31/03/2008

Blog, territoire, parano...

Ce qui est sympa, c'est quand les commentateurs font les questions et les réponses...
Ainsi, Jean-Claude Bouille, qui blogue pas loin sur ce site et s'y exprime en toute liberté sous le pseudo de "persiffleur" m'accusait rien moins que de censure, de mépris mandarinal et d'"anarchisme dictatorial", en majuscules dans son titre!
Eh bien, figurez-vous, je me suis tout de suite reconnu, à ce seul titre !
La raison de cette rage, c'est que ces commentaires et qualificatifs délicats, il aurait voulu les apposer directement sur MON blog et pas sur le sien.
Et je souhaite vivement qu'il puisse les faire librement n'importe où ailleurs...
    Nous n'avons pas la même conception des blogs et je ne vois d'ailleurs pas pourquoi il n'y en aurait qu'une. On en est loin et heureusement !
Il y a ceux qui se servent du blog comme outil de propagande religieuse, politique, électorale, ou bien comme publicité événementielle, sportive, culturelle,...    Il y a ceux dont le blog fait partie d'un "plan com." ou constitue un marqueur de statut social.
    Comme d'autres, j'ai accepté l'aventure du blog par goût d'écrire et séduit par la possibilité de pouvoir publier sur n'importe quel sujet et sans intermédiaires pesants. Contrairement à  ce que j'avais vécu avant dans le monde de l'édition du livre et la presse, où j'ai tenu des chroniques régulières... qui finirent régulièrement censurées, que ce soit à Charlie-Hebdo, ou au Temps.
    Outre l'actuelle liberté de publication, les blogs permettent aussi d'écrire sur des sujets variés, en sautant du coq à l'âne et en échappant à l'écriture linéaire du sujet d'un livre ou d'un article classique. Il permettent donc de mieux exprimer le fil d'une pensée qui n'est ni continue, ni linéaire, mais sectionnée, saucissonnée par les rythmes et les contingences de la vie.
    Comme je le rappelais à propos de "La plus belle histoire du langage", nos langues ont peut-être pour première fonction d'organiser notre pensée, avant même de permettre de communiquer entre individus différents. D'une certaine manière, j'utilise l'écriture blog pour m'obliger à penser de manière plus claire un certain nombre de sujets sur lesquels je n'avais que des avis superficiels ou confus. Sans aller jusqu'à ceux qui confondent blog et webcam et nous racontent, presque au quotidien, comment ils cirent leurs chaussures ou les pompes des autres, je crois que nous sommes un certain nombre, ici, à avoir choisi cette option personnelle de notre activité, plutôt que de chercher à transformer nos blogs en forums, comme l'espèrent peut-être certains autres.
    Vouloir commenter la note d'un autre, sur le blog même de cet autre, par surprise, alors qu'on peut le faire ailleurs ou par dialogue direct me semble être  un comportement de mammifère qui surmarque le territoire de l'autre en venant uriner ou déféquer dessus. Cela caractérise plus un souci de polémique que de dialogue : s'annexer le territoire des autres ou ignorer les limites du sien est source de tous les conflits et caractérise certaines psychoses graves. C'est pour cela que les commentaires "libres" me semblent plus dangereux que libertaires.

    L'anarchie, ce n'est ni la guerre, ni le bordel, que diable !

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29/03/2008

La Constituante, pourquoi pas ?

Sébastien Bertrand m'a envoyé ce commentaire :
Juste pour expliquer (mais un peu tard... donc rétroactivement) la position de gauche contre la révision de la constitution: l'actuelle, loin d'être
idéale, contient un certain nombre de points très progressistes: droits au logement, politique énergétique, etc. Maintenant, tous les militants
engagés dans des combats (offensifs ou défensifs) difficiles, vont devoir se taper en plus la constituante pour proposer des avancées (on peut
effectivement rêver), mais surtout contrecarrer les reculs que ne manqueront pas de proposer les réac' de tous poils, qui ne sont pas seulement à l'UDC, mais qui comptent plusieurs officines bien achalandées dans Landernau!!! (un Landernau où le nouveau président du parti soi-disant centriste PDC plagie -en claironnant ensuite qu'il l'assume fièrement- l'ex maire de Neuilly-sur-Seine, mari de Carla)... Alors vous avez maintenant gagné, donc au travail, pour gagner...heu.... Le statu quo?

Ce que j'en pense :
    Si je comprends bien, la "position de gauche" est opportuniste et défaitiste : on est contre parce qu'on est les moins forts ! C'est typique socialiste : puisque le grand capital mène le monde, gérons ses miettes à sa place plutôt que de vouloir changer ce qui est aberrant dans les fondements. Si cela avait duré, on vivrait sous la féodalité et on se marrerait comme sous Calvin.
    Les progrès durables (et quelques catastrophes) sont venus de ceux qui ont osé, souvent seuls contre tous. Et beaucoup de bonnes décisions sont venues d'individus éclairés de droite avec qui on peut discuter, plutôt que de félons de pseudo- gauche. Puisque tu écris de France, la sécurité sociale, c'était de Gaulle (sous pression communiste, bien sûr), les lois Veil sur contraception et avortement, c'était Giscard et Simone, mais le cadeau de TF1 à Bouygues, qui abrutit l'hexagone, c'était Mitterrand ...
    Alors pourquoi pas à Genève une constituante avec des gens intelligents de droite et - il en reste ! - de gauche ? Aucun doute que, si son projet était aberrant, le peuple le balaierait ! On ne change pas tout si facilement au bout du lac ...
 

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22/03/2008

22 mars : il est temps de préparer mai 2008 !

  Il y a quarante ans, une poignée d'étudiants libertaires, rejoints bientôt par des récupérateurs gauchistes et communistes - tendance Mao - de l'université parisienne de Nanterre décidaient, en "assemblée générale", de changer le monde. A l'image des révolutionnaires latino- américains, ils créaient le "Mouvement du 22 mars". Leur programme était simple et clair : renverser le capitalisme, supprimer l'état bourgeois, instituer une totale liberté de parole, une totale liberté sexuelle - ce qui était révolutionnaire à l'époque ! - et abolir les frontières pour propager leur révolution à l'ensemble de la planète. Sur le plan économique et administratif, leur programme était plein de bonne volonté, démocratique, communiste, libertaire et co-gestionnaire, mais plus flou ...
    Deux mois plus tard, la France entière était en grève, la Sorbonne et le théâtre de l'Odéon, occupés, abritaient d'interminables débats où n'importe qui - y compris des députés gaullistes, des touristes japonais et des dames des beaux quartiers venaient expliquer comment ils voulaient refaire le monde. Les gendarmes et CRS courraient, le plus souvent en vain, derrière des manifestations d'étudiants qui avaient lieu à l'autre bout de Paris (merci les maos pour la logistique !) et des abrutis qui n'y avaient rien compris, comme Cohn-Bendit, lançaient des pavés et brûlaient des bagnoles. Ce qui fit le bonheur de la télé gaulliste d'état, à l'affût de provocations pour terroriser la province et désolidariser les ouvriers en grève. L'arrêt de l'approvisionnement en essence rendait Paris respirable comme il ne l'avait plus été depuis un demi-siècle et l'obésité régressait avec la marche forcée. Pendant ou après, des mouvements comparables éclataient dans divers pays. Mais finalement, les communistes PCF et autres mous du cul, signaient des accords avec le gouvernement pour que tout le monde parte en vacances à temps ; ce, après que de Gaulle ait sans doute envisagé un coup depuis l'Allemagne contre la "chienlit" avec les militaires colonialistes rapatriés d'Algérie.
    Qu'en reste-t-il, quarante ans après ?
    Sur le plan politique, évidemment rien ! La bonne foi et l'improvisation ne faisaient pas le poids face au cynisme organisé des pouvoirs économique, politique, syndical et médiatique. Les lanceurs de pavés sont reconvertis en politiciens réactionnaires et bedonnants, patrons de presse ou de médias soumis à la pub, ou bien ministres de droite, solidaires de leurs anciens ennemis fascistes du GUD ou d'Occident.    
    Sur le plan social, énormément : ceux qui avaient pris l'habitude de s'exprimer librement, et ceux qui les avaient vu faire, n'y ont pas renoncé.  L'heure de la censure chrétienne ou politique de la parole a passé en Europe de l'Ouest, même si les islamistes et Ecône voudraient la rétablir. "Il est interdit d'interdire" vit encore, même récupéré par les néo-libéraux !
    Du côté des libertés individuelles, nos enfants n'imaginent même pas que l'on ait pu vivre comme l'on vivait avant, en matière de répression de la sexualité, d'apartheid social ou de contrainte vestimentaire, pour ne citer que ces exemples...
    Au cours des années quatre vingt, un futur grand patron de médecine parisien, fils de deux "mandarins" m'avouait que mai 68 avait tout changé pour lui et ses  congénères, enfants de mandarins médicaux. Avant, ils n'avaient le droit de fréquenter que des fêtes et des rallyes où l'on n'invitait QUE des enfants de mandarins médicaux. Après, non seulement ils pouvaient aller à d'autres fêtes, mais parfois on invitait des non- médecins, non- descendants de médecins, chez des patrons de médecine "gauchistes"...
    Où la révolution va-t-elle se nicher ?!!
    Bon, puisque l'on a raté sur les plans politique et économique, il est temps de recommencer ! On s'organise ?  

    
 

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21/03/2008

Merci Jean-François, pour cette liberté inhabituelle !

    J'ai longtemps crû que la liberté de pensée et d'écrire se limitaient à la sphère privée et à la feuille blanche, qu'elle soit matérielle ou numérique.
    Dans une autre vie, à Charlie Hebdo, qui avait et a toujours le mérite de montrer et de dire des choses que l'on ne voit pas ailleurs, je pensais avoir trouvé un support libertaire, bien qu'insupportablement franco- franchouillard et beauf télé. J'y ai assez vite appris ce qu'étaient la férule de deux actionnaires majoritaires, dont l'un n'arrêtait pas de rappeler leur statut pour imposer à tous, sauf aux historiques de Hara Kiri, leur ligne politique ou leurs préjugés écolos- bobos, souvent antiscientifiques. Titres amputés, passages caviardés, chroniques censurées, j'ai craqué quand le rédac-chef de l'époque s'était permis de sectionner et rewriter, sans prévenir, une interview qu'il m'avait commandée d'un personnage qui n'en avait pas envie- sauf pour me faire plaisir. L'interviewé avait pris des risques personnels importants, à condition que l'on ne change pas un texte engagé, mais prudent, négocié mot à mot. Mais j'avais tort de croire qu'un patron de journal, même contestataire, se sentirait responsable des engagements sans équivoque pris vis-à-vis d'un tiers prestigieux par l'un de ses collaborateurs. Il me restait à partir, avec nostalgie, en laissant beaucoup d'amis sur place, mais sans conflit.  
    Récupéré, à ma grande surprise, pour écrire sur la science dans "Le Temps", j'ai tout fait, presque en vain, pour y être censuré pendant sept ans. Mais, la huitième année, et après un changement interne, une violente polémique m'opposait à la rédaction du journal. Ce, après une chronique violente contre ses prises de position pour l'inepte augmentation des taxes universitaires proposée par le patronat de ce pays. Ceci valut, à tous les chroniqueurs scientifiques, un ubuesque rappel à l'ordre sur le fait que l'espace science n'était pas fait pour parler de politique, comme s'il n'y avait aucun rapport entre les deux ! Peu de temps et quelques censures après, les chroniques sciences étaient, après huit ans de loyaux services, supprimées, avec juste une moue de remerciement. Mes excuses à mes chers collègues qui n'écrivaient que de la "vraie science", encore que Jacques Neyrinck, Alex Mauron... !
    Je ne me souviens pas avoir rencontré physiquement Jean-François Mabut, en tout cas pas depuis qu'une relation commune m'a proposé comme blogueur invité de la Tribune. Nous avons surtout échangé des mails, peut-être un ou deux téléphones. Après mes expériences précédentes, j'étais très méfiant et suspicieux à l'égard de tout ce qui était médiatisé. Et je dois dire ma joie, après un an de tests et d'impertinences, d'être encore parmi vous ! Et plus encore ma reconnaissance à vous, Jean-François, et à tous ceux qui permettent cet espace de vraie liberté, sans doute fragile et provisoire, mais réel. 
    J'en profite aussi pour préciser à nouveau ma position par rapport aux commentaires que Jean-François Mabut évoque, à juste titre, comme un problème difficile, dans sa note anniversaire. Ayant eu l'expérience pendant des années des courriers délicats, injurieux, menaçants ou diffamatoires que des militants extrêmistes d'organisations légales ou illégales racistes, sectaires, religieuses, ou simplement des collègues malveillants, pouvaient m'envoyer, je ne souhaite toujours pas que ce genre d'individus puissent librement écrire sous ma prose. Quelques mails courageusement anonymes, hypocrites ou mal intentionnés renforcent cette détermination vis-à-vis de ceux qui n'avancent que masqués quand nous nous exposons. Ce genre de personnages peuvent ouvrir leurs blogs et leurs sites, sous leurs noms ou leurs pseudos et y écrire ce qui leur chante, sur mon compte en particulier ! Certains ne s'en privent d'ailleurs pas, à l'image du Club de l'Horloge français, pépinière d'Enarques sarkozystes ... ou de certains sites islamistes. Par contre, je ne manquerai pas de répondre dès que possible aux commentaires nominatif qui proposent un débat réel, comme un que j'ai reçu hier.  
    Merci encore à Jean-François Mabut, longue vie aux blogs tdg.ch, et peut- être à bientôt pour une verrée moins virtuelle !

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19/03/2008

Genève, village africain !

   Chez mes amis Niokholonkés, du Sénégal oriental, les habitants du village sont répartis en classes d'âges, sexes séparés, qui forment des groupes solidaires dotés chacun d'un ou d'une chef- fe et porte- parole. Tous les trois à six ans, selon les effectifs des plus jeunes, si la récolte est assez bonne pour préparer assez de boissons et nourriture pour une grande fête, tout le village change de classe d'âge pour passer dans la classe supérieure. En fait, c'est un peu plus compliqué, parce que certaines classes d'âge sont conditionnées par les cérémonies de circoncision qui ont lieu avec d'autres périodicités, mais on vous épargnera les détails !
    Les classes d'âges sont hiérarchisées et l'on doit respect et obéissance aux membres des classes plus âgées. A l'exception de l'avant-dernière, celle des "chefs de la place" qui détient le pouvoir exécutif et doit le respect, mais pas l'obéissance, aux "vieux" qui constituent la dernière. Les vieux donnent des conseils avisés et boivent abondamment. On devient vieux vers trente-cinq à quarante ans et les vieux sont partagés entre "petits vieux", jusque vers soixante-cinq ans, selon l'état de conservation, et "grands vieux", assez rares, au-delà.
    Le chef des chefs de la place est donc l'ordonnateur d'un exécutif plus ou moins collectif, selon sa personnalité. Face à ce pouvoir fort, trois contre-pouvoirs s'exercent. Le plus visible est celui, théocratique et législatif des féticheurs, qui peuvent intervenir, soit directement par leurs oeuvres, soit indirectement, par leurs fétiches ou comme interprètes, avec les chefs de la place, des esprits de la brousse. Ces derniers viennent au village, terrorisent les femmes fécondes et les enfants, et donnent des instructions très contraignantes. Au-delà des féticheurs et des esprits, le troisième contre-pouvoir, encore plus discret et d'autant plus redoutable, est celui des femmes. Elles pratiquent un syndicalisme très revendicatif et une magie- sorcellerie dont les mâles ne savent rien et qu'ils redoutent. Car elles peuvent aller jusqu'à la grève collective des prestations sexuelles ou bien jeter des sorts susceptibles d'annihiler la virilité de leur victime.
    Pendant la période coloniale, l'occupant s'imposait par l'intermédiaire d'un chef de village désigné soit par lui-même - souvent quelqu'un qui ne savait dire que "oui" en français - soit par la population. Dans ce dernier cas, ce n'était jamais, ou presque, le chef des chefs de la place ou le principal féticheur qui était désigné pour affronter les collecteurs d'impôts, les recruteurs militaires et autres calamités de l'administration, mais plutôt un individu de belle prestance physique mais assez stupide, dont la perte, en cas de répression, n'aurait pas compromis la vie politique locale. Parfois même l'idiot du village qui, ne sachant rien, ne comprenant rien, ne pouvait rien dire de grave. Bref un clown chargé de recevoir au mieux les étrangers, de distraire l'administration de ses objectifs et de jouer au pouvoir politique visible pour protéger le pouvoir réel.
    Les chefs de villages ont perduré à la décolonisation et dans leurs fonctions. Ils me font irrésistiblement penser à W.Bush, Chirac, à la reine d'Angleterre, au roi des belges ou à Sarkozy, marionnettes pathétiques manipulées par les occultes maîtres des multi- nationales, des bourses, des banques, des lobbies militaire et industriels, des médias, des trafics d'armes, d'arts et de stupéfiants...
    Et bien sûr, toutes proportions gardées, au maire de Genève, Patrice Mugny, qui amuse la galerie par ses agitations et ses scoops quotidiens, ses projets irréalisables et irréalisés, ses décisions aberrantes dans des domaines accessoires, ses arbres de Noël clignotants, les confidentiels arts "contemporains" de ses petits camarades et pom-pom girls, sans oublier deux flon-flons d'accordéon pour avoir sa photo annuelle de la fête de la musique, en grand format dans nos journaux. Vive le chef de village !
    Pendant ce temps-là, la finance et l'immobilier prospèrent, les entreprises, les commerçants et les médias vendent, les trafiquants trafiquent et les spéculateurs spéculent ... en paix !

07:58 Publié dans la politique, autrement | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/03/2008

Vive le déserteur inconnu !

Aujourd'hui, les français sont censés se recueillir en hommage aux combattants de l'ignoble boucherie de la première guerre mondiale, dont le sympathique dernier survivant français (mercenaire italien de la légion étrangère à l'époque) vient de casser sa pipe à 110 ans.
Le gouvernement nationaliste gaulois lui a "extorqué", in extremis, il y a quelques semaines, des obsèques nationales qu'il avait refusées dignement pendant des années, estimant qu'il n'y avait pas lieu de célébrer des événements consternants.
J'ai surtout une pensée pour ceux que l'on a assassinés, ou que l'on exécute encore, parce qu'ils ont refusé ou refusent de tuer des inconnus ou simplement des humains, de marcher en rang, comme des moutons, derrière la musique, pour aller à l'abattoir. Ou pire, de hurler à l'assaut en brandissant des drapeaux, comme des supporters de foot décérébrés et déchaînés.
Il n'est pas d'idée qui vaille de tuer à l'aveugle, ni de se faire tuer. "Mourir pour des idées, bien sûr, mais de mort lente !" comme le chantait si bien Brassens...
Et puisque l'on est dans les chansons, réécoutez ou relisez donc "Le déserteur" de Boris Vian : tout y est dit, et avec quel talent !
"Allez par les chemins..., ... refusez de la faire, ... je ne suis pas sur terre pour tuer de pauvres gens !"

10:53 Publié dans on va se faire des amis ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/03/2008

Tests belges

Bien sûr, elle fait semblant de s'énerver, mais avec un tel sourire !

Par exemple quand un autre francophone lui propose une devinette comme la première ci-dessous.

devinette 1

Mais c'est pourtant chez elle que j'ai trouvé l'objet suivant :

objet 2 

Et puis :

puzzle3

...qui peut le moins a parfois du mal pour le un peu plus !

La Belgique, c'est la monarchie débile, les princesses moches et les fascistes flamands.

C'est aussi Magritte, Brel, Cécile de France, Geluck et tant d'autres, drôles, émouvants et chaleureux ... 

C'est pour cela aussi qu'on l'aime ! 

14:50 Publié dans Sois belge et t'es toi ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

11/03/2008

La religion et moi ...

   Mes parents étaient "catholiques non- pratiquants", contrairement à une grand mère normande et patronne de bistrot, laquelle ne ratait pas une messe du dimanche, ni les vêpres des grandes occasions. Elle gagnait des "indulgences plénières" de quelques jours en baisant le pied baveux de la statue de Saint Pierre, se confessait scrupuleusement et communiait quand il le fallait. Tout petit, elle me traînait parfois à la messe de son village où elle me forçait à me lever- asseoir, sans cesse, et à baisser la tête sans regarder à la sonnette de l'élévation, l'un des seuls moments intéressants. Ne parlons pas des cantiques en latin que ces pratiquants du patois normand chantaient d'après leur missel, sans y comprendre d'autres mots qu'amen et surtout "ité michaesse" qui, manifestement, signifiait pour eux "Tous au bistrot, café-calva et dominos" ! L'offense à la musique des cantiques en latin patoisé était grave : à côté de ce que l'on entendait, la fanfare du village ou la musique militaire étaient des sommets de l'art ! Quant au sens, les interrogations perfides que je faisais subir à ma pauvre grand'mère la faisaient rougir de confusion : elle ne comprenait strictement rien de ce qu'elle chantait avec tant d'entrain...
    La religion de mes parents était uniquement festive. Par obligation, pour les enterrements, et pour le plaisir, lors des communions ou des mariages. Seules comptaient vraiment les repas de fête et les bals qui clôturaient ces événements. La cérémonie religieuse était le prix à payer, pour eux, auquel s'ajoutait, pour moi, le catéchisme. On m'expliqua que je devais avoir de bonnes notes, pour que l'on puisse faire la communion et le banquet.
    Bon élève presque partout, je fus vite premier en catéchisme, même si je partais de rien, au contraire de la plupart de mes condisciples. Mais ces histoires de romains et d'orientaux, si loin dans le temps et l'espace ne me disaient rien : les évangiles et la bible me paraissaient ennuyeux et dépourvus du moindre intérêt. Néanmoins, suivant le principe de Blaise Pascal, chanté par Brassens, je fis semblant de croire et bientôt je crus ! Les vibrations des grandes orgues, les jolies filles pieuses du "caté." et les vapeurs d'encens, que je sniffais avec délectation, n'y étaient pas pour rien ... A l'époque, le cocktail Led Zeppelin- cannabis n'était pas encore disponible !
    Ma foi naissante et fragile avait été mise à rude épreuve à plusieurs reprises. D'abord quand l'abbé féroce du catéchisme nous avait suggéré de mettre des cailloux pointus dans nos chaussures, pour faire pénitence après je ne sais quel péché véniel. Marchant déjà bien mal après un accident et mettant parfois trois quarts d'heure pour faire un kilomètre au retour de l'école, je souffris un maximum avant de me faire engueuler, à juste titre, à l'arrivée, parce que les cailloux du curé sadique avaient percé mes chaussettes ! Et puis quand, le dimanche après ma communion, abandonnant mon roman policier, je pris ma veste et mon béret (eh oui, les jeunes, comme le Che !) pour aller à la messe, je fus interpellé par mon père en pyjama :
        - Qu'est-ce que tu fais ?
        - Ben je vais à la messe, comme d'habitude ...
        - Mais t'as fait ta communion la semaine dernière !
        - ...
    Après quarante seconde de flottement métaphysique, je décidai que mon père avait raison, que je n'avais plus aucune raison de souffrir le dimanche pour marcher jusqu'à l'église et je replongeais avec délices au lit dans mon polar !
    Quelques années plus tard, après m'être consolé dans Brassens de la dureté du monde, j'étais devenu le pire des paroissiens et ne croyais définitivement plus en de quelconques divinités, ni à une vie post- mortem que rien de sérieux ne confirmait.
    Je décidais alors d'écrire au curé pour réclamer mon excommunication d'une religion où l'on m'avait fait entrer par erreur, sans consentement éclairé, le jour de mon baptême. En réponse le saint homme m'envoya une lettre quasi injurieuse prétendant qu'il n'y avait pas de procédure semblable dans l'église catholique et m'accusant de trahir mes pauvres parents qui avaient tant fait pour m'élever dans la foi chrétienne et le respect du seigneur !
    Il me semblait bien sûr totalitaire et scandaleux de me contester le libre choix revendiqué, de me refuser ce que l'on accorde au moindre hérétique ou blasphémateur, et dérisoire de mêler, sans savoir, mes pauvres parents à une histoire strictement personnelle. Fallait-il pisser dans un bénitier, ou comme dit le juron du Québec, toaster une hostie, pour que ces chrétins reconnaissent ma liberté de penser ?

20:00 Publié dans éducation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/03/2008

Révolution culturelle ! On a reçu ça ...

Reçu çà ! Bien vu, non ?

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03/03/2008

EXCULER

Ce mot semble parfaitement français, mais vous le chercherez en vain dans les meilleurs dictionnaires ! Eut-il commencé par cir, re, bas, é, en ... ou peut-être bien d'autres, vous n'auriez aucun doute sur son sens. Quant au préfixe ex, il est d'une telle banalité, contraire de in ou de en, selon les cas ...
    Il est possible qu'un recueil de poèmes ou l'un de ces courts dictionnaires de néologismes et mots- valises sensibles ou amusants que l'on vous offre parfois offre exculer, mais je n'en ai pas connaissance.
    Comme mon correcteur d'orthographe persiste à le souligner en rouge, j'ai tendance à m'en attribuer la paternité et à en étudier le processus de création. Pour tout vous avouer, j'étais, pantalon baissé, en train de produire ce que tout homme en bonne santé et bien nourri expulse en moyenne une fois par jour, en principe plutôt le matin en ce qui me concerne. Je pensais, dans ce grand moment pour l'esprit et les sens, à ce chapitre immortel que Salvador Dali a écrit dans un livre que j'ai prêté une fois de trop et dont j'ai perdu la référence, sans doute facile à retrouver. Il y décrivait avec enthousiasme ses sensations, émotions, perceptions de tous ses sens dans cette situation quotidienne et si peu banale. Son émerveillement devant les formes, les couleurs, les odeurs, les variations et la diversité des produits, les variations du bruit de la chute selon le lieu et les caractéristiques physico-chimiques de la matière et, bien sûr, l'immense plaisir, presque toujours renouvelé, de la dynamique de l'expulsion. C'est à ce moment qu'exculer m'est venu à l'esprit, à l'infinitif, bien sûr, et non au participe présent qui eut été injurieux pour ce génie justement auto- proclamé bien que pas toujours très net et souvent pénible.
    Evidemment, tout ceci m'a conduit à une réflexion profonde sur le sens du plaisir, en biologie, en théologie et en droit, en théorie comme dans la vie quotidienne. Réflexion sans doute triviale vu les limites de mes possibilités de documentation en ces lieux et en cette heure.
    Biologiquement, ex et en définissent un sens correspondant à la circulation dans le tube digestif. La circulation d'un objet dans un ou, dans ce cas, deux sphincters est source d'impulsions nerveuses et de sensations qui, a priori, ne devraient dépendre que des caractéristiques de l'objet et de sa circulation, de la culture et de l'expérience de vie du sujet, mais pas ou peu du sens de cette circulation, qu'il s'agisse de plaisir, de douleur, d'indifférence, de dégoût ou de toute autre construction culturelle. Exculer, en ce sens, devrait donc rejoindre les perceptions liées à la sodomie, ce qui banaliserait les sensations liées à cette dernière, puisque nous exculons au quotidien et que les va et vient ne diffèrent pas fondamentalement des allers simples, neurologiquement parlant du moins...
    Théologiquement, la chose n'est pas très claire et j'appelle au secours tous les pasteurs, imams, rabbins, bonnes soeurs et curés (particulièrement experts en Suisse et aux Etats- Unis) qui sévissent sur ce site. Un certain nombre d'états des Etats-Unis criminalisent la sodomie et il me semble avoir lu qu'elle était passible de peine de mort chez certains islamistes avancés dans l'application de la charia. Mais je n'ai jamais ouï dire que prendre du plaisir à exculer était condamnable, même si le petit livre vert de l'ayatollah Khomeini donne plus de détails pratiques sur la bonne manière de se torcher que le petit livre rouge du président Mao...
    Juridiquement, les choses me semblent plus claires, dans la mesure où, face à la meute de tous ces calotins, le principe essentiel selon lequel chacun, adulte et responsable, doit rester totalement libre et maître de son corps, et respecter sans concessions celui des autres, me semble incontournable.
    Ah oui, j'allais oublier le japonais qui m'a bousculé dans le train : "Exculez- moi !".
J'ai éprouvé une seconde de perplexité ...

13:24 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |