24/09/2008

Le nouveau racisme génétique

Pendant l’occupation nazie de la France, entre 1941 et 1945, un docteur Georges Montandon a exercé les fonctions d’ « ethnologue » auprès du gouvernement collaborateur de Vichy.
Il donnait, au Musée de l’Homme de Paris, dont beaucoup de collaborateurs étaient partis à l’étranger ou en résistance, des consultations d’ « anthropologie ».
L’objectif unique de ces consultations était de savoir dans quelles proportions le consultant était ou n’était pas juif.
D’après des témoins survivants, on était d’autant moins juif que l’on payait plus cher.
Le Docteur Montandon a très mal fini la deuxième guerre mondiale.
Que ses homonymes ou cousins neuchâtelois ou genevois, qui n’ont rien à voir, m’excusent de faire remonter un si mauvais souvenir.
Mais comment faire autrement quand une société zurichoise
fait des manchettes de journaux aujourd’hui en proposant, au prix fort, des tests d’ADN absurdes pour répondre à la même question, via Internet ?
Le judaïsme est une religion, qui fût autrefois prosélyte, ainsi qu’en témoignent, entre autres, les Falashas.
Aucun marqueur génétique n’est présent chez tous les juifs et absent chez les autres. Les gènes fréquents chez les juifs sont fréquents dans les populations de même origine, arabes ou autres, selon les cas.
Il n’y a pas plus de gènes des juifs aujourd’hui qu’il n’y avait de mesures des juifs dans les années noires.
Cette société risque de gagner beaucoup d’argent, comme celles qui, aux Etats Unis, vendent des racines inventées sans fondement aux Afro-Américains. En particulier elle peut rassurer, par ses mensonges, les juifs naïfs ou racistes qui veulent à tout prix être différents des autres.


Comment empêcher les escroqueries et dérives racistes, en particulier sur internet ? 

RSR1 24-09-2008

 Sur des développements du même sujet, voir aussi "Les mormons et les arabes n'existent pas,..." dans Siné Hebdo N°3, dès aujourd'hui et www.etrehumain.ch

 

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17/09/2008

Equité et frustration chez les Capucins

Lancé par notre bon docteur Francis Waldvogel, le « Dialogue mondial des savoirs » se veut, en anglais et à Crans- Montana, le Davos de la science.
A la recherche d’un nouvel humanisme, selon le slogan de ces rencontres, chercheurs et conférenciers prestigieux ont côtoyé, la semaine passée, des politiques, des anonymes et des étudiants intéressés par les thèmes tels que coopération, altruisme et conflits dans les sociétés animales et humaines.
Entre le golf et les remonte-pentes, sans trop de policiers, notre progressiste Ruth Dreyfuss y croisait Edward Wilson père de la très contestée sociobiologie, porte parole, en science, des tendances rétrogrades de la société nord américaine.
Frans de Waals, célèbre primatologue européen émigré à l’université Emory, a provoqué la joie générale et stimulé les réflexions grâce aux images de deux petits singes capucins qui savent rendre un jeton pour recevoir une récompense, sous forme de concombre, nourriture banale ou de grain de raisin, sucrerie raffinée.
Dans un premier temps, on récompense deux individus, qui se voient, avec des rondelles de concombre : tout se passe bien, ils mangent leur concombre.
Ensuite, plusieurs fois, on récompense simultanément, l’un avec du concombre et l’autre avec un délicieux raisin, pour la même tâche. Le frustré, aux essais successifs, mange son concombre de mauvaise humeur, puis le néglige et le laisse prendre par le privilégié, enfin il le jette rageusement vers l’expérimentateur !
Qui a dit que les concepts d’équité et de justice étaient le propre de l’homme ?

   
RSR1 17-09-2008

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12/09/2008

Retro papanas !



Un pays voisin, arriéré dans certains domaines, accueille comme un messie un ancien des jeunesses hitlériennes, héritier conscient des responsables de deux millénaires de guerres religieuses, de torture, de dictature et d’obscurantisme sectaire.
Profitons-en pour rendre hommage aux scientifiques, médecins, libres penseurs, prêtres, sorciers ou simples citoyens torturés, brûlés ou suppliciés à mort par les chrétiens.
Avec une pensée spéciale pour Jules – César Vanini, torturé et brûlé sur la place publique à Toulouse : il avait proposé, deux siècles avant Lamarck et deux cent cinquante ans avant Darwin que les animaux soient issus des plantes et les humains des singes.
Une autre pensée pour Giordano Bruno, brûlé sur le Campo dei Fiori, à Rome, lui aussi sans renier ses convictions scientifiques. Et n’oublions pas notre Michel Servet.
A l’heure où l’on critique, à si juste titre, la lapidation ailleurs et l’apartheid odieux que des islamistes imposent aux femmes, jusque chez nous, n’oublions pas de quels obscurantismes nous venons nous-mêmes, depuis peu de temps !
Repartons au combat dès aujourd’hui, avec Siné et sa bande, pour la liberté d’expression, contre toutes les censures et le médiatiquement correct qui font le jeu des intolérants ! Se moquer des rituels grotesques ou, à l’égal, de ceux qui prient à genoux, les fesses en l’air ou en se tapant la tête contre les murs fait partie de la liberté de pensée et des droits individuels…

RSR1 10/09/2008

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08/09/2008

Pourquoi je roule avec Siné

Comme Siné Hebdo s’intéresse plus aux lendemains qui se marrent qu’au passé consternant, je donnerai ici les raisons qui m’ont fait accepter sans hésiter de rejoindre cette nouvelle équipe et prendre sans nuance le parti de Bob dans le conflit qui l’oppose au sinistre Val, usurpateur en chef à Charlie Hebdo où je fus, il y a bien longtemps et pas très longtemps, chroniqueur scientifique heureux. De vieilles histoires, mais un témoignage de plus…

1) Adieu Charlie, on t’aimait bien …

Je lis beaucoup, j’écris souvent et j’aime raconter des histoires. Pendant trois longues années, j’avais, à la demande de Philippe Val, fourni une chronique hebdomadaire à Charlie Hebdo, joué à « Dédé-la-science ». Ce pseudo, dû comme beaucoup de choses là bas, à François Cavanna évoquait, bien sûr, Raymond-la-science, de la bande à Bonnot. Il s’agissait de la science au sens large, celle de la vie quotidienne plus que celle des grands accélérateurs de particules. Une science infiltrée dans la vie de tous les jours, la politique et sujette aux faiblesses humaines. Et puis aussi drôle que possible, surtout ! Pas la science dure et chiante qui dégoûte les têtes blondes (et encore plus de brunes !). D’ailleurs si, par malheur, j’écrivais trop sérieux, l’un des merveilleux dessinateurs de l’équipe se chargeait de me remettre en place, avec un petit dessin hilarant qui en disait deux fois plus sur le sujet et décourageait de lire ma chronique au-delà du titre. Charb, Luz, Riss, le regretté Bernar, Honoré, et les autres, me donnèrent ainsi une belle leçon de modestie ! Et puis, le temps passant, le rédac.- chef supporta de plus en plus mal mon côté vieux gorille à dos blanc, ou bien l’ironie avec laquelle j’accueillais ses postures d’instit 3ème république vis-à-vis de l’équipe, en général, et des petits jeunes en particulier. Petit à petit, on ne se contentait plus de changer systématiquement mes titres, de couper des phrases qui déplaisaient, même si elles correspondaient à ma pensée ; mais on taillait arbitrairement dans mes écrits ou bien on les censurait lorsque j’abordais des sujets tabous (mais oui, il y en avait plein à Charlie, pas ceux auxquels vous pensez : la philosophie, réservée au chef, la politique non conforme à la pensée du chef, la sensiblerie animalière, les jeux de mots qui font « Canard Enchaîné » - on ne pouvait passer que ceux qu’il ne comprenait pas !). Le sommet fût atteint le jour où Val me commanda une interview « d’au moins 50 000 signes »  de Boris Cyrulnik sur la sémiologie du Front national, du temps où ces voyous avaient pris la mairie de Toulon et, plus ou moins avec leurs alliés RPR « dits de droite », le contrôle de la psychiatrie de la région PACA où Boris exerçait. Boris, au nom de l’amitié, accepta ce qu’il n’aurait certainement pas fait pour Charlie, se mouilla un maximum et travailla même assidument pour le bouquin « Charlie saute sur Toulon ! ». Quand j’arrivai avec le texte commandé, négocié au mot près, j’appris à la rédaction que je n’avais plus que 12 000 signes ; furieux, je contactais Val qui m’en accorda paternellement 15 000, comme si c’était une faveur. Je m’aplatis en excuses auprès de Boris qui accepta, avec le sourire, de renégocier mot à mot ma réduction. Mais, quand le texte parut, dans le journal, comme dans le livre, les déclarations entre guillemets de Boris avaient été complètement charcutées et remaniées par Val. En particulier, tous les passages où Cyrulnik faisait des comparaisons extrême droite - extrême gauche (sans cacher où allaient ses sympathies d’orphelin juif caché par des communistes pendant la deuxième guerre mondiale) avaient été mutilés de la partie gauche. Ceci sans consulter ni l’interviewé, ni l’intervieweur ! Devant des procédés aussi déloyaux, contraires à toute déontologie de la presse, la mort dans l’âme, je ne pouvais, vis-à-vis de Boris et pour me désolidariser de ces méthodes de patron fasciste, que cesser de collaborer avec un journal qui l’avait si mal traité. J’ai donc arrêté dès le lendemain, au prétexte d’un réel manque de temps, et sans conflit, pour pouvoir continuer à fréquenter mes copains dessinateurs et chroniqueurs sur leur lieu de rassemblement habituel. La suite m’a été racontée de première main par ceux qui l’ont vécue, soit une trentaine de personnes de l’équipe passée ou actuelle et une bonne partie de tous ceux qui, démissionnaires ou vidés, sont partis, avant ou après moi.
    Assez bon journaliste et souvent excellent chroniqueur radio, Val se pique d’être un vrai chef, définissant une ligne politique, et, en plus, se prend pour un grand philosophe, appelant Montaigne, Spinoza et Voltaire à la rescousse dès qu’il doit décider de quelle main il va se torcher. A propos de Voltaire, il milita frénétiquement dans le réseau du même nom dont il nous saoulait, jusqu’à ce que le patron dudit réseau nie les attentats du 11 septembre. Il s’aperçut, in extremis, que ce n’était pas tendance... D’après de multiples témoins, les conférences de rédaction du mercredi matin, auxquelles je n’avais jamais eu le temps d’assister, s’étaient peu à peu transformées en messes superchiantes, monopolisées par le sermon du rédac-chef « qu’il fallait écouter deux heures par semaine nous expliquer le monde ». Ensuite, il coupait à la serpe, sans explications, dans les propositions de reportages, de sujets, de dossiers, d’articles. Quiconque n’était pas d’accord se voyait rappeler à l’ordre sur le mode « Cabu et moi sommes actionnaires majoritaires, ceux qui ne sont pas d’accord foutent le camp, tant pis pour leur porte monnaie ! ». Cavanna, Choron, Reiser, Gébé, où étiez-vous ? Siné survivait en envoyant sa zone par fax, mode primitif, mais qui lui évitait d’être massacré par le service d’ordre.
    A propos de porte monnaie, il faut rappeler que Charlie, sous la droite et grâce à quelques couvertures de génie, comme « Le retour des vieilles merdes qui puent » de Tignous (pour annoncer le gouvernement Balladur), Charlie donc, était passé des trente mille exemplaires de la survie difficile à deux, trois puis quatre fois plus. Le journal était devenu une véritable institution et rapportait un maximum de pognon à ses actionnaires, à la SCI – devinez qui ? - qui lui louait très cher ses nouveaux locaux et à ses salariés haut de gamme. Dessinateurs et chroniqueurs réguliers gagnaient confortablement leur vie après les vaches relativement maigres des débuts. Val était un excellent patron, au sens du MEDEF, avec même un zeste social, genre Riboud et une sensibilité aux idéaux de progrès. Même s’il ne fallait pas confondre le dur quotidien que l’on dirige d’une poigne de fer et l’utopie démocratique que l’on vend à longueur de colonnes éditoriales… Le succès dans les médias grisait le jadis interdit de télé. Exprimer ses idées et sa ligne politique lui donnait envie de passer à l’action, sur tous les fronts. La rencontre de Dominique Voynet, ministrable et ministrée, lui donna une frénétique envie de cabinet et il la courtisa assidument bien qu’elle fût loin de ses goûts biométriques et amoureux habituels, et surtout pas très maline. Charlie, quart de rouge et noir désopilant au début, devint peu à peu un machin verdâtre chiant et soporifique, sauvé d’un naufrage prévisible par le talent incontestable de ses dessinateurs néo – fonctionnaires, des dernières plumes historiques et de quelques jeunes habitués à bien travailler ailleurs, maltraités par d’autres patrons fachos.
    Vous imaginez le malaise de toute la rédaction devant l’affaire Siné, que je ne reprendrai pas ici parce que j’étais loin quand tout est arrivé et que tout et trop en a été dit pour cacher la réalité actuelle de Charlie : le « patron » la joue adjudant Chanal vis-à-vis d’employés qui ont besoin de leur fin de mois pour vivre et qui sont obligés de le suivre par chantage au boulot. Et vis-à-vis de Siné que je connais depuis un quart de siècle comme militant anticolonialiste, antiraciste, beaujophile, drôle et libertaire, le faire traiter d’antisémite par les sarkozystes de la LICRA et quelques bobos sionistes du Nouvel Obs est une dégueulasserie dont je n’aurait pas crû même Val capable ! Je ne nierai pas qu’en cherchant bien dans les fonds de tiroir des enregistrements, lorsque Bob avait plus de deux grammes dans le sang, on ait sans doute pu trouver des seconds degrés qui, mêlés aux 13° et placés hors contexte, paraîtraient antisémites. Mais alors il aurait fallu placer des micros cachés à la LICRA et au MRAP où, off record, j’ai entendu souvent les « blagues » les plus atroces sur les chambres à gaz et les camps de concentration. Des blagues d’un style que personne n’aurait pardonné – à juste titre ! – à l’extrême droite et pour lesquelles la LICRA et son festival de brillants juristes pourraient essayer de faire condamner Coluche à titre posthume !
    Voilà, je vous ai raconté, sans ambiguïté, pourquoi, pour moi, Charlie c’est fini, même si certains de mes meilleurs potes restent embarqués sur la galère ! Je regrette juste que, si Val a réellement proposé sa démission, ce dont je doute vu l’hypocrisie du personnage, ceux qui en rêvent depuis dix ans, en gros tout Charlie sauf Cabu, se soient dégonflés. C’est dur, dans le contexte actuel, de quitter une affaire qui roule et qui nourrit, mais c’est insupportable d’être détourné sans cesse d’où on veut aller par un capitaine dictateur, seul maître à bord après un Dieu auquel personne ne croît là bas …

2) A nous Siné !

    Et bien maintenant, on repart avec Siné, et croyez-moi, l’ambiance n’a rien à voir... Tout le mal qu’on vous souhaite, c’est de vous marrer autant à la lecture du journal que nous au comité de rédaction ! Je peux vous garantir que toute ligne qu’on chercherait à imposer à cette joyeuse bande d’anars et de branleurs de talent explosera en zig-zags libertaires et joyeux.

A tous les mercredi, Hasta la victoria sur les cons, siempre !

http://www.sinehebdo.eu/

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07/09/2008

Prématurité et handicap : précisions

Entre deux compliments aimables, Jean-François Mabut m’a reproché ce que je ne pensais pas du tout avoir fait dans ma chronique radio de la semaine passée, à savoir une charge personnelle contre Charles Beer. Celui-ci n’était évoqué que par sa fonction, malgré l’invraisemblable maladresse de ses propos qui ont indigné tous ceux qui vivent le handicap d’un enfant au quotidien. Les réactions du Comité ALERTE, que je ne connaissais pas, en témoignent.
Mais, pour moi, les déclarations d’un chef de service de médecine spécialisée selon lesquelles on ignorait les raisons possibles d’un record de prématurité en Suisse et à Genève alors que les facteurs de prématurité dans le monde occidental sont bien connus étaient beaucoup inquiétantes. Et je regrettais aussi que le journaliste ait titré sans aller plus loin que les déclarations de deux interlocuteurs qui, il est vrai, paraissaient aussi respectables qu’institutionnels.
Cela dit, cher Jean-François, une chronique radio de une minute trente secondes, c’est, en termes de presse, à peine un feuillet, avec les contraintes de l’oral, de la diction et de l’état des auditeurs à l’aube ! On a donc juste le temps de lancer une idée, une réflexion, une indignation, et certainement pas celui de développer et épuiser un sujet aussi compliqué, dont j’ai volontairement évité les aspects qui appelaient trop de développements.
Ma réaction venait de ce que ni le médecin, ni le journaliste, ni le politique n’avaient rappelé les causes majeures des excès de prématurité, qu’il convient de toujours rappeler : tabagisme, alcoolisme et suractivité des femmes enceintes. Nul doute que ce record helvéto- genevois de 10% soit dû à des records dans ces trois domaines liés et interactifs : beaucoup de femmes de ce pays travaillent trop pendant leurs grossesses, sont souvent épuisées et dépressives, ce qui aggrave les tendances mondaines au tabagisme et à l’alcoolisme.
Pour aller dans le sens de J-F Mabut, je n’oublierai pas les pères et le tabagisme passif des femmes enceintes. Ne serait-ce que pour rappeler la condamnation d’un médecin - chercheur local, des plus dotés financièrement, par l’industrie du tabac pour démontrer l’innocuité du tabagisme passif ! Les dégâts de ce dernier sont pourtant bien établis par des enquêtes indépendantes des dealers …
Quant à l’alcool, je suis assez navré de voir sa consommation augmenter sans cesse parmi les volées successives d’étudiants, de constater la persistance des publicités explicites, implicites et clandestines ou de voir les saouleries d’ados à l’espagnole présentées comme un must dans les médias. Tout ceci ne prépare rien de bon pour l’avenir !
Je n’ai rien contre les libertés individuelles de boire et même de fumer tant qu’elles ne nuisent pas aux autres, à commencer par l’embryon, le fœtus ou les enfants d’une famille. Les femmes enceintes et leurs compagnons qui fument et boivent sont donc au premier rang de responsabilité. Mais la propagande des multinationales et des lobbies de l’alcool et du tabac est criminelle et la responsabilité des politiques qui la permettent ou des médecins qui ne la dénoncent pas est très forte.
Je n’ai pas dit que tout était faux dans l’article et les déclarations qu’il contenait. En particulier les procréations médicalement assistées, dont on fait une consommation aberrante pour des taux de succès très décevants, augmentent les risques de prématurité, que ce soit par l’augmentation de la proportion des naissances multiples ou parce qu’elles concernent souvent des femmes déjà âgées. Mais il s’agit là d’"acharnement procréatique " et non des « progrès de la médecine », en général. On notera quand même que les conditions de vie et la pression du marché du travail sont les principales raisons pour lesquelles les femmes, par choix ou par nécessité de survie, retardent les naissances et font leurs enfants longtemps après la période de fécondité maximale et de plus grande aptitude à des grossesses sans problème. Là encore les responsabilités médicales et politiques sont claires : les stérilités définitives comme les prématurés fréquents sont le prix payé pour que les femmes jeunes travaillent trop longtemps avant et s’arrêtent peu quand elles font des enfants.
Enfin, et ce n’est pas le plus simple de la question, la plupart des prématurés ne sont heureusement pas handicapés, mais, comme c’était très bien expliqué dans la déclaration du spécialiste et l’article, ce sont les très grands prématurés qui ont des risques considérables de handicap, jusqu’à un sur deux pour des enfants qui n’auraient pas survécu sans des « exploits » médicaux. Savoir à partir de quelle durée de grossesse, à quel prix et au dessous de quel risque de handicap très grave on fait tout pour sauver un fœtus plus jeune, demain, que certains avortés thérapeutiques, est un problème éthique insoluble dans un consensus social. Il ne peut être résolu qu’individuellement entre les médecins concernés et les parents dûment informés, non seulement des chances de succès, mais des coûts du handicap possible, pour le sujet comme pour son entourage.
Voilà, cher Jean-François Mabut, ce que j’avais envie de dire, au minimum, sur le sujet. Dit à toute vitesse et de manière sans doute incompréhensible pour la plupart des auditeurs, cela représente le temps de trois chroniques radio …

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05/09/2008

En Suisse aussi ! réservez-le...

SINÉ HEBDO, le journal mal élevé, déboule le mercredi 10 septembre ! Ou le 11 en Suisse...

Réservez-le, le No 1 sear un "collector" et il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde

"A l’insu de mon plein gré, j’aicouverture_annonce.jpg
réuni, sous ma bannière de
pestiféré, une bande de
trublions, bien décidés à ruer
dans les brancards…" Siné 

bob_sine.jpg

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03/09/2008

Prématurité-Handicap : les vrais responsables

La Tribune de Genève titrait récemment :
« Les prématurés saturent l'enseignement spécialisé »
Selon le chef du DIP, les progrès de la médecine, en sauvant les grands prématurés, font déborder les classes pour handicapés.
Selon le responsable de la pédiatrie à l’Hôpital de Genève, la Suisse, avec 10%, a le plus fort taux de prématurés d’Europe, « sans pouvoir l’expliquer » a-t-il ajouté.
Les causes de prématurité sont pourtant bien connues par de nombreuses études épidémiologiques, en commençant par le tabagisme et l’alcoolisme des femmes enceintes, le travail stressant pendant la grossesse, l’âge de la mère et les grossesses multiples, en particulier celles liées aux à la procréation médicalement assistée.
Curieusement, l’article, comme les interviewés, n’évoquait ni le tabac, ni l’alcool, ni les congés de maternité trop courts, ni l’activité professionnelle excessive comme causes possibles et tout était mis sur le dos, vaguement, des « progrès de la médecine ».
Pourtant, les lobbies de l’alcool et du tabac, une protection insuffisante des grossesses et les mères qui continuent à fumer, boire et s’activer, volontairement ou contraintes, pendant leurs grossesses, sont manifestement les principaux responsables de ce record de prématurité et de ses conséquences désastreuses.
Au lieu de verser des larmes de crocodiles sur ce que cela coûte, les responsables politiques et médicaux pourraient parler des vraies causes du drame qu’ils n’ont manifestement pas le courage d’affronter …

RSR1 03.09.2008

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