30/04/2009

Out of Africa, ou le pillage d'un patrimoine archéologique

L'article ci-dessous a été publié dans Le Temps du 27 avril dernier par Eric Huysecom et j'ai accepté, sans réserve, de m'y associer, pour avoir, sans être archéologue, été confronté, en tant qu'ancien gestionnaire de collections publiques et chercheur africaniste, à l'ensemble des acteurs du débat en cours. Au moment où la réputation de la Suisse et de Genève est attaquée durement au sujet du comportement de ses milieux financiers, apparaître comme détenant et exhibant des objets patrimoniaux pillés et exportés illégalement vers des pays "blanchisseurs" ne l'améliorera pas. Une autre question suit : comment Patrice Mugny, magistrat qui se prétend de gauche, a-t-il pu nommer directeur du Musée d'ethnographie de Genève un collaborateur actif des milieux concernés ? A. L.

 

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L'exposition "Terres cuites africaines: un héritage millénaire", visible en ce moment à Genève au musée privé Barbier-Mueller, et la publication de cette collection sous la direction du tout nouveau directeur du Musée d'ethnographie de Genève, relancent le débat sur la protection du patrimoine archéologique africain.
Nous assistons depuis une trentaine d'années à une mise à sac des sites archéologiques d'Afrique de l'Ouest, qui sont pillés par des paysans parmi les plus pauvres de la planète, cela au profit d’exportateurs clandestins qui enrichissent des collections occidentales, notamment de sculptures en terre cuite. Un continent est ainsi dépossédé de son patrimoine, et tout un pan des archives de l'histoire africaine est perdu pour les générations futures.
Pour endiguer ce fléau, la plupart des pays africains concernés ont édicté, dès le début des saccages, des lois strictes, concernant autant la recherche que l'exportation des pièces archéologiques. Certains ont mis sur pied des brigades spéciales de douane et de gendarmerie, des bureaux chargés de la gestion et de la protection du patrimoine, des musées, des programmes de recherche archéologique nationaux et internationaux. Mais le combat reste inégal. Comment empêcher de creuser un trou destiné à trouver un objet qui peut être vendu jusqu'à CHF 1.000.- (soit deux ans de salaire pour un paysan), à un revendeur africain qui le cèdera pour CHF 10.000.- à un antiquaire européen, qui le remettra à un collectionneur pour plus de CHF 100.000.- , qui enfin le liquidera en vente publique, une fois valorisé par des expositions et des publications luxueuses, pour CHF 1.000.000.- ? Les sommes en jeu autorisent toutes les stratégies de corruption ou de substitution d'œuvres. La démarche est bien connue: sortie illégale de l’objet du pays, établissement d'un "pedigree" (pseudo-autorisation d’exportation, inventaire de succession, certificat de vente, etc.), et blanchiment dans un pays laxiste, par une exposition et un catalogue, si possible cautionné par un professionnel, avant la mise en vente. Ce qu’on appelle « vente illicite » d’objets archéologiques lorsqu’il s’agit de pays occidentaux devient du "sauvetage" s'agissant de biens culturels africains !
Pour défendre leurs agissements, marchands et collectionneurs s’appuient sur des arguments fallacieux, qui trouvent dans l’ignorance du public occidental sur l'Afrique un terrain fertile :
-    « Les pays africains ne sont pas intéressés par leur patrimoine archéologique ». Mais dans ce cas pourquoi ces pays si pauvres auraient-ils promulgué des lois de protection, la plupart beaucoup plus strictes que celles en vigueur dans nos pays ? Pourquoi consacrent-ils une part non négligeable de leurs budgets, déjà limités, à payer des fonctionnaires chargés de protéger la culture? Pourquoi relève-t-on autant d'étudiants en archéologie dans leurs universités ?
-    « Les Africains sont incapables de protéger localement leur patrimoine ». Tous les pays concernés ont construit des musées, mais le pillage de n'importe quel musée dans le monde est possible si l'on met en jeu des sommes disproportionnées à l'échelle locale !
-    « Les pays africains n'organisent pas de recherches archéologiques et ne laissent pas les équipes internationales fouiller ». Mais que font alors au Mali, au Niger et au Nigeria certains signataires de la présente tribune ?
-    « Les populations africaines tirent profit de la vente de ces pièces ». Peut-on prétendre que concéder 0,1% de la valeur marchande d'un objet au paysan découvreur et 1% à l'antiquaire africain correspond à un profit équitable ?
-    « L'art africain est universel et doit être accessible à tous. ». Comment expliquer dans ce cas qu'il soit la propriété quasi exclusive de riches collectionneurs occidentaux ?
-    « Les Africains sont insensibles à l'esthétique des objets, seul leur caractère fonctionnel les intéresse ». » Il reste que ce sont bien des Africains qui ont créé tant de chefs d’œuvre.
Les archéologues ne peuvent rester muets : la presque totalité des objets archéologiques africains détenus dans les pays industrialisés proviennent de pillages récents et du commerce illicite. Il ne peut y avoir d’autorisation d'exportation authentique, c’est-à-dire obtenue légalement pour l'objet concerné. Acquérir de tels biens auprès d'antiquaires ayant pignon sur rue n'enlève rien à la qualification illicite de l'opération. Par déontologie, aucun chercheur ne peut accepter le « blanchiment par valorisation scientifique » de collections issues de pillages. Dans cette optique il serait temps de respecter la Convention de l'UNESCO de 1970 concernant « les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels ».
L’Afrique n’a malheureusement pas l’exclusivité du pillage archéologique. Mais ici, comme en Amérique du Sud ou en Asie, celui-ci est une conséquence des rapports inégaux entre les Pays du Nord et ceux du Sud. Ce comportement « d'arrière-garde » va à contre-courant des préceptes diplomatiques actuels qui visent à encourager le partenariat nord-sud. Il est temps que les pays occidentaux adoptent et appliquent une législation sanctionnant l’importation d’objets archéologiques provenant d’Afrique et d’autres régions défavorisées, à l’image de ce qu’ils ont fait pour les pays méditerranéens.
En cette période où la place financière suisse est la cible de nombreuses attaques, l’adoption rapide de règles déontologiques et éthiques strictes dans ce domaine est plus nécessaire que jamais.



Eric Huysecom,
Professeur d'archéologie aux Universités de Genève et Bamako, directeur de la Mission Archéologique et Ethnoarchéologique Suisse en Afrique de l'Ouest (MAESAO), représentant européen aux conseils restreints des « Society of Africanists Archaeologists », « Panafrican Archaeological Association » et « West African Archaeological Association ».

Les personnes suivantes soutiennent le texte de cette tribune:

Hamady Bocoum, directeur national du patrimoine culturel du Sénégal, professeur d'archéologie à l'Université de Dakar
Peter Breunig, professeur d'archéologie africaine à l'Université de Francfort, directeur du Programme de recherche archéologique à Nok, Nigeria
Lassana Cissé, directeur de la Mission Culturelle de Bandiagara, Mali
Nicholas David, professeur émérite d’archéologie à l’Université de Calgary, ancien président de la Society of Africanists Archaeologists
Alain Gallay, professeur honoraire d'archéologie à l'Université de Genève
Christophe Goumand, archéologue, président du Festival international du film archéologique de Nyon
Laurent Flutsch, directeur du Musée romain de Lausanne-Vidy
Oumarou Ide, directeur de l'Institut des Recherches en Sciences Humaines du Niger et chef du département d'art et d’archéologie de l’université de Niamey
Gilbert Kaenel, directeur du Musée cantonal d'archéologie et d'histoire de Lausanne
Marc-Antoine Kaeser, directeur du Laténium, parc et musée d'archéologie de Hauterive-Neuchâtel, professeur à l'université de Neuchâtel
Timpoko Hélène Kienon-Kaboré, cheffe du Département d’archéologie de l’Université de Cocody à Abidjan
André Langaney, professeur au Museum national d’histoire naturelle de Paris et professeur honoraire à l'Université de Genève
Marie Claude Morand, Directrice des Musées cantonaux du Valais et Présidente d’ICOM-suisse
Roderick J. McIntosh, professeur d'archéologie africaine à la Yale University, auteur du livre "Plundering Africa's past"
Kléna Sanogo, directeur de l'Institut des Sciences Humaines du Mali
Robert Vernet, archéologue, chercheur associé à l’Institut mauritanien de Recherche Scientifique

13:30 Publié dans Genève | Tags : pillage, archéologie, afrique, pays du sud, biens culturels, musées | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

29/04/2009

L’anticipation du Zizi sexuel

Les apprentissages de comportements sont souvent anticipés, lents et progressifs.
Ils doivent souvent commencer bien avant que l’animal ou l’humain puisse mettre en œuvre le comportement dont il s’agit.
C’est vrai pour le chant du Pinson mâle, appris par les jeunes au nid, pendant une « période sensible », alors qu’ils ne peuvent pas chanter.
C’est aussi le cas des sons du français ou du chinois qui ne sont bien produits par l’adulte que si l’enfant les a enregistrés très tôt.
En matière sexuelle, c’est souvent pendant l’enfance que les animaux, avant le moindre comportement, apprennent à reconnaître leurs futurs objets d’attachement.
Ce qui fait croire aux crétins que l’orientation sexuelle est biologique, ou innée, sinon génétique.
Alors qu’il s’agit, très probablement d’un apprentissage anticipé, ce qu’on appelle une « empreinte » en éthologie.
Une auditrice me demande ce que je pense de l’expo Zizi sexuel, de Zep et Hélène Bruller.
Eh bien j’en pense énormément de bien !
D’abord parce qu’elle est fort bien conçue et réalisée, parce qu’elle prend son public comme il faut, bien avant l’âge des passages à l’acte.
Ensuite parce qu’elle est très ludique, utilise les langages des gamins et fait une large part à ce qui les préoccupe le plus : sentiments, émotions, regard des autres.
Aucun sujet n’y est évité et les questions sont abordées, sans se fixer sur la tuyauterie génitale ou sur des discours moralisateurs déplacés.
Bref, nos savants pédagogues et didacticiens devraient en prendre de la graine, et il conviendrait de la pérenniser sous une forme ou sous une autre, parce qu’elle répond à un besoin crucial …

RSR1  29-04-2009

10:21 Publié dans rsr.ch | Tags : zizi sexuel, apprentissage, éducation, exposition, pédagogie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

26/04/2009

Darwin : sacré Charlot !

En 2009, pour le bicentenaire de sa naissance, collègues et médias vous gavent avec un culte indécent de la personnalité de Charles Darwin, tandis que les religieux le traiteront de communiste et d’imposteur.
J'ai préféré vous vacciner !
Les penseurs et naturalistes savaient, au siècle des lumières, que l’histoire de la vie avait duré très longtemps. Buffon avait proposé comme « hypothèse absurde » (pour cause de répression religieuse) que les espèces vivantes se transforment et soient issues les unes des autres. Lamarck, grâce à la fenêtre de liberté entre révolution et répression, avait écrit, en 1801 que la durée de l’histoire du globe - des millions d’années – était presque infinie, que les espèces vivantes, humains compris, formaient une seule généalogie, depuis les formes de vie les plus simples, sans doute issues du monde minéral.
Cinquante ans plus tard, Darwin a d’abord fait admettre l’essentiel, que d’autres avaient écrit, sans convaincre, avant sa naissance. Surtout il a proposé, s’inspirant de Malthus et des pratiques agricoles, la théorie de la sélection naturelle. Enfin, il a réalisé (discrètement à cause de sa femme bigote), que la nature et les humains n’ont pas besoin de dieux pour vivre l’histoire contingente qui est la leur et se comporter comme ils le font. Ce qui explique la haine des religions, qui préfèrent le discréditer sur la forme plutôt que révéler le fond.
A part ça Darwin, homme de son temps, croyait encore plus que Lamarck à l’hérédité biologique de l’acquis (qu’on arrête avec l’histoire des Girafes, tout est faux !), n’avait pas lu Mendel et ne comprenait rien à la génétique, ni à plein de choses sur l’évolution découvertes depuis. Il a écrit des horreurs racistes bien de son temps et, s’il est légitime de lui rendre un hommage mérité, évitons de le traiter comme, en d’autres temps, Mao, Mugabe ou … Sarko !

In Siné Hebdo N° 18 (décembre 2008)

23:38 Publié dans dédé siné | Tags : darwin, culte de la personnalité, religion, lamarck, hérédité de l'acquis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

22/04/2009

Vive la Suisse !

Je n’ai aucune sympathie pour le président Iranien.
Encore moins pour la mouvance religieuse rétrograde qu’il représente.
Mais le scandale médiatique et diplomatique orchestré autour de ses prévisibles propos est une manipulation de la propagande occidentale.
Le gouvernement d’extrême droite israélien continue la transformation de la Palestine en Bantoustans éclatés.
Il me semble, au moins, aussi dangereux que l’Iran.
Rappeler qu’Israël a été bâti sur l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de chez eux et de leurs terres, parce qu’ils n’étaient pas juifs, n’est pas de la folie.
Ce n’est que dire l’histoire !
Quand Lieberman, ministre des affaires étrangères israélien, veut expulser les israéliens arabes qui ne pensent pas comme lui, c’est effectivement du racisme.
Israël, surarmé et couvert par les Etats-Unis, refait à l’Iran le coup des « armes de destruction massives » imaginaires.
Celles qui ont servi de prétexte à Bush pour contrôler les champs pétroliers Irakiens !
Face à cet encerclement occidental, la position iranienne est défensive et plutôt dérisoire.
Elle n’est offensive qu’en paroles. Contrairement à ce que la propagande veut nous faire croire !
Ce ne sont pas les victimes de l’atroce génocide de la deuxième guerre mondiale qui ont fondé l’état d’Israël dans des conditions détestables.
La mémoire de la Shoah n’excuse ni la politique arabe d’Israël, ni les pertes civiles à Gaza.
C’est l’honneur de la Suisse de ne pas céder à la propagande occidentale et d’entendre tous les points de vue sur un racisme dont l’Europe, aujourd’hui offusquée, a été et reste l’un des principaux foyers.

RSR1 22-04-2009

Commentaire postérieur : à l’heure où une déclaration finale de la conférence de Genève constituant un réel progrès en positionnement international sur le racisme a été adoptée, les médias occidentaux, en particulier ceux des pays Américains et Européens qui ont tout fait pour boycotter ou saborder la conférence, continuent de pérorer sur le non-événement iranien. C’est plus facile que de parler des vrais problème de l’immigration, des réfugiés et du mépris des droits des pauvres et des minorités, ici ou ailleurs…

11:26 Publié dans rsr.ch | Tags : racisme, conférence de genève, israël, propagande | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/04/2009

Soigner ou manipuler ?

Croire à sa guérison et à l’efficacité d’un traitement est important pour vaincre de nombreuses maladies, surtout dans les sociétés bobos.
C’est même souvent suffisant ! Ce qui explique le succès des « médecines » alternatives, douces ou exotiques, ainsi que des sorciers, homéopathes, ostéopathes, mages et autres charlatans : l’effet placébo guérit, selon la maladie, de 0 à 100% des patients.
Les vrais médecins utilisent aussi l’effet placébo, en donnant à des patients des produits sans effet sur le mal dont ils souffrent, mais qui servent d’appui, par suggestion d’efficacité, aux promesses de guérison.
En principe, le placébo devrait être un comprimé de glucose ou autre support neutre mimant un traitement classique.
Une enquête américaine dévoile une pratique bien différente : la moitié des médecins déclarent utiliser des placébos. Mais 13% utilisent des antibiotiques et autant des sédatifs, qu’ils devraient réserver aux cas pertinents, 41% des anti – douleurs, créant souvent des sensations agréables provisoires, 30% des comprimés sucrés ou salés, 38% des vitamines.
Bref, un quart prescrivent inapproprié ou néfaste, plus de la moitié manipulent, peu ou plus, les perceptions des patients.
C’est discutable aux niveaux médical, éthique et simplement moral !
On aimerait une enquête semblable en Suisse et en Europe, ou mieux : une étude des pratiques réelles des médecins, pas de leurs déclarations via internet …
Nul doute que, pour l’incontournable utilisation des placébos, nos médecins, scientistes et pressés, ont beaucoup à apprendre de mes potes féticheurs du Sénégal oriental, experts en "médicaments impressionnants" et paroles qui guérissent.
Surtout s’ils veulent nous délivrer des imposteurs qui leur broutent réputation et honoraires !

In Siné Hebdo N° 14

09:31 Publié dans dédé siné | Tags : placébos, médecine, éthique, psychosomatique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/04/2009

La liberté des oiseaux

J’ai entendu mon premier coucou de l’année la semaine passée, peu après avoir aperçu mes premières hirondelles.
Ces oiseaux reviennent d’Afrique, pour profiter des ressources européennes du printemps, puis se reproduire, avant de fuir à nouveau les rigueurs climatiques de nos hivers.
Des centaines d’espèces animales, depuis les papillons jusqu’aux baleines, traversent les océans ou les continents pour se nourrir et procréer au bon moment, au bon endroit.
De nombreuses populations humaines du passé migraient aussi : éleveurs, pêcheurs et nomades exploitaient les cycles saisonniers des prairies ou des mers, ou, simplement, séjournaient où ils se plaisaient.
Mais dans le monde d’aujourd’hui, les espaces vierges ou disponibles manquent. Ou bien sont accaparés par les plus riches ou par les plus nombreux.
Seuls les riches peuvent s’offrir des migrations saisonnières pour profiter des meilleurs moments, des meilleurs climats et des plus beaux paysages.
Et encore, le plus souvent, à condition de payer cher et de ne pas rester trop longtemps.
Seuls quelques milliers de fortunés indécents peuvent s’installer où ils veulent, quand ils veulent, le temps qu’ils veulent, et promener leurs usines et leurs capitaux à la recherche des meilleurs profits.
Et les usines vont d’Angleterre en Pologne, de France en Roumanie, de Roumanie en Inde, puis en Chine ou dans les zones franches d’Afrique, à la recherche des pires salaires de misère.
En semant la misère et la désolation partout derrière elles, partout où elles ferment, à chaque déplacement.
Dans le monde humain de l’argent, les seuls oiseaux vraiment libres sont des prédateurs…

RSR1 15 - 04 - 2009

11:06 Publié dans rsr.ch | Tags : oiseaux migrateurs, nomades, migrations, délocalisations, inégalités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

10/04/2009

Nuits longues et idées courtes

Il est bien connu que le poids moyen d’une couille de canard colvert passe d’un pauvre gramme en septembre à cent vingt cinq grammes, en moyenne, en février. La production de testostérone suit. Le bon père de famille colvert de la fin de l’été se transforme en obsédé sexuel vers novembre, puis en violeur de tournantes vers février. Il ne redevient bon mari, bon papa qu’avec le retour des beaux jours.
On a pu montrer que c’est la durée relative des jours et des nuits qui provoque ces marées testiculaires chez les anatidés : quand les jours raccourcissent, les couilles grossissent, quand ils rallongent, elles rétrécissent !
Les hormones dites mâles et femelles existent en fait dans les deux sexes, chez les canards comme chez les humains. D’ailleurs, dans de rares espèces de canards, ce sont les femelles qui sont colorées, agressives et qui font les pariades.
La testostérone, en grandes quantités, semble pousser les bas fonds du cerveau à l’agression. Les femmes en ont donc aussi, bien que moins, en général, que les mecs.
Comme les deux bécasses du PS français ont l’air très fortes en danse des canards, si les chefs sociaux - traîtres de ce parti bourgeois avaient eu deux thunes de bon sens, ils auraient attendu le mois d’avril pour élire Madame LEU secrétaire général, le temps que les gonades se dégonflent !
Mais, demander à une bande de bobos zénarques de prendre en compte des données élémentaires d’astronomie et de biologie, c’est pisser dans un violon, … comme Bob, avec la bague de Dati !

In Siné Hebdo N° 13

00:37 Publié dans dédé siné | Tags : canards, sexualité, saison, agression, comportement, socialistes françaises | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/04/2009

Du rire à la haine, en passant par la censure …

Je ne défendrai pas tous les jours quelqu’un comme Silvio Berlusconi …
Il avait dit, en riant, qu’Obama était plus jeune, plus beau et plus bronzé que lui, ce qui est factuel et peu contestable !
Pourtant, des commentateurs vertueux, silencieux sur ses magouilles, s’en sont indignés et ont parlé de gaffe.
Ce n’est plus du politiquement correct, c’est de la censure !
Une censure idiote sur une évidence dont le principal intéressé, Obama, est fier, à juste titre…
Le même Obama, sans doute fatigué, a dit en riant dans une émission de télévision décontractée et tardive, qu’il avait fait une performance sportive de jeux paralympiques.
Ce n’était pas habile dans le pays du politiquement correct et ce fût un tollé outre Atlantique.
Mais des handicapés pratiquant l’humour francophone auraient été les premiers à en rire.
Car, tant qu’il est bienveillant, l’humour permet de rire de tout, avec tout le monde, et constitue le meilleur remède contre les censeurs.
Ou bien contre paternalistes racistes qui croient que les handicapés ou les noirs ont moins le sens de l’humour que les autres.
La limite acceptable est évidemment dépassée quand on prétend faire rire en incitant à la haine, comme Dieudonné ou le Pen.
A fortiori quand on provoque à la haine sans faire rire comme ce rappeur misogyne et violent à qui je ne ferai pas de publicité.
Mais le politiquement correct mène aussi à la censure.
Par exemple quand on accuse d’antisémitisme tous ceux, dont de nombreux juifs, à qui la politique d’Israël donne la nausée.

RSR1 08-04-2009

09:22 Publié dans rsr.ch | Tags : rire, haine, censure, racisme, obama, berlusconi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

03/04/2009

Grosse colère ! (Pauvre France ...)

Le nombre d’étudiants en sciences décroit, alors qu’il en faudrait bien plus pour gérer notre société et enseigner comment y survivre.

Dans les médias de merde, les Delarue et Dechavanne brocardent sciences et culture sur le thème : c’est compliqué, c’est chiant, on est là pour se marrer !

Par la jonction improbable des télévangélistes américains et des islamistes lardés de pétro - dollars, la propagande antiscience des lobbies religieux dispose de moyens dans le monde de l’édition et d’internet qui écrasent l’éducation et la communication scientifique non commerciale.


Que fait le Ministère de l’Education Nationale ?


1) il fait confisquer les livres créationnistes envoyés dans les écoles. Plutôt que de les utiliser comme matériel pour en démontrer l’imposture et éditer les manuels qui les rendraient désuets. Censurer ou brûler les livres n’a jamais fait avancer la science !


2) il organise, entre Cité des sciences et Collège de France, un énième colloque pour savoir comment, quand et où enseigner la biologie de l’évolution. Les spécialistes s’y crêpent le chignon autour de leurs marottes, des théologiens du Vatican et des philosophes viennent dire qu’il ne faut surtout pas aller trop vite …


Pour mémoire : la « commission Picon » créée par le ministère a proposé en 1983 une refonte cohérente des programmes de biologie où les élèves, du primaire jusqu’au brevet ou au bac, apprendraient à leurs niveaux l’état des sciences sur l’histoire et les mécanismes de la vie.
Comme d’hab, gouvernement et ministère se sont torchés de deux ans de travail de vingt personnes et ont jeté le rapport à la corbeille ! Pour ne nommer personne, il s’agissait de Lionel Jospin et Claude Allègre, bouffon sarkozyste …

In Siné Hebdo 12 Novembre 2008

06:05 Publié dans dédé siné | Tags : science, évolution, médias, programmes scolaires, biologie, créationnistes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/04/2009

L’Europe du sperme

L’insémination artificielle humaine est l’un des domaines où les législations européennes sont les plus différentes et les plus incompatibles.
Suivant l’exemple scandinave, des pays de plus en plus nombreux estiment que connaître son géniteur mâle fait partie des droits de l’homme.
Un enfant issu d’insémination avec donneur a donc le droit de connaître l’identité du donneur de sperme.
A l’opposé, la France a fait un principe éthique de l’anonymat des donneurs et de la gratuité du don.
Les banques de sperme françaises sont tenues au secret testiculaire.
En conséquence, de nombreux étrangers ont pris l’habitude de placer leurs dépôts en France.
La baisse de la qualité du sperme et la raréfaction des volontaires dans les pays sans anonymat engendrent un important trafic transfrontalier.
Pour lutter là-contre, des pays anglo-saxons rémunèrent les dons, ce qui ne fait qu’aggraver le trafic.
Micheline Calmy - Rey lors de son séjour à Paris aurait menacé d’exiger la levée du secret testiculaire si la France persistait à demander celle de notre secret bancaire.
Cette fermeté du Conseil fédéral a provoqué la panique, d’abord à l’Elysée, où l’on a décidé d’écarter Rachida Dati.
Mais aussi à Genève où personnalités et petits porteurs se sont précipités dans les banques de sperme françaises, dans le vain espoir de récupérer leurs dépôts.
Patrice Mugny a démenti faire partie des petits porteurs craignant la levée de l’anonymat français.
Selon lui, les Verts sont, depuis toujours, partisans de la libre circulation du sperme en Europe !

RSR1 1er avril 2009

11:41 Publié dans rsr.ch | Tags : sperme, banque, secret, europe, conseil fédéral, crise, poisson d'avril | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |