24/09/2014

Lectures pertinentes et délicates

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Fils de rabbin, israélien, Michel Warschawski ne veut partager en rien la responsabilité des crimes commis à Gaza. C'est ce qu'il explique dans Siné Mensuel où, en éditorial, Bob Siné rappelle à ceux qui ne les ont pas connues les conditions injustifiables de la création en 1948 d'un état juif religieux agressif par l'expulsion violente de chez eux de centaines de milliers de palestiniens chrétiens, musulmans ou incroyants. Ceci, avec le soutien de l'ONU dont les résolutions pour ramener la paix ne cesseront d'être bafouées par ledit état et ses complices étasuniens et européens.

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Mais bien sûr, Siné Mensuel, c'est aussi et d'abord l'humour, même s'il peut être cruel, comme parfois, celui de notre gentil Gelück. Lequel, comme Bob Siné, n'hésite pas à appeler un chat, un chat, aussi humain et philosophe soit-il ! Dans le genre sensible, plein d'autres remarquables contributions de 01.jpgseptembre que vous pouvez encore trouver, dont bien sûr le dossier délicat du Psikopat sur les crimes et faits divers. Et octobre approche avec un Fluide Glacial précoce! J'ai toujours pensé que le rire était un dérivé de la peur, comme le suggère parfois la gestuelle des grands chimpanzés, qui ont, comme nous, le "côté sombre"(dark side) que leur attribue Jane Goodall... Bonnes lectures!

 

28/08/2014

ATAÏ : victime de la brutalité coloniale et du racisme scientifique

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Au XIXème siècle, en Nouvelle Calédonie occupée, l'armée coloniale française protégeait les colons et anciens détenus européens qui spoliaient les terres des Kanaks et laissaient leur bétail envahir et saccager les cultures vivrières indigènes. Certains chefs coutumiers se sont alors rebellés contre ces spoliations, dont Ataï fût le plus connu. Il fût tué et décapité à la hache par un supplétif kanak d'une autre tribu. Une scène terrible, décrite par Louise Michel, héroïne de la Commune de Paris, déportée là-bas lors de sa répression. Un officier de marine ramena la tête d'Ataï dans du formol à Broca, anatomiste célébré pour la découverte de la zone du langage dans le cerveau. Mais aussi fondateur de la société d'anthropologie de Paris et militant d'un racisme scientifique hiérarchisant les races et les sexes en fonctions de prétendues différences d'intelligence dues, selon lui, à des différences de volume cérébral. Broca, pourtant réputé progressiste, collectionnait des crânes et cerveaux du monde entier, volés par des militaires, médecins, scientifiques et aventuriers sans scrupules.

Ataï était une "pièce" de choix, par son exotisme et ses fonctions de chef. Il eut droit à un moulage facial mortuaire, assez terrible après le voyage, et à ce que son crâne soit dépecé, puis scié pour en extraire le cerveau. A l'époque, par une application aberrante de l'évolutionnisme naissant et jusqu'à l'apogée du nazisme, les océaniens étaient souvent décrits comme "encore plus primitifs" et proches d'un chimpanzé prétendu ancestral que les "nègres" d'Afrique.

Le crâne d'Ataï faisait donc partie de la "collection Broca", qui fût confiée à un laboratoire de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et, après déménagement, déposée "provisoirement" au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme, sans être rattachée pour autant à la collection de ce dernier et sans être inventoriée lorsque je l'ai fait informatiser. Quand le laboratoire Broca a été fermé après la retraite de sa dernière directrice et qu'il est devenu évident que sa collection resterait au Musée de l'Homme, j'ai décidé de l'inventorier. C'est à ce moment que Philippe Mennecier, responsable de nos collections, a eu la surprise d'y trouver le crâne d'Ataï, qui ne figurait pas dans l'inventaire manuel de la collection Broca et dont plusieurs "spécialistes" mal informés avaient prétendu, avec autorité, soit qu'il avait été perdu, soit qu'il n'avait jamais quitté le Musée de l'Homme et que nous le dissimulions dans la collection d'anthropologie ! Nos autorités scientifiques et politiques ont, bien sûr, été aussitôt avisées de cette redécouverte, à un moment où une nouvelle révolte contre l'occupation de la Kanaky faisait encore des victimes de la répression un siècle plus tard.

 ataï,nouvelle calédonie,colonialisme,anthropologie,histoire des sciencesPourquoi je vous raconte tout cela ici et maintenant ? Parce que les autorités françaises ont attendu plus de dix ans et choisi ce 28 Août pour restituer, plus ou moins discrètement, en ce moment à Paris, le crâne d'Ataï à sa famille de "citoyens français". Et parce que la politique qui consiste, en vue d'un référendum promis, à tenter de submerger les Kanaks par l'immigration de français et de polynésiens hostiles à l'indépendance de la Kanaky et à poursuivre l'accaparement de ses terres et richesses aux dépens de ses habitants historiques continue...

 

30/07/2014

HONTE A L'OCCIDENT !

L'armée coloniale d'un état créé par la guerre et l'agression massacre des civils, chez eux, par milliers. Un dictateur raciste - élu "démocratiquement", comme beaucoup, par ceux qui avaient le droit de vote - annonce que cela va continuer longtemps au nom d'une prétendue "légitime défense". Celle d'un régime qui ne cesse d'attaquer depuis 1948. On transforme ainsi des fanatiques religieux minoritaires en "héros de la résistance", puisque ce sont les seuls à s'opposer, sur le terrain, à l'agression en cours. Si dérisoires que soient leurs moyens face à l'odieuse armée coloniale suréquipée par l'Occident (dont nos médias ne parlent, affectueusement, que sous son grotesque nom d'oiseau). Quand les crimes sont dénoncés aux Nations Unies, l'Occident s'abstient, comme s'il y avait ambiguïté, les Etats- Unis mettent leur veto, chaque fois qu'ils peuvent protéger leur marionnette - base militaire commode, pas loin du pétrole! Les humanitaires, comme toujours débordés, témoignent au quotidien des crimes de guerre, dont les images sont trop nombreuses pour avoir été toutes manipulées, confirmant des faits que même les agresseurs ne nient plus et dont certains ont l'impudeur de se réjouir, jusque dans ces colonnes. Au cynisme des Etats - Unis, qui n'ont rien à faire des victimes, tant qu'on n'en parle pas trop chez eux, il faut ajouter les interdictions d'en parler dans la rue en France, sous prétexte de "ne pas importer" un conflit que l'Occident a créé depuis l'origine et entretient en soutenant, en Palestine occupée, un régime odieux, raciste et irresponsable.

22/04/2014

Pensées à varier !

J'ai attendu un peu pour vous parler du TRES REMARQUABLE numéro d'avril du Psikopat sur l'Education Nationale, Titanic français qui a trouvé ses icebergs entre les réactionnaires et les socio-néo-libéraux. Sorti début avril, vous auriez pu le prendre pour un poisson alors que, sous son plumage d'humour et de BD's, vous y trouverez un ramage philosophique et éducatif majeur et délicat. Il vous reste quelques jours pour vous le procurer avant la parution de son successeur...

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Sachez quand même que, si vous venez, par exemple, du Valais à Genève en train en lisant ce type de littérature, vous risquez de vous faire tabasser par des tarés, comme ce pauvre lecteur de Fluide glacial dont la Tribune a relaté l'Odyssée. Mais les humoristes sont généreux et Yan Lindingre, boss de FG a décidé de glorifier cette victime de la liberté de lire et de penser en le couvrant de cadeaux et d'abonnements. Il va être glorifié comme lecteur de l'année. Bientôt, certains vont se faire tabasser exprès dans les trains dans l'espoir de récupérer les soixante dix vierges (euh...) de nos rédactions !

A propos de Fluide glacial, j'aggrave leur cas avec une nouvelle rubrique, "C'est fou la science !". Avec la redoutable complicité de "Terreur Graphique", dès le No de mai...    

En tout cas, merci à la Tribune d'avoir dénoncé comme il se doit cet odieux attentat ferroviaire et signalé le comportement de gentleman du réd-chef. Les plus élégants ne sont pas toujours ceux qu'on croit...

Notre ami Cuénod, le plouc chez les bobos, s'est pascalement éclaté à propos du prétendu ressuscité (drôle d'orthographe !) de la semaine. Foi de papyrus (le surnom de Poutine en Crimée)! Il aurait été marié à la divine (autrement) et volage Marie Madeleine. L'intérêt principal de la chose, c'est de montrer comment les églises ont choisi leurs sources parmi des infinités possibles, les ont découpées et rewritées selon leur besoins, et ont "canonisé" quatre Goodbooks, parmi tant d'autres contradictoires, pour faire croire à leurs salades. Comme elles ont "canonisé" des papes de l'Inquisition et veulent en faire autant pour leurs successeurs les plus rétrogrades... Pour ça, comme pour le divorce, faudrait qu'elles apprennent à "décanoniser", mais, contrairement aux sciences, elles ne reconnaissent jamais leurs erreurs...

Moi, ce qui me plaît, à Pâques, c'est l'oeuf. Mais attention, pas n'importe lequel ! Surtout le premier oeuf, issu de la première fécondation du monde vivant, et auquel nous devons toute l'histoire de la biodiversité. Je raconte ça dans Le Courrier, jeudi prochain... Tellement plus important et lourd de conséquences que les ébats éventuels des peoples, style petit Jésus !

 

 

05/02/2014

On va cramer "feu Cavanna"

Ça va sentir la moustache brûlée, comme quand mon grand père cramait la sienne, pour avoir laissé le fer à friser trop longtemps sur le gaz ! Les vrais amis du rital seront là, les faux aussi, ambiance ! Vu le nombre de gens hyper- drôles dans la foule, on ne devrait quand même pas trop s'ennuyer...

Je déteste les crématoriums et leurs ambiances pseudo-religieuses, leur discours de convenance, les bruits de combustion et les vapeurs chimiques qui interrompent l'harmonieux processus du recyclage biologique des cadavres. Il y a toujours l'espoir que la star posthume ait prévu un événement grandiose et marrant, un dernier cadeau à la famille et aux potes. Par exemple, je suis sûr qu'il y aura de l'excellent jazz, à boire le meilleur et des gags de première bourre quand Siné passera le désarmement à gauche. On serait presque impatient de voir ça si on ne l'aimait pas tant vivant !

Mais Cavanna, un vrai agnostique, laïque et républicain... je suppose, a priori, qu'il s'en foutait de ce que l'on ferait des restes de sa belle anatomie qu'une splendide photo d'Arnaud Baumann nous offre en couverture du Siné Mensuel de ce jour, un numéro sans queue ni tête, ou plutôt plein de queues et à deux têtes puisqu'il a deux couvertures, pleines de délicatesse, que je vous laisse découvrir... L'autre couverture, "Comment Hollande redresse la courbe, par Berth est un top comique, dans le style "mauvais goût" du plus chauve des caricaturistes !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE-SM28.pdf

Pendant qu'on est dans les risques mortels, le dossier du Psikopat nouveau traite de ceux que les journalistes font courir à la liberté de savoir et de penser dans le monde pognon, business, pub, people, politiquement correct et médiatiquement soumis. Avec une sublime couverture de Carali sur le droit des femmes, que je vous offre, à défaut de mon papier, envoyé trop tard et que vous découvrirez dans une prochaine "tambouille"...

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30/12/2013

SINETHON !

Et bien les curés, imams, rabbins, banquiers,notaires, socialistes, bigots, militaires, juges, chasseurs, patrons, parachutistes, toréadors, bonnes soeurs et autres culs-bénis, abrutisseurs et tortionnaires peuvent s'attendre au pire ! En envoyant le patron avec son oxygène dans les naseaux faire la manche sur son scooter à drapeau pirate, Siné Mensuel a recueilli auprès de ses fidèles lecteurs qui ne s'en laissent pas compter de quoi continuer à harceler ces crapules et socio-traîtres au moins jusqu'à l'été prochain.

humour,satire,presse,bd,politique,voeux,nouveautés,lectures

A tout ceux qui nous soutiennent, ce splendide merci du boss et cette couverture qui montre que nous tenons nos engagements :

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Notez que jouer aux myopathes ou à la Croix- Rouge, pour simplement dire doucement ce que l’on pense au milieu des torrents de désinformation sur les ragnagnas de Nabila ou des éructations populistes de Stauffer, Marine Le Pen ou Décaillet n’est pas vraiment mon truc ! Je préférerais dans mes vœux une société qui veille à l’égalité de traitement des sources d’information intelligentes qui respectent les droits et la dignité de tous les humains, plutôt que de censurer par l’argent tout ce qui ne caresse pas la finance, le conformisme néo-lib-néo-raciste-xénophobe et leurs valets médiatiques dans le sens du poil à gratter. Et qui accorde une juste prime à l’humour délicat, libre et responsable, comme celui de notre Psikopat nouveau-né, à retenir dès demain pour être sexuellement comblé en 2014 !

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03/10/2013

BON ANNIVERSAIRE, SINE MENSUEL !

sine-mensuel-24.jpgLe numéro 24 d'un mensuel, c'est 2 ans d'histoire !

Et dans le cas d'un journal sans pub, indépendant et subversif face à la désinformation systématique des médias de l'argent et du pouvoir, c'est 2 ans de luttes, de résistance et de solidarité avec tous ceux que le banditisme financier et patronal et ses valets politiques de droite ou "socio- traîtres" socialistes réduisent au chômage, à la misère et à la précarité.

C'est refuser tout compromis avec la désinformation officielle et sortir des informations qui dérangent, sur le revenu des patrons ou des parlementaires quand on demande au peuple de se serrer la ceinture ou de payer plus d'impôts, quand les revenus des plus riches et leurs exonérations fiscales ne cessent d'augmenter.

C'est sortir du "secret défense", comme dans ce numéro 24 que c'est, selon toute vraisemblance et des documents "classés", un sous marin nucléaire et non un cargo hypothétique qui a coulé le chalutier breton Bugaled Breizh, alors que les familles des victimes attendent toujours d'éventuelles dommages de la part de l'état responsable et de coupables impunis connus des haut gradés militaires.

Pour cette bouffée mensuelle d'air pas toujours marin, mais toujours frais, un grand MERCI à notre Bob Siné et à toute la bande de dessinateurs, journalistes et chroniqueurs !

Et on repart pour au moins 2 ans ...

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30/09/2013

Au travail, il pleut !

Les diplomates fonctionnaires chercheurs du GIEC me font bien rire avec leurs multiples certitudes à 90% ou 95%, basées sur des simulations numériques aux hypothèses invérifiables et leurs communiqués de presse prévoyant des réchauffements de 0,7 à 4°C, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Mais ils savent que les médias, qui vendent la panique qu'ils provoquent, ne mettront que le 2ème chiffre en gros titre d'articles que personne ne lira jusqu'au bout !

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de vous dire que le réchauffement n'existe pas et que la civilisation du gaspillage ne prépare pas un avenir nauséabond à nos descendants. La fonte des glaciers et des calottes polaires, le dégel des permafrosts et autres montées locales des eaux sont des problèmes aussi graves que les désertifications et déforestations, qui avancent plus vite ici ou là depuis deux siècles, du fait de l'absence de vision collective et à long terme de l'Homo neoliberalus, un primate borné, ravagé par l'addiction à l'argent facile, même si ce dernier ne vaut plus rien à peine gagné. Non, je voulais juste vous dire tout le mal que je pense du GIEC et des grandes et très coûteuses conférences climatiques par lesquels les gouvernements font semblant de faire quelque chose alors qu'ils ne font que du pipeau. Avec nos prétendues démocraties à alternance, ils ne tireraient que des inconvénients immédiats et aucun bénéfice de la moindre politique de bon sens à long terme, qu'il s'agisse d'éducation ou d'économie ! Entre ça et l'OMS qui lance une campagne internationale de mutilations sexuelles invasives (comprendre circoncisions), au prétexte aussi douteux que mal motivé de lutte contre le SIDA, on réalise que les politiques mondiales peuvent être aussi débiles et potentiellement plus catastrophiques que les politiques nationales...

Bon, on est passé brutalement du plein été au presque hiver, à peine chaud. Si l'on n'a pas la chance de pouvoir fuir sous les tropiques, il reste à travailler, par exemple en reprenant les cours publics, entre autres à l'uni jeudi prochain !

Et puis, en attendant la fin des averses, on peut aussi lire, par exemple de la science présentée avec humour et BD's comme dans le dernier "Drosophile"...

couv12mini-0f802.png ...qui vous raconte tout sur les microbes : autant de bactéries dans votre intestin que de cellules dans tout votre corps, et on ne peut pas vivre sans : ça interpelle, comme disent les psys !

Et puis, si vous êtes plus politiques, le dernier Psikopat, en cours de parution, s'interroge sur la guerre technologique à distance et la manière dont elle masque ses crimes à leurs auteurs. Le tout avec humour et bandes dessinées, glauques à souhait ! On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde, ...et surtout pas avec notre présidant Maurer, sinon ça gripen, c'est toujours pour la sécurité des faibles femmes...01.jpg

11/09/2013

Les Gripen en Syrie, pour la sécurité des faibles femmes !

Les Centrafricains ont eu Bokassa, les Ougandais Amin Dada, les français auraient peut-être Coluche, s’il avait persisté. Nous, nous avons Maurer dont le sketch ci-dessous vaut bien les meilleurs moments d’Amin Dada dans le remarquable film de Barbet-Schroeder :

http://www.gentside.com/suisse/pour-le-president-de-la-co...

 

J’en appelle à tous nos ennemis électeurs de droite et d’extrême droite, en particulier de sexe ou genre féminin, aux jeunes et aux vieux dont on organise ici la « sécurité ».

Trouvez-vous vraiment raisonnable que la Confédération soit pilotée par un bouffon pareil ?

Pensez-vous prudent de mettre des milliards d’impôts durement gagnés par les contribuables pour lui acheter des avions inutiles et dangereux ?

Car que va-t-il en faire de ses avions ? Les envoyer en Syrie pour la "sécurité" des femmes et des jeunes ??

Mais la Suède neutre en théorie et pacifique a sûrement imposé une clause de non engagement offensif à l’étranger de peur que l’élite de nos pilotes bombarde Malmö en se croyant à Damas !

Croyez-vous raisonnable de reconduire des candidats locaux ou nationaux qui adhèrent à une majorité qui se ridiculise ainsi ?

 

Au fait, ne manquez pas une vision sérieuse et drôle de la politique du moment dans:

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31/08/2013

UNIFORMES GROTESQUES

Je prenais le tram à Carouge, vers dix huit heures, habillé de saison : T'shirt, pantalon de toile, nu- pieds. Normal en été quoi ! Soudain, je me retrouve cerné de zombis : costards anthracite de mauvaise qualité, froissé au bas du dos, chemises se relâchant après un jour de guichet, cravates "note de couleur" mauve pisseux pour les originaux, nœud bleu de travers pour la plupart. La piétaille d'UBS et de Pictet singeait ses dirigeants qui, eux, ne prennent pas le tram. Qualité de l'étoffe ou du cuir en moins... On comprend pourquoi ces milieux, comme les politiques qui leur obéissent, tiennent tant à la conscription et au service militaire. L'armée, après tout, ce n'est pas très cher pour conditionner une génération à s'habiller uniformément mal et à obéir aveuglément aux ordres les plus aberrants, surtout si c'est surtout payé, à prix d'or et de Gripen, par ces imbéciles de petits contribuables ! Dans ces conditions, on devrait demander aux banques et  au patronat de financer l'armée, comme organisme de formation professionnelle de leur personnel, et dispenser de service militaire quiconque ne se destine pas à une carrière de bon à tout faire en uniforme au service du grand capital...

Bon, vous avez compris, je ne suis pas pour l'armée et encore moins pour la conscription et c'est vraiment désintéressé parce que je ne suis plus concerné. J'ai donné bien d'autres arguments, et des plus graves, dans Le Courrier de jeudi dernier. Vous les retrouverez sur le mode sérieux à :

http://www.lecourrier.ch/dede

Les choses n'ont pas changé depuis Albert Einstein, Brassens, Ferré ou Renaud. Nos idées non plus ! Alors il reste à renouveler la façon de les présenter jusqu'à la victoire sur la stupidité galonnée et les exploiteurs néo- lib !

27/08/2013

TOUT SUR NOS EX !

 

C'est le fabuleux dossier que toute l'équipe du Psikopat vous a concocté pendant l'été ! Mais attention, il ne sortira en kiosque que le 6 septembre chez les frouzes et ici, le diable sait quand et où ! Ne manquez pas de le conseiller à tous vos ex, aux ex de vos ex, etc...

D'ici le 6 septembre, il y en a quelques uns et quelques unes qui vont se ronger les ongles...

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27/06/2013

L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

Un club un peu fermé et très élitiste décide de consacrer un numéro de sa revue "L'Archicube" au thème, pour eux nombriliste, "Mérite et excellence", plutôt envahissant dans nos sociétés de compétition.

Oh surprise, ils me demandent d'écrire là-dessus !

Voici donc ce que ça a donné, un peu à contrepied de ce qu'y ont écrit un général, un évêque, un président et trois ratons-laveurs... (référence en bas du texte)





L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

 

Vivre pour quoi ?

Le prophète de la sociobiologie, Edward O. Wilson, commence l’un de ses pires ouvrages (réf.3) par une remarque triviale, mais importante :

« L’espèce (humaine) n’a pas de but en soi. »

Ce n’est pas la peine d’en lire plus, mais on peut partir de là pour parler des buts réels ou supposés des êtres vivants, humains compris !

 

La sélection naturelle n’a pas de but

Dans la nature, rien de rationnel n’assigne une finalité à notre existence ; ni à celle de n’importe quelle autre espèce. Pourtant nous choisissons, en général, de continuer à vivre, et essayons de prolonger nos sociétés, nos populations, nos cultures au delà de nos vies. Nos comportements individuels sont guidés, comme ceux d’autres animaux, par des centres nerveux qui poussent à l’action, l’orientent ou l’inhibent. Ils en analysent les effets sous forme de plaisir et de douleur, de récompenses et de punitions. Mémorisées, ces informations affectives modifient les motivations ultérieures face à des situations semblables de l’environnement. Ainsi, entre motivations « innées », « instinctives », internes et apprentissages par essai-erreur, gérés par le système récompense-punition, les animaux remplissent les deux conditions nécessaires de la sélection naturelle : survivre et procréer. Les espèces qui y faillirent une seule fois ne sont pas parvenues jusqu’à nous. N’observant que des espèces qui ont survécu, au moins un certain temps, nous avons a posteriori l’impression qu’elles, ou leurs membres, avaient un but, un projet : celui de durer dans le temps. Il s’agit, bien sûr, d’un biais d’observation !

 

Transmission, apprentissage, tradition

Les espèces sociales utilisent l’interaction entre parent et enfant ou entre pairs, pour d’autres types d’apprentissage, à partir de l’expérience des générations précédentes. L’élevage des jeunes par une mère, un père, un couple ou une communauté est l’occasion d’apprentissage par récompenses-punitions pratiquées par les congénères. Ce qui transmet des traditions par des processus de renforcement, positif ou négatif, et produit des variations de répertoires de comportements entre populations d’une même espèce, même si elles ont des patrimoines génétiques semblables et vivent dans des milieux identiques. Ces traditions, que beaucoup de biologistes n’hésitent plus à qualifier de « culturelles », malgré la réprobation des sciences humaines, portent aussi bien sur l’exploitation des ressources du milieu que sur des variations locales des interactions entre les individus ou entre les sexes.

L’apprentissage par imitation entre jeunes et parents ou pairs semblait l’apanage des vertébrés à sang chaud – certains oiseaux et surtout des mammifères. Mais la découverte des neurones miroirs, par lesquels un animal perçoit le comportement d’un autre, ses conséquences et y accorde le sien, fournit un mécanisme qui, s’il est général, explique la transmission horizontale de savoir-faire et de traditions comportementales (la transmission « horizontale » par les pairs est opposée à la transmission « verticale » selon les généalogies). Des systèmes de neurones miroirs, ou équivalents, sont nécessaires pour régir les comportements synchronisés des animaux, qu’il s’agisse de pariades sexuelles, de déplacements en bancs ou en vols ordonnés des poissons ou des oiseaux, du tango argentin, de ballets ou de jeu d’orchestre.

 

L’inné, l’acquis, l’appris

L’apprentissage par répression-récompense, et plus encore par imitation, permet une modification bien plus rapide des comportements d’une population que la transmission verticale par le patrimoine génétique, l’essai-erreur dans l’environnement et la sélection naturelle. Il permet d’adapter bien plus vite les populations qui le pratiquent à des changements rapides du milieu. Mais il comporte un risque important d’échec par une seule interruption, toujours possible, de l’apprentissage, bien moins fiable que la transmission génétique. Quand des comportements appris conditionnent la survie d’une population, l’apprentissage doit être « sécurisé », en particulier pour les comportements de fuite, alimentaires ou de reproduction. Par exemple, les éthologistes ont montré que, chez des oiseaux et, de façon moins stéréotypée et réversible, chez des mammifères, l’« objet maternel » et le futur « objet sexuel », définissant les comportements filiaux et reproducteurs à venir d’un individu, sont appris pendant deux périodes sensibles successives. Les canetons identifient à vie l’objet maternel treize heures après l’éclosion de l’œuf pendant une heure de temps qui se passe habituellement sous la mère couveuse. Chez les mammifères, la période sensible est plus longue et plus floue, mais se passe normalement auprès d’une mère allaitante. Quant à l’objet sexuel, qui conditionnera les futurs comportements, il est aussi appris par une « empreinte » post natale, plus tardive. L’une comme l’autre de ces empreintes peut être détournée au profit d’objets maternels aberrants (robot plastique ou poule pour des canetons, Konrad Lorenz pour des oies, soigneurs pour des mammifères) ou d’objets sexuels ne permettant pas la procréation (modèle en plastique sonorisé pour des poussins mâles, individus de même sexe ou d’espèces différentes). Si les conditions de la vie sauvage permettent rarement la répétition de tels détournements – la sélection naturelle veille ! -, la captivité provoque souvent des « erreurs » d’empreinte compromettant la survie, la procréation ou les futurs comportements maternels. Par exemple dans le cas fréquent où des soigneurs humains sont objets d’empreintes inappropriées.

L’expérience des grands singes captifs, en particulier de l’orang-outan Wattana (élevée avec des bonobos, elle avait appris leurs mœurs !) montre que leurs comportements sexuels sont appris, au-delà de l’empreinte, et suivent des traditions de leurs espèces ou de ceux avec qui ils sont élevés (réf.2). Des traditions culturelles flexibles et non des réponses stéréotypées à des contraintes génétiques ou physiologiques innées, contrairement à une opinion trop répandue. Ce qui amorce ce que l’on observe chez les humains : une indétermination biologique des orientations et des comportements sexuels, hors peut-être de rares cas, et leur détermination par l’éducation, la culture, l’histoire de la vie de chacun –chacune et ses contingences. Ce point de vue n’est pas l’opinion dominante dans le monde anglo-saxon, où tradition « héréditariste » et opportunisme judiciaire ont, en particulier, conduit à des publications contradictoires présentant de prétendues « preuves » d’une détermination innée – génétique pour les uns, physiologique pour les autres - de l’orientation sexuelle humaine.

 

 

Les cultures

L’absence de projet inné de l’espèce humaine et de ses proches parentes animales impose la régulation par l’apprentissage des comportements de survie et de procréation. Chez les humains parvenus jusqu’à nous, éducation et culture ont assuré ces conditions, ainsi que celle de la reproduction de la culture. Les sociétés traditionnelles assuraient, tant bien que mal, la survie jusqu’à la procréation et la procréation, en général en contrôlant la sexualité. En plus, elles assuraient la reproduction de leurs cultures. Les systèmes politiques et religieux les plus fréquents sont souvent basés sur un pari démographique et sur le prosélytisme, bienveillant, contraint ou guerrier, quitte à perdre une partie de la population.

Les prescriptions culturelles, à travers leurs justifications mythologiques ou idéologiques, vont bien plus loin, dans le détail, qu’il n’est nécessaire au maintien de la population et à la poursuite de la civilisation. Elles manifestent souvent une intransigeance totale vis à vis de variantes équivalentes, qu’il s’agisse de traditions de déguisement improbables ou d’activités cultuelles insolites, dont l’effet sur la reproduction et la transmission n’a rien d’évident. Ce qui débouche, au mieux sur des compétitions permanentes, au pire sur des guerres. L’histoire et l’actualité nous saturent d’exemples ! Il en résulte, dans les cultures dominantes, un culte de l’hégémonie et de la compétition que leurs adhérents appliquent souvent en tout contexte, même inapproprié. A l’intérieur de la même population on oppose, on classe, on hiérarchise les sexes, les genres, les classes sociales, les élèves, les professions, les régions, les villes, les artistes, les clubs sportifs, les écoles, les hôpitaux,… comme si tout problème, tout choix relevait de la compétition. Partout, on veut des « meilleurs », décrétés meilleurs parce que proclamés tels. Bref, on reprend la version Spencer de la théorie de la sélection naturelle : la survie des plus aptes, qui sont les plus aptes parce qu’ils ont survécu, et l’élimination des autres… Imparable tautologie qui néglige ce que l’on sait de la sélection naturelle : la condition de survie est une condition de seuil minimal d’aptitude, pas d’optimisation de celle-ci ; la condition de procréation l’emporte sur elle, le plus souvent ; et les meilleurs reproducteurs, « gagnants » de la fécondité différentielle, ne sont pas une élite (parfois le contraire, comme le notait Malthus !). Surtout, d’autres facteurs que la sélection sont plus importants dans l’évolution des populations peu nombreuses de grands primates, humaines ou non (migrations, dérive génétique, hasards de la recombinaison génétique, contingences de l’histoire et de l’évolution culturelle).

 

Un peu d’histoire des sciences et de politique

La théorie de la sélection « naturelle » fût prise comme argument en faveur de doctrines politiques à la fin du 19ème siècle. Le marxisme stalinien en fit, comme de la génétique, une « science bourgeoise », un épouvantail ; mais Engels et Marx y avaient cherché la justification de la lutte des classes. Dans l’entourage de Charles Darwin, outre son ami Herbert Spencer, Francis Galton, son cousin, et Léonard Darwin, son fils, furent les promoteurs du « darwinisme social », qui voulait améliorer l’espèce humaine par la sélection et donna naissance au mouvement eugéniste. Pour son bien-être futur, ce mouvement voulait changer l’humanité, comme les espèces domestiques, par le choix des reproducteurs et, dans ses formes dures, par l’élimination des prétendus inaptes ou peu performants. La génétique, balbutiante et mal comprise par la plupart, était aux premières loges du projet. Les laboratoires anglo-saxons et allemands s’intitulaient indifféremment laboratoire d’eugénique ou de génétique, si ce n’était les deux à la fois, comme le célèbre laboratoire de Cold Spring Harbor, fondé par Charles Davenport à New York. Un fondateur qui, avec la fondation Rockefeller, fût plus tard l’inspirateur du Kaiser Wilhelm Institut d’anthropologie et eugénique nazi, où s’illustrèrent Eugen Fischer, Otmar von Verschuer et Josef Mengele. Soixante mille personnes furent stérilisées aux Etats Unis sur des critères allant jusqu’à la misère sociale ou l’alcoolisme des parents, autant dans la petite Suède, « état-providence » ! Bien sûr, ce n’était que de l’eugénisme tiède : ces bienfaiteurs de l’humanité laissaient l’eugénisme fort – génocide, solution finale et choix des reproducteurs - à leurs amis nazis.

 

Les idéologies d’aujourd’hui : un lourd passé

La fin de la deuxième guerre mondiale fit classer l’eugénisme dans le camp du mal, sans extirper ses présupposés idéologiques, ni surtout les idées qu’il véhiculait. Ce n’est pas un hasard si James Watson, prix Nobel un peu usurpé pour la double hélice, et un temps successeur de Davenport à la direction de Cold Spring Harbor, s’est illustré par des déclarations sur les noirs rappelant la ségrégation raciale ou les écrits de Murray et Herrnstein, conseillers de Reagan. Ces derniers réactualisèrent les études falsifiées de Jensen sur les « comparaisons raciales d’intelligence ». Un beau monde qui fit partie du Pioneer Fund (qui, depuis l’entre deux guerres « promeut le développement de la race blanche » aux USA) et/ou de l’extrême droite du parti républicain.

 

L’héréditarisme

L’idéologie héréditariste, qui sous tendait l’eugénisme, vient de loin : elle veut que qualités et défauts humains soient transmis inflexiblement des parents aux enfants. Elle a produit les théories du « sang bleu » et de l’élitisme aristocratique, encore en vogue aujourd’hui. C’était un alibi imparable pour justifier les ségrégations sociales et l’endogamie des élites, le refus des « mésalliances ». La découverte par Weismann, en 1896, des conséquences de la recombinaison génétique, qui casse la transmission des parents aux enfants de manière aléatoire, aurait dû y mettre fin. Mais les élites concernées se crispèrent sur le succès de la reproduction sociale par la création d’un système éducatif à plusieurs vitesses, dont les établissements les plus performants étaient inaccessibles aux autres. C’est dans ce système que nous vivons encore aujourd’hui, malgré la recomposition des élites et des coups médiatiques douteux, comme « les banlieues à Sciences Po », qui, avec l’ENA, aura du mal à pratiquer démocratie et promotion sociale. L’archicube Bourdieu n’est plus là, mais ses travaux restent d’actualité quand la ségrégation sociale va de la famille, la crèche, l’école maternelle à l’ENS.

Le capitalisme sauvage a imposé l’héritage des biens fonciers et des outils de production, s’inspirant des castes de l’ancien régime où l’on héritait terres, locaux, techniques et savoirs -faire par voie généalogique. Ces pratiques ne sont plus à l’ordre du jour, hors cas marginaux, en période de révolutions technologiques. Mais nous vivons sous les lois qu’elles ont inspirées. Un héréditarisme culturel, tout aussi fallacieux, double donc l’héréditarisme biologique. Ce dernier se traduit dans le monde anglo-saxon, par la recherche de « causes génétiques » à tous les comportements animaux et humains. On invente les gènes de l’intelligence, le chromosome du crime ou des rabbins Cohen, les gènes de l’homosexualité ou de  l’infidélité conjugale. Rien ne nous est épargné dans les autoproclamées « meilleures revues scientifiques internationales », avec pour points communs des erreurs d’échantillonnage et des interprétations statistiques falsifiées. Ces résultats spectaculaires, souvent en couverture au mois de juillet, ne sont guère reproduits, mais courent dans la société, propulsés par des communiqués de presse et des pseudo sciences comme la « sociobiologie » et la « psychologie évolutionniste ». Pour faire court, celles-ci se résument à un principe « ultra darwiniste », aussi faux que simple : tout comportement observé dans la nature n’existe que parce qu’il maximise le succès reproducteur des gènes de son porteur, qui le déterminent. Allez donc rechercher l’optimisation du succès reproducteur dans l’insémination « en trolleybus » de petits insectes comme les machilis ou dans l’homosexualité humaine !

 

Les systèmes éducatifs

Le projet révolutionnaire de l’égalité des chances n’a cessé d’être remis en question et détourné, y compris par Jules Ferry ! Quand Alfred Binet, au début du siècle précédent, imagine un test pour détecter en deux heures, plutôt qu’en une année d’échec, les élèves incapables, dans l’état, de suivre l’instruction publique obligatoire, c’est pour leur apporter l’assistance qui leur fera rattraper le peloton. Mais les grands savants de Stanford s’en emparent peu après, le bricolent pour que les résultats se répartissent selon une courbe de Gauss et s’intéressent à l’autre queue de la distribution, artificiellement créée, où ils voient l’« élite ». Ou bien à la moyenne, qui permettra les comparaisons raciales que l’on sait, aux Etats Unis de la ségrégation raciale. Et la pratique confirme cette obsession : on investit presque tout dans la formation d’élites, le moins possible dans celle des masses et quasi rien dans celle des handicapés sociaux ou physiques. La science est derrière pour appuyer cela. Une interprétation aberrante de Malthus prétend qu’il faut limiter la reproduction du peuple et encourager celle des élites (dans la version intégrale de l’Essai sur le principe de population, Malthus veut comprendre les mécanismes par lesquels Dieu nous entraîne vers la catastrophe du Jugement dernier et la résurrection des morts. Loin de lui l’idée de s’opposer à la volonté du Seigneur pour le bien de ses paroissiens, comme le lui font dire, de façon absurde, les exégèses « malthusiennes » !).

Les tests de QI sont basés sur des performances très dépendantes de la culture et de ses énormes variations, selon les classes sociales et le sexe en particulier. L’intelligence est proclamée « génétique à 80% », rumeur basée, à la fois sur une interprétation idiote de la notion d’héritabilité et sur une mesure de corrélations de QI dans un grand échantillon de jumeaux monozygotiques étudiés et publiés par Sir Cyril Burt et une collaboratrice. Une enquête minutieuse de Leon Kamin (réf 1) a montré que l’échantillon improbable en question n’a jamais existé, pas plus que la collaboratrice qui était censée avoir fait le travail ! Comme il est bien évident que l’intelligence ne peut bien se développer que dans un cerveau en bon état et dans un milieu favorable, je me rallie de longue date à la formule du regretté Jean-Michel Goux, pour qui il était évident que l’intelligence, pour peu que l’on puisse la définir, est « 100% génétique et 100% due au milieu ! ». Prétendre mesurer la part de ces « composantes » en interaction permanente est dépourvu de sens, même si une analyse de variance ou un coefficient de corrélation mal compris peuvent en donner l’illusion mathématique à des esprits déconnectés du réel…

 

Excellence, élitisme, mérite et éducation

L’alibi de l’élitisme est de reconnaître et former les meilleurs pour les mettre aux commandes pour le plus grand bien de tous. Comme si les compétences techniques se doublaient d’altruisme ! Dans le système  fermé et endogame que représente l’enseignement de qualité dans le monde néolibéral, on exclut le plus grand nombre, de fait ou en probabilité, des chances d’y être intégré. Ce ne sont pas de rares exceptions, quelques « partis de rien », qui masquent l’héritabilité accablante, en France, du passage par les « très grandes » écoles, en Angleterre ou aux Etats Unis par les universités les plus prestigieuses et les plus chères. On se prive de la plus grande partie du recrutement potentiel, donc de la possibilité de trouver « les plus aptes », en admettant que le concept ait un sens. Dans un système où l’argent conditionne tout, la monomanie de l’élite et de l’excellence conduit à tout classer, les humains comme les projets, selon des échelles linéaires uniques, en négligeant la complexité et les dimensions multiples des critères d’évaluation ; à déclarer excellents ceux que les relations, la médiatisation, la propagande et les magouilles ont placés sur le dessus de la pile. Et à ne pas recruter ou financer la masse des autres. Depuis Sarkozy et successeur, et leurs exigences d’excellence et de compétitivité partout, les recrutements et les budgets de la recherche fondamentale, hors quelques niches protégées et quelques projets « excellents » se sont effondrés, ou bien ont été réorientés vers la recherche en entreprise. Sur laquelle il serait vain de prendre une position générale, mais qui fonctionne parfois de bien étrange façon, eu égard à ses objectifs déclarés.

Il en résulte que les promus de notre système d’éducation et de recherche n’ont pas souvent mérité leurs promotions et que la plupart des méritants sont tenus à la porte, pour cause de ségrégation sociale, dès le plus jeune âge.

Le plus étonnant, c’est que ce système marche encore un peu, mais au prix fort et pour des résultats médiocres !

 

Références

 

Leon Kamin (1974) The Science and Politics of IQ, LEA, Potomac.

André Langaney (2012) Ainsi va la vie, éd Sang de la terre, Paris.

Edward O. Wilson (1979 ) On Human Nature, Harvard Univ. Press.

 

in L'archicube n°14 - 01-06-2013   "Mérite et excellence"

19/04/2013

L'archange m'a visité et épitaphé !

Recevoir des lettres d'injures et de menaces quand on écrit ce que je pense des religions, de la politique et de la droite plus ou moins extrême est banal. Mais ce que j'ai écrit sur Thatcher - note précédente - m'a valu le plus original et délicat des commentaires du genre. A en juger par le style pas très chébran (il conclut, cf ci-dessous, en me disant "merde" après m'avoir traité de "grand con") et le fait qu'il n'a pas trouvé d'astuce pour passer outre le fait que les commentaires soient fermés, il s'agit apparemment d'un monsieur d'un âge certain, méritant peut-être un certain respect, on sait jamais ! Dans une longue prose que je vous épargne, notre senior en colère insinue qu'être contre Thatcher, c'est être pour les généraux tortionnaires argentins. Genre les ennemis de nos ennemis sont nos amis, ce qui prouve qu'il en est resté aux oppositions selon Lévi-Strauss et n'a pas encore réalisé - c'est sans doute trop tard ! - la multi-dimensionnalité du monde, en général, et en politique en particulier. Ce n'est pas parce que Thatcher s'est retrouvée opposée aux tortionnaires de Videla pour une querelle territoriale où d'ailleurs l'Angleterre a tous les torts (les quelques centaines de résidents anglais des Malouines n'ont rien d'une population aborigène ayant des droits sur la terre) que Calamity Margaret n'est pas, comme eux, une hypernationaliste d'extrême droite et sans scrupules pour avoir envoyé de jeunes anglais à la boucherie, sans parler des jeunes argentins, sans doute inexistants à ses yeux !

Je traite le papy d'archange parce qu'il signe anonymement et courageusement "Gabriel C." (non, je ne ferai l'hypothèse grossière qu'il aurait sans doute faite sur la suite du C.. s'il avait été mien !), mais parce que c'est aussi un poète, ce que je respecte encore plus, même si ses vers ne me sont pas particulièrement favorables...

Papy Gabriel, je vais te décevoir : ton mail m'a fait plaisir et le temps passé à versifier me touche plus que le sens des mots. Les hommages des amis sont difficiles à distinguer des flatteries. Mais ceux des ennemis sont une véritable reconnaissance, bien plus objective !

 

 

 Fin de la prose et vers de l'archange :

"...j'irai déposer l'épitaphe qui suit sur votre tombe:

Le professeur André Langaney, toute sa vie,
Sans rémission, fut un grand con.
Et si volaient tous ceux affligés par ce don,
Il aurait assurément été chef d’escadrille.

Dédé se prenait pour un puits de science
Sans jamais réaliser un seul instant
Contre toutes les marées et tous les vents,
Qu’il n’était que vanité, mépris et suffisance.

Car enfin, à prendre les autres pour des imbéciles,
Il n’a mis finalement en évidence,
Que sa propre vacuité et son intellectuelle indigence,
Des qualités aussi stériles que débiles.

La moralité de sa triste vie,
Toute professorale fut-elle
Est que sa pensée ne fut empreinte que de bagatelles,
De triste vanité, niaiserie et forfanterie.

Et dans l'au-delà, on ne peut que lui souhaiter
De rencontrer des esprits plus élevés
Que le sien, qui, mazette,
Se traînait au niveau des pâquerettes.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Professeur, mes salutations affligées et méprisantes. Et puis, pour en ajouter une couche, je vous dis merde.

Gabriel."

05/09/2011

« Sociobiologie », « psychologie évolutionnaire » … : des pseudo – sciences attaquent les universités !

Newton pratiquait l'astrologie et Wallace, co - découvreur oublié de la sélection naturelle, le spiritisme. L'interprétation rationnelle de phénomènes naturels n'était pas une garantie contre des égarements de la pensée dans d'autres domaines ! Beaucoup de nos contemporains y voient un égarement de précurseurs. Ou bien les premiers effets de la spécialisation imposée par un volume des connaissances qui dépasse les capacités de chacun. Contrairement à l'injonction de Boris Vian, on ne saurait, en sciences, être un spécialiste de tout !

La sagesse et l'histoire des sciences commandent une autre attitude quand la spécialisation de chacun croît et quand la recherche fait appel à des connaissances d'origines diverses, en partie mal maîtrisées par les chercheurs. Les pseudo - sciences ont donc, comme jadis l'astrologie, l'alchimie ou le spiritisme, des perspectives de développement croissantes. Plus encore si elles se masquent d'un arsenal technologique plus obscur que le latin des médecins de Molière et communiquent mieux que les vrais scientifiques.

La « sociobiologie » et son avatar humain, la psychologie dite évolutionnaire ou évolutionniste sont de bons exemples. Derrière une façade de bon sens et des concepts intuitifs peu rigoureux, mais accessibles à tous, elles cachent des fondements inexacts et réfutés par des connaissances établies mais trop difficiles pour qui n'a pas fait d'études spécialisées.

L'idée de départ est simple et peu discutable : les sociétés animales, humaines comprises, sont composées d'êtres vivants soumis aux lois de la sélection naturelle : survivre et procréer. Une organisation sociale ou un comportement qui compromet survie ou reproduction sera éliminé. Mais les sociobiologistes pratiquent la même dérive idéologique que les faux héritiers de Darwin, fondateurs du « darwinisme social » au 19ème siècle. Ils en déduisent que les sociétés et les comportements, en compétition permanente, tendraient vers une « optimisation » de leurs performances, les meilleurs, les plus « adaptés » balayant les autres. Cette croyance mystique dans un perfectionnement continuel, une optimisation de « l'adaptation » et la réalisation de « stratégies évolutives stables » est contraire à tout ce que les sciences de l'évolution et de la nature nous ont appris après Darwin. Si les sociétés doivent, comme les espèces, respecter les nécessités de la sélection naturelle pour durer (si elles se suicident comme l'Ordre du Temple solaire ou ne font plus d'enfants ou de disciples, elles disparaissent !), elles sont aussi soumises aux hasard des mutations, de la procréation et aux contingences de l'histoire. Et ce rôle de l'histoire, du hasard et des contingences est d'autant plus important que les populations sont peu nombreuses. Chez des insectes ou crustacés qui se comptent par centaines de milliards, produisent beaucoup de descendants (dont la plupart sont éliminés), sélection et compétition peuvent produire des formes et des comportements qui nous semblent parfaits. Chez des grands singes ou des humains préhistoriques qui se comptaient seulement par milliers, se reproduisaient peu et survivaient souvent, des calculs simples montrent que les effets du hasard, des contingences et de l'histoire l'emportent sur ceux de la sélection qui se réduit à l'élimination de l'impossible. Ainsi, de nouvelles mutations favorables sont, le plus souvent éliminées, tandis que, partant de la même origine, des populations séparées ont des histoires divergentes, des modes de subsistance, des sociétés et des cultures diverses, loin de tout optimum ou des stratégies évolutives stables rêvées ou calculées par les bigots de la sociobiologie ou de la psychologie prétendue évolutive.

Ce n'est pas un hasard que ces aberrations sévissent surtout en zoologie et dans des sciences sociales où l'on ne connaît rien des recherches sur les mécanismes de l'évolution après Darwin. Ni qu'elles viennent d'un monde anglo - saxon dont l'idéologie néolibérale est l'héritière sans ruptures de la féodalité et du capitalisme sauvage du 19ème siècle...

In le Courrier du 31-8-2011

 

05/09/2008

En Suisse aussi ! réservez-le...

SINÉ HEBDO, le journal mal élevé, déboule le mercredi 10 septembre ! Ou le 11 en Suisse...

Réservez-le, le No 1 sear un "collector" et il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde

"A l’insu de mon plein gré, j’aicouverture_annonce.jpg
réuni, sous ma bannière de
pestiféré, une bande de
trublions, bien décidés à ruer
dans les brancards…" Siné 

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