29/10/2012

Le bout du sexe à Fribourg... ne le ratez pas!


       Parfois, la campagne surprend. Quand on me demande de parler de science et religion en Valais, par exemple, tout en sachant à quoi s'attendre...

       Cette fois-ci, c'est à Fribourg que l'Association "Les 4 vents" me demande d'intervenir à l'Université sur le thème décoiffant d'une série de 4 conférences :                                               "Le sexe, par quel bout le prendre" !                                                                                                En précisant que l'on attend de moi un regard "anthropologique".                                             Ayant fait le tour - devrais-je dire la quadrature ? - des 4 regards attendus, je me rends compte que ces 4 bouts du sexe envisagés (ça fait déjà un joli sexe !) ne concernent que des sujets sciences humaines : juridique, sociétal, philosophique et anthropologique. Un rapide coup de téléphone me confirme que l'on m'attend, a priori, pour des histoires de sexualités humaines exotiques, genre ethno-bunga bunga ! Mon sang de biologiste ne fait qu'un tour :

-  " Mais vous n'avez pas envisagé un regard biologique ? " (je me dis quand même, papa dans maman, qui dépose un petit jet collant plein de millions de spermatozoïdes en rut visant, après un parcours du combattant de sept mètres de long dans les cryptes de l'utérus, un éventuel ovocyte, avec, sauf barrage de l'Immaculée Contraception, la perspective que l'un d'entre eux puisse en faire un oeuf en se plantant dedans, tout ça, ce qui précède et la suite, et ce qu'il y a autour, tout ça, c'est plutôt de la biologie !)

- " On y avait pensé, mais finalement on ne l'a pas retenu !"

- " Euh... ça ne vous dérangerais pas si je parlais, quand même, un tout petit peu de biologie ? "

- " Non, non, bien sûr, au contraire ! " 

       Ouf ! Je vais pouvoir faire mon métier... Ce n'est pas que je ne sois pas capable d'un stand up de trois quarts d'heure sur les mœurs sexuelles des populations variées que j'ai eu le bonheur de fréquenter sur le terrain et/ou par mes lectures, mais j'aurais quand même eu l'impression, en tant que prof et généticien de rater le plus gros bout du sexe, même au pays du fromage, si je n'avais pas raconté des histoires de tuyauteries et d'évolution animale et humaine ! Mais pour ne décevoir personne, il y aura bien des histoires exotiques, de chez nous et d'ailleurs...

       Dernier détail, l'opération a lieu à la Kinderstube* de l'Université, ce qui, sauf méprise grave de mon germain sommaire, doit être fréquentée par des enfants. Vu le sujet que l'on me demande de traiter, je préfère avertir les enfants qu'il vaut mieux, pour la paix familiale, laisser les parents coincés à la maison ou au bistrot le temps de la conférence...

* "Sexe : liberté biologique et prisons culturelles" Kinderstube (Université de Fribourg, rue de l'Hôpital 4, à 19h ce mardi 30 octobre, conférence suivie d'un débat et d'UN APERO !)

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08/10/2012

NON, bien sûr !

572916682.jpgIl y a des pays comme l'Angleterre qui ne changent jamais de constitution et gardent des textes aussi datés par le temps que la Bible, le Coran ou le Kama Soutra ; parce que, au nom de ces textes que l'histoire et le temps ont rendus dérisoires, ils ont préservé un consensus social, moral et relationnel qui n'a plus rien à voir, mais qui leur convient. Quitte à se battre éternellement sur l'interprétation du dogme dès qu'un problème pratique doit être résolu.

Et puis il y a des pays où, au prétexte de modernisation ou d'actualisation, on ne cesse de bricoler une loi fondamentale censée contenir des grands principes permanents en fonction d'objectifs minables des dominants du moments. La caricature en étant les "coups d'état" constitutionnels qui consolident les dictatures, les régimes populistes comme la Vème république en France ou les coups d'état militaires.

Bien sûr, l'idée d'une nouvelle constitution pensée à neuf et consensuelle à Genève  a séduit. En négligeant qu'il s'agissait de suivre des modernisations déjà vues ailleurs où le monde dominant de l'argent et ses serviteurs néo-libéraux ont utilisé ladite modernisation comme cheval de Troie pour faire avaler des alouettes de progrès contre des chevaux de régression sociale.

La constitution actuelle, dans ses "archaïsmes", contient encore des traces de pensée sociale que le monde du fric voudrait "moderniser", comprendre éradiquer ! Il est urgent de ne pas y toucher malgré les hurlements des loups libéraux et les bêlements des brebis socialistes qui ne demandent qu'à se faire tondre pour sauvegarder quelques leviers de commande dérisoires. Il est hautement symbolique que des militants ou ex-militants du PS réputés penser autrement que par une stalinienne "discipline de parti" se prononcent contre ou se réfugient dans des votes blancs ou des abstentions gênés. Sur un sujet aussi fondamental, il est clair que le libre choix individuel et son expression devraient l'emporter sur des votes bloqués dans le style de l'extrême droite.

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