29/08/2009

Dépenser moins pour soigner plus

Le combat du président des Etats-Unis pour la santé publique est exemplaire d’enjeux qui se retrouvent partout.

Avec les meilleures technologies disponibles, le système de santé étasunien est l’un des plus inefficaces au monde.

Une minorité aisée a tout, une majorité économise sur des soins de plus en plus chers, et une part très importante de la population n’a accès à aucune forme de soin.

Le monstrueux budget de la santé enrichit les actionnaires de compagnies d’assurances ou de pharmacie et les médecins vénaux.

Secondairement, il soigne les seuls malades qui en ont les moyens !

On souhaite bien du courage et de la chance au jeune homme qui ose se lancer dans ce combat contre les mafias…

Après la deuxième guerre mondiale, des pays d’Europe ont proclamé comme droit l’accès gratuit aux soins pour tous.

Un système qui privilégie la médecine de base pour tous, plutôt que la médecine de luxe pour certains.

Poussé à l’extrême, cela donnait les « médecins aux pieds nus », si efficaces autrefois en Chine ou au Mali.

Le tsunami néo – libéral a balayé ces systèmes dits « soviétiques ».

En peu d’années, Margaret Thatcher a désintégré le système médical britannique, l’un des meilleurs au monde.

Sarkozy, trente ans après, tente d’abattre ce qui reste de la sécurité sociale et des hôpitaux français.

Avec l’arrêt des vaccinations obligatoires, la « liberté de choix » et le sida ont relancé en Russie une tuberculose quasi disparue en Union soviétique.

Et dans notre pays, qui a, bien sûr, « la meilleure médecine du monde », beaucoup de malades comptent leurs sous avant d’appeler le médecin ou de soigner une rage de dents.

Mais les actionnaires des compagnies d’assurance se portent très bien : les coûts, donc les profits, explosent !

RSR1 18-08-2009

23:24 Publié dans rsr.ch | Tags : obama, coût de la santé, accès aux soins, systèmes médicaux, assurances | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/08/2009

La fête du commandant

Des villages d’Afrique de l’Ouest se transforment, le temps d’une fête où l’on rit beaucoup, en caricatures d’administrations kafkaïennes. On ne fait plus un pas dans les rues sans être interpellé par des policiers corrompus, un percepteur avide, des gendarmes intransigeants, des militaires incontrôlés ou des instituteurs répressifs. Chaque fois, il faut présenter des papiers, payer, en piécettes ou noix de cola, parcourir une succession de « bureaux » pour remplir des formulaires ridicules, fournir des preuves de tout et son contraire pour obtenir des permis de séjour, de passage, de sortie, de respiration, d’importation de lunettes ou d’exportation de chaussures… Il faut aussi se montrer docile, sous peine de sombrer dans le ridicule, ou d’être « emprisonné ». Le tout se termine, bien sûr, par des agapes bien arrosées, de la musique et des danses.
Ce type de carnaval administratif remonte à l’époque des commandants de cercles coloniaux d’avant l’indépendance. Quand des militaires français régnaient par l’arbitraire et la violence à travers une administration cauchemardesque. On y voit aussi des groupes d’écoliers chantant ou récitant des textes style « en passant par la Lorraine » ou « nos ancêtres les gaulois », symboliques des programmes scolaires coloniaux.
A part quelques comiques ou groupes de chanteurs, plus personne, chez nous, ne dénonce par l’humour les excès, pourtant croissants des bureaucraties. Pourtant les sujets ne manquent pas : méfaits des énarques, servilité des médias, pressions sur la justice, liquidation des services publics et détournements au profit des riches et des mafias …

In Siné Hebdo N° 25

20:58 Publié dans dédé siné | Tags : administration, fête, afrique, colonisation, bureaucratie, arbitraire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |