13/10/2015

POUR OU CONTRE LE CANNIBALISME ?

Contre                                                                                                        J’aurais jamais dû conseiller à ma fille Anouk de lire l’excellent roman « préhistorique » de Roy Lewis "Pourquoi j'ai mangé mon père" ! Surtout connaissant son écriture décalée, son goût des polars, ses scrupules documentaires et sachant qu’elle vit en Corse, dans une culture bizarre. Trop tard ! Sa passion de l’exotisme et de l’écriture, sa gourmandise gastronomique et culturelle, plus un goût de la provoc (venu d’on ne sait où ?), nous valent, chez un éditeur Corse, donc suspect, « Cannibal-Tour ». Des insulaires du monde de l’enseignement (pourquoi ?) s’y font déguster, au sens strict, chez des colonisés aussi branchés qu’imprévisibles. Le tout avec des pratiques Michelin trois étoiles qu’elle a manifestement eu du plaisir à détailler. Tout ça n’était pas grave avant qu’elle ne m’invite pour un réveillon, très loin dans la montagne… D’abord, je me suis réjoui, allant jusqu’à accepter, moi l’intraitable mécréant, la perspective de la messe de minuit, des polyphonies, de la liqueur de myrte et des fromages de destruction massive qui terrorisent continentaux et autres étrangers. Mais l’insistance d’Anouk, le contexte insulaire et exotique me firent vite éprouver un certain malaise, puis un malaise certain ! Je repense à Roy Lewis, à son argumentation imparable et me trouve devant un choix cornélien : est-ce bien raisonnable de rejoindre, loin dans la montagne, dans sa tribu d’adoption, hors réseaux sans fils, l’auteure de cette apologie de l’anthropophagie humaine et cultivée ? Bien sûr, je n’en parle à personne et m’interroge : un incident est vite arrivé là-bas ! Ma curiosité me dit d’y aller, mais le souci de mon intégrité corporelle demande des garanties. J’hésite encore et confie donc ce texte à XXXX, avec mission de le publier, dès que possible et en urgence, s’il n’a pas de mes nouvelles d’ici le Nouvel an 2015.                                                                                                                Ajaccio, 24-12-2014

 

Pour : agrégé cannibale !                                                                     C’était fin juillet 1967, oral de l’agrégation de biologie. Fin de matinée, chaleur torride, jury endormi au trois quarts pour sa quatrième « leçon » du jour. Bref, la pire heure pour parler des protéines dans l’alimentation, niveau bac. Seul le président m’écoutait, les autres ronflaient. Je risquais mon va-tout en concluant, à forte voix, par cette évidence : « d’un point de vue diététique, seules les protéines humaines présentent les structures et proportions idéales pour construire et entretenir un corps humain ; ce qui nous incite au cannibalisme ! ». Rires et coups de coude du président, réveils paniqués : « qu’est-ce qu’il a dit ? ». Eh bien, ils ont ri et m’ont reçu… Merci les cannibales !

 

Abstention : Aime ton prochain comme toi-même : crû ou cuit ?        « Ceci est mon corps, ceci est mon sang… » Plutôt vampires et cannibales leurs évangiles ! Si l’apôtre et le communiant ne se sentent pas draculants, ont-ils le droit de faire du boudin avec le raisiné du p’tit Jésus ? Et s’ils n’aiment pas dieu en tartare, ont-ils le droit de faire cuire la chair ? Je voudrais vous y voir chez les cathos : essayez donc de cuire une hostie ! Chez les luthériens, au moins, la brioche est cuite, on n’attrape pas la maladie de la vache sacrée folle… Par contre, cuire le pinard dans des boyaux, ça ne le fera pas ! Tout ça pour vous dire qu’avant de rigoler du cannibalisme des autres, faudrait être plus clair avec le nôtre… Amen !

                      

 

 

Les commentaires sont fermés.