28/11/2011

Défi science : le Conseil d'Etat irresponsable !

 

Psiko 237 Impérialisme US 01.jpgD'abord, une info qui n'a rien à voir : la parution d'un délicat dossier sur l'impérialisme américain, plus d'actualité que jamais, dans le Psikopat du mois à venir. Et j'anticipe vos protestations : ce n'est pas à moi mais aux kiosquiers et à leurs chefs qu'il faut vous plaindre si vous ne trouvez pas le Psiko en Suisse romande. Et comme râler est souvent peu efficace, vous feriez mieux de vous abonner : c'est comme cela que l'on fait vivre les journaux qui ne servent pas la soupe aux commerciaux et aux impérialistes !!

Bon, on en revient à notre sujet local du jour : l'idée débile de restreindre encore l'enseignement des sciences au Cycle d'orientation genevois dans une société où l'absence de formation scientifique de base devient un handicap grave dans la vie quotidienne...

Nous sommes cernés par des réalités relevant de la science et de la technique. Pas un pas sans traverser des ondes d'antennes radio ou téléphoniques, des nuages de pollen avec traces d'OGM, des gaz d'échappement, sinon des retombées d'isotopes venant de Fukushima ou Tchernobyl.

Certes, ce n'est plus la vie du paléolithique, où il fallait déjà connaître les racines comestibles ou toxiques et les mœurs des lapins, des mammouths et des merles quand on avait faim.

Mais l'accumulation des connaissances et des techniques rend chaque jour ce monde plus compliqué et exige des décisions politiques éclairées.

En démocratie bourgeoise, le peuple souverain est censé décider, surtout chez nous où il a droit de référendum, au moins en dernier recours.

Mais comment décider si l'on n'y comprend que couic ?

Comment voter sur le nucléaire si l'on ne sait pas ce que sont un atome ou une radiation ? Si l'on ne sait pas que nous sommes constitués de particules et provoquons des rayonnements à chaque geste ? Comment voter sur les OGM, si l'on ne sait pas ce qu'est un gène ou une mutation ? Si l'on ignore qu'un humain, un animal ou une plante sont faits de molécules fabriquées par des gènes qui mutent au fil de radiations... même à trou-du-cul la campagne !

Faut-il se fier à l'avis des autres, comme aux confesseurs de jadis ? Faire confiance, à la tête du client, au politique ou au journaliste. A Charles Beer et son air triste de communiant innocent ? A Decaillet, bon élève énergique et sans nuances, ou à Leutard, qui semble propre et en ordre ? Est-ce que ça garantit de bonnes décisions sur l'énergie, la liberté d'expression ou l'éducation ? Bien sûr que non !

La seule solution démocratique, c'est donc d'apprendre avant de voter, en particulier à l'école, pendant le tronc commun, primaire et secondaire, au cycle d'orientation, en particulier.

Or justement, en matière d'enseignement au cycle, le Conseil d'Etat vient de renier les engagements du susdit Charles Beer pour 8% d'horaires scientifiques, en petits groupes pour mieux comprendre. Il a opté pour 6%, soit deux fois moins que les autres pays de l'OCDE où 12% ne sont déjà pas trop ! Vous me direz que la tendance est la même dans presque tout l'Occident. Ce n'est pas une raison pour être résigné et faire des économies sordides dans notre pays plein de pognon.

Car il n'est pas besoin de chercher loin pour trouver l'origine d'une décision aussi aberrante : supprimer des heures, et des heures qui coûtent plus cher que d'autres en salaires et en matériel, c'est faire de petites économies au profit du budget du grand argentier Vert. C'est casser l'investissement à long terme - pas rentable en politique ! - pour faire des « économies » qui pourraient peut-être satisfaire les exigences des financiers néolibéraux qui contrôlent tout. Tandis qu'ailleurs on se craint pas de se livrer à d'énormes investissements grotesques dans de grands travaux inutiles, des cadeaux de fait au patronat ou de soutenir les errements de l'art contemporain. Du point de vue des Verts, pas de problème : leur propagande grossière centrée sur les grands problèmes à dimensions scientifiques passe mieux si le public n'y comprend rien et vote à l'émotion plutôt qu'en connaissance de cause. Et les socialistes, qui devraient être de gauche et intransigeants sur l'éducation et la préparation de l'avenir ? Il en reste peut-être un ou deux, mais sûrement pas au Conseil d'Etat...

Si vous ne voulez pas que Beer et Hiler continuent à renvoyer nos enfants au paléolithique, je vous conseille la pétition ci -dessous contre cette forfaiture.

 

http://www.petitionenligne.ch/petition/donnons-les-moyens...

In Le Courrier du 23-11-2011

 

 

09:43 Publié dans éducation | Tags : cycle d'orientation, programme, sciences, vie quotidienne, démocratie, education | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/11/2011

Harcelons, entartons les rapaces !

Quand un faucon ou un hibou est surpris à s'approcher avec de mauvaises intentions de passereaux ou de nids de corneilles, les victimes, s'il s'agit de petits oiseaux, ou leurs parents, s'il s'agit de nichées, se lancent par nuées sur l'agresseur potentiel qui, submergé par le nombre, ne peut que fuir piteusement. Les défenseurs ne le lâchent que lorsque le danger est bien écarté.

Paris a connu, ce mercredi soir, sa première « Nuit des rapaces » au cours de laquelle a été élu et désigné à l'indignité publique « le plus pire » des rapaces, à savoir, selon l'initiative de l'excellent petit journal Fakir* :

« Un patron, venu planter ses crocs dans la chair de Continental, Moulinex, Renault. Un financier, qui a sucé les bénefs, les carnets de commande, le savoir-faire, et s'est tiré avec la caisse. Un politique, qui a remis le destin du pays entre les mains de la Bourse. Un journaliste, qui n'a cessé de vanter les bienfaits du marché - contre des « ménages » bien rémunérés. »

Chacun est venu avec la photo de son rapace préféré et le « ouhouh - mètre » a tranché !

Je ne peux m'empêcher de rapprocher cet événement lointain de l'information parue la semaine passée selon laquelle les entreprises les plus rentables de Suisse avaient presque toutes licencié massivement et que chaque vague de licenciements ou de délocalisations avaient entraîné une montée immédiate de leurs actions.

Nous voici donc avec un Saint Marché qui récompense tout de suite au prix fort les patrons crapuleux qui congédient les travailleurs grâce à qui tout va bien ! Ceux qui organisent ces crimes contre la société sont glorifiés au lieu d'être jugés et condamnés à de lourdes peines. Tout ceci pour la plus grande joie des partis de droite et d'extrême droite, bien sûr, mais aussi de la pseudo - gauche gouvernementale et des médias du fric, si contents que « l'économie marche bien ». Mettre des travailleurs sur le carreau, réduire des citoyens à la misère sans aucune nécessité, sans qu'aucune loi ne l'empêche, est aujourd'hui l'exploit favori de nos dirigeants de fait !

Que faire face à tant d'irresponsabilité sociale, d'incompétence et de cynisme du politique ?

Que faire quand un machin totalitaire comme l'Union Européenne empêche les peuples de voter sur ce qui les concerne le plus et les fait revoter, parfois presque tout de suite, chantage et propagande à l'appui, quand, par mégarde, on les a laissé s'exprimer et qu'ils ont « voté mal » ?

Une révolution anti - capitaliste et pâtissière, pas trop violente si possible, bien sûr ! Mais avec le verrouillage médiatique et policier actuel, il faudra attendre encore, un peu trop longtemps...

L'indignation ? Certes, mais il faut la cibler sur ces responsables ultimes qui se cachent pour commettre leurs méfaits : les pires n'apparaissant pas ou peu en public et laissent leurs pantins politiques et médiatiques s'exposer. Il faut donc les poursuivre comme « Louise Michel » dans l'admirable film de Delépine et Kerven ou les entarter sans relâche. Comme notre ami Noël Godin l'a si bien fait, entre autre pour Bill Gates, Sarko autrefois, et BHL - 7 fois ! Pour les agrariens de chez nous, on pourrait même remplacer la crème par un produit bovin plus foncé correspondant mieux à leur tradition et à ce que nous en pensons...

Mais pour cela, il ne faut pas y aller seul et il faut s'organiser : un seul entartage de Bill Gates a demandé trente cinq collaborateurs et il y en a beaucoup à faire !

Il faut donc faire comme les petits oiseaux et les corneilles : pister les rapaces en maraude autour de nos emplois et de nos entreprises, dénoncer leurs complices du patronat, les repérer, les exposer personnellement à la colère de leurs victimes et les poursuivre sans relâche...

A quand la Nuit des rapaces de nos montagnes ??

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*persécuté comme l'émission « Là-bas si j'y suis » de France Inter par l'avatar bien peu humain d'un de ces méchants oiseaux

http://www.fakirpresse.info/-Nos-emmerdes-.html

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1950&va...


In Le Courrier du 9-11-2011

 

16:30 Publié dans la politique, autrement | Tags : rapaces, patrons, médias, indignation, politique, entartage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/11/2011

Organisons l'indignation !

SM03_01_Couv-OK.jpgAu moment où l'indignation commence  à faire boule de neige et à fouiller dans ses causes, il est bon de faire un bout de chemin avec ceux qui dénoncent depuis belle lurette les malversations des grands bénéficiaires de la société et de la "crise" actuelles au mépris de ceux dont le travail et la misére les fait prospérer. Alors, ne ratez pas le dernier Siné Mensuel qui titre sur le sujet et dont une fiche conseil vous aidera à choisir votre orientation sexuelle, si nécessaire. Il faut toujours joindre l'agréable à l'utile...

Dans le même style, Fakir, petit journal édité à Amiens par des bénévoles mérite de prendre son vol pour son courage et sa détermination http://www.fakirpresse.info/

Poursuivi au tribunal avec d'autres par un patron qu'il a sorti d'un anonymat "rapace", il organise à Paris demain mercredi soir avec "Là-bas si j'y suis" et le soutien de beaucoup d'autres "La nuit des rapaces" qui visera à "récompenser" le pire prédateur de la finance, de la politique ou des médias. La concurrence sera rude, chacun pouvant venir avec la photo de son favori et l'élection se fera au "ouhouh-mètre". Si par hasard vous passez par là demain soir, venez, ce ne sera pas triste, l'entrée est gratuite mais la sortie payante, pour défendre la liberté de la presse.

A propos de liberté de la presse, je ne sais plus guère que penser quand mes ex-confrères de Charlie Hebdo se font brûler la paillote et que "Sarko" Guéant est le premier à communiquer - presque avant l'incendie ! - sur l'horrible atteinte aux libertés ! Alors qu'aucune piste ni revendication n'est connue, l'agent de l'Elysée parle de terrorisme - sous entendu forcément islamiste intégriste - qui s'attaque au potache "Charia Hebdo" dans lequel on ne ménageait ni les chrétiens intégristes, ni l'ensemble des musulmans, mais où l'on négligeait plutôt les criminels israéliens qui envisagent froidement d'utiliser leurs armes nucléaires pour "empêcher que l'Iran n'en ait", avec la bénédiction d'Obama et Sarko. La lutte contre les intégrismes religieux et les prosélytismes contraignants n'a de sens que si elle n'épargne aucun culte et ne fait pas l'affaire de nos ennemis politiques. Marine Le Pen peut s'abonner avec ses fidèles, ça caresse son racisme dans le sens du poil et ça mettra le feu aux ventes !

Bien sûr, il ne faut ni tuer les gens, ni brûler les journaux, ni interdire de penser et de publier. Mais le professionnalisme consiste aussi à savoir jusqu'où on peut aller trop loin sans mettre le feu. On espère quand même qu'ils s'en remettront vite : même si l'on n'est plus souvent d'accord, il reste des gens très sympas et drôles et de très grands ancêtres parmi eux.

15:03 Publié dans la politique, autrement | Tags : crise, patrons, nuit des rapaces, siné mensuel, fakir, le courrier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |