09/05/2011

Nature, Terrasson, Drosophile, Kropotkine, Nucléaire : ne lisez pas idiots !

 

En ces beaux temps de politique glauque, de sports crétinisants, d'embouteillages asphyxiants et de surpipolisation, la lecture au calme et à l'air pur confine au paradis. D'autant que plein de bonnes surprises peuvent se trouver en cherchant plus loin que les kiosques des gares et leurs rayons débiles.

En priorité, la publication, par les éditions parisiennes Sang de la Terre de « Un combat pour la nature » de François Terrasson. C'est un recueil de textes inédits rassemblés par les proches du regretté roi du bon sens en écologie. Un combat de bon vivant qui remet en place, avec la même vigueur, les crimes des bétonneurs et de l'agro-alimentaire que les gourous et les pleureuses de l'écologie religieuse. Une leçon pour tous ceux qui votent pour les Verts néo-capitalistes ou voudraient mettre au pouvoir, chez les voisins, le roi du bilan carbone, Nicolas Culot, bien encadré par ses sponsors, EDF, AREVA, ... , Monsanto ? Je ne sais pas : peut être pas Monsanto, il faudrait qu'il gagne d'abord ! Pour en revenir à Terrasson, son livre porte en sous titre « Pour une écologie de l'Homme » avec une majuscule à Homme - pour préciser que les Hommes femelles sont incluses - comme on ne met pas de majuscule à nature, pour ne pas la déifier. Avec aussi, je pense, un clin d'œil à l'écologie de l'esprit de Bateson, dont il appréciait la démarche systémique. Plus de détails dans le Courrier ce mercredi 11 mai.

Deuxième bonheur, pour ceux qui préfèrent les BD ou qui ont besoin d'images pour comprendre, le dossier du Psikopat de mai sur le nucléaire, vu par tous les bouts, même les bons, ce qui montre à quel point on y est plus objectifs que beaucoup. Ben oui, bien sûr : les saloperies du nucléaire militaire, les conneries du nucléaire énergétique, mais aussi le nucléaire médical qui sauve à grande échelle et le nucléaire naturel du soleil sans lequel il n'y aurait pas de vie ! « Non au nucléaire ! » hurlent les bananes vertes avides de bien, de mal et de débilité religieuse. Il serait temps qu'elles se cultivent et mûrissent un peu...

Enfin pour aujourd'hui, un troisième bonheur surprise : le journal « Drosophile », de Gilles Macagno et de la célébrissime université de Trou les pommes, dont je vous ai déjà parlé, sort un numéro spécial sur commensalisme, symbiose et coopération dans la nature. On y retrouve, comme on pouvait s'y attendre, toute les interactions possibles entre organismes ou cellules, depuis les pollinisateurs jusqu'aux bactéries qui nous squattent et/ou nous font digérer. C'est bien écrit, bien dessiné pour tous les âges. Mais il y a en plus un fil conducteur politique et idéologique qui remonte aux débats du 19ème siècle entre d'un côté Darwin et ceux de ses héritiers que la compétition obnubilait, de l'autre Kropotkine et ceux qui estimaient que communautés, symbioses et échanges étaient des caractéristiques essentielles du vivant. Bien entendu, la science anglo-saxonne, qui a pris le pouvoir dans nos écoles, ignore Kropotkine et autres penseurs anarchistes et communistes pour faire sa propagande : la compétition néo - libérale vue comme une « loi naturelle ». Drosophile nous rappelle que les découvertes mêmes de la biologie moderne vont dans l'autre sens : un être vivant n'est rien sans les autres, semblables ET différents.

 

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