21/11/2012

Nous sommes tous des écologistes !

A l’heure où, pour les médias domestiqués, l’écologie consiste à magouiller avec des socio-traîtres des sièges de sénateurs ou bien des jobs de ministres soutenant des programmes contraires à ce qu’espèrent leurs électeurs, il est temps de se souvenir de l’histoire, et même de la préhistoire de l’écologie. C’est ce que propose Alain Hervé, avec, en sous titre de son livre « Merci la Terre », le titre de cette note. Il propose de revenir aux fondamentaux et d’en déduire des leçons pour la vie quotidienne. L’écologie est née, il y a un siècle, comme science étudiant les rapports entre les êtres vivants et leurs environnements physiques et biologiques, ainsi que, par extension, le fonctionnement des écosystèmes, jusqu’au niveau de la biosphère. Bref, un peu tout ce qui concerne la vie. « Vaste programme ! » aurait dit le général de Gaulle, comme quand il commentait un « Mort aux cons ! » lancé à la cantonade… Ce vaste programme piétinait les platebandes de la philosophie, de la géographie, de la démographie et des sciences de la nature qui se souciaient, de longue date, de certaines de ses problématiques. Au départ, l’écologie scientifique était plutôt réductionniste, cherchant à tout comprendre du fonctionnement d’une mare dans un jardin ou des interactions du faucon pèlerin avec les autres espèces vivantes. Mais il apparut vite à des précurseurs que les activités humaines compromettaient le fonctionnement habituel des écosystèmes naturels, qu’il s’agisse de l’agriculture industrielle, des exploitations minières invasives ou de la production d’énergie à tout prix. Leurs connaissances en écologie devaient donc émerger sur la place publique pour éviter un « désastre écologique » d’origine humaine. Les grandes remises en cause, autour de 1968, accouchèrent ainsi d’une écologie politique qui voulait mettre cette science sous les projecteurs et passer à une gestion intelligente du vivant. Journaliste, écrivain, voyageur, naturaliste de bon niveau, « Fou de Palmiers » Alain Hervé, fondateur en 1969 des « Amis de la Terre », fût avec René Dumont et François Terrasson l’un des principaux fondateurs et la plume de cette mouvance en France. On lui doit, en particulier, à l’époque, la publication de revues comme « Le Courrier de la Baleine » et, sous la protection un peu lourde du Nouvel Observateur, « Le Sauvage », qui existe toujours sous forme de blog*.

Mais la politique, telle que la pratiquent nos prétendues démocraties, pourrit tout par sa dépendance de médias soumis aux mondes de l’argent et de la rentabilité immédiate. Cette dernière est un critère très antithétique de la science, en général, et de l’écologie, en particulier. Les politicards de l’écologie ne tardèrent pas à se perdre en querelles internes, compromis et renonciations, comme des radicaux d’autrefois. Quand ils ou elles ne finissent pas dans le blanchiment du trafic de drogue des banlieues chaudes… Et le mouvement se partage aujourd’hui entre des arrivistes prêts à n’importe quoi pour le pouvoir et des activistes sectaires marginaux, qui prêchent le bien et le mal comme toutes les religions, et annoncent la fin du monde si le « Bio » ne triomphe pas !

Face à ces dérives, Alain Hervé, le navigateur, essaie de redresser la barre par un retour aux sources scientifiques, qu’il propose avec talent dans son « Merci la Terre » et par la résistance au catastrophisme religieux « des sauveurs de planète », dans des ouvrages semi-optimistes comme « Le Paradis sur Terre ». Il fait partie, avec son expérience personnelle et son histoire de fondateur, d’un mouvement essentiel de nos temps et il faut lire ses contributions. Même s’il convient de garder un œil critique, en ce qui concerne deux aspects, en particulier. D’une part des résidus chrétiens lui font encore partager le monde entre le bien et le mal, tout en restant conscient que c’est l’humanité et non la Terre qui est en danger. D’autre part, une critique trop indirecte de LA cause de la catastrophe : le capitalisme néolibéral, avec son culte de l’individualisme forcené et de l’argent, qui précipite nos descendants dans une impasse écologique.

* http://www.lesauvage.org/

« Merci la Terre » et « Le Paradis sur Terre » d’Alain Hervé, tous les deux aux éditions Sang de la Terre, Paris

http://www.sangdelaterre.fr/

Et très complémentaire de cette note :

http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2012/11/21/vingt...

Merci Pascal !

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