prolongée de nourriture, lorsque l'organisme est en danger, ce qui n'est pas notre quotidien.
    La satisfaction du désir de nourriture repose donc sur un ajustement entre deux impératifs, l'un biologique et l'autre culturel : les vivres accessibles doivent pouvoir satisfaire les besoins nutritifs et récompenser leur consommateur ; leur représentation par les organes des sens doivent les rendre attractifs et ainsi ajuster la représentation culturelle de la nourriture désirée à la pulsion biologique de faim.
    De tels mécanismes sont évidemment faciles à détourner par des conditionnements socio- culturels variés. Ainsi, la valorisation, par la publicité, de la consommation de nourritures ou de boissons gratifiantes conduit-elle à l'obésité et/ou à l'alcoolisme par l'addiction pathologique à la surconsommation. Au contraire, la survalorisation des phénomènes de mode, ou des régimes, conduit, elle, à l'anorexie. Dans les deux cas, un dérèglement culturel, renforcé par la biologie, conduit à des satisfactions aussi artificielles que provisoires, dangereuses à long terme, qu'aucune réalité ne pourra satisfaire durablement.
    Le désir sexuel et le désir d'enfants sont parmi les plus grands paradoxes de la biologie. L'un, comme l'autre, met sérieusement en danger l'"homéostasie" - disons l'équilibre biologique pour faire moins précieux ! - des individus qui les satisfont. Et ce, au seul bénéfice direct de la perpétuation de la communauté à laquelle ils appartiennent. Rien n'est plus banal et, a priori, moins créatif que copuler ; rien n'est plus handicapant, pour toutes les activités positives, que de traîner un ou plusieurs mouflets dépendants. Seulement, bien sûr, les populations qui n'ont pas rempli ces deux conditions aberrantes pour l'individu ont arrêté leur histoire et ne sont pas parvenues jusqu'à nous... C'est un des très grands mérites de Charles Darwin d'avoir compris la contradiction entre la sélection sexuelle, qui pousse à la fécondité à travers le désir sexuel et le désir d'enfants, et son coût, pour les parents, en matière de prise de risque et d'investissement. Ce qui fait qu'au final, ce sont les pères lapins et mères lapines qui l'emportent dans la course à la survie de la sélection naturelle, et non les beaux, grands, forts, courageux ou agressifs. Nos néo-libéraux bornés n'y ont toujours rien compris ...
    Il importe maintenant d'expliquer le mécanisme de ce détournement de comportements qui nous conduit à ces comportements dangereux pour nos intérêts égoïstes. Nous retrouvons, là encore, à des degrés divers, l'interaction incessante et compliquée entre la biologie et la culture. Le désir basique, interne, de copuler, du moins chez le rat mâle, semble lui aussi venir de l'hypothalamus, mais sous le contrôle d'une substance sécrétée par l'hypophyse, glande située sous l'hypothalamus. Par contre, la reconnaissance du futur objet désiré résulte, chez l'oiseau comme chez le mammifère, donc chez l'humain, d'une empreinte, c'est-à-dire d'un apprentissage précoce, post- natal, imprécis, et sans doute réversible, le plus souvent, dans notre espèce. Il va de soi que la culture et ses variations, combinées à l'expérience individuelle d'un sujet, jouent un rôle essentiel dans la détermination de ces désirs et de leurs objets. Ainsi, par exemple, n'en déplaise à certains, dont beaucoup d'idéologues d'extrême droite, ce n'est pas affaire de génétique ou de physiologie si l'homosexualité est banale et autorisée dans certaines sociétés traditionnelles, inexistante ou inconcevable dans d'autres. C'est l'effet d'une histoire et d'une éducation, qui valorisent ici ce qu'elles répriment ailleurs. Il en résulte, comme dans tout apprentissage précoce, une intégration émotive du conditionnement qui fera éprouver aux sujets un véritable désir biologique du partenaire appris et gratifiant. Ce sera, là encore, la porte ouverte à bien des détournements et déviances, que les variations infinies de la culture et des expériences individuelles traduiront, selon les cas, en addictions, répulsions ou simples variantes, plus ou moins efficaces pour l'espèce, plus ou moins gratifiantes pour les sujets concernés. Dans tous les cas, l'ajustement de ces désirs détournés à une réalité sociale et culturelle très mouvante détermine leur avenir et leurs éventuels succès dans l'histoire de l'espèce.
    Le désir et la réalité, si elle existe (ce que nous ne discuterons pas ici) forment donc un système interactif à double rétroaction :
- la réalité organique et l'histoire construisent le désir
- le désir conduit notre action dans l'hypothétique réel.
    Le désir se satisfait de la réalité, si celle-ci le contient dans son espace : c'est ce que l'on appelle souvent le bonheur.
    Le désir est insatisfait, ou frustré, si, par dérèglement biologique, historique ou du réel, les objets du désir sont hors de portée du réel, matériel ou imaginaire : c'est ce que l'on appelle le malheur, qui peut être pathologique, culturel ou historique.

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13/02/2008

Elections genevoises oui, GHI NOOOON !!!!

Ce n'est pas tous les jours que j'ai envie de voter oui à tout !
Pourtant, c'est évident cette fois-ci !
Réformer la constitution genevoise, bien sûr !
On pourrait songer à instaurer une société libertaire, où la démocratie ne serait plus liée au fric et conditionnée par des médias serviles. Où l'humanisme dépasserait les pesanteurs timides de religions dépassées.
Qu'est-ce qu'il prend à l'Alliance de gauche de rejoindre les neinsager de l'UDC pour ne rien changer ? Quoi, ce n'était pas cela le projet ? Mais puisqu'il s'agit d'en faire un nouveau, essayons !
Les TPG gratuits, assurément ! Pour que les gens lâchent leurs foutues bagnoles qui puent, polluent et tuent en ville, il faut que les alternatives soient plus efficaces et plus attractives. Comme le réchauffement climatique ne permet pas encore de faire du vélo, à sec en short et T shirt tous les jours, des trams, trolleys, bus, trains, métros efficaces confortables et gratuits sont la seule solution évidente pour venir à bout de la chienlit à deux et quatre temps. Même une ville flamande a compris cela et un socialiste belge francophone propose des trains gratuits. Mais ici, nos couilles molles socialistes et les populistes verdâtres font coeur avec la droite et l'extrême droite pour compter les dépenses sans compter les bénéfices et les économies de la gratuité ...
Interdiction de fumer dans tous les lieux publics, bien sûr ! Les multinationales du tabac assassinent tous les ans des millions de personnes avec la bénédiction des gouvernements qui se font, au passage, des couilles en or avec les taxes, souvent supérieures aux bénéfices des dealers de tabac. Il reste au contribuable à payer des hôpitaux et des médecins qui soignent des fumeurs au lieu de soigner des malades et aux économistes néo-libéraux à ajouter les profits du tabac et de la pub au coût de la médecine pour se réjouir de la croissance et de l'augmentation du PNB !
Et puis, ces enfoirés de fumeurs ont pué partout sous mon nez pendant toute ma vie, bien fait pour eux s'ils se les gèlent dehors demain, quand je serai confortablement installé au bistrot !
Interdire les molosses qui tuent ou risquent de tuer des enfants, des vieux et quelques adultes est bien, mais n'est qu'une demi- mesure : je les aurais volontiers euthanasiés. Combien faudra-t-il encore laisser tuer d'enfants pour en arriver là ?
Est-ce en souvenir des VOPOS que les communistes votent contre cette évidence ?

C'est bien gênant d'avoir envie de dire oui à tout...

Je me console en hurlant : GHI, NON !!!!
Explication pour les non genevois : Genève Home Information -GHI pour les intimes - est un journal gratuit d'annonces, de publicité pour le lobby automobile et tout ce qui est commercial qui encombre, tous les mercredis, toutes les boîtes à lettres du canton. Il s'y exprime aussi les opinions les plus réactionnaires et l'humour "gniolu" le plus consternant. Ne voulant pas que ce torchon pollue mon courrier, j'avais mis autrefois une belle étiquette de ma fabrication demandant à ce que ma boîte à lettre ne reçoive ni publicité, ni journaux, ni imprimés. L'adorable gardienne de l'immeuble, qui vient pourtant d'un sympathique pays du sud et pas d'outre Sarine, m'a fait remarquer que mon étiquette n'était pas comme celle des autres et que ça n'allait pas. Elle voulut donc m'en fournir une "conforme", mais celle-ci, offerte par GHI, mentionnait :
"Pas de publicité SVP, merci ! GHI, oui".
Je lui fis donc remarquer que, ce que je voulais, c'était la même avec "GHI non" ou, au moins, sans mention de cette offense à la culture. Il n'y en avait évidemment pas et l'on continue à abattre des arbres pour agresser ceux qui ne veulent pas de GHI et de ses semblables. La liberté, pour les libéraux, c'est celle des marchands de tabac, d'alcool, de bagnoles, de molosses, de GHI et autres pubs et propagandes  d'agresser des consommateurs captifs qui n'ont pas la liberté de leur échapper !
 
Eh bien, je suis  content de vous retrouver, mais terriblement nostalgique !
Hier, Salvador était encore là, et, avec lui, tous les rires, les rythmes et les tendresses qui rendent la vie supportable...
Merci Henri ! Avec Georges, Léo, Juliette, Jacques, Renaud et pas mal d'autres, on t'écoutera tant qu'on pourra !

20:09 Publié dans la politique, autrement | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |