12/04/2011

Goudiry - Genève

Me revoici ! Avec quelques doutes...

Ce blog a été presque aussi fréquenté pendant un mois d'absence que quand j'y écris régulièrement !

A cela, deux interprétations possibles : soit on y passe par hasard, et mes provocations ne servent pas à grand chose ; soit j'aurais réussi à y laisser des textes qui intéressent certains en dehors de toute actualité éphémère. Bref, à laisser ici quelques « actualités permanentes », dignes d'intérêt quelques mois ou quelques années après, loin des pages chaudes saturées de non événements qui détournent le lecteur des quotidiens des vrais problèmes dont on souhaite l'écarter.

« Actualités permanentes », c'est justement le titre que j'ai choisi pour une nouvelle chronique dans « Le Courrier », sympathique petit journal en faillite qui après avoir été papiste, curé rouge et khmer vert semble devenir libertaire puisqu'il m'a demandé, ainsi qu'à quelques autres fortes têtes, de déranger un peu. Une évolution de bon sens et dans le bon sens ! En ce qui me concerne, c'est tous les quinze jours le mercredi, numéro deux demain, qui ne fera pas plaisir à tout le monde. Merci à Edipresse de m'aider ici à soutenir un confrère méritant, plombé par les difficultés de l'indépendance et de la crise de la presse écrite...

Je reviens donc de Goudiry - ou Goudiri, les deux s'écrivent - petite ville peuhle du Sénégal oriental, dans le Boundou et, pour son « développement - malheur », sur la voie ferrée et la route Dakar - Bamako. Avec les événements de Côte d'Ivoire, tout le trafic d'import export des pays du Sahel qui passait par le port d'Abidjan est reporté, en grande partie sur Dakar, d'où il est acheminé par la route vers le Mali, le Niger, le Burkina et même le nord de la Côte d'Ivoire et du Nigéria. Quotidiennement des centaines d'énormes camions, dans des états très variables, passent ou stationnent à Goudiry pour réparation ou ravitaillement. Avec leurs chauffeurs et passagers très prospères par rapport à la pauvreté locale.

Vous imaginez les conséquences en matière de déstructuration sociale et de santé...

J'ai donc quitté la pollution et les embouteillages de camions de Goudiry pour les embouteillages et la pollution des 4x4 bobos de Genève, aggravés par la chaleur précoce et une multitude ahurissante de chantiers qui transforment cette ville en chantier à la chinoise. Quand je pense que c'est au nom de l'amélioration de la qualité de la vie que l'on nous inflige presque partout des marteaux - piqueurs et des fermetures de voies désordonnées. La conjonction de la fièvre entrepreneuriale, et sans doute du financement des partis gouvernant, nous vaut une dégradation permanente de la qualité de vie dont nous pourrions jouir dans cette cité plutôt heureuse.

Et ce n'est pas le ci - devant Mark Muller, premier communiant coincé à la veste sur l'épaule quand il veut avoir l'air cool, qui risque d'améliorer ça avec ses projets mégalos de « down - town la Praille » ou, dernière salve de propagande électorale (désespoir ?) de pont sur la rade. Non seulement ses projets sont aussi irréalistes et ruineux que rejetés par le peuple, mais ce triste sbire voudrait se faire passer pour celui qui fait alors que, à ce jour, c'est plutôt celui qui fait semblant !

Au moins, à Goudiry, il n'y a pas de rade et il y a autant de surfaces disponibles que l'on veut ! Pas besoin de construire des ponts, ni des gratte - ciel et l'on entend encore les oiseaux entre deux camions ou à l'écart de la route...

Mon ami Thiedel Diallo, le maire, vous salue bien !

 

 

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