28/04/2008

"Economie- Suisse" : maffieux ou crétins ?

Après nous avoir gratifiés, il y a quelques années d'une campagne pour l'augmentation des taxes universitaires, nos patrons des patrons voudraient, cette fois-ci, offrir des études gratuites aux prétendus "surdoués". Le "chef économiste" (sic) Rudolf Minsch aurait pourtant déclaré à 20 minutes que "seules les taxes d'études élevées incitent à obtenir une meilleure performance", ce qui semble contradictoire : ne craint-il pas que la gratuité pousse ses "surdoués" à la paresse et ne vaudrait-il pas mieux, dans sa logique, les faire payer plus, puisque, de toute façon, ils sont assez malins pour trouver les fonds !
Trêve de stupidités ! Je ne m'étendrai pas sur le fait, bien documenté, que les tests de QI par lesquels on prétend détecter les surdoués détectent au mieux le retard mental, les névroses maniaques et certaines performances qui relevent en partie de l'entraînement et en partie de la conformité socio- culturelle. Ce ne sont en aucun cas des mesures objectives, fiables et répétables d'aptitudes permanentes.
L'idée de privilégier encore ceux qui auraient des dons de naissance et de handicaper encore ceux qui n'ont que leur travail pour réussir est, par contre, aussi idiote que cynique. Elle n'aboutirait qu'à privilégier encore plus outrageusement ceux qui ont déjà tout pour réussir et à éliminer les talents que les handicaps sociaux dissimulent.
La meilleure façon de reconnaître les meilleurs, qu'il faut placer où la société les rendra les plus utiles au bien commun, consiste à donner à tous, au départ, des chances, aussi égales que possibles. Puis à sélectionner, par le mérite et non par une psychométrie aberrante, ceux qui auront la possibilité de continuer. Enfin de leur donner les moyens de le faire, quelle que soit leur origine sociale.
Dans une société déjà très perturbée par la marchandisation de l'enseignement élémentaire et secondaire, des universités et hautes écoles publiques, accessibles à tous et sélectives sont les seules institutions susceptibles de réunir les critères d'efficacité et de justice sociale.
Les attaques incessantes du patronat et de politiques néo-libéraux, dont certains de nos voisins de blogs, contre ces institutions, en particulier par la revendication inepte de taxes universitaires beaucoup plus élevées, viennent de deux soucis : d'abord créer des structures privées concurrentes et financièrement rentables, ce qui n'est pas possible face à des institutions publiques quasi-gratuites. Il s'agit donc de démanteler et marchandiser l'enseignement supérieur comme on l'a déjà fait, en partie, pour les enseignements primaire et secondaire. Ensuite, pour certains, de focaliser les contributions publiques vers les rejetons d'une élite économique et sociale déjà bien trop privilégiée. Le "Toujours plus" de François de Closet, en somme !
Quant à la contradictoire "Gratuité pour les surdoués", ne doutons pas une seconde qu'il s'agirait de poudre aux yeux, pour faire croire que la sélection serait au mérite et non par l'argent. Bref, d'un argument plus cynique et maffieux que stupide !

18:39 Publié dans éducation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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