15/10/2008

Le terrorisme du chiffre

Le commentaire d’un beau film récent affirme que « la biodiversité représente quarante pour cent de l’économie ».
Si ce chiffre est autre chose qu’un argument démagogique, il implique que l’économie et la biodiversité soient des grandeurs mesurables et mesurées.
Il faut aussi une unité de mesure commune pour établir le pourcentage.
En économie, qui donne plus dans la démesure que dans la mesure aujourd’hui, l’argent est la seule unité que comprennent et imposent les abrutis qui nous gouvernent, du haut de leurs jets, de leurs berlines et de leurs golfs polluants.
En biodiversité, le nombre d’espèces d’animaux et de plantes actuels est inconnu, entre cinq et cinquante millions, selon les pifomètres des experts.
Et ce n’est qu’un tout petit reste des milliards d’espèces qui ont, un jour, vécu sur terre, puis disparu après deux à dix millions d’années.
Pour arriver au quarante pour cent dont nous parlons, il faut convertir les espèces en argent.
Combien valent le poisson clown ou la pâquerette, en dollars, en yens ou en francs suisses ?
Poser une question aussi idiote revient à ce que ma grand’mère appelait, en patois, mélanger les torchons et les serviettes !
Les connaissances mathématiques de ma grand’mère se limitaient au nécessaire pour la comptabilité de son bistrot.
Mais, au moins, elle maîtrisait parfaitement les conditions nécessaires à la définition et au calcul d’un pourcentage !
Contrairement aux prétendus experts de la finance, de la science et de la politique, les petits commerçants n’ont pas droit à la malhonnêteté et à l’erreur.
Jamais ils n’utiliseraient  des chiffres comme armes de désinformation massive…

RSR1 15-10-2008

08:19 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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