26/02/2010

La face cachée de l’enfer

Température vingt cinq à trente degrés, mer peu agitée, fonds coralliens de rêve de plongeur…

Les terrasses avec vue de mer servent punchs et planteurs pour accompagner les accras, les boudins créoles et poissons grillés.

Vue sur le port où d’immenses catamarans croisent des vedettes surmotorisées et quelques pêcheurs de langoustes.

Une ville avance au large sur la mer, cinq étages de cabines avec bains, piscines, jacuzzis, restaurants étoilés et salles de bal.

La croisière ne s’arrêtera pas aux Saintes : ni port à sa taille, ni golf, ni luxe cinq étoiles à terre.

Les Saintes, au sud de la Guadeloupe, ont été détruites par un tremblement de terre, moins fort que celui d’Haïti.

La croisière vogue entre les îles volcaniques, dans les mêmes eaux que Port au Prince.

Elle promène peut-être, pour les reposer, quelques uns de ces chirurgiens texans, de retour d’Haïti.

Vous savez, ces types qui ont joué à la médecine de guerre dans un pays en paix, mais dévasté.

Ceux qui ont coupé jambes, bras et doigts à tour de bras, si j’ose dire, par des milliers d’amputations « guillotine ».

Sans préparer les moignons pour qu’ils tolèrent des prothèses, Haïti ? Trop pauvre pour payer des prothèses !

Et chacun se lave en croisière, utilisant la ration d’eau de boisson pour une semaine d’une famille haïtienne sinistrée…

Les Caraïbes sont un écran de télévision : d’un côté notre paradis, de l’autre leur enfer.

Pourtant, ce sont les mêmes humains, de part et d’autre.

Le pire est-il leur misère ou bien notre cynisme ?

RSR1 24-02-2010

18:05 Publié dans rsr.ch | Tags : caraïbes, haïti, croisières, inégalités, cynisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

23/02/2010

Rubrique des humains écrasés et des avocats cantonaux pour animaux

" Une vingtaine d’habitants ont dû être évacués, ainsi que trois chiens, dont deux ont dû être envoyés chez le vétérinaire. Un poste médical … a pris en charge 15 personnes … intoxiquées…"

 

Ce compte-rendu de l’incendie des tours de Carouge dans un quotidien m’a stupéfait :

La visite au vétérinaire de deux cadors sur trois passait avant l’intoxication de quinze humains sur vingt !

Nous votons pour offrir, ou non, vingt six très chers avocats – un par canton ! - aux animaux : revenons au bon sens !

Aimer les animaux est humain et je déteste les voir souffrir.

Mais la souffrance est la chose la plus naturelle qui soit.

Il faut bien méconnaître notre monde pour prétendre l’éliminer !

La douleur est utile : elle avertit des dangers.

Un animal ou un humain qui ne la ressent pas se détruit très vite.

Ensuite, les animaux, par leur mode de vie et leurs représentations du monde ne sauraient respecter nos lois.

Un pêcheur fût poursuivi outre Sarine pour avoir fait souffrir le brochet qu’il capturait.

Lequel brochet ne risquait pas de scrupules face aux gardons qu’il déchirait de ses dents redoutables !

Lois et institutions doivent donner des priorités dans nos émotions, surtout quand tant de nos semblables souffrent.

Elles doivent prendre en compte ce qu’est la nature.
Les persécutions malsaines des animaux sont poursuivies par les procureurs, qui pourraient parfois faire plus ou moins !

Un avocat des animaux ne servirait à rien, sinon à faire rire un peu plus des petits problèmes de nos petits cantons !

Allez ! Ce n’est pas tous les jours que je serai d’accord avec le très rétrograde procureur Zappelli … à bientôt !

23:21 Publié dans comme des bêtes ! | Tags : votation, avocat des animaux, douleur, nature, lois, pêcheurs, procureurs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/02/2010

Saint Valentin : Faites l’amour, pas les magasins !

J’ai bien aimé cette affiche sauvage qui ramène au bon sens et rappelle que les avides du commerce nous pourrissent la vie.

On ne peut faire un pas, avoir une activité, même privée, sans être agressé par une publicité.

Pas d’événement, de concert sans avoir l’attention détournée.

La cupidité des marchands et leur propagande ne souffrent d’aucun scrupule et ne sont pas contenues par des lois dérisoires.

La société capitaliste ne respecte pas la vie privée dans les espaces publics et ne cesse de la violer les espaces privés.

La chienlit publicitaire s’introduit chez vous clandestinement par les images et les sons, par les câbles, les fils, les ondes.

Elle pollue le moindre emballage, parasite les émissions, même publiques, squatte vos boîtes à lettre, noie votre courrier.

Le bon sens, plus que le réchauffement climatique, suggère de modifier nos comportements, de limiter les gaspillages.

En particulier de ce qui est précieux, non renouvelable, cher ou difficile à produire, comme la nourriture, l’énergie, les imprimés.

Mais les profiteurs de la surconsommation n’en ont rien à faire !

La pub préconise, dès l’enfance, des aliments et des boissons menant à l’addiction, parce que trop sucrés ou trop salés.

Les restaurants servent des portions excessives.

La pub prêche la surconsommation d’alcool, de tabac et la motorisation tous azimuts.

Il n’est certes pas question de dicter des comportements d’hygiène de vie à nos contemporains.

Mais il est temps qu’ils se rendent compte que la publicité est la principale cause de surmortalité de nos jours…

Et bien sûr la première atteinte à nos libertés individuelles !

RSR1 16-02-2010

10/02/2010

No Federer day ?

Le succès, en Italie, du « No Berlusconi Day » est source d’inspiration.

Tant de pays sont gouvernés par des maffieux, des incompétents, des corrompus, des tyrans ridicules !

En France, Iznogood aura son « No Sarkozy Day » le 27 mars prochain…

Il remplit toutes les conditions…

Regrettons que ce soit un « day » plutôt qu’un « giorno », qui aurait respecté les droits d’auteur...


En Suisse, par contre, on est bien embêtés !

Les vrais salauds jouent la carte du secret médiatique et les gens ne les connaissent pas, ou seulement à titre honorable.

Depuis le départ de Couchepin, plus un nez, plus une gaffe ne dépasse vraiment des téléviseurs !

Un « No Doris Day » serait abusif et dérisoire.

Il y aurait confusion avec une grande actrice.

Un « No Merz Day » serait grotesque : difficile d’anéantir le néant !

C’est là que l’on voit que la popularité de l’intéressé – positive ou négative – est un préalable à sa contestation.

Nos grands escrocs de la banque, des super bonus ou des licenciements abusifs ne sont connus que déchus : trop tard !

Nos politiques ont une mince odeur de tisane…dans un égout !

En fait, pour un jour sans quelqu’un en Romandie, je ne vois que trois solutions, dont deux à titre posthume : Calvin et Piaget.

Sinon, pour élever le débat au niveau national, je propose un « No Federer Day » !

L’occasion de dénoncer les maffias du sport professionnel et comment le fric le dénature avec la complicité des médias vénaux.

Je vais avoir du mal !

RSR1 10-02-2010

11:29 Publié dans rsr.ch | Tags : no ... day, réputation, federer, berlusconi, sarkozy, calvin, piaget, tyrans, maffieux, incompétents, corrompus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

03/02/2010

« Et si la Suisse ne servait plus à rien ? »*

Ceux qui regardent au-delà de nos frontières ont senti une dégradation récente de l’image de la Suisse.

Le sympathique pays des montres et du chocolat faisait envie : paix, luxe et qualité de la vie !

Y travailler, y avoir un chalet pour ses vieux jours étaient des rêves pour beaucoup.

Stars et maffieux se disputaient les villas et résidences somptueuses, où ils résident souvent plus que Johnny.

Certes, cette qualité de vie devait beaucoup au secret bancaire et autres lois sur l’argent.

Mais il n’y avait guère que Jean Ziegler pour s’en plaindre !

D’un coup, les médias du monde se mettent à dénoncer ces pratiques financières, les courtages honteux, les trafics d’armes.

Ils clament que nos ports francs abritent des entreprises de trafic et de recel d’art bénies par nos autorités.

Plus étonnant : ces attaques ne viennent ni de Cuba, ni de l’extrême gauche.

Elles viennent du monde anglo-saxon, prophète de la finance sauvage ou de chez tatie Angela, pas très gauchiste…

Et même des sbires du micro Amin Dada gaulois !

Bref, de tous ceux dont les proches exploitent nos dérégulations…

Un livre de Ian Hamel, journaliste au Matin Dimanche, paru off-shore, pose la bonne question dès son titre :

« Et si la Suisse ne servait plus à rien ? »* …

… ne servait plus à rien au monde du crime capitaliste, devenu trop visible au bord du lac, ou même à Zoug.

Mais je ne partage pas le pessimisme de l’auteur :

La crise du monde de l’argent frappe bien en premier chez nous, où il est religion d’état, loin devant Jésus.

Mais ce peut être une bonne occasion de poutser.

Propre et en ordre ? On aime bien ici !

RSR1 03-02-2010

* Collection « A dire vrai », éd. Larousse, Paris.

12:17 Publié dans rsr.ch | Tags : suisse, banque, secret, courtage, armes, trafics, réputation, port-franc | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |