18/02/2009

Le négationnisme n’est pas comique

La négation de crimes contre l’humanité offense la liberté d’expression.
Celle-ci n’a de sens que dans le respect des faits établis.
Qu’il s’agisse de la traite des esclaves, des crimes nazis, du Rwanda ou du massacre des Arméniens, le négationnisme contredit le droit à la parole qu’il revendique.
Nier, minimiser ou détourner n’est légitime que s’il y a vraiment doute.
La complaisance papale pour les excommuniés intégristes ou négationnistes des crimes nazis est odieuse.
La propagande israélienne, qui justifie comme « légitime attaque » les massacres de civils de tous âges à Gaza, ne vaut pas mieux.
Mais certains continuent d’appeler d’un petit nom affectueux, « Tsahal », l’armée qui les commet.
Et les sionistes accusent faussement d’antisémitisme, jusqu’au tribunal, ceux que la politique militaire israélienne scandalise.
Même s’ils expriment un égal dégoût à l’égard des massacres islamistes ou autres.
Dans une telle confusion, l’humour, qui s’interprète à tous les degrés et joue sur l’ambigüité, est difficile à juger et plaide l’incompréhension.
La liberté d’expression interdisait de censurer Coluche, même si une minorité le prenait, malgré lui, au premier ou au troisième degré.
Le cas de Dieudonné est bien différent, puisqu’il s’affiche avec des experts en dérapages racistes et a fait, sur scène, la promotion d’un historien condamné pour négationnisme par la justice.
Les autorités ne se prononcent plus ici sur la liberté d’expression d’un comique, qui a cessé d’être drôle !
Mais sur le droit d’organiser une manifestation politique nauséabonde maquillée en spectacle de variétés.

RSR 1 18-02-2009

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