07/06/2008

Avec du faux, on fait du fric !

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les événements scientifiques les plus extraordinaires vous sont habituellement rapportés entre juillet et août, après et avant le foot, pendant les vacances et avant les rentrées, politiques et littéraire. Bref, à l’époque où, du temps de mes parents, le stagiaire de presse désœuvré devait parler du serpent de mer ou du monstre du Loch Ness, s’il n’y avait pas de faits divers majeurs !
Cette place subsidiaire de l’actualité scientifique par rapport aux non-événements sportifs professionnels, au radotage politique, aux mondanités ou aux chiens écrasés, est parfaitement intégrée par les – auto - proclamées - « prestigieuses » revues scientifiques « internationales » (comprendre revues anglo-saxonnes qui voudraient bétonner une culture scientifique dominante mondiale).
C’est en général dans le vide estival que ces revues publient les scoops les plus improbables, avec les titres les plus « sexy » et des communiqués de presse triomphants. Au plus, un soupçon de doute apparaît sur la fin de l’article livré, avant parution, à la presse, mais pas à la communauté scientifique capable de le critiquer.
Ainsi, des bobards scientifiques tels que les gènes de l’infidélité conjugale, de l’homosexualité ou des rabbins Cohen ont-ils rejoint la mémoire de l’eau, la fusion à froid et bien d’autres au Panthéon des « résultats » spectaculaires suspects, non reproduits, non confirmés, mais, jamais démentis, rarement discutés, hormis l’histoire très particulière de la « mémoire de l’eau ».
Cette situation a pour conséquence que tout le monde, scientifique ou pas, entend parler de « découvertes » sensationnelles, complètement prématurées ou même bidonnées, mais dont on ne verra jamais les démentis ni la confirmation. Comme ce sont les « meilleures » revues qui sont en cause, ces vérités persistent dans le public, même quand les rares spécialistes concernés n’y ont jamais crû : avec du faux au laboratoire, on fait du vrai dans la société !
Ainsi, la criminalité, l’homosexualité, la pédophilie deviennent génétiques pour le président français après que les publications de ce type qui ont répandu les rumeurs aient réjoui, dans un premier temps, le Fonds des pionniers nord américain, les clubs d’extrême droite et les mouvements néo-nazis.
C’est à ce niveau de dangerosité des rumeurs parties de publications, plus commerciales que scientifiques, qui jouissent de situations de monopoles jusque dans nos universités, qu’il convient de rappeler qu’une éthique basée sur autre chose que le règne de l’argent roi fait de nos jours cruellement défaut dans le domaine de la communication scientifique internationale.

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