26/04/2012

Marraine Lapine n'est pas glandue !

Il est étrange que les commentateurs politiques conformistes médiatisés n'aient pas noté le seul aspect très positif du succès électoral de Madame le Pen...

Je me réjouis fort de voir le ramassis de dirigeants machistes du Front national, rassemblement de néo-nazis, anciens collabos ou parachutistes, fascistes pieds noirs, racistes coloniaux, chrétiens intégristes, néo païens identitaires, patrons ultra libéraux, sectaires variés, militaires factieux et anciens tortionnaires dirigés avec succès par ce qui n'est pour eux qu'une "méprisable gonzesse" !

A commencer par papa Lapin qui doit en faire des cauchemars toutes les nuits et préférerait sans doute un avortement rétrospectif à cette suprême humiliation !

La cause des femmes est une juste cause des plus négligées.

Ce n'est pas rien qu'elle progresse chez ses pires ennemis.

On peut toujours se réjouir, même en se bouchant le nez !

242-1.jpgImage qui n'a rien à voir, encore que ...

 

23:33 Publié dans Le meilleur du pire | Tags : politique, france, sexisme, front national | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

15/04/2012

GENETIQUEMENT PREDISPOSES POUR APPRENDRE ?

Voici un mois, je reçois de Sept - Iles (c'est au Québec), le mail suivant qui a initié un échange, qui me semble d'intérêt général, avec un professeur de philosophie du lieu.

Je vous le livre donc tel quel, avec l'autorisation, bien sûr, du professeur Cossette, que je remercie de cet échange.

 

Le 15 mars 2012, Patrick Cossette a écrit :

Je m'appelle Patrick Cossette, enseignant de philosophie dans un collège de la province du Québec (Canada).

 

Récemment, j'ai pris connaissance de votre livre Les Hommes. Passé, présent, conditionnel (1988, Armand Colin). Dans ce livre, vous y affirmez que contrairement à l'animal, l'humain est programmé pour apprendre et non pour faire (autrement dit l'humain n'est pas programmé pour faite telle ou telle chose) ; vous y affirmez même que l'animal peut faire des apprentissages complexes, mais qu'il ne peut, contrairement à l'humain, modifier son mode de vie.

 

À ce sujet, j'aurais deux questions.

 

1.      Pouvons-nous y voir là une explication de l'existence des cultures chez l'humain ? Je veux dire qu'étant donné que nous ne sommes pas programmés pour faire telle ou telle chose, nous devons l'apprendre d'un congénère ; mais avant de pouvoir apprendre, si nous ne sommes pas programmés, si ce n'est pas inscrit dans notre «disque dur», nous devons d'abord et avant tout «inventer» nos façons de faire ; ainsi, la culture d'un groupe humain serait l'ensemble de ses inventions de façons de faire, transmis de génération en génération par l'apprentissage.

 

2.      Advenant que ce soit une explication du phénomène culturel chez l'homme, serait-ce une explication matérialiste ? Voyez-vous, le philosophe Luc Ferry offre une explication telle que je viens de décrire de la culture et de l'historicité : il dit que l'humain n'est pas programmé par la nature, et ainsi il doit inventer son mode de vie ; sauf que pour Ferry, absence de programmation naturelle = libre-arbitre/liberté (lui-même parle de surnaturel). Serais-je dans l'erreur si j'interpréterais vos propos comme étant une explication matérialiste de l'origine de la culture, i.e. rivale de celle de Luc Ferry ?

 

La raison de mon intérêt pour votre livre est que j'aimerais présenter brièvement vos principales idées dans le cours d'anthropologie philosophique que je donne.

 

Alors, si votre emploi du temps vous le permet, j'aimerais avoir votre son de cloche sur le sujet.

 

Cordialement,

 

Voici donc mes réponses :

17-03-2012

Bonjour Monsieur Cossette,

 

Tout d'abord, je voudrais rendre à mon vieux maître et ami François Jacob la paternité de la citation :

"L'Homme, lui aussi est programmé, mais il est programmé pour apprendre" qu'il a écrite, sauf erreur dans son livre "La logique du vivant"

Je ne l'avais pas reprise telle quelle parce qu'en 1988 déjà, on était revenu de la notion de programme génétique qui est en voie d'abandon aujourd'hui tant l'analogie du programme est grossière par rapport à ce que l'on sait en génétique. Par ailleurs, je n'écrirais plus aujourd'hui que les autres animaux sont "programmés pour faire" tant on a observé de variations de traditions et de relations à l'environnement dans diverses espèces animales, au point de parler de cultures différentes au sein des espèces, en particulier chez les grands singes.

En fait, comme je l'écrivais déjà dans la réédition en 1987 de mon livre "Le sexe et l'innovation", la grande rupture est entre les animaux qui naissent et peuvent produire la quasi totalité de leurs comportements sans apprentissage et ceux dont la survie et la descendance nécessitent des apprentissages plus ou moins complexes.

Après, la différence entre les humains et les autres animaux est plus affaire de quantité d'apprentissage et de diversification culturelle produites que de rupture entre ceux qui apprennent et les autres.

Sauf pour un seul critère à ce jour : le langage à double articulation des signes pour faire des mots, d'une part et d'autre part des mots selon une syntaxe.

Ces considérations changent, bien sûr, le contexte de vos questions auxquelles je vais essayer de répondre maintenant :

1) Oui, c'est bien évidemment parce que nous sommes les animaux qui "savent" le moins faire de naissance et apprennent jusqu'aux comportements les plus basiques - marcher, se nourrir, ...- que nous avons des possibilités aussi extrêmes de diversification culturelle. Mais, ainsi que je vous le disais plus haut, nous ne sommes pas les seuls à devoir apprendre, ni même à devoir apprendre beaucoup. Beaucoup d'autres espèces de primates, de mammifères, d'oiseaux et même de mollusques sont "programmées pour apprendre" plus ou moins, mais évidemment bien moins que nous. Entre l'araignée qui tisse une toile complexe sans jamais avoir appris et les chimpanzés qui ont des technologies de chasse et de cueillette sophistiquées, mais variables entre populations dans le même environnement, il existe plein de situations intermédiaires avec des proportions d'apprentissage et de traditions culturelles très variables de presque rien jusqu'à beaucoup.

2) Il est clair que mes idées sur l'origine de la culture sont matérialistes pour la simple raison que les sciences que je pratique n'admettent pas d'autres types de raisonnements. Mais elles sont aussi incomplètes et ne prétendent pas avoir réponse à tout. Je ne dirais pas que ces idées sont opposées à celles de Luc Ferry parce que ses propositions que vous rapportez me semblent extrêmement floues par la référence à une "nature" qui programmerait en étant dotée d'une volonté consciente. "Programmé par la nature" pourrait aussi bien qualifier les animaux qui, comme l'araignée, peuvent faire sans apprendre que ceux qui, comme les grands singes et nous, peuvent apprendre, par apprentissage et tradition, les gestes et comportements nécessaires à la survie dans la nature et en société. La survie de nos ancêtres primates anciens et humains fossiles dépendait déjà de traditions culturelles et de technologies de cueillette et de chasse apprises. Et l'idée idiote que ce serait des humains qui auraient inventé la famille, les traditions et les cultures, qu'ils ont nécessairement hérités de leurs ancêtres animaux, réunit d'aussi grands esprits que Jean-Jacques Rousseau et Claude Lévi-Strauss !

Le "surnaturel" très anthropocentrique de Luc Ferry, au delà d'un jeu de mot douteux, repose sur une grave méconnaissance de ce que l'on sait aujourd'hui des comportements et traditions des autres espèces, primates et cétacés en particulier. Que Luc Ferry apprécie ou pas, nos pires excès culturels restent dans le cadre d'une nature qui en a vu d'autres et ne manifeste guère de projet évident.

Quant au libre arbitre, je le vois aussi comme quelque chose qui aurait pu émerger bien avant nous, sous des formes limitées... et dont je crains qu'il ne régresse fort dans les sociétés manipulées par les médias tout puissants d'aujourd'hui !

Vous retrouverez des discussions complémentaires ou sur des sujets liés, au milieu de bien d'autres choses, sur mes blog et site http://alanganey.tdg.ch , http://lecourrier.ch/dede

Ainsi que dans mes livres Le sexe et l'innovation, Le sauvage central, La philosophie biologique.

...

 

 

Le 19 mars 2012, Patrick Cossette répond et je réponds à nouveau - en gras - peu après :

...

D'abord j'ai aimé la nuance que vous apportiez, à savoir que les humains ne sont pas les seuls à être «programmés pour apprendre» (si cette expression est douteuse, pourrions-nous plutôt dire «génétiquement prédisposé à l'apprentissage» ?), que les animaux (du moins certains) ne sont pas exclusivement «programmés pour faire», et qu'ainsi on peut trouver quelque chose qui s'apparente à de la culture chez les animaux, principalement les singes. Cette idée concorde avec ma première compréhension de votre théorie : que l'humain soit la seule espèce ou non à pouvoir apprendre ne change rien, car l'équation [possibilité d'apprentissage = possibilité de culture] reste toujours la même. J'avais déjà eu moi-même cette idée il y a deux ou trois ans, lorsque j'ai commencé à aborder la pensée de Luc Ferry dans mon cours d'anthropologie philosophique : j'ai présenté cette idée à mes élèves en leur disant que ce pouvait être une explication matérialiste de l'origine de la culture, explication qui rivalise avec celle que Luc Ferry met de l'avant dans Le nouvel ordre écologique et Qu'est-ce l'homme ?.

 

Dans votre réponse à mon premier courriel, vous disiez :

«Après, la différence entre les humains et les autres animaux est plus affaire de quantité d'apprentissage et de diversification culturelle produits que de rupture entre ceux qui apprennent et les autres.», ainsi que «Entre l'araignée qui tisse une toile complexe sans jamais avoir appris et les chimpanzés qui ont des technologies de chasse et de cueillette sophistiquées, mais variables entre populations dans le même environnement existent plein de situations intermédiaires avec des proportions d'apprentissage et de traditions culturelles très variables de presque rien à beaucoup».

Je crois comprendre que selon vous, la culture n'est pas une particularité humaine, et qu'il pourrait même y avoir une continuité, une graduation, entre la culture humaine et les cultures chez les animaux. Ai-je bien interprété vos dires ?

 

Oui, à une réserve près : la pratique de langages à double articulation, aujourd'hui chez notre seule espèce, constitue une discontinuité et les scénarios sur son apparition pendant la préhistoire sont spéculatifs.

Le plus vraisemblable est celui de Derek Bickerton, mais il est aussi invérifiable que les autres, donc très hypothétique.

Il est clair aussi que la différence quantitative importante sur les apprentissage et le "volume de culture" possible entre nous et les autres espèces tient à ce stockage linguistique que les autres espèces ne pratiquent pas.

 

Si c'est le cas, votre pensée serait semblable à celle de Frans de Waal sur ce sujet.

 

Je suis assez d'accord sur certains sujets polémiques avec Frans que j'ai rencontré un certain nombre de fois et que j'aime bien.

Je ne peux le suivre en tout, évidemment, malgré mon admiration pour son travail et son talent pour le présenter.

 

J'aurais encore deux autres questions au sujet de Les Hommes. Passé, présent, conditionnel. Vous y affirmiez (si je me souviens, c'est à la page 194 de l'édition de 1988) que les animaux supérieurs peuvent faire des apprentissages compliqués, mais que contrairement aux humains ces apprentissages ne leur permettent pas de remettre en question leur mode de vie et leurs structures sociales :

 

Vous avez raison de rappeler que "Les Hommes..." datent de 1988 !

J'ai beaucoup évolué depuis sur le sujet à cause d'abondantes données nouvelles sur les cultures animales et celles des grands singes en particulier.

Chez les chimpanzés, modes de vie et structures sociales varient significativement d'une population à l'autre de la même sous espèce.

Ma rencontre avec Watana, jeune Orang-Outan femelle élevée avec des Bonobos dont elle avait adopté les comportements sexuels, puis sa rencontre sous mes yeux avec un "fiancé" Orang Outan m'ont fait remettre en question, au moins chez les Anthropomorphes, l'idée que les comportements sexuels animaux étaient régis par des contraintes biologiques innées. Il est clair que, dans cet exemple, ils sont appris. J'ai raconté ça, dans une chronique, du Temps du 15-6-2004. Donc, mea culpa ! Je m'étais trompé par préjugé anthropocentrique.

 

1.      Serait-ce ce qu'on appelle «l'évolution culturelle» ? Je veux dire par là qu'un espèce animale quelconque pourrait peut-être avoir une culture, mais que celle-ci ne changerait pas au fil du temps, ne pourrait pas s'améliorer ou se raffiner

 

Non, justement ! Il est clair que les comportements et les structures sociales des animaux à apprentissage varient à la fois par évolution génétique classique et évolution culturelle et que l'évolution culturelle va beaucoup plus vite.

On en a de nombreux exemples même chez des Oiseaux.

 

Ça demeurerait une culture de base, si je peux dire ainsi.

 

Ça ne peut être qu'une base très changeante au contraire.

 

Si c'est le cas, cette idée se rapprocherait de ce que Luc Ferry appelle l'historicité chez l'Homme dans Qu'est-ce l'homme ?

(excepté que Ferry base sa théorie sur le libre-arbitre plutôt que sur l'apprentissage).

 

Je n'ai pas beaucoup lu Luc Ferry. Je ne connais pas sa notion d'historicité, mais d'après ce que je comprends il est probable qu'il se trompe s'il en fait une exclusivité humaine.

Il m'a agréablement surpris une fois où je l'ai rencontré (malgré nos incompatibilités politiques extrêmes !), mais je ne pense pas qu'il connaisse bien la biologie, du comportement animal en particulier.

 

 

2.      Depuis 1988, avez-vous esquissé une explication pour rendre compte de cette incapacité chez l'animal à pouvoir changer ses modes de vie ?

 

Vous avez la réponse au dessus. Je pensais que ces modes de vie changeaient par sélection génétique de contraintes biologiques et l'on a maintenant plein d'exemples de changements de traditions purement "culturels".

 

Je dois confesser que vous ayant découvert que récemment, votre livre Les Hommes. Passé, présent, conditionnel est le seul de vos ouvrages que j'ai lu.

 

J'ai écrit sur pas mal d'autres sujets depuis, mais mon livre sur les comportements, commencé il y a 12 ans à Montréal, est toujours en chantier ... Le sujet bouge trop vite !

 

 

10:13 Publié dans Philosophie | Tags : philosophie, comportement, apprentissage, culture, traditions, génétique, humain, animaux, singes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/04/2012

VIVE SINE, A BAS LA LICRA - France !

sine-mensuel-08-home.gifEntre une idée lumineuse de notre Mix et Remix et le talent d'affichiste du patron, Siné Mensuel nous livre une couverture lumineuse, du moins quand l'imprimeur ne la laisse pas baver comme sur certaines livraisons. Le contenu suit, avec une grande interview de Me Thierry Lévy sur l'absurdité du système pénitentiaire actuel. Le bouclage a eu lieu trop tôt, toutefois, pour inclure la 3ème victoire sur le fond de Me Lévy et de Tricaud l'espiègle dans le 3ème procès abusif et scandaleux que la LICRA France a intenté à Siné.

Communiqué_Licra: Siné.pdf

En tant que généticien, anthropologue et attaché aux droits humains, j'avais pour principe de répondre bénévolement, chaque fois que possible, aux demandes de conférences ou de débats des organisations militant contre le racisme, aussi divergentes et divisées qu'elles soient, en particulier du fait de leur récupération par des lobbies économiques ou politiques. J'avais de bonnes relations avec celles du monde francophone, dont la LICRA pour laquelle je suis intervenu souvent, bénévolement, en Suisse et en France.

Malheureusement, la LICRA - France, devenue avant tout depuis longtemps un lobby pro-israélien, a suivi l'évolution vers l'extrême droite du gouvernement d'occupation en Palestine et de l'état sarkozyste.

La LICRA - France  ne cesse, en vain, de poursuivre en justice, notre maître et ami Siné, très critique, comme tous ses collaborateurs, dont des israéliens, des crimes de guerre et de paix de l'armée coloniale en Palestine*. En plus, Siné a eu le « tort » de soutenir Denis Robert, journaliste qui, enquêtant sur l'affaire Clearstream, a révélé les méthodes et des relations de cette entreprise financière « luxembourgeoise », entre autres avec des gouvernants français. Cleartream et Charlie Hebdo, où Siné travaillait alors, partageaient un avocat. Ce qui valut à Siné un licenciement abusif de la part de Philippe Val (ex - dictateur à Charlie Hebdo, promu videur de talents satyriques à France Inter par Sarkozy pour ce fait d'armes). L'hebdo, puis le mensuel Siné ont été créés pour lutter contre ces atteintes à la liberté d'expression des créatures sarkozystes.

Depuis, Denis Robert, malgré des dizaines de procès intentés par Clearstream et d'autres, a été blanchi.

Un tribunal de Lyon, deux cour d'appel, la deuxième après cassation, ont, de même, blanchi Siné des accusations odieuses d'antisémitisme de la LICRA - France. Accusations absurdes quand on connaît, comme il dit, « sa vie, son œuvre, son cul » et surtout son antiracisme viscéral.

La LICRA - France n'avait pas hésité à envoyer au feu BHL, philosophe nul mais mondain qui squatte le lobby politico-médiatique parisien (pour un témoignage consternant et sans rapport avec le sujet), ainsi que son nouveau président, le hargneux avocat Jacubowicz. Ce dernier apparait, en perdant pour la troisième fois sur le fond, comme l'un des plus nuls de la profession...

On peut s'interroger, quand le racisme fait tant de victimes au quotidien, sur ce qui pousse une organisation à vocation antiraciste à investir ses troupes et d'importants moyens financiers dans un combat dépourvu de sens, perdu d'avance s'il y a une justice dans le pays concerné. La réponse est simple : comme Charlie Hebdo sous Val, qui avait pris position contre Siné et comme le lobby politico-médiatique dont elle fait partie, la LICRA - France sert la soupe à Sarkozy et défend la colonisation et l'apartheid instaurés par l'occupant en Palestine. Toutes les méthodes sont bonnes pour essayer de faire taire les opposants et la presse qui dénoncent les forfaitures financières en France ou bien les crimes de guerre et autres malversations occidentales au Proche Orient. En particulier les procès abusifs, gagnés ou perdus, peu importe, intentés pour les faire taire à des journaux, des journalistes ou des particuliers qui n'ont pas les ressources juridiques et financières de la LICRA et de ses puissants amis. Ce détournement de la justice par des riches qui veulent faire taire moins riches qu'eux, en multipliant des procès dépourvus de sens et les frais d'avocats et procédure qui vont avec, est devenu courant de la part des sociétés commerciales et financières pour cacher leurs malversations. De la part d'une organisation qui prétend défendre des droits humains, c'est totalement cynique et honteux.

Je précise que la LICRA Suisse, pour autant que je le sache, semble loin des méthodes scandaleuses de la section parisienne, tout comme les militants et sections locales françaises avec lesquels j'ai encore travaillé récemment pour de bonnes causes. Beaucoup ne semblent pas très heureux de servir de faire-valoir à des pantins parisiens comme BHL ou Jakubowicz.

*Voir par exemple http://www.lecourrier.ch/les_pieds_noirs_d_israel

 

16:48 Publié dans franco-franchouillard | Tags : liberté d'expression, siné, siné mensuel, racisme, palestine, justice, procès | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/04/2012

Dieu est le pire poisson d'avril !

Dédé - la - foi, (suite et fin)

Derrière tout mensonge se cache une part de vérité, même quand il s'agit d'une blague de premier avril ! Un de mes anciens étudiants, devenu bon pasteur - pour moi un échec relatif - organisait une rencontre de jeunes sur le thème « science et foi » hier, premier avril aux Grottes. Je trouvais que c'était une excellente idée : Dieu est le pire poisson d'avril de tous les temps, au vu des malheurs sans fin que cette mauvaise blague a déclenché dans toutes nos sociétés humaines. Aussi, j'ai accepté de bonne grâce de répondre aux questions des jeunes et de leur berger, regrettant juste que les jeunes présents, bien timides, ne se soient exprimés que par les expressions, souvent éloquentes, de leurs doux visages. Le problème des prêtres, comme des profs, c'est de trop parler et d'inhiber leurs disciples !

Je m'arrête donc pour vous livrer la préparation de l'entretien...

 

Questions du bon pasteur :

 

  • Pouvez ‐vous nous donner une définition de la science ?

 

C'est une méthode pour essayer que deux humains faisant la même observation ou la même expérience en tirent les mêmes conclusions.

Elle consiste à tester des hypothèses en les mettant à l'épreuve et à les conserver provisoirement tant que l'on ne les a pas rejetées et que l'on n'a pas trouvé plus simple.

Ensuite on regroupe ces hypothèses en théories qui, par définition, sont provisoires et incomplètes.

Il n'y a donc :

- aucune « vérité scientifique » permanente

- aucune théorie complète

possibles.

  • Et pour vous la foi c'est quoi ?

Une erreur de jeunesse !

L'ayant découverte à 10 ans et perdue à 11, je suis mal placé pour répondre !

 

comment comprenez ‐vous cette histoire de croyance, de foi, de Dieu ?

Vu de l'extérieur, cela ressemble à un mélange d'émotions semblables entretenues par des mythes, différents d'une culture à l'autre, au profit des prêtres...

 

  • Pouvez ‐vous nous présenter un petit historique de cette éternelle guerre entre la science et la foi ?

 

Jules César Vanini torturé et brûlé à Toulouse par l'Inquisition catholique

Galilée, obligé de mentir pour échapper au supplice.

Giordano Bruno brûlé à Rome.

Michel Servet brûlé par les Calvinistes à Genève.

Fontenelle, de Maillet, Buffon, empêchés de s'exprimer sur ce qu'ils pensaient et obligés de se contredire sans cesse.

Lamarck ridiculisé au retour de l'église après la révolution française.

Darwin diabolisé par les anglicans pour ce qu'il pensait.

La Charia qui condamne à mort pour apostasie.

Ça donne envie de casser du prêtre, non ?

Encore que ce sont souvent des prêtres chercheurs qui ont été ainsi traités.

Mais ce n'est pas dans les usages de la science !

 

  • Cette guerre est ‐elle vraiment fondée ?

 

Oui : une bonne pratique de la science est incompatible avec une foi qui donne la priorité aux révélations sur l'observation et l'expérience.

  • Est ‐ce qu'on pourrait concilier le point de vue de la science et celui de la foi ?

 

Seule une foi qui considère les textes sacrés comme des mythes dont l'interprétation doit s'accommoder de ce l'on sait de l'état du monde est compatible avec une bonne pratique scientifique.

 

  • Et la Genèse qui dit que la terre a été créée en 6 jours par Dieu, qu'en penser ?

 

Buffon objectait déjà dans « Les époques de la nature » que le mot araméen traduit en grec, puis en latin, puis en français par « jour » ne pouvait signifier jour de 24h puisque la lumière n'était créée que le 2ème jour ! Lui, comme plus tard Cuvier, pourtant créationniste, considérait qu'il s'agissait de sept fois une très longue durée.

 

  • Que penser de l'évolution ?

 

C'est la théorie consensuelle actuelle provisoire de la biologie, rassemblant tout ce que l'on sait dans ce domaine et posant plein de questions sans réponses. Il faudrait vraiment des faits très inattendus pour la remettre en cause : une visite convaincante de Jésus  qui nous explique les trucs de Dieu le père ou un débarquement d'extra terrestres plus malins que nous...

 

peut ‐on vraiment croire que la terre a 6000 ans comme le proposent certains créationnistes ?

 

On peut le croire, mais c'est évidemment idiot au vu des connaissances actuelles.

 

 

  • Peut ‐on dire avec certitude que l'Homme descend du singe ?

 

Les humains ne descendent pas des singes, puisque les humains SONT des singes !

Des singes bizarres, mais des singes quand même ...

 

  • Comment selon vous devrions nous parler de la science dans les églises ?

 

Comme d'une méthode qui vaut la peine qu'on la connaisse si l'on prétend essayer de comprendre le monde.

Une méthode qui répond à beaucoup de questions du type « comment ? » et presque jamais aux questions du type « pourquoi ? ».

Qui s'intéresse plus aux causes proximales qu'aux causes finales.

 

Quelles sont les fautes à ne pas commettre ?

 

Je dirais erreurs, pas fautes !

Croire que la science énonce des vérités définitives.

Prendre les scientifiques, les chercheurs pour des « savants » devant répondre à tout, en particulier aux questions « simples ».

Prendre la science pour une théologie dont on attend, dans la plupart des cas, qu'elle réponde effectivement à tout.

 

 

  • Si on parle d'un monde meilleur, quel est votre espoir de voir un jour un monde meilleur et à quoi devons nous nous accrocher ?

 

Je n'ai aucun espoir de voir un monde meilleur de mon vivant et j'aimerais penser qu'il ne sera pas pire pour mes enfants et petits enfants.

Mais c'est très mal parti !

Sinon, d'ici très peu de temps à l'échelle de la vie, je ne serai plus préoccupé par la suite de l'histoire...

Question des jeunes :

  • Est ‐ce que le big‐bang prouve l'existence de Dieu ?

 

Non, bien sûr !

Le big-bang n'est qu'une hypothèse pour expliquer le « rayonnement fossile » observé par les radio - télescopes, qui est la plus ancienne information dont on dispose sur l'univers et pas du tout « l'origine » de l'univers.

 

(et si oui en quoi est-ce qu'il le prouve ?)

 

  • D'après un célèbre scientifique (Monsieur Lavoisier), il dit que : <<Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme>>.

 

Une belle formule qui décrit bien notre expérience de tous les jours !

 

Et alors : nous, d'où venons ‐nous ?

 

De ce que nous savons de l'histoire de la vie et de l'évolution des espèces.

Avant et au début, je n'en sais rien !

 

Et Dieu dans tout cela...?

 

Le même Lavoisier avait répondu qu'il n'avait pas besoin de cette hypothèse !

J'ajouterai que Dieu n'est pas une hypothèse scientifique parce que son existence n'est pas « réfutable » (elle ne peut pas être mise à l'épreuve par l'observation ou l'expérience).

Dieu n'a donc pas de place dans les hypothèses et théories scientifiques et la science n'a pas à se prononcer sur son existence ou son inexistence.

 

  • Est-ce que vous y croyez vraiment quand vous vous levez le matin et que vous vous dites : "Je vais essayer de découvrir/comprendre ce grand mystère qui est l'Univers", je veux dire ça ne vous semble pas absurde d'essayer d'émettre des millions de théories afin de comprendre, pour ne pas se résigner à juste croire en la grandeur de Dieu ?

 

Ma réponse est dans votre question : pour moi, croire sans preuve, c'est se résigner ! C'est une solution de paresseux ou de trouillards...

 

  • En quoi une théorie scientifique expliquant la création du monde contredirait l'existence de Dieu ?

 

Mais aucune théorie scientifique ne peut expliquer une éventuelle création du monde à partir des données dont on dispose aujourd'hui !

Les données manquent...

 

  • Est ‐ ce que, toutes vos recherches dans la science et vos découvertes du fonctionnement merveilleusement bien articulé du monde que nous connaissons ne vous ont pas, à un certain point, amenées à penser que seul un Dieu tout puissant pouvait être à l'origine de tout cela ?

 

Non, parce que pour moi, affectivement et émotionnellement, la souffrance et les malheurs des humains, et même des autres animaux, sont inacceptables et incohérentes avec les merveilles du monde : beautés, plaisir et humour. Donc, si un Dieu tout puissant a créé cela, pour moi c'est un fou ou un pervers et je préfère l'ignorer. Et s'il n'est pas « assez » tout puissant pour corriger ses propres erreurs, quel intérêt ?

 

Vous semble ‐ t ‐il rationnel de penser que tout cela n'est que le fruit du hasard ?

 

C'est une hypothèse rationnelle et c'est la plus simple, même si elle n'est pas très agréable. Je la garde tant que je n'ai pas trouvé mieux, selon la philosophie actuelle des sciences...

« Si l'Eternel exi i ste,

En fin de compte il voit

Qu'j'me conduit guère plus mal

Que si j'avais ... la foi ! »

Georges Brassens (Le mécréant)

 

14:29 Publié dans Spiritualités | Tags : dieu, foi, poisson d'avril, jeunes, questionnement, science, science et religion, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/04/2012

Dédé la foi

Ils sont venus me poser des questions sur mon incroyance et sur leur foi. Ils étaient jeunes et beaux, séduisants : le bon et jeune pasteur, dressé dans son enthousiasme et ses convictions et ces deux jeunes plus foncés, qui pendaient discrets à ses côtés, attentifs, me regardant avec empathie mais méfiance…

Ils filmaient tout, enregistraient tout, par tous les bouts de notre entretien, comme si nous étions en train de refaire le monde !

Nous le refaisions, effectivement, à partir de mes ruines et de leurs espoirs, de ma résignation et de leur détermination.

Je leur expliquais que la science c’est le doute et la foi la certitude. Que la foi ne laisse pas place au doute, ni le doute à la certitude. C’est aussi paradoxal que la démocratie : peut-on voter pour les ennemis du droit de vote? Oui, bien sûr, l’histoire le répète sans fin ! Comme elle témoigne que l’on ne peut imposer la liberté à ceux qui ne l’imaginent même pas...

Le temps passait et un désir de partager leur bonheur de croire m’envahissait peu à peu. Leur complicité me faisait envie. L’individu isolé a toujours envie de rejoindre le troupeau de mouton, le ban de poissons, la galerie des rhinogrades*, le club de supporteurs, la manifestation ou la communion.

Alors je me mis à douter de mon doute, presque prêt à l’échanger contre leurs certitudes : à moi Jésus ! A moi l’agitation des rameaux dégoulinants d’eau bénite, à moi les lapins et les résurrections de Pâques, l’encens et les cantiques, les pénitences masochistes, la pureté des chœurs de vierges et leurs orgasmes mystiques débridés ! C’est là, j’en suis sûr, que Bernadette m’est apparue, poussée du fond de la grotte par la main au cul du Saint Esprit, dans un rayonnement aussi spatial qu’éblouissant et qu’elle m’a fait chanter avec eux :

Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !

 

*http://vimeo.com/channels/mnhn#39485501

http://www.mnhn.fr/museum/foffice/tous/tous/guidePratique/expositions/expoEnCours/fiche_exposition.xsp?AE_ID=10775&LIEU_ID=164&MAN_ID=17886&SITE_ID=10&idx=2&nav=liste

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