26/11/2009

Leur éducation n’est pas à vendre !

Cette chronique vous est offerte par la Radio Suisse Romande, la Première.

Elle n’est pas sponseurisée.

Elle sera, pendant une minute trente, libérée de toute publicité commerciale.

C’est une entreprise de service public.

Ses prestations sont un dû pour ceux qui paye une redevance pour écouter la radio.

Goûtez - la bien, car les services publics sont en voie d’extinction, presque partout !

Les droits des citoyens sont en régression : droit de recevoir du courrier n’importe où, ou bien de parler à un être humain aux guichets.

Quand les services publics ne sont plus assurés par les états, on privatise.

Arrivent alors des mercenaires et des actionnaires qui n’ont aucun souci des droits humains ou du service public.

Sinon des milices policières irresponsables, comme dans les Amériques. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là.

Pour le moment, la pire menace, chez nous, concerne le droit à l’éducation pour tous.

Ce droit allait de soi pour la génération des grands parents actuels.

Les étudiants de toute la Suisse commencent à manifester au cri de

« Notre éducation n’est pas à vendre ! ».

La volonté d’augmenter les taxes universitaires, qui vient des partis de droite, a pour objectif de transformer les entreprises publiques à apprendre en entreprises privées à fric.

Il est temps que les universitaires qui ne s’associent pas à ce coup bas contre la démocratie s’expriment.

Et qu’ils disent clairement que l’objectif de l’enseignement est de trouver les meilleurs pour tous les emplois parmi tout le monde.

Et non de tout offrir aux moins mauvais de ceux dont les parents peuvent payer, et rien aux autres !

 

RSR 1 25-11-2009

12:14 Publié dans rsr.ch | Tags : éducation, université, service public, démocratie, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/11/2009

Science et politique, de Darwin à nos jours

Les scientifiques d’une société propagent ses idéologies et participent à leur construction.

Charles Darwin était un riche bourgeois.

Il fréquentait Adam Smith et Herbert Spencer, prophètes du capitalisme.

Ces derniers lui ont sans doute fait exagérer, un temps au moins, le rôle de la compétition dans l’histoire de la vie.

A l’opposé, des communistes prenaient la sélection naturelle comme argument pour la lutte des classes !

Pourtant, Darwin n’a pas rencontré Karl Marx, comme l’imagine une excellente fiction théâtrale romande !

Il évitait les récupérations politiques, religieuses et les conflits, même si sa théorie ruinait le fondamentalisme chrétien.

La science occidentale idolâtre Darwin, mais s’inspire plus de Spencer que de la prudence du grand naturaliste.

Elle fait l’apologie de la compétition et du court terme, provoquant un énorme gâchis de moyens et de talents.

Elle pratique le culte de l’argent et même la spéculation : l’université de Lausanne a perdu ses économies en bourse l’an passé !

Cette science néo - libérale recourt à la propagande, quand ce n’est pas à la publicité mensongère.

Elle méprise souvent les subalternes, les femmes et les étudiants, considérés comme de la « chair à canon ».

De jeunes docteurs, aujourd’hui, se font détruire leur vie privée par de courts contrats qui les baladent à travers le monde…

Ils passent par la case chômage, selon les moyens et les besoins temporaires des laboratoires.

Comme ils doivent envier Charles Darwin qui a travaillé à son goût, chez lui, pendant des décennies, grâce à la fortune familiale !

RSR1 18-11-2009

09:47 Publié dans rsr.ch | Tags : science, politique, darwin, spencer, marx, université | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/11/2009

Bêtisier fédéral : le futile et le désagréable

La Berne fédérale résonne parfois de clameurs médiatiques stupides.

Proposer de supprimer 200 hôpitaux était sans doute une tentative de survie de Couchepin à sa mort fédérale !

De même pour la ridicule sur - taxation des pendulaires imaginée par Leuenberger.

Les propos de Bastien Girod sur une limitation de l’immigration au prétexte d’écologie sont plus inquiétants.

L’immigration est le seul frein au vieillissement rapide d’une population suisse peu féconde.

Un vieillissement aux conséquences néfastes.

Ensuite, les problèmes écologiques sont d’abord la surconsommation et le gaspillage, par beaucoup de résidents et relativement peu d’immigrés.

Pas une croissance lente des effectifs totaux !

Enfin, les problèmes écologiques sont continentaux et mondiaux.

Notre petite Suisse est anecdotique et liée au reste de la planète.

Aucune frontière ne l’isolera de l’égarement du monde.

Les Verts montrent souvent une incompétence redoutable en écologie, pire en économie et en démographie.

Leurs appétits électoraux les font délaisser leurs alliés en perdition pour rejoindre les populistes qui ont le vent en poupe.

Il est temps que les électeurs se rendent compte que les problèmes écologiques sont sérieux.

Ils méritent d’être traités par des gens compétents, loin des proclamations démagogiques et des scoops inexacts.

Certains partis s’en soucient fort peu et méritent d’en être sanctionnés.

Mais il serait dangereux de suivre des populistes incohérents qui n’en parlent que dans des buts électoraux.

J’espère que les citoyens finiront par préférer les politiques qui réfléchissent à ceux qui vocifèrent…

 

RSR 1 11-11-2009

08:35 Publié dans rsr.ch | Tags : écologie, démographie, immigration, vieillissement, consommation, fédéral | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/11/2009

Comment les chimpanzés deviennent cons…*

Une expérience mentale, proposée par Olivier Durin dans un traité de programmation**, circule illustrée sur internet. Elle en dit long sur les origines des cultes et des traditions.

 

Cinq chimpanzés enfermés dans une pièce convoitent des bananes au sommet d’un escabeau. Mais, dès que l’un d’entre eux monte un échelon, tout le monde reçoit une douche glacée. Au bout de peu de temps, quiconque tente l’ascension se fait attaquer par les autres et doit renoncer. Et l’interdiction continue, même si l’on retire le dispositif répressif. Si l’on remplace un fondateur par un naïf jamais douché, les attaques des autres suffisent à le dissuader de monter vers les bananes et il sera ensuite le premier à réprimer ceux qui s’avancent vers les bananes. On peut ainsi remplacer tous les anciens par des naïfs jamais douchés : la tradition, maintenue par répression, leur interdit les bananes en haut de l’escabeau.

Cette fable n’explique pas seulement qu’aucune cause actuelle n’est à l’origine de la plupart des traditions sociales, culturelles ou religieuses. Sociologues et ethnologues ne trouvent presque jamais d’explication rationnelle, ni même d’histoire factuelle des usages. Partout à travers le monde, la réponse la plus fréquente à la question « Pourquoi faites-vous cela ? » est « Parce que nos parents l’on appris de leurs parents et que chez nous on a toujours fait comme cela, et c’est donc bien de faire comme cela ! ».

Il est dès lors facile de révérer les dieux que personne n’a jamais vus et de se soumettre aux prêtres, gourous et politiciens qui les invoquent. Et l’on ne s’étonne pas de la persistance des rituels les plus cons, de la répression de la sexualité, du radotage des prières, du cannibalisme eucharistique, du découpage d’un morceau de bite des garçons ou du clitoris des filles, sous prétexte que l’on a toujours fait comme cela !

L’humanité a encore pas mal de chemin mental à faire pour monter chercher toutes les bananes et les partager équitablement …

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* Hommage à François Cavanna et à son immortel « Et le singe devint con ! », le titre que j’aurais voulu avoir trouvé, raté !

 

**http://olivier.durin.free.fr/essences%20de%20la%20programmation.php

 

In Siné Hebdo No 53

 

 

 

 

22:33 Publié dans dédé siné | Tags : culture, traditions, expérience mentale, ethnologie, religions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

04/11/2009

Darwin en vrai : la modestie de la science face aux abus des religions

Les pays épris de sciences, dont Genève et la Suisse, célébrent, la semaine prochaine, l’anniversaire de "l’Origine des espèces..." de Charles Darwin.

L’originalité de ce livre a été soulignée par les ennemis religieux de l’auteur, qui y rassemblait surtout des faits et des idées déjà connus.

Sa démonstration montre que l’histoire de la vie est un processus matériel dans lequel aucune explication surnaturelle n’est nécessaire.

Sélection naturelle, continuité des lignages, histoire des milieux et contingence, ce que Buffon qualifiait de « causes actuelles », explique ce que nous savons de l’histoire de la terre.

Il n’est pas étonnant que les excités fondamentalistes diabolisent, encore aujourd’hui, le paisible naturaliste malade de Down.

Ni que ses supporteurs excessifs créent un mythe religieux autour de celui qui avait montré que les dieux n’aident pas à comprendre la vie.

Le Muséum de Genève nous donne l’occasion de revenir à des textes originaux importants ou méconnus de Darwin par des lectures, suivies de débats.

On y découvre un Charles Darwin curieux de tout ce qui fait la vie quotidienne et se posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

L’Académie suisse des sciences naturelle et l’Université de Genève, avec la complicité de François et Jean-David Rochaix, nous offrent deux pièces de théâtre, suivies de débats animés par des chercheurs.

On y montre la réalité humaine attachante et les interrogations du grand homme.

Pour cela, les auteurs utilisent un mélange subtil de réalisme historique et de fiction, souvent drôle, sinon délirante.

Comme la supposée rencontre avec Karl Marx.

Des occasions à ne pas manquer par ces longues soirées d’hiver…

RSR1 04-11-2009

Ne pas manquer les lectures débats au Muséum d’histoire naturelle de Genève, à Malagnou http://www.ville-ge.ch/mhng/anima_2009_darwin.php

Ni « Darwin en finit avec les Cirripèdes » et « La confession de Darwin » à Uni Bastions www.darwin2009.net

17:19 Publié dans rsr.ch | Tags : darwin, évolution, lecture, théatre, religion, science, marx | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |