29/06/2009

Obama : des idées sans gènes !

« Mais c’est [ma propre histoire d’Américain] qui a gravé dans mes gènes l’idée que cette nation est bien plus que la somme de ses individus, que, tous autant que nous sommes, nous ne faisons qu’un. »
Après l’histoire méphitique du candidat Sarko qui pensait la pédophilie et la délinquance génétiquement programmées, cet extrait du beau discours du 18 mars 2008 à Philadelphie du futur président - élu étasunien contient deux propositions inquiétantes. Contrairement à Sarko, dont l’action a confirmé l’abrutissement idéologique et le cynisme, nous laisserons au beau Barack la présomption d’innocence trompée, mais :
- il est idiot de proposer qu’une histoire « grave une idée » dans des gènes. Seuls des mutations, des virus ou des bricolages génétiques changent l’ADN. Par ailleurs, nos moins de trente mille gènes de chimpanzés ou de souris n’ont pas les moyens de gérer une pensée abstraite.
-  certes il était en pleine campagne électorale au pays du « tout génétique » et en pleine exacerbation patriotarde. Mais on espère, vu l’argumentation qui précédait sur ses origines et la diversité étasunienne, que Barackounet pensait, aussi fort qu’il ne le disait pas, que sa démonstration s’appliquait à la planète entière et pas à la seule redoutable nation qu’il est censé diriger sous peu.
Car, pour que la formidable puissance symbolique de son élection ne conduise pas à une aussi formidable déception locale et internationale, il faudrait qu’il évite, dans son action, le pire des Etats-Unis : la croyance en un destin programmé et le mépris des autres. Pas évident !
Rêvons ! Il en est encore temps …

Siné Hebdo N°19 (7 janvier 2009)

09:12 Publié dans dédé siné | Tags : obama, gènes, idées, nationalisme, destin | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

24/06/2009

La circoncision : hors la loi ?

Le droit à l’intégrité corporelle est l’un des premiers droits des humains.
Il est donc nécessaire d’interdire les excisions en Suisse et sur des citoyennes ou des femmes résidentes en Suisse.
Mais la loi efficace désirée irait au-delà de ce que ses initiateurs veulent.
L’idée d’en exclure, au nom des libertés individuelles, les femmes majeures dites consentantes, est stupide.
Elle légaliserait, de fait, ce que l’on veut interdire.
On sait ce que vaut le consentement d’adultes encadrées par des sectes religieuses…
Une loi souhaitable interdisant les mutilations sexuelles sur les enfants ne saurait être sexiste.
Le problème de la circoncision est donc posé, puisque qu’il s’agit d’une mutilation du pénis de bébés ou de garçons mineurs.
La circoncision est une mutilation sexuelle forcée, oubliée pour ne pas fâcher ceux, trop nombreux, qui la pratiquent.
Pourtant, elle continue à faire, là où elle n’est pas médicalisée, des milliers de morts par septicémie, dont on ne parle jamais.
Le lobby de l’ablation du prépuce (musulmans, juifs et américains surtout) tente de faire passer ce rituel invasif pour une opération hygiénique.
Il prétend même, à coup d’enquêtes douteuses ou dépourvues de sens, que la circoncision protège du sida et qu’il faut la faire à titre préventif !
Dans certains pays africains, ces consignes absurdes, relayées hélas par l’OMS, provoquent, au quotidien, des propositions du genre :
« Viens avec moi, tu ne risques rien, je suis circoncis ! »
Il est facile d’en imaginer les conséquences, évidemment désastreuses, pour le futur de l’épidémie…

RSR1 24-06-2009

14:58 Publié dans rsr.ch | Tags : circoncision, mutilations sexuelles, intégrité corporelle, loi, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/06/2009

Les élections : de l’illusion à l’addiction

« Donnez-moi les moyens de la propagande et, quelque soit le régime, – capitaliste, communiste, démocratie, dictature – je me fais fort d’obtenir l’accord du peuple ! » 
Cette sinistre citation rappelle que les pires régimes ont été soutenus et parfois élus librement par leurs administrés.
Savoir si le président Iranien a été élu par le peuple ou la fraude n’a aucun intérêt.
C’est le « guide suprême », choisi autrement et inamovible, qui contrôle la propagande, les polices et l’armée.
Il n’y a aucune raison de croire que les peuples sont éclairés.                                                                                                                             Ou bien que faire 0,5% de suffrages de plus que l’adversaire donne raison ou tort, délimite le bien et le mal.
La démocratie électorale est le moins mauvais système politique si elle interrompt les dérives dangereuses.
Ce n’est pas forcément le cas : l’Iran et Israël en témoignent également aujourd’hui.
La conquête du pouvoir passe trop souvent par le contrôle préalable des médias plutôt que par des débats d’idées.
L’Italie, la France, les Etats-Unis, l’ont rappelé récemment.
Ce n’est pas parce qu’Obama a l’air plus sincère que Berlusconi ou Sarkozy que son bilan sera meilleur.
En d’autres temps, le « gentil » Kennedy n’a fait que la guerre, alors que l’abominable Nixon, certes contraint, a fait la paix.
Alors, à quoi tiennent les passions pour les élections, les sondages et les résultats de l’Alternative ou de l’UDC à Coppet, à 15 voix près ?
Je n’ai qu’une réponse : pour certains, il s’agit d’addiction à un jeu, comme le loto ou le foot, sur lequel on fait des paris implicites.
Dans les pays anglo-saxons, cela fait longtemps que les élections politiques sont l’objet de vrais paris d’argent, comme les courses ou le sport …

RSR1 17-06-2009

12:51 Publié dans rsr.ch | Tags : élections, propagande, démocratie, addiction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/06/2009

Le discours de Bardonneix

Il y a quelques années une élue débutante me pourrissait le week-end parce qu'elle n'arrivait pas à écrire un discours qu'elle devait prononcer à Bardonneix. Je lui ai donc bricolé le texte ci-dessous pour essayer de sauver la soirée. En vain ! Comme finalement elle a fait bien plus ennuyeux et moins créatif, je vous livre ce discours, jamais prononcé, retrouvé à l'occasion d'un rangement...

BARDONNAIS, BARDONNAISES !
Vous avez de la chance !
Le monde entier vous envie, bardonnez moi de vous le dire, même quand il vous ignore…
Vous êtes suisses, citoyens d’un pays dont l’armée ignore la guerre au point qu’il est permis de voter pour ou contre cette organisation coûteuse qui ne sert à rien, ce qui n’est pas donné au reste du monde.
Vous êtes genevois, avez vue sur le lac sans subir les effluves méphitiques des crèmes à bronzer. Vous pouvez aussi détruire l’environnement avec vos 4x4, mais en évitant les embouteillages de 17h aux Pâquis.
Genève est un havre de paix et de prospérité dans un monde sordide dont une grande partie ne rêve que de venir s’y installer. Vous bénéficiez d’une qualité de vie unique et somptueuse parce que votre sécurité, la scolarisation de vos enfants, vos transports, vos loisirs, votre culture sont assurés par des fonctionnaires consciencieux et efficaces que seuls des imbéciles peuvent diffamer. Croyez-vous que le reste du monde souhaiterait venir dans un canton mal administré par des paresseux et des fumistes ?
Bardonneix, par sa frontière vous permet de mieux évaluer que quiconque ailleurs, tout l’intérêt qu’il y a à vivre de ce côté-ci, plutôt que de l’autre où commence le tiers monde et ses sociétés informelles. Les cohortes de frontaliers pendulaires sont à sens uniques, alternés le matin et le soir, et les transferts de prospérité, ici aussi, se font du Nord au Sud, mais dans la convivialité, et non dans l’exploitation : c’est au Nord que l’on travaille, c’est au Sud aussi que l’on gagne, contrairement aux exploitations cyniques de la mondialisation.
Bardonnais, Bardonnaises, vous me semblez sportifs et sains. Ici, ce n’est ni le Niger et ses squelettes ambulants, ni l’Amérique et ses obèses ventripotents.
La bardonnaise rit quand on la pèse !
Est-ce à dire qu’il n’y aurait rien à dire, rien à faire, rien à changer dans le plus ennuyeux des paradis, que l’on manquerait d’un peu d’enfer, de quelque chose de plus distrayant ?
Certes non !
Tout reste à faire pour réduire les discriminations et les inégalités de traitement dont sont encore victimes les femmes, les étrangers, les handicapés, les malades, les vieux et autres exclus du système néolibéral que certains voudraient nous imposer pour faire, comme ailleurs, moins de social, moins de règlements, plus de passe-droits et plus de profits. A travail égal, les femmes gagnent encore beaucoup moins que les hommes et sont beaucoup moins promues. Les étrangers sont encore jugés en fonction de leurs prétendues origines, à l’heure où la biologie a établi une origine commune récente de toutes les populations humaines, faisant de nous six milliards de cousins, pas si éloignés qu’ils en ont parfois l’air. Des cousins égaux en droits et en aptitudes, sous réserve, toutefois, qu’ils aient le même accès à l’éducation, à la culture et à la satisfaction de leurs besoins vitaux. Si le sort des handicapés, des malades et des vieux est ici bien meilleur qu’en beaucoup d’autres lieux, il reste beaucoup à faire pour que ce qu’on leur accorde soit considéré comme un droit et non comme une charité par laquelle on investit pour l’au-delà. Les regards sur les défavorisés doivent changer et réaffirmer la dignité de chacun.
La prospérité du plus grand nombre passe par la conjugaison de la réussite économique et la force de l’état- providence qui assure la répartition d’une part suffisante des profits à l’ensemble de la population. La paix sociale n’est assurée que si les femmes et les hommes ont les mêmes droits et les mêmes rémunérations, si l’ensemble des résidents se sent traité justement et si ceux que le malheur accable sont soutenus par une solidarité sans faille. Ce simple programme de justice sociale et de bon sens exige une approche différente de la pensée unique  que l’école néo-libérale  ou son rejeton bâtard social- traître tentent d’imposer partout à travers le monde.
En ce jour de célébration nationale, Bardonneix en fête doit être perçu comme l’un de ces rares chantiers où l’on veut que liberté rime avec société, égalité des chances avec humanité des cadences et où la gestion rationnelle de notre précieux environnement ne sera abandonnée ni à la droite et à ses pollueurs, ni aux irrationnels New Age, verts et autres pas mûrs ! Bonne fête à tous !
Vive Bardonneix ! Vive le socialisme libertaire !

10/06/2009

Quand le singulier fait le pluriel… et le changement !

Du fait des mutations, du sexe et du hasard, la loterie génétique de la vie ne produit pas deux fois le même individu.
En comprenant ceci dès 1896, August Weismann était très en avance sur son temps.
Personne, en septante ans, n’a réalisé l’importance de sa découverte de l’unicité des individus dans les populations sexuées.
Ni qu’elle prouvait la transformation, l’évolution de ces populations, de génération en génération.
Au cours des années 1960, les cartes d’identité chimiques dont nous sommes pourvus ont été découvertes.
Une équipe internationale a trouvé, au laboratoire et avec stupeur, ce que Weismann avait anticipé.
Elle était menée par Jean Dausset, prix Nobel français, que nous venons de perdre.
Les conséquences de cette diversité du système génétique, appelé « HLA », qui conditionne les greffes d’organes, ne sont pas encore bien comprises par tous.
En témoignent les moyens énormes consacrés au séquençage des génomes par rapport à ceux, dérisoires, dédiés à leur stupéfiante diversité.
De ce point de vue, Genève fait figure très honorable, grâce aux travaux de l’équipe d’Alicia Sanchez - Mazas.
Cette jeune professeure a pris un rôle déterminant dans la coordination des enquêtes, mondiale et européenne, sur la diversité HLA humaine et dans l’interprétation de leurs résultats.
Des enquêtes sur des centaines de populations, par des dizaines de laboratoires, dans l’esprit de coopération internationale impulsé par Jean Dausset.
Elles permettent enfin une approche précise de la diversité génétique humaine, de sa géographie, de son histoire et de ses conséquences, bio – médicales, anthropologiques, philosophiques et éthiques. 

RSR1  10-06-2009

09:34 Publié dans rsr.ch | Tags : dausset, génétique, évolution, hla, unicité, diversité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

03/06/2009

Un PET très catholique

Jacques Neyrinck s’est fait nettoyer au karcher par ses amis démocrates chrétiens : il avait proposé de limiter la catastrophe écologique de l’eau en bouteille.
Celle-ci présente pourtant tous les inconvénients : prix, coût énergétique et pollution, pour une qualité très discutée.
Les amateurs d’eau bénite se sont constitués en lobby de l’eau minérale, ce qui est plutôt triste, presque maladif !
En bons catholiques, ils préfèrent le culte à la foi, le flacon à l’ivresse, puisqu’ils défendent plus l’embouteillage que l’eau elle-même !
Ils défendent aussi le denier du culte de la « pureté » de l’eau de source.
L’eau du robinet, bien mieux contrôlée, est vendue des milliers de fois moins cher que celle qui macère dans du PET.
Insupportable pour le lobby! Selon son prophète, le gaspillage écologique juteux de l’embouteillage représenterait « vingt cinq mille emplois » en Suisse.
Un chiffre évidemment mensonger dans un secteur des plus automatisés !
Toutefois, il faut penser aux reconversions d’emplois qui seront nécessaires quand le bon sens l’emportera sur nos gaspillages scandaleux.
Si l’on arrête la pub pour maîtriser la surconsommation, il faudra reconvertir des centaines de milliers d’emplois.
Une gestion plus raisonnable de la consommation et des ressources en Europe supprimera des millions d’emplois.
Une bonne occasion d’en recréer dans les services et le social, où ils font défaut, et de réduire le temps de travail de chacun, pour mieux partager le travail en général.
Travailler moins, gagner un peu moins, vivre mieux et oublier le stress, ça ne vous tente pas ?

RSR1 03-06-2009

09:00 Publié dans rsr.ch | Tags : eau, environnement, prix, pet, pdc, emplois, robinet | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |