27/05/2009

Réunion : diversité vécue et tolérance

Au large de Madagascar, l’île de la Réunion porte bien son nom : les hasard des déportations, de la colonisation, l’esclavage et les migrations y ont composé l’une des populations les plus mélangées de la terre.
Les mosquées, les églises, les temples hindous, bouddhistes ou protestants laissent s’échapper des fidèles : leurs couleurs de peau, leurs traits physique et leurs vêtements évoquent l’Inde, l’Afrique, la Chine ou l’Europe.
Au marché de Saint Denis, des musulmanes voilées vendent     des vêtements à des femmes habillées très sexy.
Le marchandage se fait en créole, la langue qu’utilisent aussi, entre eux, des chinois de l’hôtel voisin.
Des filles voilées de noir très strict, à la sortie d’un collège, rient aux éclats, la main dans la main avec des compagnes qui exhibent leurs décolletés, leurs nombrils et leurs cuisses.
Des adolescents, de physiques et de comportements très africains se promènent. La moitié des filles et même un garçon portent, à l’indienne, un piercing nasal et une tache colorée entre les sourcils.
Des familles mélangées recombinent des traits africains avec des peaux claires, des cheveux blonds, lisses ou crépus et des yeux bridés.
Un indien très noir, au front peint de blanc, salue d’un « salam alêcoum » et d’une plaisanterie créole son parent musulman qui le rejoint au restaurant.
Pendant ce temps, la radio relate l’extermination des tigres tamouls et les guerres religieuses du Proche Orient.
L’île de la Réunion nous rappelle que la tolérance face aux différences et l’intermariage des communautés sont des alternatives possibles aux conflits, aux racismes et aux totalitarismes.

RSR1 27-05-2009

14:34 Publié dans rsr.ch | Tags : île de la réunion, diversité, tolérance, métissages, cultures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

25/05/2009

La taxe Couchepin : inefficace et dangereuse !

C’était en Angleterre, bien avant que madame Thatcher n’y saborde les services publics, la préhistoire donc !
Un de mes amis continentaux avait eu un grave accident de voiture pour voir oublié, dans un virage, qu’on y conduit à gauche.
Conduit à l’hôpital le plus proche, il a été opéré et transfusé, spontanément et gratuitement.
Ce n’est que le lendemain, quand il semblait hors de danger, qu’une dame de l’administration est venue, dans sa chambre, lui demander « s’il voulait bien dire qui il était ».
En précisant que ce n’était pas obligatoire !
On considérait alors, là-bas, que l’accès aux soins de base, d’urgence en particulier, faisait partie des droits humains.
Il n’avait pas à être entravé par des considérations administratives ou financières.
Les choses ont bien changé depuis, en Angleterre et ailleurs !
On demande au moribond, parti en urgence de chez lui, de fournir des papiers, remplir des formulaires ou payer d’avance.     Avant même d’évaluer ses besoins.
C’est le principe libéral de la médecine à deux vitesses : qui ne peut payer, peut crever !
La taxe de trente francs de monsieur Couchepin est la caricature des fausses bonnes idées.
Elle ne limitera pas la surconsommation médicale de complaisance des angoissés, qui encombre les cabinets et plombe les assurances.
Mais elle limitera l’accès aux soins des pauvres nécessitant des traitements urgents.
En particulier lorsqu’ils sont atteints de maladies contagieuses, dont l’absence de prise en charge menace l’ensemble de la population.
Ainsi, par une mesure très provisoire et discutée, visant un problème purement financier, on menace d’aggraver, pour tous, les conditions de la santé publique.

RSR1 20-05-2009

01:35 Publié dans rsr.ch | Tags : taxe couchepin, assurance maladie, accès aux soins, risques sanitaires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/05/2009

Ville de Genève : la politique de la culture brûlée …

Genève est une capitale culturelle francophone par les penseurs et savants qu’elle a produits ou hébergés.
Elle le reste par les moyens importants qu’elle consacre, pour une petite ville, à ses institutions culturelles.
On attend que cette volonté produise, dans l’harmonie et le consensus, de multiples réalisations créatives et séduisantes.
Ce fût souvent le cas, jusqu’à l’arrivée de Patrice Mugny comme magistrat chargé de la culture et de son directeur Boris Drahusak, il y a deux législatures.
Depuis, il ne se passe pas trois mois sans qu’un scandale éclate autour d’un établissement du Département concerné.
La presse a titré :
- sur le Musée d’Histoire des sciences, pour une tentative de promotion canapé,
- sur le Grand Théâtre pour l’organisation d’une rébellion contre la direction et la diffusion publique d’un audit,
- sur le Musée d’Ethnographie pour l’instigation d’une cabale et la mise à pied arbitraire d’un directeur renommé,
- aujourd’hui sur le Musée d’Art et d’Histoire pour la mise à pied du directeur et la diffusion d’un audit malveillant,
Le point commun de ces affaires est une politique inhumaine vis à vis des cadres et des personnels du Département de la culture.
Après l’échec cuisant de la maison de la danse et de bien d’autres projets, on confie le Musée d’Ethnographie de Genève à un directeur dont les activités privées sont contraires à la déontologie.
Le bilan de l’équipe Mugny – Drahusak est désastreux !
Seuls les régimes totalitaires dirigent la culture, en faisant tomber les têtes de ses acteurs.
Quand les politiques pensent qu’il faut changer tout le monde, il est temps de changer les politiques !


RSR 1 13-05-2009

10:05 Publié dans rsr.ch | Tags : ville de genève, politique culturelle, musées, conflits | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

06/05/2009

La banalité qui tue

Ainsi, ce n’est sans doute qu’une grippe banale.
De celles qui tuent deux à huit cent mille personnes, chaque hiver, surtout des vieux, qu’on oublie !
Si tout va bien, elle ne fera « que », entre guillemets, quelques centaines de morts, grâce aux moyens exceptionnels mis en jeu.
Félicitons les autorités, mexicaines d’abord, qui ont arrêté un désastre « ordinaire » sans compter le coût.
Mais pourquoi ne fait-on pas le quart de cela pour les grippes qui tuent chaque hiver et pourraient, aussi, tourner mal ?
Pourquoi ne fait-on pas d’efforts, d’échelle adaptée, pour les maladies qui tuent bien plus : malaria, diarrhées, sida ?
Pourquoi a-t-il fallu une communication exagérée pour obtenir les moyens ordinaires pour juguler l’épidémie ?
Car on savait, dès le début, que le virus était du type des grippes saisonnières.
Sa « banalité » était l’hypothèse la plus probable.
Mais il n’est pas héroïque de lutter contre une pathologie banale qui tue !
Même à l’OMS, l’apocalypse improbable par une mutation sexy et un nouveau virus séduisent mieux les décideurs.
Pour une fois, on se félicite du succès d’un coup médiatique.
En regrettant, toutefois, que l’efficacité médicale soit passée par une désinformation scientifique.
En épidémiologie, des hypothèses extrêmes sont possibles, mais souvent très improbables par rapport aux situations banales et graves.
La science préconise alors de retenir les secondes.
Mais les médias et les politiques s’engouffrent dans les premières, avec l’alibi du « principe de précaution », la certitude d’exploser l’audimat et de libérer des moyens en proportion de l’agitation…

RSR1 06-05-2009

10:23 Publié dans rsr.ch | Tags : grippe, banalité, mortalité, communication, h1n1, épidmiologie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |