31/03/2008

Blog, territoire, parano...

Ce qui est sympa, c'est quand les commentateurs font les questions et les réponses...
Ainsi, Jean-Claude Bouille, qui blogue pas loin sur ce site et s'y exprime en toute liberté sous le pseudo de "persiffleur" m'accusait rien moins que de censure, de mépris mandarinal et d'"anarchisme dictatorial", en majuscules dans son titre!
Eh bien, figurez-vous, je me suis tout de suite reconnu, à ce seul titre !
La raison de cette rage, c'est que ces commentaires et qualificatifs délicats, il aurait voulu les apposer directement sur MON blog et pas sur le sien.
Et je souhaite vivement qu'il puisse les faire librement n'importe où ailleurs...
    Nous n'avons pas la même conception des blogs et je ne vois d'ailleurs pas pourquoi il n'y en aurait qu'une. On en est loin et heureusement !
Il y a ceux qui se servent du blog comme outil de propagande religieuse, politique, électorale, ou bien comme publicité événementielle, sportive, culturelle,...    Il y a ceux dont le blog fait partie d'un "plan com." ou constitue un marqueur de statut social.
    Comme d'autres, j'ai accepté l'aventure du blog par goût d'écrire et séduit par la possibilité de pouvoir publier sur n'importe quel sujet et sans intermédiaires pesants. Contrairement à  ce que j'avais vécu avant dans le monde de l'édition du livre et la presse, où j'ai tenu des chroniques régulières... qui finirent régulièrement censurées, que ce soit à Charlie-Hebdo, ou au Temps.
    Outre l'actuelle liberté de publication, les blogs permettent aussi d'écrire sur des sujets variés, en sautant du coq à l'âne et en échappant à l'écriture linéaire du sujet d'un livre ou d'un article classique. Il permettent donc de mieux exprimer le fil d'une pensée qui n'est ni continue, ni linéaire, mais sectionnée, saucissonnée par les rythmes et les contingences de la vie.
    Comme je le rappelais à propos de "La plus belle histoire du langage", nos langues ont peut-être pour première fonction d'organiser notre pensée, avant même de permettre de communiquer entre individus différents. D'une certaine manière, j'utilise l'écriture blog pour m'obliger à penser de manière plus claire un certain nombre de sujets sur lesquels je n'avais que des avis superficiels ou confus. Sans aller jusqu'à ceux qui confondent blog et webcam et nous racontent, presque au quotidien, comment ils cirent leurs chaussures ou les pompes des autres, je crois que nous sommes un certain nombre, ici, à avoir choisi cette option personnelle de notre activité, plutôt que de chercher à transformer nos blogs en forums, comme l'espèrent peut-être certains autres.
    Vouloir commenter la note d'un autre, sur le blog même de cet autre, par surprise, alors qu'on peut le faire ailleurs ou par dialogue direct me semble être  un comportement de mammifère qui surmarque le territoire de l'autre en venant uriner ou déféquer dessus. Cela caractérise plus un souci de polémique que de dialogue : s'annexer le territoire des autres ou ignorer les limites du sien est source de tous les conflits et caractérise certaines psychoses graves. C'est pour cela que les commentaires "libres" me semblent plus dangereux que libertaires.

    L'anarchie, ce n'est ni la guerre, ni le bordel, que diable !

11:12 Publié dans Réponses et commentaires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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