02/04/2010

Je sens, donc je suis…( du verbe suivre !)

Géraldine Coppin, du Pôle de recherche sur les émotions de l’Université de Genève, nous apporte des résultats passionnants dans sa thèse sous la direction de David Sander.

Des sujets doivent choisir entre des odeurs qu’ils jugeaient indifférentes, ni agréables, ni désagréables.

Plus tard, alors qu’ils ont oublié ces odeurs et leurs choix, on les remet à la même épreuve.

L’expérience montre qu’ils choisissent alors les odeurs qu’ils avaient préférées la première fois et rejettent les autres.

Ils passent ainsi de l’arbitraire conscient à un choix émotionnel inconscient dont ils ne connaissent plus la cause.

Cette expérience applique aux odeurs le « paradigme du libre choix » proposé, voici cinquante ans, par le psychologue Brehm.

Nos « libres choix » sont conditionnés par nos émotions et par une mémoire qui peut être masquée, et d’autant plus efficace.

Devant des choix du présent, le poids d’expériences oubliées du passé ou de manipulations non perçues peut outrepasser toute raison.

Quand les matraquages publicitaires et les manipulations médiatiques sont ce qu’ils sont de nos jours, que sont nos choix ?

Choix de consommateurs enchaînés par des heures d’images, de sons et d’odeurs non désirés ?

Choix de citoyens abrutis par des médias verrouillés par l’argent et la cupidité des marchands ?

Quelle liberté reste-t-il dans le choix de nos achats, de nos loisirs ou de nos élus ?

Il faut savoir qu’après avoir préféré, à une élection, le très nul de droite ou l’aussi nul prétendu de gauche, on tend à recommencer.

Même si l’on a oublié son choix précédent…

Voici comment des caricatures de démocratie mènent à Berlusconi, Merkel ou Sarkozy, quand ce n’est pas pire…

RSR1 31-03-2010 bis

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