28/04/2010

Un monde sans génétique ? (II)*

Genève participe ces semaines à des « Journées du gène », organisées dans toute la Suisse.

Ces journées ont pour but d’informer, autant que possible, le public non scientifique de l’état de la science et de ses applications.

Le but devrait donc être de répondre aux questions du public, bien ou mal formulées, qu’elles plaisent, ou pas, aux spécialistes.

Mais les scientifiques ont, en général, plus envie de raconter leurs obsessions de recherche du moment…

… lesquelles passionnent généralement peu le reste du monde, même quand elles sont comprises !

Communiquer la science est aussi une recherche.

Qui suppose de s’intéresser à ceux qui écoutent et ne doivent pas recevoir de trop haut, sous peine d’être vite assommés !

Pour ce soir, j’ai accepté un sujet de conférence refusé, semble-t-il, par beaucoup de mes collègues : le rejet de la génétique…

Beaucoup de gens ont peur, par ignorance ou par suite de manipulations politiques, qui diabolisent cette science.

Certains voudraient même arrêter toute recherche et toute application, au nom du fameux « principe de précaution »…

Vous savez, ce principe des Gaulois d’Astérix qui craignaient tout le temps que le ciel leur tombe sur la tête ?

Eh bien j’essaierai de montrer que la génétique, avant d’exister en tant que science, organisait la vie depuis ses débuts.

Que nos ancêtres humains en font, sans le savoir, depuis au moins quinze mille ans…

Et que pour ses applications, comme l’électricité, l’automobile ou le nucléaire, la génétique peut le pire, mais aussi le meilleur !

En génétique, comme dans tous les domaines, le pire est toujours possible. Mais rassurez-vous : le pire n’est jamais certain !

RSR1 28-04-2010

* Journées du gène 2010, conférence du 28-04-2010,

(Auditoire Tingry 150, Sciences II, Genève)

26/04/2010

Un monde sans génétique ?

C’est une question venue du public à laquelle je chercherai à répondre, ce Mercredi 28 avril à 18h30, Sciences II, auditoire Tingry (A150, rez-de-chaussée, 30 Quai Ansermet, Genève), dans le cadre des « Journées du Gène 2010 », une initiative confédérale pour informer les citoyens des progrès et problèmes de la génétique.

Sans qu’il ait valeur de programme, puisqu’il s’agira surtout de présenter et lancer un débat, je vous livre la dernière version du résumé de la séance :

La peur de l’incompris et la science fiction font croire à certains que les nouvelles technologies créent un monde nouveau, hors des « lois de la nature » et prêt à échapper au contrôle humain.

Qu’elles créent de l’artificiel dangereux et préparent le pire à nos descendants.

Or ces techniques ne font que reproduire, amplifier et guider des mécanismes brutaux et parfois plus incontrôlables dans la nature.

Rappelons que l’artificiel a commencé avec les domestications animales et végétales, par lesquelles nos ancêtres ont transformé des espèces sauvages en troupeaux et en champs d’êtres que la nature n’aurait jamais produits.

Par des méthodes empiriques, parfois inconscientes, nos ancêtres néolithiques ont détourné la nature à leur profit, pour notre bien-être d’aujourd’hui.

Nos connaissances nous permettent de faire bien plus, avec des méthodes plus puissantes, mais sans ruptures dans les objectifs recherchés.

Comme toutes les technologies, les méthodes biologiques peuvent produire le meilleur, mais aussi le pire, si elles sont détournées à des fins malveillantes.

Elles posent donc deux problèmes majeurs :

- décider ce qui est souhaitable et ce qui doit être interdit

- faire expertiser les projets de recherche et d’applications massives par des autorités compétentes et indépendantes des lobbies commerciaux, industriels, idéologiques et politiques

Sur ces deux points rien n’est simple dans un monde où l’argent l’emporte sur l’humain.

Journées du gène 2010, conférence du 28-04-2010,

(A 150, Sciences II, Genève)

12:29 Publié dans Genève | Tags : génétique, journées du gène, nature, biotechnologies, politique, éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/04/2010

Le début de la fin de notre monde ?

Un volcan islandais, au nom imprononçable, remet la science au milieu d’un village social qui voudrait l’ignorer.

Sur notre terre, un équilibre étonnant entre radioactivité et rayonnement solaire a permis la présence de l’eau et la vie.

Chimie, génétique et évolution ont conduit cette vie à des formes improbables, dont nous-mêmes, depuis peu.

Cent mille ans, ce n’est pas assez pour apprécier les changements d’une planète très instable.

Des crises géologiques ont provoqué des bouleversements des milieux et des extinctions de masse des vivants.

Des impacts de comètes ou des éruptions volcaniques, provoquant des « hivers polaires », en seraient les causes.

Les querelles de spécialistes et les gesticulations des « sauveurs de planètes » sont bien dérisoires face au réveil des volcans !

Les éruptions, qui s’enchaînent d’un bout à l’autre du globe, peuvent s’arrêter demain et nous rendre une illusion de stabilité.

Elles peuvent aussi être le départ d’un phénomène gigantesque, qui nous anéantirait.

Tout ceci inspire émerveillement et modestie, à la fois.

Emerveillement que, dans un univers infini et si rude, des conditions si improbables aient fait émerger la pensée.

Modestie parce que, à l’opposé de nos désirs intimes, la mort de notre espèce semble inscrite dans son destin…

Comme celle de chacun d’entre nous !

Que valent, face à un nuage de fumée dont personne ne sait prédire les limites, nos projets familiaux, politiques ou religieux ?

Un peu de fumée, c’est un nouveau pape, souvent consternant…

Beaucoup de fumée, c’est peut-être le début de la fin de notre monde…

Profitez du printemps, en attendant !

RSR1 21-04-2010

15:47 Publié dans rsr.ch | Tags : vie, planète, volcans, crises, géologie, extinctions, fin du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/04/2010

Vrais problèmes : on pourrait mieux faire…

Les vrais problèmes en matière de ressources, santé et prospective nous sont souvent masqués.

Un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim, trois fois plus ont une vie très précaire.

La terre pourrait les nourrir tous.

Le problème c’est la répartition des produits, pas de financer cinq cent petits producteurs de café bio pour les bobos !

La surpêche industrielle menace toutes les ressources de la mer par un gaspillage insensé. Comment la freiner ?

On n’arrive même pas à empêcher les japonais d’exterminer les thons et les baleines, qui leur manqueront demain…

On nous gave avec le réchauffement climatique, la montée des eaux et les générations futures.

Mais c’est aujourd’hui que la folie automobile pourrit la vie et que la pollution augmente mortalité et maladies graves dans les villes.

Peu importe ! Les secteurs automobile et pétrolier font d’immenses profits à court terme…

Demain, les guerres du pétrole parties d’Irak et d’Afghanistan mettront le monde à feu et à sang.

Quelle marché pour nos fabricants d’armes et ces trafiquants qui aiment tant notre discrétion et nos paysages !

Les compagnies pharmaceutiques veulent faire payer les malades et non les guérir. Elles ne s’intéressent qu’aux riches.

D’où des choix aberrants sur le sida et les grippes, bénis par l’OMS, et suivis avec zèle par les gouvernements du nord.

Pour le paludisme, les diarrhées et la rougeole qui tuent les enfants du sud, on attend que les parents puissent payer !

A ces questions, des réponses simples et humaines seraient possibles…

… en maîtrisant les égoïsmes, les nationalismes et l’addiction à l’argent des puissants.

Bref s’il y avait une gestion responsable de la société des nations… Rêvons !

RSR1 14-04-2010

11:34 Publié dans rsr.ch | Tags : vrais problèmes, faim, pêche, automobiles, guerre, armes, santé, grippe, mortalité infantile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

07/04/2010

Juger l’amour et le sexe : caresse ou branlette ?

Une mère est au tribunal, dénoncée pour inceste par une drôle d’amie.

Son fils de sept ans avait été vu lui suçant le sein.

Elle l’avait allaité jusqu’à trois ans et demi et lui aurait caressé, au passage, le sexe en érection.

Elle est naturiste et fréquente les illuminés raëliens.

Les naturistes veulent désexualiser la nudité.

Se toucher nu est banal chez eux.

Les gourous raëliens, au prétexte d’amour et de spiritualité, abusent les simples d’esprit.

Sur le plan financier, toujours, sur le plan sexuel, parfois…

Comme ceux du Vatican qui n’arrive plus à cacher, ni démentir !

Mais qui définit l’abus et où commence-t-il ?

Quand il y a mauvais traitements et victime.

C’est le cas des enfants sodomisés par des curés frustrés.

Mais une simple dénonciation a fait retirer son fils à la mère prétendue incestueuse. Avant jugement !

Le petit garçon ne semblait pas souffrir et avait des érections spontanées, comme tous ceux de son âge.

On ne lui avait pas appris à les cacher aux tiers, ni fait honte de son corps.

Il ne savait pas que téter sa mère était normal à trois ans et incestueux après…

 

Considérant que « la mère ne semblait pas avoir eu d’intentions d’excitation ou de jouissance sexuelles », le tribunal l’a relaxée.

 

La jouissance serait donc répressible dans ce procès d’intentions !

 

Mais le ministère public fait appel et le mauvais film continue !

 

Va-t-on vers la vidéosurveillance des mères au foyer ?

 

On souhaiterait moins de rigueur sur ce qui semble anecdotique.

Et bien plus quand des prêcheurs de morale abusent de leur autorité usurpée et détruisent des processions de victimes…

 

RSR1 07-04-2010

12:44 Publié dans rsr.ch | Tags : amour maternel, inceste, gourous, justice, délation, amous, sexe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/04/2010

Je sens, donc je suis…( du verbe suivre !)

Géraldine Coppin, du Pôle de recherche sur les émotions de l’Université de Genève, nous apporte des résultats passionnants dans sa thèse sous la direction de David Sander.

Des sujets doivent choisir entre des odeurs qu’ils jugeaient indifférentes, ni agréables, ni désagréables.

Plus tard, alors qu’ils ont oublié ces odeurs et leurs choix, on les remet à la même épreuve.

L’expérience montre qu’ils choisissent alors les odeurs qu’ils avaient préférées la première fois et rejettent les autres.

Ils passent ainsi de l’arbitraire conscient à un choix émotionnel inconscient dont ils ne connaissent plus la cause.

Cette expérience applique aux odeurs le « paradigme du libre choix » proposé, voici cinquante ans, par le psychologue Brehm.

Nos « libres choix » sont conditionnés par nos émotions et par une mémoire qui peut être masquée, et d’autant plus efficace.

Devant des choix du présent, le poids d’expériences oubliées du passé ou de manipulations non perçues peut outrepasser toute raison.

Quand les matraquages publicitaires et les manipulations médiatiques sont ce qu’ils sont de nos jours, que sont nos choix ?

Choix de consommateurs enchaînés par des heures d’images, de sons et d’odeurs non désirés ?

Choix de citoyens abrutis par des médias verrouillés par l’argent et la cupidité des marchands ?

Quelle liberté reste-t-il dans le choix de nos achats, de nos loisirs ou de nos élus ?

Il faut savoir qu’après avoir préféré, à une élection, le très nul de droite ou l’aussi nul prétendu de gauche, on tend à recommencer.

Même si l’on a oublié son choix précédent…

Voici comment des caricatures de démocratie mènent à Berlusconi, Merkel ou Sarkozy, quand ce n’est pas pire…

RSR1 31-03-2010 bis