14/04/2008

Monothéistophobe !

    Ma vision de la liberté de pensée ne supporte pas que l'on puisse obliger des gens à entrer dans une religion ou les empêcher d'en sortir. En ce qui concerne les enfants, j'admets, sans états d'âme, que des parents adhérant à une religion cherchent, par l'exemple et l'argumentation, mais surtout pas par la contrainte, à la faire partager par leurs enfants. Mais cette adhésion ne devrait être que consciente, volontaire dès que possible, et non obtenue par manipulation, chantage ou par le terrorisme des prêtres.
    En ce sens, les "grandes religions du livre" ont tout faux à interpréter comme vérités définitives et obligations incontournables leurs dernières interprétations des "révélations" de l'un ou l'autre prophète concernant un dieu pour le moins hypothétique. Dernières interprétations et révélations qui sont, bien sûr, contradictoires avec les précédentes et les autres. Le christianisme, par exemple, est bâti sur une histoire bien  documentée et consternante de dénonciations, persécutions, emprisonnements, tortures et mises à mort des incroyants, athées, agnostiques, scientifiques et réputés sorciers, à ajouter aux massacres des infidèles, des colonisés et même des autres fidèles. Pas mal pour une "religion d'amour" ! Quand on voit le Vatican s'excuser mollement pour les torts injustes faits à Galilée ou Darwin, on se demande s'il le fera un jour sincèrement pour ceux qu'il a fait torturer et brûler comme Giordano Bruno et Vanini, ou pour ceux que ses troupes ont "génocidés", comme disent les Rwandais, aux croisades ou à la St Barthélémy. Ce n'est pas que les protestants aient fait beaucoup mieux, avec Michel Servet ou Bartholomé Tecia, entre autres moins connus ... Ni les juifs et les musulmans, avec une circoncision qui a tué des milliers d'enfants et de bébés, avant d'être médicalisée et est aujourd'hui présentée, hypocritement, comme une mesure d'hygiène par la rumeur publique, puis par des études "scientifiques" pour le moins biaisées. Nos sociétés monothéistes qui dénoncent si vite, à juste titre, les mutilations génitales féminines des autres, pourraient d'abord s'interroger sur le massacre des mâles innocents qu'elles ont toléré pendant des siècles et sur la manière odieuse dont la circoncision continue à être pratiquée sur des bébés, souvent sans anesthésie, par des prêtres sadiques qui se préoccupent tout juste aujourd'hui d'éviter les septicémies. Même pour plaire au Bon Dieu, il n'est plus très populaire de tuer des enfants par une opération dangereuse et inutile. Mais ne le répétez pas, le sujet est tabou dans les médias comme dans la bouche des politiques !
    De nos jours, le renoncement à une foi ou le changement de confession, qui devraient être, partout, des droits élémentaires en religion, sont encore considérés comme des crimes, sauvagement réprimés par les théocraties musulmanes et interdits par les milieux fondamentalistes chrétiens ou juifs, autant que musulmans. Là- même où ils sont théoriquement tolérés, ces changements d'appartenance sont souvent empêchés pratiquement par des chantages affectifs communautaires et familiaux. Et ce dans presque toutes les religions, aussi oecuméniques et ouvertes qu'elles se prétendent !
    Il y a une contradiction fondamentale évidente entre la liberté de penser et de s'exprimer, qui sont au coeur de la philosophie des droits humains, depuis le siècle des lumières en occident, et les pratiques des grandes religions monothéistes qui ne cessent de s'y opposer pour manipuler les peuples et les nations au seul profit des prêtres et des politiques qui les utilisent. Les repentirs tardifs des religions "évoluées" et leurs efforts désespérés pour s'ajuster au monde moderne au prix d'une négation de leur histoire ne suffisent pas à endiguer le départ de leurs paroissiens, les uns vers les sectes fondamentalistes, les autres vers des formes philosophiques ou religieuses personnelles qui s'affranchissent des prêtres et de leurs rackets politique, idéologique et financier.
    Face à la complexité du monde et à la connaissance, de plus en plus précise, que nous avons de son fonctionnement et du nôtre, il est bien naïf de supposer que tout relève d'une volonté de type humain et d'un projet moral que nous n'aurions pas construit. Les monothéismes sont une forme très infantile de la pensée qui, certes, rassure plus ou moins leurs pratiquants face au gouffre de l'existence, mais dont l'histoire des crimes ne justifie pas le respect.

18:49 Publié dans on va se faire des amis ! | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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