15/04/2009

La liberté des oiseaux

J’ai entendu mon premier coucou de l’année la semaine passée, peu après avoir aperçu mes premières hirondelles.
Ces oiseaux reviennent d’Afrique, pour profiter des ressources européennes du printemps, puis se reproduire, avant de fuir à nouveau les rigueurs climatiques de nos hivers.
Des centaines d’espèces animales, depuis les papillons jusqu’aux baleines, traversent les océans ou les continents pour se nourrir et procréer au bon moment, au bon endroit.
De nombreuses populations humaines du passé migraient aussi : éleveurs, pêcheurs et nomades exploitaient les cycles saisonniers des prairies ou des mers, ou, simplement, séjournaient où ils se plaisaient.
Mais dans le monde d’aujourd’hui, les espaces vierges ou disponibles manquent. Ou bien sont accaparés par les plus riches ou par les plus nombreux.
Seuls les riches peuvent s’offrir des migrations saisonnières pour profiter des meilleurs moments, des meilleurs climats et des plus beaux paysages.
Et encore, le plus souvent, à condition de payer cher et de ne pas rester trop longtemps.
Seuls quelques milliers de fortunés indécents peuvent s’installer où ils veulent, quand ils veulent, le temps qu’ils veulent, et promener leurs usines et leurs capitaux à la recherche des meilleurs profits.
Et les usines vont d’Angleterre en Pologne, de France en Roumanie, de Roumanie en Inde, puis en Chine ou dans les zones franches d’Afrique, à la recherche des pires salaires de misère.
En semant la misère et la désolation partout derrière elles, partout où elles ferment, à chaque déplacement.
Dans le monde humain de l’argent, les seuls oiseaux vraiment libres sont des prédateurs…

RSR1 15 - 04 - 2009

11:06 Publié dans rsr.ch | Tags : oiseaux migrateurs, nomades, migrations, délocalisations, inégalités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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