23/03/2009

La gueule de l’autre

Nous commençons seulement à décoder les mécanismes par lesquels notre cerveau perçoit et interprète les traits physiques et les expressions  du visage de nos interlocuteurs. Ou comment il les traduit en termes d’émotions et de fiabilité des messages transmis et construit la réaction qu’ils suscitent.
Il serait temps, quand tout le commerce et toute la politique passent par une personnalisation et une communication non – verbale qui éloignent chacun de toute prise de décision rationnelle et conforme à ses intérêts et choix personnels !
Obao ou Obama, même combat ! Il n’est plus question de choisir entre des alternatives politiques ou des programmes, dont, de toute façon, aucun politicien ne maîtrise plus la complexité. La politique médiatisée d’aujourd’hui consiste à choisir une option par la confiance aveugle que l’on fait au visage qui vend le produit, en fonction d’un jugement esthétique, d’une identification plus ou moins fallacieuse, d’obscurs objets de désirs et d’évaluations intuitives de la fiabilité des messages. Le marketing politique, comme la pub, fait tout pour détourner l’intérêt du consommateur des propriétés réelles du produit. On affronte le compétiteur – il ne s’agit même plus d’un ennemi ou d’un adversaire ! – à coup de messages subliminaires de connivence, de stimulations esthétiques et sexuelles et d’emballage médiatique.
Dans ces affrontements, toute vision politique est perdue et le résultat est aléatoire en termes techniques ou moraux. Plus rien n’a d’importance : un bon maquillage dissimule aussi bien les rictus déments de Sarko et son néo- lepénisme que le mysticisme prophétique de Bernadette Ségo ou ce que fera vraiment Obaobama, s’il en a l’occasion …

In Siné Hebdo N° 10

08:35 Publié dans dédé siné | Tags : communication, politique, visage, confiance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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