17/12/2008

L’avidité acquise

Parlant de la crise, un invité de la Tribune de Genève se demandait si l’« avidité » de certains avait une origine génétique.
N’aurions nous pas une tendance innée à accumuler au delà de nos besoins, qu’il s’agisse d’argent ou bien de nourriture ?
Je penserai plutôt aux « leurres supranormaux », décrits chez l’animal et étendus aux humains.
Notre survie dépend de nourriture, des moyens de l’acquérir, des soins aux jeunes ou de la reconnaissance d’un partenaire sexuel.    
Des signaux simples désignent les objets de nos désirs.
Si l’on augmente ces signaux, nos  sens sont trompés et provoquent une réponse excessive.
C’est le syndrome des « yeux plus gros que le ventre », qui fait choisir le trop gros gâteau que l’on ne saurait finir ou qui rend des fesses ou des seins surdimensionnés irrésistibles, pour certains.
C’est ce qui conduit les rapaces de la finance, de l’économie et de la politique à accumuler de l’argent, des territoires ou des pouvoirs dont ils n’ont pas l’usage.
Le besoin de nourriture ou de sexe a une origine interne, par le jeu des gènes, du développement et de la physiologie.
Mais sa transformation en avidité vient d’une mauvaise évaluation des besoins, des ressources ou bien d’une stimulation excessive des perceptions.
Parfois, aussi, d’un changement qui fait qu’une ressource rare, que la culture pousse à consommer sans modération, devient abondante, comme la nourriture en occident ou l’argent des boursicoteurs.
Qu’il s’agisse d’obésité ou de gaspillage de ressources, cette avidité acquise est une offense permanente et abjecte à un milliard de crève la faim et cinq milliards de pauvres…

Bons réveillons quand même !

RSR 1 17-12-2008

09:54 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.