13/06/2009

Le discours de Bardonneix

Il y a quelques années une élue débutante me pourrissait le week-end parce qu'elle n'arrivait pas à écrire un discours qu'elle devait prononcer à Bardonneix. Je lui ai donc bricolé le texte ci-dessous pour essayer de sauver la soirée. En vain ! Comme finalement elle a fait bien plus ennuyeux et moins créatif, je vous livre ce discours, jamais prononcé, retrouvé à l'occasion d'un rangement...

BARDONNAIS, BARDONNAISES !
Vous avez de la chance !
Le monde entier vous envie, bardonnez moi de vous le dire, même quand il vous ignore…
Vous êtes suisses, citoyens d’un pays dont l’armée ignore la guerre au point qu’il est permis de voter pour ou contre cette organisation coûteuse qui ne sert à rien, ce qui n’est pas donné au reste du monde.
Vous êtes genevois, avez vue sur le lac sans subir les effluves méphitiques des crèmes à bronzer. Vous pouvez aussi détruire l’environnement avec vos 4x4, mais en évitant les embouteillages de 17h aux Pâquis.
Genève est un havre de paix et de prospérité dans un monde sordide dont une grande partie ne rêve que de venir s’y installer. Vous bénéficiez d’une qualité de vie unique et somptueuse parce que votre sécurité, la scolarisation de vos enfants, vos transports, vos loisirs, votre culture sont assurés par des fonctionnaires consciencieux et efficaces que seuls des imbéciles peuvent diffamer. Croyez-vous que le reste du monde souhaiterait venir dans un canton mal administré par des paresseux et des fumistes ?
Bardonneix, par sa frontière vous permet de mieux évaluer que quiconque ailleurs, tout l’intérêt qu’il y a à vivre de ce côté-ci, plutôt que de l’autre où commence le tiers monde et ses sociétés informelles. Les cohortes de frontaliers pendulaires sont à sens uniques, alternés le matin et le soir, et les transferts de prospérité, ici aussi, se font du Nord au Sud, mais dans la convivialité, et non dans l’exploitation : c’est au Nord que l’on travaille, c’est au Sud aussi que l’on gagne, contrairement aux exploitations cyniques de la mondialisation.
Bardonnais, Bardonnaises, vous me semblez sportifs et sains. Ici, ce n’est ni le Niger et ses squelettes ambulants, ni l’Amérique et ses obèses ventripotents.
La bardonnaise rit quand on la pèse !
Est-ce à dire qu’il n’y aurait rien à dire, rien à faire, rien à changer dans le plus ennuyeux des paradis, que l’on manquerait d’un peu d’enfer, de quelque chose de plus distrayant ?
Certes non !
Tout reste à faire pour réduire les discriminations et les inégalités de traitement dont sont encore victimes les femmes, les étrangers, les handicapés, les malades, les vieux et autres exclus du système néolibéral que certains voudraient nous imposer pour faire, comme ailleurs, moins de social, moins de règlements, plus de passe-droits et plus de profits. A travail égal, les femmes gagnent encore beaucoup moins que les hommes et sont beaucoup moins promues. Les étrangers sont encore jugés en fonction de leurs prétendues origines, à l’heure où la biologie a établi une origine commune récente de toutes les populations humaines, faisant de nous six milliards de cousins, pas si éloignés qu’ils en ont parfois l’air. Des cousins égaux en droits et en aptitudes, sous réserve, toutefois, qu’ils aient le même accès à l’éducation, à la culture et à la satisfaction de leurs besoins vitaux. Si le sort des handicapés, des malades et des vieux est ici bien meilleur qu’en beaucoup d’autres lieux, il reste beaucoup à faire pour que ce qu’on leur accorde soit considéré comme un droit et non comme une charité par laquelle on investit pour l’au-delà. Les regards sur les défavorisés doivent changer et réaffirmer la dignité de chacun.
La prospérité du plus grand nombre passe par la conjugaison de la réussite économique et la force de l’état- providence qui assure la répartition d’une part suffisante des profits à l’ensemble de la population. La paix sociale n’est assurée que si les femmes et les hommes ont les mêmes droits et les mêmes rémunérations, si l’ensemble des résidents se sent traité justement et si ceux que le malheur accable sont soutenus par une solidarité sans faille. Ce simple programme de justice sociale et de bon sens exige une approche différente de la pensée unique  que l’école néo-libérale  ou son rejeton bâtard social- traître tentent d’imposer partout à travers le monde.
En ce jour de célébration nationale, Bardonneix en fête doit être perçu comme l’un de ces rares chantiers où l’on veut que liberté rime avec société, égalité des chances avec humanité des cadences et où la gestion rationnelle de notre précieux environnement ne sera abandonnée ni à la droite et à ses pollueurs, ni aux irrationnels New Age, verts et autres pas mûrs ! Bonne fête à tous !
Vive Bardonneix ! Vive le socialisme libertaire !

17/11/2008

Mon geste écolo

Faire souvent l’amour, jamais la guerre. Rechercher les plaisirs, fuir les douleurs. Se déplacer à pied, en vélo, en transports en commun, en train. Avoir deux places de parking vides et pas de voiture. Emprunter celles des autres, en louer ou prendre l’avion, seulement si nécessaire. Ne pas jeter de nourriture, ni commander plus que l’on mange ou manger trop. Débrancher les appareils électriques et les chauffages inutiles. Apprendre aux enfants et aux autres à connaître et aimer la vraie nature : celle des plantes qui piquent, des animaux qui mordent et des paysages de rêves, pas celle des dessins animés ou jeux vidéo. Soutenir l’utilisation de technologies susceptibles, par utilisation judicieuse, de réduire la pollution et l’effet de serre : organismes génétiquement modifiés, nucléaire civil, énergies alternatives si crédibles. Lutter contre le système politique, financier et industriel de la société de consommation et les multinationales qui conduisent au désastre écologique.

TdG 12.11.2008

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29/05/2008

Naturalisations municipales

 Imaginez que, suite à l’initiative Fédérale de l’UDC, un organe – désolé, c’est le texte ! -  un organe, donc, décidé par le corps électoral, accorde, définitivement, le droit de cité communal.
Supposons que cet organe pète les plombs de temps en temps, ici ou là, ça arrivera bien !
A Pluckstadt, on n’aime que le foot, on ne naturalise que des footballeurs!
A Gravos, des hockeyeurs, qui détestent les premiers.
A Roulstadt, il faut posséder un 4x4 pour obtenir la citoyenneté, mais les voisins ne veulent que des cyclistes.
Ne parlons pas des communes qui n’aiment que les rahéliens, les skinheads ou les rockeurs français de caniveau.
Ni de celles où les amis du maire importent des factions palestiniennes ou islamistes !
La démocratie locale, selon l’UDC, pourrait, sur le long terme, modifier curieusement nos campagnes !
Le peuple, si souvent évoqué par ce parti, semble se rendre compte que le folklore des places de village d’antan est dépassé et que la démocratie locale ne saurait résoudre les enjeux généraux.
L’égalité des droits, face aux règlements, n’existe que par une égalité de traitement, au niveau de la confédération, au moins.
Et puis les droits humains s’appliquent aussi aux non - citoyens, même s’ils n’ont pas tous nos droits.
J’aime bien voter dans ce pays où l’on s’exprime sur des enjeux intéressants, parfois comiques, que la plupart des peuples ne voient pas passer.
Mais, pour une fois, cela m’énerve de devoir voter contre un texte aussi débile !

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22/05/2008

Propagande : kmaires Verts ou UDC, mêmes méthodes !

Daniel Brélaz, en se couchant devant l’UDC- Vaud, pulvérise les illusions de ceux pour qui les Verts seraient un parti démocratique parce qu’ils ont été élus par des électeurs plutôt de gauche. Selon Le Courrier d’hier, sans même se renseigner et à la demande de Claude–Alain Voiblet, secrétaire général de l’UDC- Vaud, Brelaz a fait effacer d’un site internet privé appartenant à un employé municipal, entre autres, les deux textes que voici :

1) " La propagande ne doit s’adresser qu’à la masse ! (…)
Toute propagande doit donc se limiter à un très petit nombre de points et les exploiter sous forme de slogans jusqu’à ce que tout le monde, jusqu’au plus borné, réussisse à voir derrière le mot ce que l’on veut lui faire comprendre. La masse est peu accessible aux idées abstraites. Par contre, on l’atteindra plus facilement dans le domaine des sentiments.
                                                                                            Adolf Hitler, Mon combat, 1925 "
Commentaire du site www.lausanne.tv :

2) " Se rappeler l’histoire, c’est préparer l’avenir. Mais si vous aimez celle qui se répète, voter pour l’UDC… "

On peut se demander ce qui démange tant le syndic de Lausanne dans la citation d’un texte d’Hitler qui en dit long sur les méthodes odieuses et l’immoralité totale du personnage et d’un commentaire qui suggère qu’il vaudrait mieux ne pas recommencer ! Et qui constate que la propagande de l’UDC suit effectivement le mode d’emploi du Fürher : petit nombre de points, slogans martelés jusqu’au conditionnement de la masse à « ce que l’on veut lui faire comprendre », usage des sentiments pour cette masse « peu accessible aux idées abstraites ».
Le B A BA de la politique est de connaître et comprendre les buts et les méthodes des adversaires et ennemis pour mieux lutter contre. En ce sens, la politique qui consiste à interdire Mein Kampf ou à cacher que l’inquisition catholique a fait bien plus de victimes innocentes que la Stasi sont contre productives. On n’est pas vacciné contre ce que l’on n’a jamais rencontré !
Ce qui gène Daniel Brelaz, c’est évidemment que les méthodes des Verts sont exactement les mêmes que celles de l’UDC et qu’elles suivent d’aussi près les « bons » trucs du Führer : marteler sans fin des slogans simplistes et inexacts, mais accessibles à « la masse », tels que « Nucléaire, non merci ! », « Oui au Bio ! », « Non aux OGM ! ». Alors que leurs dirigeants savent très bien qu’il y a un nucléaire utile et incontournable, que le « Bio » est un tout et n’importe quoi, souvent mercantile et illusoire, et que la question du tri du dangereux, du possible et du prometteur dans les technologies biologiques, comme dans toutes les autres, ne peut être instruite que par des gens y comprennent quelque chose, contrairement à la plupart des dirigeants verts et à la masse de leurs gentils militants. Alors on joue, comme le conseille Hitler, sur les sentiments plutôt que sur les idées abstraites, en exacerbant la dichotomie entre le supposé bien absolu et un prétendu mal tout aussi absolu, quitte à être approximatif et mensonger. On fait rêver les babas, les bobos et les mères de famille surmenées, effarouchés de tout, d’un paradis rousseauiste où le moindre légume est soigné comme un bonsaï, où les villes sont des campagnes, les dangers de la nature en moins, et où même le travail n’est que qualité de la vie. Mais, au niveau des dirigeants, on pratique une politique de rigueur financière anti- sociale et l’on roule en 4x4 ou en berline de fonction. La parité est inscrite dans les statuts du parti, le seul irréprochable au niveau des petits responsables bénévoles. Mais le machisme primaire revient vite au sommet : dès qu’une fonction représente un pouvoir réel et est grassement rémunérée, on ne retrouve que des gauchistes défroqués qui pratiquent le costard cravate quand la démagogie ou le sexisme l’impose.
La démocratie n’existe que quand le peuple est informé et comprend les enjeux. Il faut lire ou relire certains passages, comme celui ci-dessus, des écrits d’Hitler, Goebbels, Staline, Mao, et bien d’autres de sinistre mémoire, pour comprendre comment le même type de propagande obscurantiste, décuplée par la nouvelle puissance des médias, porte au pouvoir « démocratiquement » des Bush, Sarkozy, Berlusconi ou autres Mugabe. Ou bien des kmaires verts égocentristes, irrespectueux de la liberté de pensée et des droits des personnes.

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10/05/2008

Les supporteurs de foot sont formidables !

Dans notre société compliquée et incertaine, les supporteurs de foot sont des gens simples et prévisibles. Si leur équipe gagne, ils poussent des hurlements, se saoulent la gueule et cassent tout. Si, par contre, leur équipe perd, ils poussent des hurlements, se saoulent la gueule et cassent tout ! Le commerce de l'alcool et du tabac, la billetterie, les marchands de cervelas et de produits dérivés, la pub et les médias, les accidents de la route, les hôpitaux et la police créent des emplois, le "produit national brut" croît et Economie- suisse s'émerveille, réclamant l'ouverture des magasins - pourquoi pas des stades ! - vingt cinq heures sur vingt quatre...
Car, si l'on écoute les gauchistes, on interdit de boire aux supporteurs. Trouvant le super marché fermé, les supporteurs, qui sont des gens simples, forcent la porte et se servent tout seuls. Ce qui économise du personnel mais supprime des emplois et coûte aux actionnaires des compagnies d'assurance. Et puis, le magasin cassé, faute de bière accessible, les supporteurs, qui sont des gens simples, ramènent quelques souvenirs : une montre, un T-shirt, quelques bijoux et pourquoi pas un téléviseur ou un lave-vaisselle comme cadeaux pour leur copine ou leur mamie !
Il est temps que nos parlementaires et gouvernants, qui ne cessent de ressasser leur passion pour le foot et les sports médiatisés, passent des lois et des mesures pour faciliter la vie des supporters, qui sont des gens simples. Le problème, c'est qu'il va devenir difficile de les réunir : lors d'un précédent tournoi, je me souviens que Léman bleu montrait un parlement vide au niveau de son audience. Renseignement pris, ministres et députés étaient à la buvette, pour regarder le match, crier et se saouler la gueule. Il n'ont pas encore tout cassé, encore que...

Bon foot !

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16/04/2008

Ziegler, Bettancourt, Federer et eux ...

Un enfant meurt de faim toutes les sept secondes rappelait Jean Ziegler sur une radio qui l'invitait pour la sortie d'un bouquin de plus, qu'il a appelé "L'empire de la honte", que je n'ai pas encore lu. Ce que je voudrais commenter, c'est qu'il faille un livre, pour constituer un événement, pour que Jean Ziegler, ou n'importe qui, puisse rappeler qu'un enfant meurt de faim toutes les sept secondes, quelque part dans notre monde en bonne partie suralimenté. A la louche, cela fait dix à la minute, cinq cents à l'heure, douze mille par jour, cent mille par semaine, quatre cent mille par mois, cent millions par an ! Choisissez l'échelle de temps qui vous frappe le plus, c'est la réalité du monde d'aujourd'hui. Un monde qui, par ailleurs, produit plus de nourriture qu'il n'en faudrait pour tous et où plus de cent millions de nord américains ou d'européens sont suralimentés et obèses tandis que des millions de "bien éduqués" jettent la moitié, ou plus, du contenu de leur assiette.
Jean Ziegler est parfois approximatif dans certaines de ses sources et naïf dans certaines de ses argumentations. Mais il a l'immense mérite de nous obliger à regarder au-dessus du sable dans lequel on nous enfonce nos têtes d'autruches médiatisées (à prendre comme ratiboisées et non comme diffusées). Il reste l'une des rares consciences morales, une des dernières figures "de gauche" du consternant parti socialiste. Une sorte d'abbé Pierre, en mieux, puisque politiquement plus correct et pas religieux. Il a le mérite de vous rappeler que, depuis que j'ai commencé à écrire cette note, plus de cent gosses, pour ne pas parler des adultes, sont morts de faim, ici ou là, et que personne n'en parle, bien que presque tout le monde le sache.
Les médias nous saoûlent avec Bettancourt, qui n'est même pas morte et dont le sort n'est, certes, ni juste ni enviable. Je n'ai rien contre cette grande bourgeoise, au demeurant plutôt sympathique, et je comprends la peine de ses enfants. Mais quand des clowns politico-médiatiques élus aussi "démocratiquement" que Berlusconi claquent mes milliards de world-contribuable pour ne pas ramener Bettancourt et racontent pourquoi avec des airs consternés dans les médias, j'aurais préféré qu'ils déploient l'armée, les médecins, les avions et les médias pour nourrir quelques milliers de gosses et essayer de leur construire un avenir.
Mais non ! La pipolisation- commercialisation de l'"information" fait que Bettancourt a un visage sexy, présentable pour le marketting, tandis que les petits et grands biafrais ou bangladais qui meurent ont de sales gueules et font chuter les ventes. Et la seule chose qui compte, c'est de vendre de la pub, de l'audience, du temps de cerveau médiatizé captif. On devrait écrire médiatizé, avec un z, pour distinguer ce qui est conditionné par le média de ce qui est promu, médiatisé par lui.
Alors bien sûr, le conditionnement par renforcement positif vend mieux que l'annonce des malheurs du monde ! Ce qu'il nous embête Ziegler, avec ses affamés, alors que l'on va jouer à la baballe avec l'euro, vibrer nationaliste en étant les meilleurs du monde avec Federer (oui, je sais, ON a un peu vieilli !) et pécher une ou deux médailles de bronze chez nos amis chinois qui nous préparent de si beaux JO. Merde au Tibet, on s'en fout, les bonzes n'ont qu'à être les meilleurs au saut à la perche ou au polo ! Les médias, comme les jeux des Romains, sont faits pour amuser le peuple et le distraire des malheurs du monde, sans cela il ne surconsommera plus et l'économie s'effondrera, sonnant l'apocalypse et la résurrection des brokers ...
La réélection de Berlusconi, après Sarkozy, montre que la majorité des citoyens européens ne vivent plus dans le monde réel, mais dans une sinistre addiction au méga- jeu électronique que nous organisent les médias. Nous sommes de plus en plus médiatizés, robotizés, mentalement ratiboizés. Nous acceptons ainsi qu'il soit plus urgent de cultiver du soja pour nourrir nos steaks, et du maïs pour abreuver nos 4x4 après le pétrole, que du riz ou du blé pour les affamés. Ou bien de transporter des vieux friqués qui n'en ont pas envie plutôt que de la nourriture ou des médicaments pour des pauvres qui n'ont pas les moyens...
Pas vus dans les médias, pas connus, dormons en paix !
Merci Jean Ziegler, de jouer les anges gardiens ténébreux et de nous rappeler, dans la maigre fenêtre que nous ménagent quelques agents doubles des médias, qu'il y a une conscience humaine universelle qui voit le progrès ailleurs que dans la "croissance" de l'économie et les cours de la bourse, et qu'il est insupportable que mille de nos semblables soient morts de faim depuis que j'ai commencé à écrire cette note !

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22/03/2008

22 mars : il est temps de préparer mai 2008 !

  Il y a quarante ans, une poignée d'étudiants libertaires, rejoints bientôt par des récupérateurs gauchistes et communistes - tendance Mao - de l'université parisienne de Nanterre décidaient, en "assemblée générale", de changer le monde. A l'image des révolutionnaires latino- américains, ils créaient le "Mouvement du 22 mars". Leur programme était simple et clair : renverser le capitalisme, supprimer l'état bourgeois, instituer une totale liberté de parole, une totale liberté sexuelle - ce qui était révolutionnaire à l'époque ! - et abolir les frontières pour propager leur révolution à l'ensemble de la planète. Sur le plan économique et administratif, leur programme était plein de bonne volonté, démocratique, communiste, libertaire et co-gestionnaire, mais plus flou ...
    Deux mois plus tard, la France entière était en grève, la Sorbonne et le théâtre de l'Odéon, occupés, abritaient d'interminables débats où n'importe qui - y compris des députés gaullistes, des touristes japonais et des dames des beaux quartiers venaient expliquer comment ils voulaient refaire le monde. Les gendarmes et CRS courraient, le plus souvent en vain, derrière des manifestations d'étudiants qui avaient lieu à l'autre bout de Paris (merci les maos pour la logistique !) et des abrutis qui n'y avaient rien compris, comme Cohn-Bendit, lançaient des pavés et brûlaient des bagnoles. Ce qui fit le bonheur de la télé gaulliste d'état, à l'affût de provocations pour terroriser la province et désolidariser les ouvriers en grève. L'arrêt de l'approvisionnement en essence rendait Paris respirable comme il ne l'avait plus été depuis un demi-siècle et l'obésité régressait avec la marche forcée. Pendant ou après, des mouvements comparables éclataient dans divers pays. Mais finalement, les communistes PCF et autres mous du cul, signaient des accords avec le gouvernement pour que tout le monde parte en vacances à temps ; ce, après que de Gaulle ait sans doute envisagé un coup depuis l'Allemagne contre la "chienlit" avec les militaires colonialistes rapatriés d'Algérie.
    Qu'en reste-t-il, quarante ans après ?
    Sur le plan politique, évidemment rien ! La bonne foi et l'improvisation ne faisaient pas le poids face au cynisme organisé des pouvoirs économique, politique, syndical et médiatique. Les lanceurs de pavés sont reconvertis en politiciens réactionnaires et bedonnants, patrons de presse ou de médias soumis à la pub, ou bien ministres de droite, solidaires de leurs anciens ennemis fascistes du GUD ou d'Occident.    
    Sur le plan social, énormément : ceux qui avaient pris l'habitude de s'exprimer librement, et ceux qui les avaient vu faire, n'y ont pas renoncé.  L'heure de la censure chrétienne ou politique de la parole a passé en Europe de l'Ouest, même si les islamistes et Ecône voudraient la rétablir. "Il est interdit d'interdire" vit encore, même récupéré par les néo-libéraux !
    Du côté des libertés individuelles, nos enfants n'imaginent même pas que l'on ait pu vivre comme l'on vivait avant, en matière de répression de la sexualité, d'apartheid social ou de contrainte vestimentaire, pour ne citer que ces exemples...
    Au cours des années quatre vingt, un futur grand patron de médecine parisien, fils de deux "mandarins" m'avouait que mai 68 avait tout changé pour lui et ses  congénères, enfants de mandarins médicaux. Avant, ils n'avaient le droit de fréquenter que des fêtes et des rallyes où l'on n'invitait QUE des enfants de mandarins médicaux. Après, non seulement ils pouvaient aller à d'autres fêtes, mais parfois on invitait des non- médecins, non- descendants de médecins, chez des patrons de médecine "gauchistes"...
    Où la révolution va-t-elle se nicher ?!!
    Bon, puisque l'on a raté sur les plans politique et économique, il est temps de recommencer ! On s'organise ?  

    
 

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19/03/2008

Genève, village africain !

   Chez mes amis Niokholonkés, du Sénégal oriental, les habitants du village sont répartis en classes d'âges, sexes séparés, qui forment des groupes solidaires dotés chacun d'un ou d'une chef- fe et porte- parole. Tous les trois à six ans, selon les effectifs des plus jeunes, si la récolte est assez bonne pour préparer assez de boissons et nourriture pour une grande fête, tout le village change de classe d'âge pour passer dans la classe supérieure. En fait, c'est un peu plus compliqué, parce que certaines classes d'âge sont conditionnées par les cérémonies de circoncision qui ont lieu avec d'autres périodicités, mais on vous épargnera les détails !
    Les classes d'âges sont hiérarchisées et l'on doit respect et obéissance aux membres des classes plus âgées. A l'exception de l'avant-dernière, celle des "chefs de la place" qui détient le pouvoir exécutif et doit le respect, mais pas l'obéissance, aux "vieux" qui constituent la dernière. Les vieux donnent des conseils avisés et boivent abondamment. On devient vieux vers trente-cinq à quarante ans et les vieux sont partagés entre "petits vieux", jusque vers soixante-cinq ans, selon l'état de conservation, et "grands vieux", assez rares, au-delà.
    Le chef des chefs de la place est donc l'ordonnateur d'un exécutif plus ou moins collectif, selon sa personnalité. Face à ce pouvoir fort, trois contre-pouvoirs s'exercent. Le plus visible est celui, théocratique et législatif des féticheurs, qui peuvent intervenir, soit directement par leurs oeuvres, soit indirectement, par leurs fétiches ou comme interprètes, avec les chefs de la place, des esprits de la brousse. Ces derniers viennent au village, terrorisent les femmes fécondes et les enfants, et donnent des instructions très contraignantes. Au-delà des féticheurs et des esprits, le troisième contre-pouvoir, encore plus discret et d'autant plus redoutable, est celui des femmes. Elles pratiquent un syndicalisme très revendicatif et une magie- sorcellerie dont les mâles ne savent rien et qu'ils redoutent. Car elles peuvent aller jusqu'à la grève collective des prestations sexuelles ou bien jeter des sorts susceptibles d'annihiler la virilité de leur victime.
    Pendant la période coloniale, l'occupant s'imposait par l'intermédiaire d'un chef de village désigné soit par lui-même - souvent quelqu'un qui ne savait dire que "oui" en français - soit par la population. Dans ce dernier cas, ce n'était jamais, ou presque, le chef des chefs de la place ou le principal féticheur qui était désigné pour affronter les collecteurs d'impôts, les recruteurs militaires et autres calamités de l'administration, mais plutôt un individu de belle prestance physique mais assez stupide, dont la perte, en cas de répression, n'aurait pas compromis la vie politique locale. Parfois même l'idiot du village qui, ne sachant rien, ne comprenant rien, ne pouvait rien dire de grave. Bref un clown chargé de recevoir au mieux les étrangers, de distraire l'administration de ses objectifs et de jouer au pouvoir politique visible pour protéger le pouvoir réel.
    Les chefs de villages ont perduré à la décolonisation et dans leurs fonctions. Ils me font irrésistiblement penser à W.Bush, Chirac, à la reine d'Angleterre, au roi des belges ou à Sarkozy, marionnettes pathétiques manipulées par les occultes maîtres des multi- nationales, des bourses, des banques, des lobbies militaire et industriels, des médias, des trafics d'armes, d'arts et de stupéfiants...
    Et bien sûr, toutes proportions gardées, au maire de Genève, Patrice Mugny, qui amuse la galerie par ses agitations et ses scoops quotidiens, ses projets irréalisables et irréalisés, ses décisions aberrantes dans des domaines accessoires, ses arbres de Noël clignotants, les confidentiels arts "contemporains" de ses petits camarades et pom-pom girls, sans oublier deux flon-flons d'accordéon pour avoir sa photo annuelle de la fête de la musique, en grand format dans nos journaux. Vive le chef de village !
    Pendant ce temps-là, la finance et l'immobilier prospèrent, les entreprises, les commerçants et les médias vendent, les trafiquants trafiquent et les spéculateurs spéculent ... en paix !

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22/02/2008

7 + 4 = 11 enfoirés !

Voilà que le Conseil d'Etat veut la promotion des femmes dans l'administration ! Après que ses membres des "partis paritaires" majoritaires, vert et socialiste, se soient livrés aux pires magouilles pour éliminer les candidates de leurs partis lors de leurs candidature. Tout comme les élus "de gauche" du Conseil administratif, c'est sûrement un hasard ! Sur douze gouvernants, il n'y a que Sandrine qui a échappé - de peu ! - à l'"excision partisane" et ferait croire qu'ils ne sont pas si sexistes que cela.
Allez les machos, quand vous démissionnerez pour laisser votre place à vos viennent- ensuite féminines, on commencera à croire qu'elles vous intéressent pour autre chose que pour satisfaire vos éventuelles petites envies ...
Et vous les Quotidiennes, rassurez-vous ! Ils vous laisseront sans doute le ménage, la vaisselle et le quotidien des gosses ...
 

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13/02/2008

Elections genevoises oui, GHI NOOOON !!!!

Ce n'est pas tous les jours que j'ai envie de voter oui à tout !
Pourtant, c'est évident cette fois-ci !
Réformer la constitution genevoise, bien sûr !
On pourrait songer à instaurer une société libertaire, où la démocratie ne serait plus liée au fric et conditionnée par des médias serviles. Où l'humanisme dépasserait les pesanteurs timides de religions dépassées.
Qu'est-ce qu'il prend à l'Alliance de gauche de rejoindre les neinsager de l'UDC pour ne rien changer ? Quoi, ce n'était pas cela le projet ? Mais puisqu'il s'agit d'en faire un nouveau, essayons !
Les TPG gratuits, assurément ! Pour que les gens lâchent leurs foutues bagnoles qui puent, polluent et tuent en ville, il faut que les alternatives soient plus efficaces et plus attractives. Comme le réchauffement climatique ne permet pas encore de faire du vélo, à sec en short et T shirt tous les jours, des trams, trolleys, bus, trains, métros efficaces confortables et gratuits sont la seule solution évidente pour venir à bout de la chienlit à deux et quatre temps. Même une ville flamande a compris cela et un socialiste belge francophone propose des trains gratuits. Mais ici, nos couilles molles socialistes et les populistes verdâtres font coeur avec la droite et l'extrême droite pour compter les dépenses sans compter les bénéfices et les économies de la gratuité ...
Interdiction de fumer dans tous les lieux publics, bien sûr ! Les multinationales du tabac assassinent tous les ans des millions de personnes avec la bénédiction des gouvernements qui se font, au passage, des couilles en or avec les taxes, souvent supérieures aux bénéfices des dealers de tabac. Il reste au contribuable à payer des hôpitaux et des médecins qui soignent des fumeurs au lieu de soigner des malades et aux économistes néo-libéraux à ajouter les profits du tabac et de la pub au coût de la médecine pour se réjouir de la croissance et de l'augmentation du PNB !
Et puis, ces enfoirés de fumeurs ont pué partout sous mon nez pendant toute ma vie, bien fait pour eux s'ils se les gèlent dehors demain, quand je serai confortablement installé au bistrot !
Interdire les molosses qui tuent ou risquent de tuer des enfants, des vieux et quelques adultes est bien, mais n'est qu'une demi- mesure : je les aurais volontiers euthanasiés. Combien faudra-t-il encore laisser tuer d'enfants pour en arriver là ?
Est-ce en souvenir des VOPOS que les communistes votent contre cette évidence ?

C'est bien gênant d'avoir envie de dire oui à tout...

Je me console en hurlant : GHI, NON !!!!
Explication pour les non genevois : Genève Home Information -GHI pour les intimes - est un journal gratuit d'annonces, de publicité pour le lobby automobile et tout ce qui est commercial qui encombre, tous les mercredis, toutes les boîtes à lettres du canton. Il s'y exprime aussi les opinions les plus réactionnaires et l'humour "gniolu" le plus consternant. Ne voulant pas que ce torchon pollue mon courrier, j'avais mis autrefois une belle étiquette de ma fabrication demandant à ce que ma boîte à lettre ne reçoive ni publicité, ni journaux, ni imprimés. L'adorable gardienne de l'immeuble, qui vient pourtant d'un sympathique pays du sud et pas d'outre Sarine, m'a fait remarquer que mon étiquette n'était pas comme celle des autres et que ça n'allait pas. Elle voulut donc m'en fournir une "conforme", mais celle-ci, offerte par GHI, mentionnait :
"Pas de publicité SVP, merci ! GHI, oui".
Je lui fis donc remarquer que, ce que je voulais, c'était la même avec "GHI non" ou, au moins, sans mention de cette offense à la culture. Il n'y en avait évidemment pas et l'on continue à abattre des arbres pour agresser ceux qui ne veulent pas de GHI et de ses semblables. La liberté, pour les libéraux, c'est celle des marchands de tabac, d'alcool, de bagnoles, de molosses, de GHI et autres pubs et propagandes  d'agresser des consommateurs captifs qui n'ont pas la liberté de leur échapper !
 
Eh bien, je suis  content de vous retrouver, mais terriblement nostalgique !
Hier, Salvador était encore là, et, avec lui, tous les rires, les rythmes et les tendresses qui rendent la vie supportable...
Merci Henri ! Avec Georges, Léo, Juliette, Jacques, Renaud et pas mal d'autres, on t'écoutera tant qu'on pourra !

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24/12/2007

Le foie gras graben

La cruauté romande conduit nos grands distributeurs nationaux à faire des contorsions paradoxales dans la promotion du foie gras. Côté alémanique, septante pour cent de défenseurs des bêbêtes, moralement opposés au gavage des anatidés (canards et oies), qu'ils considèrent comme une torture, veulent interdire à trente pour cent, qui n'ont rien contre, de manger du foie gras. Côté romand, les proportions s'inversent : septante pour cent de consommateurs n'ont aucune intention de se faire retirer les délicieux foies gras de la bouche par une minorité d'abrutis ou par les sauvages d'Outre-Sarine !
Si l'on était en Palestine occupée, des commandos pilleraient les dépôts militaires pour exploser les Migros, des milices bombarderaient le rayon volailles des Coops à coup de röstis et les amis des bêbêtes enverraient des djihadistes suicidaires dans les élevages de Dordogne, du Gers ou de Bretagne.
Si l'on était en Belgique, il n'y aurait plus de gouvernement depuis au moins deux ans, faute de programme possiblement majoritaire sur le foie gras.
Mais nous sommes en Suisse, gouvernés par le sens du compromis, l'unité nationale dans la diversité culturelle, un soupçon de raison et trois tonnes de religion, en particulier en matière de foot, de ski et de néo- libéralisme. Les gouvernements sont donc priés de ne rien faire et de déléguer l'affaire au secteur privé, comme toutes les choses importantes, des voitures au blanchiment et aux ventes d'armes.
Ayant observé des oies et des canards gavés, je n'ai pas eu l'impression qu'ils souffraient beaucoup plus que nos obèses, hormis le moment du gavage. D'ailleurs, en mettant des électrodes là où il faut, ou en détruisant quelques cellules de l'hypothalamus, on obtient des anatidés boulimiques qui se gavent tout seuls, sans entonnoirs, comme nos obèses ! Le problème est que l'opération coûte bien trop cher pour être pratiquée à grande échelle dans les élevages intensifs et qu'il faudra attendre les anatidés OGM adéquats pour supprimer le désagréable gavage.
La goutte du gavage est bien peu de chose dans l'océan des souffrances animales incontournables de la nature et de celles, théoriquement évitables, causées par la domestication des animaux.
Bien sûr, quelque chose de notre éducation nous dit qu'il serait mieux d'éviter toute souffrance animale ou humaine qui ne serait pas nécessaire à notre survie. Mais le Dalaï Lama lui-même avoue, en se marrant (ça fait partie de son cahier des charges de se marrer !), qu'à la troisième offensive du moustique, il l'estourbit ! Donc, entre l'immense récompense immédiate que constitue la fonte du foie gras précédant le Sauterne sur le bout de la langue et la perspective très lointaine d'un anatidé périgourdin contraint, un peu brutalement, de finir son maïs, il n'y a pas photo pour le romand moyen ! Tandis que torturer de jolis oiseaux pour faire un produit plein de gras et anti-diététique est inacceptable pour une majorité germanique endogame.
Nos distributeurs trouveront sans aucun doute une solution concernant ces produits de luxe à très haute plus value. Sur le plan politique, je propose de constituer une commission d'élu-e-s de tous les cantons, ayant tou-te-s au moins quarante pour cent de surpoids, présidée par Brelaz, qui sera chargée de noyer le problème dans les kilos de foie gras qu'ils dégusteront, aux frais des contribuables, dans des dîners et cocktails...


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04/12/2007

Bravo, Sandrine Salerno ! Et bon courage...

Il faut un joli courage politique pour te lancer dans le combat pour une juste attribution des logements sociaux en fonction des besoins et ressources ; sachant, en particulier, les amitiés que cette démarche va te valoir auprès des élu-e-s de gauche et des fonctionnaires qui, directement ou par concubin-e-s interposé-e-s, en profitent parfois abusivement.
A l'heure où Pagani se concentre sur les Ferrazinettes et où Mugny prépare un improbable nouveau MEG avec les milieux immobiliers, voici enfin un projet qui va dans le sens d'une justice sociale oubliée.
Le logement, à Genève est une ressource rare et très chère, sauf pour les heureux propriétaires, les privilégiés qui bénéficient de baux très anciens et ceux qui ont l'usage de logements sociaux de divers statuts. Parmi ces derniers se trouvent des fonctionnaires, qui ont souvent l'obligation de résider dans le canton, mais à qui leurs revenus ne permettent pas de payer un logement décent au prix du marché. On ne saurait leur en vouloir, pas plus qu'à ceux qui leur ont attribué les logements : l'état ou la ville ne peuvent exiger l'impossible de leurs plus modestes serviteurs, au prix où on les paye.
Il y a aussi le cas de ceux qui ont rempli, jadis, les conditions d'attribution des logements sociaux et dont les revenus ont augmenté, ou bien dont les charges de famille ont diminué (enfants partis par exemple). De telle manière qu'ils ne remplissent plus ces conditions aujourd'hui, sans avoir, pour autant, les moyens de se loger autrement, que ce soit à cause des prix abusifs du marché ou de la pénurie de locatif vacant, deux causes qui vont étroitement ensemble dans la logique du "dieu marché" des néo-libéraux. On ne peut tout de même pas les jeter à la rue, ces personnes, ou leur demander de revenir à la pauvreté pour les seules joie et fierté de payer un logement au prix du marché...
Alors où sont les erreurs et les solutions ?
Certes, Genève n'est pas Paris où les élus et gouvernants, de droite comme de gauche, fonctionnaires, journalistes, leurs familles, enfants et concubins se répartissent dans des logements de fonction et des HLM, immenses et luxueux pour les mieux servis, parfois refaits à neuf et meublés à grands frais. Des logements attribués par le fait du prince ou par des commissions rimant avec corruption...
Genève a le privilège officiel discret, à côté de tout cela ! Parce qu'ici, le seul vrai privilège est celui de l'argent- roi, dans une société décidée à ignorer ceux qui n'en ont pas. Loger tout le monde supposerait construire, ou racheter pour louer, du non-rentable, pour le bénéfice de ceux qui ne peuvent pas payer le prix du marché, et ensuite de faire baisser les prix, par l'augmentation des ressources. Donc d'abord augmenter les impôts en faisant payer ceux qui peuvent et ne veulent pas, puisque la droite et les verts ne songent qu'à baisser les impôts. Ensuite, diminuer leurs revenus, puisque le racket immobilier est l'une des voies royales de la spéculation et de l'enrichissement. On peut rêver...
Bon courage Sandrine ! Et encore bravo pour ta lutte et celle de l'ASLOCA !

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19/11/2007

Gouvernement : Vive la solution belge !

    En lisant les journaux, vous pourriez penser que, inspirés par le génocide rwandais, flamands et wallons s'apprêtent à se massacrer pour la signalisation routière de quelques villages de la proche banlieue de Bruxelles. Le pays, sans gouvernement depuis six mois, serait livré au désordre, qu'il faut se garder de confondre avec l'anarchie. Or, si vous avez, comme moi, de très bonnes raisons de vous rendre parfois dans ce charmant pays, un peu froid, mais pas si plat que le chantait Jacques Brel, vous y trouvez des trains et des services publics qui fonctionnent. On n'est pas en France ! Des employés souriants et complaisants répondent aux guichets. Les rues sont animées jusqu'à tard le soir - on n'est pas en Suisse ! Bref, vous découvrez une vie paisible et joyeuse, avec bistrots, moules, frites, bière et travail, tout cela ni plus, ni moins qu'il n'en faut. Les usines et l'agriculture produisent, le chocolat vaut presque le nôtre. Bruxelles gouverne l'Europe - le moins possible - et n'y commet pas de fautes majeures, hormis quelques règlements incompréhensibles et inapplicables sur l'ouverture de la chasse à la bécasse.
Les politiques, réduits à expédier les affaires courantes, ne font rien d'autre que d'envisager des projets utopiques, puisqu'il n'y a plus de gouvernement et qu'aucune majorité ne pourra les voter.
    N'importe quel esprit de bon sens et de bonne foi peut en conclure qu'avant cet état des choses, le gouvernement, au mieux ne servait à rien, au pire aggravait la situation !
    Car le premier projet de la plupart des politiques, élus ou nommés, souvent leur seul projet, n'est pas de bien gouverner et d'utiliser leur fonction pour améliorer les conditions de vie de leurs mandants, mais de garder le pouvoir, et les avantages liés, au profit de leur clan. Dans les pays de "démocratie médiocratique", la présence dans les médias et les sondages conditionne le maintien au pouvoir. Accaparer les médias est donc l'activité principale, sinon unique des dirigeants, quitte à promettre soit l'impossible, qu'ils ne feront donc pas, soit l'absurde ou l'odieux, que, parfois, ils commettront ... hélas ! Avec ses promesses quotidiennes de guerres, sur toutes les ondes, contre l'Iraq, l'Iran ou le terrorisme, W. Bush est le cas actuel le plus flagrant. Ses électeurs ont oublié qu' Hitler et quelques autres, à peine moins redoutables, avaient été "élus démocratiquement", en gérant bien, eux aussi, leur propagande guerrière. Car la démocratie électorale ne vaccine pas les peuples contre l'inculture, les erreurs d'appréciation et les paniques créées par le nationalisme et la victimisation, ainsi que par les menaces des populistes démagogues, qu'elles concernent le terrorisme, les étrangers, les grèves, les technologies ou le climat. En France, l'"immigré subi" de l'Elysée doit annoncer un bouleversement chaque jour pour remplir son contrat avec Bouygues Constructions et avoir la part du loup dans le journal du soir de TF 1. Pour être crédible, il doit finir par faire une ou deux des choses promises, si possible spectaculaires et populaires. Mais, dans une société qui fonctionne, si mal que ce soit, tout changement coûte et tout bouleversement engendre des pannes et des dysfonctionnements impopulaires, à moins d'être très pertinent et d'avoir été minutieusement préparé pour ne pas trop déplaire. Cela n'a pas l'air d'être le cas ces derniers jours !
    La solution belge est donc la bonne : pas de gouvernement, sinon résiduel, pour expédier les affaires courantes, et c'est l'assurance que l'on ne fera pas d'erreurs majeures. Cela évite des gouvernements qui promettent des changements que l'on est sûr de ne pas pouvoir mettre en oeuvre ! Soit parce qu'il s'agit de transformations irréalisables pratiquement, du genre expulser les étrangers qui font tourner l'économie et font les sales boulots, ou bien règlementer en Suisse pour modifier le climat planétaire. Soit parce qu'aucun gouvernement ne sera assez durable pour les réaliser : on ne change pas  en cinq ans un système éducatif qui, par définition, a comme temps de réponse la durée de renouvellement du corps enseignant.
    Vous me direz qu'à Genève, on a tendance à pratiquer, depuis longtemps, une version soft de la solution belge. Les Dédés Chavanne et Hédiger se contentaient, pour leurs guerres, des canons qui rafraîchissent et poussent à l'optimisme. Après avoir milité férocement pour la parité, les élus de gauche se retrouvent presque tous en costard cravate dans les exécutifs. Parmi eux, Pagani, élu machiste pour faire la révolution à la ville, se contentera de modifier les couleurs et la disposition des boutiques à glace de la rade, du moins s'il est plus efficace que son prédécesseur et collègue de parti ! Cramer, aujourd'hui, est aussi bien parti sur la même troisième voie belge. En cumulant deux emplois politiques à 200 %, il va, sans aucun doute, nous démontrer ce que l'on sait, depuis longtemps, en Italie : ne rien faire deux fois, au moins à mi-temps, évite de faire des conneries à plein temps, comme les gouvernants les plus excités de son parti ...

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24/10/2007

Nicolas Culot et l'écologie béton des Gaulois

Un nom- valise commun pour le pantin hyper- motorisé de TF1 et le président des Gaulois, qui ont en commun d'être des créations de Bouygues Constructions et de sa filiale TF1 ? Qu'y a-t-il de commun, me direz-vous entre l'agité qui fit rêver le peuple en sautant d'un ULM au- dessus de Macchu- Picchu à une moto- neige en Alaska, puis à un scooter marin aux Caraïbes et le petit parvenu qui prépare la karchérisation des cités depuis les yachts et les villas de milliardaires ?
    Beaucoup, en fait : le bruit, la frime, la pollution, l'addiction au pouvoir, l'appât du gain, le "Faites ce que je dit, pas ce que je fais", le geste velléitaire qui suit l'opinion en se donnant l'air de décider ce sur quoi ils n'ont aucun contrôle ... Bien que je ne lise plus ce genre de purée rose depuis longtemps, je suis tombé en arrêt, médusé, devant une couverture récente du Nouvel Observateur représentant Hulot pointant agressivement du doigt et déclarant "Ce que je veux !". On aurait dit la célèbre caricature d'Oncle Sam en haut- de- forme à bannière étoilée disant : "I want you !". De quel droit un clown de Bouygues, qui n'a aucun mandat politique, peut-il exiger quoi que ce soit ? Est-ce une comédie pour faire croire à un puissant chantage politique sur l'autre Nicolas, sous produit du même entrepreneur ? Alors que les deux mettent en scène, de concert, leur "Grenelle de l'environnement"...
    Parlons- en de cette tarte à la crème franco- franchouillarde, en rappelant d'abord à ceux que l'histoire de France ne passionne pas que ce surnom a été donné à une conférence participative "pour sauver la planète", rien que cela ! L'étonnant substantif "Grenelle" fait allusion à la rue de Paris où furent signés en été 1968 les accords où, de concert, la CGT et le gouvernement Pompidou enterrèrent la tentative de révolution française de mai 1968. Il n'est pas surprenant que Sarko, sur l'environnement, prenne comme symbole le lieu de défaite des utopies généreuses de 1968 qu'il déteste. Cela dit bien ce qu'il pense des utopies vertes d'aujourd'hui et ce à quoi il compte les réduire. Dans cette affaire, quelques concessions sur des sujets sans importance auront vite raison de la "volonté" de l'autre petit Nicolas et l'on passera, breveté Nicolo- responsable, aux projets sérieux des grands entrepreneurs ! La volonté de l'opinion et la "démocratie" se retrouveront calibrées dans le même coffrage par la télévision de maçons des petits Nicolas, qui partagent sans doute la même aversion pour toute évocation de mai 1968 et de la libération effective de la parole. Dans un répertoire un peu différent, je pense aux jumeaux polonais...
    Alors, que faire ? Des rassemblements entre masses populaires et "peoples" (bien isolés et protégés) au Zénith de Paris, comme Charlie- People- Hebdo vient d'en faire un ? Pendre par les couilles Cohn- Bendit, Lang et autres renégats de mai 68 ? Demander à Besancenot, facteur qui aide encore les petits vieux, de pousser  les chaises roulantes de Krivine et Laguiller pour réoccuper l'Odéon et la Sorbonne, en se souvenant qu'avant Grenelle 68, il y eut le 22 mars, qui prépara mai 68 et la fête bavarde de mai 68, qui fit sortir les idées des ghettos intellectuels ?
    Car au- delà de l'heureuse défaite des pavés et des "Maos", mai 68 fût une formidable victoire des mots et de la liberté de les dire. Une formidable victoire, aussi, de la liberté des moeurs, dont même les classes les plus rétrogrades de la société profitent encore. Je me souviens de cet étudiant en médecine, fils de grand mandarin hospitalier très catholique, aujourd'hui grand mandarin réactionnaire à son tour, qui s'émerveillait que, depuis mai 68 seulement, les enfants de grands patrons de médecine étaient autorisés à fréquenter des non- enfants de grands patrons de médecine dans les bals et les rallyes !
On fait les révolutions qu'on peut, et à son rythme ...
    Si aujourd'hui notre Titeuf national peut montrer son "Zizi sexuel" à des enfants et ados, beaucoup plus libres et décomplexés que nous l'étions, à la Cité des sciences de Paris, c'est parce que la répression judéo- chrétienne et la censure gaulliste ont été bousculées définitivement par les soixante- huitards. Ces derniers ont juste raté la société de consommation, que les écolos d'aujourd'hui égratignent poliment, et la révolution...
Mais, dans notre monde occidental, presque tous profitent aujourd'hui de leur apport, même les Nicolas Culot qui divorcent librement et vendent du baratin durable !

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21/09/2007

Mugny-Blocher, même combat !

    On voudrait que le maire de Genève, ville de diplomatie et de culture, s'oppose avec élégance, intelligence et efficacité aux outrances verbales et à la propagande scandaleuse du conseiller fédéral et de certains membres de son parti. Mais ce n'est pas le style du "boxeur" auto- proclamé que le dysfonctionnement de la démocratie a porté au pouvoir là où il est le plus incompétent.  Répondre par des injures plutôt que par des rappels à la loi, des arguments et des procès, s'il le faut, aux méthodes intolérables de l'UDC est juste ce qu'elle attend, comme les casseurs, pour faire peur aux citoyens égarés qui la suivent.
    Mais faire peur aux militants et aux électeurs avec le nucléaire, les OGM, et pourquoi pas Blocher, est aussi la stratégie de certains dirigeants verts dont la démagogie vaut bien celle de l'extrême droite, sans le talent médiatique de celle-ci.
    Le problème est que, si tout ce qui est excessif et vulgaire est vain pour l'intelligence, c'est du pain béni pour le commerce médiatique qui en vit. Le moindre pet de Blocher ou la pire éructation de Mugny font de gros titres, des photos, de grosses ventes, des rebonds audiovisuels et des commentaires sans fin. Tout ceci aux dépens de l'information pertinente, telle que les crises dans des établissements culturels du DAC par suite des conflits déclenchés par des ingérences déplacées. Ou bien le retrait de donateurs et sponsors de longue date lié à ces situations. Ou encore la décision du Musée d'ethnographie de ne pas renouveler deux conservateurs de collections originaires des continents d'origine de ces collections, que l'on y remplace par un conservateur européen venant d'un musée colonial. Une chasse aux moutons noirs bénie par le magistrat qui crie que "l'UDC pue" !

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