29/06/2015

DAESH, le FMI et les grecs

Les volontaires étrangers de DAESH ont choisi de quitter des conditions de vie variables, mais relativement confortables, pour l’enfer de la guerre, de la violence, de la souffrance ou le néant de la mort. Parmi eux, certains font cela par amour, réel ou platonique, d’un partenaire ou d’un gourou. D’autres, suicidaires de toutes façons, choisissent, en moins sympa, une fin à la Pierrot-le-fou. Mais beaucoup ont sans doute été amenés là par une cascade  d’événements sur la pente de la soumission à l’autorité et à la propagande, individuelle ou collective. En cela, la propagande radicale islamiste n’a rien d’original par rapport à celle des armées, des religions, des nationalismes et du marketing « sportif » ou commercial. On fait adhérer le « client » à des slogans, à des théories simples et fausses, à des comportements stéréotypés et irréfléchis, mais gratifiants dans l’immédiat, récompensés dans le réel ou l’imaginaire. On ne demande pas au supporteur de mourir grenades à la main pour son club, ni au geek de décapiter pour soutenir l’iWatch, mais ce n’est qu’une question de degrés d’intensité ! Ce qu’il y a de commun entre tous ces braves gens, c’est la soumission à une autorité intrusive par des conditionnements, par la récompense et la punition, ce qui leur évite toute hésitation avant de passer à l’acte et toute analyse critique des conséquences de l’action qu’ils décident, sur un mode affectif inconscient et trop rapide pour être raisonné-raisonnable.

Quand la dictature de Bruxelles, le FMI, la BCE et autres marionnettes de la finance internationale et des Etats-Unis humilient la Grèce parce qu’elle a été ruinée par les prêts félons qu’ils ont fait à ses dictateurs, militaires fascistes et socio-démocrates pourris, au bénéfice des armateurs, religieux et autres financiers évadés fiscaux, c’est une forme de terrorisme presque aussi violente que les bombes et les décapitations : soumettez-vous, acceptez la misère de l’austérité, ou bien nous faisons tout sauter de votre économie, donc de votre quotidien, nourriture, éducation et confort minimal ! Et que les espagnols, français ou même les allemands pauvres qui sont tentés de jouer à Syriza se tiennent à carreau, s’ils ne veulent pas subir le sort que nous allons vous infliger…

Face à ce terrorisme économique, les grecs vont devoir voter sur des enjeux incroyablement complexes et face à une incertitude majeure. Si voter pour la soumission au reste du monde est la garantie de la poursuite de l’appauvrissement des pauvres et de l’accroissement des inégalités les plus scandaleuses, voter non sera l’assurance d’une récompense sous forme de dignité retrouvée… et de difficultés conduisant sans doute à une situation dont Cuba, la Corée du Nord ou l’Iran sont des exemples concrets. Les grecs avaient inventé une démocratie toute relative en des temps où le reste du monde leur laissait une certaine tranquillité. Sous les pressions terroristes de DAESH ou du FMI, ce « moins mauvais des systèmes politiques » fonctionne de plus en plus mal et ne leur laisse que des choix impossibles…

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