03/03/2010

Gloire aux rebelles !

La télévision belge présentait vendredi un film qui fait réfléchir.

« Le jeu de la mort » de Christophe Nick explore jusqu’où la télévision peut aller trop loin.

Il transpose en jeu télé le principe des célèbres expériences de Milgram sur la soumission à l’autorité.

Dans cette expérience, sous l’ordre d’un scientifique, des sujets naïfs croyaient punir des candidats pour de mauvaises réponses.

Les punitions étaient des chocs électriques réglables, d’intensité croissante, jusqu’à la douleur extrême et la décharge mortelle.

Sous l’ordre de la blouse blanche, soixante pour cent des sujets poussaient le bouton aux doses mortelles, sans se révolter…

Malgré les contorsions et cris, puis le silence des acteurs faisant semblant d’être punis…

Nick le cinéaste a remplacé le « scientifique » par une animatrice télé, l’expérience étant réalisée face à un public préparé par un « chauffeur de salle ».

Dans ces conditions de prétendue maquette d’un jeu télévisé, où personne ne gagne rien, les résultats terrifient :

quatre vingt pour cent des sujets vont au seuil mortel !

Un peu culpabilisés, comme le public qui réclame la punition…

Quatre sujets sur cinq exécutent l’ordre inacceptable d’une animatrice, sous la pression d’un public manipulé.

Un seul sur cinq se rebelle face à l’ « autoritélé » et à la meute des supporteurs pour refuser l’inhumain.

« Donnez-moi la propagande disait l’abominable Goebbels, et je mènerai n’importe quel foule où vous voulez ! »

Ce pilier du nazisme et Milgram nous avaient prévenus :

L’autorité et la médiacratie mènent au goulag, à Auschwitz et à Guantanamo…

RSR 1 03-03-2010

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