06/05/2009

La banalité qui tue

Ainsi, ce n’est sans doute qu’une grippe banale.
De celles qui tuent deux à huit cent mille personnes, chaque hiver, surtout des vieux, qu’on oublie !
Si tout va bien, elle ne fera « que », entre guillemets, quelques centaines de morts, grâce aux moyens exceptionnels mis en jeu.
Félicitons les autorités, mexicaines d’abord, qui ont arrêté un désastre « ordinaire » sans compter le coût.
Mais pourquoi ne fait-on pas le quart de cela pour les grippes qui tuent chaque hiver et pourraient, aussi, tourner mal ?
Pourquoi ne fait-on pas d’efforts, d’échelle adaptée, pour les maladies qui tuent bien plus : malaria, diarrhées, sida ?
Pourquoi a-t-il fallu une communication exagérée pour obtenir les moyens ordinaires pour juguler l’épidémie ?
Car on savait, dès le début, que le virus était du type des grippes saisonnières.
Sa « banalité » était l’hypothèse la plus probable.
Mais il n’est pas héroïque de lutter contre une pathologie banale qui tue !
Même à l’OMS, l’apocalypse improbable par une mutation sexy et un nouveau virus séduisent mieux les décideurs.
Pour une fois, on se félicite du succès d’un coup médiatique.
En regrettant, toutefois, que l’efficacité médicale soit passée par une désinformation scientifique.
En épidémiologie, des hypothèses extrêmes sont possibles, mais souvent très improbables par rapport aux situations banales et graves.
La science préconise alors de retenir les secondes.
Mais les médias et les politiques s’engouffrent dans les premières, avec l’alibi du « principe de précaution », la certitude d’exploser l’audimat et de libérer des moyens en proportion de l’agitation…

RSR1 06-05-2009

10:23 Publié dans rsr.ch | Tags : grippe, banalité, mortalité, communication, h1n1, épidmiologie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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