05/04/2008

Printemps pourri : à bas le sport !

    Le sport rend très con ! Je ne parle pas, bien sûr, des longueurs de piscines que je fais, à la Fontenette ou aux Pervenches, sous la surveillance de Joël, maître nageur breton et dragueur, et de ses charmants collègues... Ni des foulées des autistes qui écoutent de la musique en courant : je me suis d'ailleurs toujours demandé comment ils conciliaient le rythme plus ou moins harmonieux de leurs pas avec celui de la musique. Ils écoutent sans doute une sorte de musique militaire accélérée ! Il faudra que je vérifie...
    Non, je parle, bien sûr, de ces compétitions professionnelles, ou pseudo-amateures, sans aucun intérêt, dont les médias nous pourrissent les oreilles et les yeux, des mois mêmes avant qu'elles aient commencé. Le tout pour nous arroser d'un déluge de publicités commerciales et de commentaires de journalistes débiles dont le vocabulaire comporte moins de mots que l'on peut en apprendre, en quelques mois, au moindre orang- outang.
    Les politiciens sont des gens muselés en "démocratie médiatique : le premier qui dirait un mot contre les mafias sportivo- commerciales serait boycotté par les médias qu'elles font vivre et perdrait les électeurs conditionnés par la propagande. Même s'ils détestent le foot et la voile, Micheline ou Couchepin doivent faire semblant de s'enthousiasmer pour Alinghi ou Servette, comme autrefois Chirac pour Zidane, malgré les odeurs. Aujourd'hui, qui sait ce que les super démagos style Sarko à Paris, ou, ici, le tout petit Mugny, feraient pour avoir leurs tronches sur des vignettes Panini...
    De Mundial en Euro, ou même dans les plus minables compétitions locales, le battage footeux suscite, ivrognerie en plus, les mêmes déballages de drapeaux et de slogans ineptes, souvent nationalistes et racistes, que les meetings nazis, staliniens ou maoïstes d'autrefois. Le moindre match "national" contre Zanzibar provoque, casseurs compris, plus de déploiement de bêtise éthylique endrapotée et de police armée que le pire rassemblement de protestation de l'UDC.
    J'aimais bien jouer au foot, quand j'étais petit, et j'aime encore bien jouer à taper du pied dans un ballon avec des petits. Mais, quand je vois débarquer des gamins, souvent de familles modestes, équipés à neuf ans de chaussures à crampons, dernier modèle, et de maillots d'équipes vedettes, couverts de pubs et dont ils font une collection acquise à prix d'or, j'ai la nausée... Je me sens dans un meilleur des mondes cauchemardesque et digne d'Orwell, mais encore plus con !
    L'addiction au foot fait gagner beaucoup d'argent à beaucoup de corporations. Dans une société ou le fric a, depuis longtemps, remplacé les prophètes et les dieux du Panthéon, le foot est donc sacré, intouchable, religieux. Sous peu, on sera bien plus condamné pour avoir brûlé un ballon rond qu'un drapeau national. On ne joue pas ainsi avec la drogue légale d'une majorité de la population (mâle au moins!) dans une démocratie alcoolique !
    Et puis, dans la foulée, on va avoir les JO ! Regardez un peu dans vos journaux, de papier comme audio-visuels, les pourcentages de titres, de texte, de photos et de temps consacrés au "sport", à la politique, à la société, à l'éducation et aux droits humains. Ce n'est pas que j'aie beaucoup de sympathie pour le dalaï à lunettes dont les ancêtres ont opprimé les Tibétains par un régime féodal cruel pendant des millénaires. Mais les milliers de victimes des misères évitables du monde ou, ici ou là, les progrès qui permettent d'en sortir m'importent plus que le dernier but d'un mercenaire du ballon, fût-ce de Servette ou Carouge !

22:40 Publié dans on va se faire des amis ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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