15/09/2011

La paresse sans gène

L'immonde journal Les Echos relaie une étude parue dans les "PNAS", Compte rendus de l'académie des sciences étasunienne, censés être le top de la science internationale pour les savants bling bling. C'est simple : selon des chercheurs canadiens, les souris porteuses du gène AMPK parcourent des kilomètres, tandis que celles qui ne l'ont pas " restent pratiquement immobiles et commencent à grossir ».

Ils en déduisent que le gène non-AMPK est "le gène de la paresse !"

J'en aurais plutôt déduit que le gène AMPK joue un rôle dans le fonctionnement normal et que le gène non-AMPK est un gène de panne générale, qui coupe le cerveau ou les pattes des souris, comme la télévision lobotomise vos enfants et les rend obèses ! Et Canal J ou Disney Channel ne sont, à ma connaissance, pas codés dans l'ADN, mais, au plus, dans votre décodeur...

Mais, chez les anglos, il faut que tout soit génétique, pour des questions d'héritage, de propriété privée et de conservation généalogique des privilèges. Aussi pour déculpabiliser : je suis criminel, homosexuel, paresseux, c'est pas moi, ce sont mes gènes !

Ainsi naissent des pseudo-sciences, comme je le racontais ces derniers temps dans les "Regards" du Courrier - le journal qui publie n'importe qui, même moi, SANS AUCUNE CENSURE A CE JOUR, repris sur ce blog dans les mêmes conditions, à ce jour toujours, et dont je vous livre la suite ci-dessous, toute fraîche pour une fois...

Il y aura encore une suite marrante, mais ce sera dans le No2 de Siné Mensuel, en octobre.

Ciné quoi ? Mais non, pas Ciné, Siné, comme le dessinateur oxygéné qui sème sa Zone !

Mais non, pas Hebdo, Mensuel : avec l'âge il prends le temps de réfléchir...

Comment, Naville n'a plus, ou pas assez du No1, superbe collector ?

Une minute, j'appelle Al Qaïda...

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De la tautologie aux Totologies... in Le Courrier du 14-9-2011

Une tautologie est une proposition qui n'apporte rien de plus que son point de départ : « je ne suis pas mort, parce que je vis encore ». Toto, c'est Ouin - Ouin chez les frouzes. Mais Ouinouinlogie sonnait mal et ne ressemble pas du tout à tautologie : le jeu de mot du titre est intraduisible en Romand !

Les Totologies, seront donc les sciences approximatives de Toto et de Ouin - Ouin, qui n'ont pas encore une méthode très rigoureuse...

La sélection naturelle est parfois dénoncée comme une théorie « tautologique » dans son rapport à l'adaptation des espèces vivantes à leur milieu : les populations d'animaux ou de plantes « adaptées à leur milieu » survivent et on les dit adaptées parce qu'elles ont survécu. Raisonnement circulaire dénoncent certains ! Vu comme cela, le schmilblick n'avance pas...

Mieux vaut être précis et se souvenir que la génétique a montré que toute population change de manière imprévisible à chaque génération, surtout si elle est sexuée, tandis que la plupart des milieux naturels changent sans cesse, eux aussi, de manière indépendante. L'« adaptation » est donc un mythe après lequel la sélection naturelle courrait en vain, sans pouvoir la rattraper le plus souvent. C'est l'histoire de la « Reine rouge » qui court après son image dans le miroir, pour reprendre un « marronnier »* de la biologie évolutive ! La théorie de la sélection naturelle dit plus simplement que, dans une population qui se maintient et se transforme, assez d'individus parviennent à l'âge de la reproduction et produisent assez de descendants pour que la génération suivante remplace numériquement la précédente. Tout est donc lié par deux conditions : la survie et la fécondité. Bien des combinaisons de ces deux conditions et de la durée de vie des individus sont possibles. Les harengs ou les souris vivent peu d'années, avec une mortalité terrible, mais une énorme fécondité : leur innombrable descendance compense les dommages de la vie courte et de la mortalité énorme due aux prédateurs. Les chênes vivent longtemps, meurent en grand nombre, mais se reproduisent beaucoup. Les éléphants, les gorilles, ou autrefois les humains, vivaient longtemps, mourraient beaucoup moins, mais se reproduisaient beaucoup moins. Pour qu'une population se transforme par sélection naturelle et « s'adapte biologiquement » à son milieu, il faut qu'elle élimine beaucoup par la mortalité. Ce qui n'est pas le cas des grands mammifères et des grands oiseaux, encore moins le cas des humains actuels. Ils ne sont donc pas « adaptés » par la biologie, mais par le hasard, l'histoire, la contingence, l'apprentissage et la culture. Contrairement à ces insectes, ces plantes ou ces bactéries que l'on croirait « fabriqués pour » vivre dans leur milieu, jusqu'au plus petit détail de leurs formes, de leur couleurs ou de leurs comportements.

Mais ceux qui n'ont rien compris de la génétique de la transformation des populations croient souvent que la sélection naturelle « optimise » tout dans toutes les espèces, y compris la nôtre, réalisant partout des écosystèmes statiques, parfaits et des « stratégies évolutives stables ». Ces nouveaux bigots de la sociobiologie et de la psychologie « évolutive »*, que nous qualifierons aimablement de « Totologies », rejoignent ainsi les néo - créationnistes qui veulent retrouver leurs dieux dans la perfection supposée de la nature et les adeptes des « théologies naturelles », qui donnèrent tant de souci à Lamarck, Darwin et Wallace et bloquèrent les avancées de la biologie pendant plus de deux siècles.

 

 

* pour les journalistes, un marronnier est un sujet déjà traité un grand nombre de fois et que l'on reprend régulièrement en période creuse. Rien à voir avec l'arbre...

 

**cf. regard du Courrier du 31.8.2011 ou L'Anarchronique sur blog.tdg.ch

 

11:03 Publié dans science et politique | Tags : science, politique, anglos, paresse, génétique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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