17/03/2008

Vive le déserteur inconnu !

Aujourd'hui, les français sont censés se recueillir en hommage aux combattants de l'ignoble boucherie de la première guerre mondiale, dont le sympathique dernier survivant français (mercenaire italien de la légion étrangère à l'époque) vient de casser sa pipe à 110 ans.
Le gouvernement nationaliste gaulois lui a "extorqué", in extremis, il y a quelques semaines, des obsèques nationales qu'il avait refusées dignement pendant des années, estimant qu'il n'y avait pas lieu de célébrer des événements consternants.
J'ai surtout une pensée pour ceux que l'on a assassinés, ou que l'on exécute encore, parce qu'ils ont refusé ou refusent de tuer des inconnus ou simplement des humains, de marcher en rang, comme des moutons, derrière la musique, pour aller à l'abattoir. Ou pire, de hurler à l'assaut en brandissant des drapeaux, comme des supporters de foot décérébrés et déchaînés.
Il n'est pas d'idée qui vaille de tuer à l'aveugle, ni de se faire tuer. "Mourir pour des idées, bien sûr, mais de mort lente !" comme le chantait si bien Brassens...
Et puisque l'on est dans les chansons, réécoutez ou relisez donc "Le déserteur" de Boris Vian : tout y est dit, et avec quel talent !
"Allez par les chemins..., ... refusez de la faire, ... je ne suis pas sur terre pour tuer de pauvres gens !"

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14/01/2008

Mécréants de tous les pays ... unissons-nous !

Face à la floraison des blogs religieux sur notre site, j'ai toujours plaisir à prendre le contre-pied, fût-ce par la dérision, de ceux qui s'y précipitent à des fins de prosélytisme ou de propagande, qu'ils soient prêtres, politiciens ou autres bigots.
Un membre d'une communauté chrétienne de Meyrin nous a offert l'un des plus grotesques arguments anti-avortement que j'aie jamais lu. Une expérience peu éthique montrerait que le foetus entraîné - âge non précisé, mais sûrement tardif si le fait est exact - distinguerait entre trois et quatre coups frappés sur le ventre maternel. Elle est interprétée par notre paroissien comme démontrant que, avant terme, le foetus est doté de conscience, dignité humaine et tutti quanti, donc, sous- entendu, qu'avorter serait crime contre l'humain ! Et notre biblogueur propose de répéter l'expérience sur le "foetus d'un mois", sinon plus tôt. Or l'embryon (et non "le foetus") d'un mois ressemble à celui de poisson et vient de transformer ses fentes branchiales. Il n'a ni le système auditif, ni le cerveau mûr nécessaires pour entendre et distinguer des sons ou des séquences rythmées. A moins de croire au miracle, comme notre meyrinois (j'ai failli écrire mérinos, s'agissant du cheptel divin!), c'est donc mal parti pour la dignité humaine ... D'autant plus qu'apprendre à distinguer quatre signaux de trois est une performance médiocre que la plupart des vertébrés et au moins quelques invertébrés peuvent apprendre facilement par un conditionnement du type de celui de l'expérience évoquée. Donc, dignité animale, peut- être, humaine, sûrement pas !
Qu'ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, les fondamentalistes religieux passent leur temps à prétendre que le monde n'est pas comme nous le voyons, sentons, vivons, comprenons avec nos sens, notre raison, notre culture laïque, nos savoirs scientifiques provisoires et vérifiables. Et qu'il existe une seule vérité, celle de leur secte et pas celles des autres qui disent le contraire, celle de la vingt cinquième édition censurée et rewritée de textes sacrés écrits on ne sait où, ni on ne sait quand, par des personnages dont parfois l'existence historique même n'est pas certaine.
La réponse de notre époque est claire. Dès que l'on échappe aux fascismes religieux dont les conflits ravagent le monde et qui pèsent encore lourd dans certaines cultures occidentales, il convient de mettre en avant l'un des plus fondamentaux des droits humains : la liberté de penser et de dire ce que l'on pense, sans être menacé ou réprimé. Sans elle, il n'est pas de jugement libre, pas de démocratie. Les pratiques totalitaires des religions qui n'acceptent pas la libre adhésion ou le libre retrait de leurs membres, à tout âge, ne devraient pas être admises, ni encouragées par des avantages fiscaux. Et celles qui acceptent ce droit, torpillées par un inévitable doute, n'ont pas grand avenir, ainsi qu'en témoigne la déchristianisation accélérée de l'Europe occidentale ...
 

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06/01/2008

Genève- Dakar : on annule ?

Dans le pire, il y a souvent, parfois bien caché, un soupçon du meilleur... Al Qaïda, au prix de beaucoup trop de victimes innocentes, il est vrai, avait mis fin au mythe de l'invulnérabilité états-unienne. Un mythe dangereux quand il opérait au profit d'un président fanatique religieux et mafieux militariste. Je n'ai évidemment pas un soupçon de sympathie pour les barbus- barbouzes wahhabites, ni d'indulgence pour leurs croyances stupides et leurs méthodes cruelles ou aveugles. Mais quand ils réussissent à empêcher le Paris- Dakar, que le bon sens le plus élémentaire aurait dû interdire depuis longtemps, je dois me retenir d'applaudir !
Ayant passé l'équivalent de quatre ans de ma vie dans une des régions les plus pauvres du globe, que la furie motorisée avait décidé de traverser, avec le soutien des lobbies moto- auto et la bénédiction minable des gouvernements, j'ai pu mesurer en direct le cynisme de ces raids grotesques. Ces derniers ne se contentent pas de gaspiller des ressources précieuses, dans des pays où les ambulances sont souvent à court d'essence et les services de santé de véhicules, mais ils tuent, ou estropient à vie, chaque année, au sein des foules rassemblées par leur tumulte.
Les retombées indirectes sont encore bien pires, quand le matraquage de TF1, suivi bovinement par tous les commentateurs "sportifs", entraîne des millions d'abrutis et d'alcooliques à s'équiper de machines dangereuses et surpuissantes pour jouer au Dakar sur les routes, causant les dizaines de milliers de victimes tuées ou estropiées que l'on sait. A l'échelon mondial, le lobby automobile tue bien plus que Ben Laden, mais avec le sourire paternel des pubs du TCS et  les mines suggestives des hôtesses de charme du salon de l'auto. Conduire un bolide en ville, c'est un peu jouer à la call- girl qui pose dessus au salon, ou bien se la taper, symboliquement, aux yeux des potes.
Dans la vie quotidienne, nos villes deviennent désagréables, infréquentables et dangereuses. D'abord pour ceux- mêmes qui ne peuvent se passer d'y utiliser, au quotidien pour faire cinq cents mètres, le 4x4 ou le break dont ils ont "besoin" deux fois par an pour les vacances. Ou bien parce que la montée vers leur maison est verglacée trois fois par an, comme chez Brelaz...
Face à la chienlit automobile, seuls sont susceptibles d'agir la carotte et le gros bâton.
La carotte, c'est des transports publics pratiques et plus agréables que les motorisés individuels. Ils doivent être incitatifs, accessibles à tous, donc gratuits et non "rentables", très chers, comme chez nous. Gratuits, ils le sont déjà dans quelques villes- pilotes capitalistes, dont les dirigeants ont compris, contrairement à nos gouvernants rosâtres- verdâtres genevois. Lesquels ont le culot, après leurs campagnes électorales écolo- placebo, de refuser la gratuité !
Le gros bâton, c'est l'interdiction, en ville, des véhicules qui n'ont rien à y faire. Ce n'est, en aucun cas, le péage que Micheline, courageuse sur la gratuité, voudrait instaurer : le péage ne serait dissuasif que pour ceux qui n'auraient pas les moyens de le payer. Il ne le serait donc absolument pas pour les conducteurs de 4x4, grosses cylindrées, bolides de courses ou "gros cubes" les plus polluants, dangereux et les moins rentabilisés, en termes de transport de personnes. Il offrirait seulement à cette "élite", comme à Londres, le luxe et la volupté de rouler tranquilles en centre ville.
L'application n'est certes pas simple, car il faut, bien sûr, trouver d'abord des solutions pour ceux qui, habitant loin ou mal desservis, sont bêtement devenus dépendants de leur bagnole au quotidien. Dépendants par nécessité, pas par addiction !  

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22/10/2007

Nobels, bêtes et méchants !

    "Ce qui me frappe, c'est que l'on retrouve toujours la même proportion d'imbéciles, d'escrocs et de gens bien, que ce soit chez les prix Nobel, les enseignants ou les ouvriers" déclarait souvent - en privé ! - l'un des rares lauréats du prix Nobel que j'apprécie parmi une dizaine que l'activité scientifique m'a fait rencontrer plus ou moins. Les déclarations racistes et scientifiquement ineptes de James Watson sur l'Afrique et l'intelligence prétendue inférieure ou bien la libido prétendue supérieure des "noirs" ne font que confirmer ce point de vue. On ne peut pas les mettre sur le seul compte de l'âge : Watson n'a pas encore 80 ans, même s'il n'est plus au top. Par ailleurs, cela fait plus de vingt ans qu'on évite de lui offrir certaines tribunes parce que l'on sait trop, dans les milieux scientifiques, de quoi il est capable en matière d'opinions sur la "génétique de l'intelligence" ou la prétendue génétique - à découvrir, mais d'ici peu, selon lui, - de l'homosexualité ou des maladies mentales ! Comme à beaucoup d'anglo-saxons et quelques autres, l'ADN lui est monté au cerveau !
    Il reste qu'avec ses collègues Crick et Wilkins, il fut récompensé en 1962 pour avoir décrit, en 1953, la structure de l'ADN et ses principales propriétés, ce qui était LA découverte du siècle. Même si les trois semblent avoir piqué, sans son accord, les résultats de cristallographie de Rosalind Franklin qu'un cancer a eu le bon goût d'éliminer avant contestation ...
    Il existe en gros deux sortes de lauréats Nobel. Certains sont récompensés pour une découverte très importante, souvent non reconnue en son temps. Barbara Mac Clintock en est le prototype : ses "gènes- sauteurs" l'ont fait accabler de sarcasmes pendant des décennies et elle ne fut honorée qu'in extremis quand on admit, enfin, que celle qui fut longtemps traitée de vieille folle avait raison (le Nobel n'est jamais attribué à titre posthume). Mais, comme il n'y a pas de découvertes vraiment très importantes tous les ans dans toutes les disciplines scientifiques récompensées, le prix est souvent attribué à de grands communicants - grands magouilleurs qui réussissent à faire croire que leurs travaux, souvent récents, parfois douteux, constituent une avancée fondamentale. Le tout sur fond de tripatouillages politiques et de grands copinages internationaux : l'essentiel du gâteau pour les anglo- saxons qui tiennent les revues auto- proclamées prestigieuses, une part, relativement très honorable, pour les petits scandinaves qui financent et régalent, les miettes pour le reste du monde...
    Après le prix, la vie devient très dure pour les pauvres Nobels. Non seulement ils doivent mener une vie mondaine consternante, mais il leur faut aussi dépenser tous les crédits qui tombent sans arrêt sur leur labo, ce qui représente beaucoup de travail ! Surtout, ils doivent entretenir leur réputation à la hauteur de la découverte qui les a fait récompenser. Mission impossible s'il s'agit d'une très grande découverte, souvent liée à un coup de chance unique ou à un contexte heureux très improbable. Le néo- Nobel, ayant atteint son niveau d'incompétence, tend donc à se reconvertir sur de nouveaux sujets spectaculaires, sur lesquels il est incompétent. Ce qui constitue une "arabesque latérale" selon le célèbre principe de Peter et Hull. Le meilleur exemple en est Francis Crick, compère de Watson qui, ayant réglé son compte à l'ADN, décida de s'attaquer, Nobel au poing, au cerveau humain, avant que le sien ne rende son absence d'âme. Pour cela, il fallait d'abord régler leurs comptes, jusque dans notre auditoire Piaget, aux sciences humaines - incompétentes ! -, à la psychologie et à papa Freud, pourtant déjà bien mort à l'époque. Crick n'hésitait pas à clamer que l'inconscient n'était qu'une invention de l'imaginaire débridé des psychanalystes et qu'il n'y avait rien d'organisé et intéressant dans les rêves, poubelle de la pensée ! Hormis ces imprécations sectaires et gratuites, on attend pour toujours sa contribution positive au sujet...
    Si l'on s'intéresse maintenant à Shockley, l'un des trois lauréats Nobel de physique en 1956 pour l'invention du transistor - ce n'est pas rien ! - les choses sont encore plus simples. Il utilisa son prix et sa réputation pour militer contre le "busing" (transport des écoliers d'une école à l'autre pour lutter contre la ségrégation raciale scolaire aux Etats- Unis), pour propager les idées racistes de Jensen et du Pionneer's Fund sur l'infériorité des noirs, et aussi pour aider à fonder des banques de sperme de prix Nobel destinées à inséminer des femmes volontaires désirant des enfants surdoués. Vu le look du prix Nobel moyen et l'état catastrophique de certains enfants anéantis par le Nobel paternel, relativement peu de femmes sont entrées en matière ... on les comprend ! Ici, on n'a aucun mal à situer la faille entre de hautes compétences réelles en physique appliquée et la prétention à une compétence "biologique" dans un domaine idéologique nauséabond. On retrouve aussi le Pioneer's Fund, association d'extrême droite qui finança, entre beaucoup d'autres du même crû, les "recherches" de Jensen. Ainsi que, bien plus tard, celles d'un certain Rushton, qui répéta, avec les mêmes biais, les "découvertes" de Jensen sur la génétique de l'intelligence, l'infériorité prétendue du QI des noirs et affirma, par argument d'autorité, leur "libido supérieure" qui a inspiré Watson.
    L'histoire des sciences montre souvent qu'une partie non négligeable de ses célébrités n'ont dû leurs découvertes qu'au hasard, au contexte, ou à la prédation des résultats des collaborateurs et souvent des collaboratrices qui ont fait le travail. Beaucoup de chercheurs plus compétents et plus méritants ne trouvent jamais rien. Cela ne veut pas forcément dire qu'ils sont mauvais. Même lorsque leur contribution personnelle fut déterminante, ceux qui ont réussi le meilleur dans un champ technique particulier du savoir ont peu de chances d'être bons dans un domaine différent qu'ils découvrent, encore moins de raisons d'être des autorités morales, philosophiques ou politiques. Pourtant, dans une société où les médias et les politiciens populistes n'arrêtent pas de dénigrer ce qui est scientifique, les mêmes n'hésitent pas à convoquer les lauréats de prix prestigieux comme experts en éthique, enseignement ou éducation, à la place des prêtres de jadis, en leur prêtant, bien à tort, des compétences qu'ils n'ont pas plus. On connait les désastres auxquels certaines expertises de ce type ont conduit dans l'enseignement, en particulier des maths et des sciences ...

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20/10/2007

André Langaney n'a pas rencontré Cécilia Sarkozy à Genève !

    Impossible : j'étais à Carouge ! Remarquez, notre bon maître Halpérin dément qu'elle soit venue à Genève, pas à Carouge ! Je n'ai pas rencontré Marc Roger, non plus, ni Britney Spears, avec ou sans culotte. Paris Hilton ne m'a pas demandé de l'accompagner dans son expédition humanitaire.
    Je ne vous parlerai ni du foot, ni du tennis, ni du rugby, mondial ou municipal, car j'ai la haine de tous les "sports" commerciaux ! Et plus encore des foules hurlantes de supporters ou de militants, qui jouent à la guerre, avec des drapeaux. Comme les militaires que je déteste collectivement, même si j'en ai apprécié certains, individuellement.
    Je ne vous parlerai ni de Blocher, ni d'Oussama Ben Laden, ni de Miss Suisse sur lesquels je n'ai rien de vraiment nouveau à vous apprendre : vous savez déjà que la dernière a un plus joli sourire et un plus joli derrière que les deux autres ...
    Je n'ai retrouvé aucun cadavre de petite fille ou de jeunes filles agressées sexuellement, pardonnez-moi, j'ai oublié les prénoms !
    Je n'exclus pas d'utiliser, un jour, un iphone, mais je ne suis vraiment pas impatient de l'essayer et de perdre des heures à lui transférer la moitié de mes données et de perdre l'autre pour de mystérieuses raisons d'incompatibilités techniques.
    J'ai voté pour les élections fédérales, mais pas pour les partis qui auront le plus de voix et d'élus. Si un-e seul-e candidat-e, parmi mon choix, me représentait à Berne, ce serait un miracle ... et une approximation grossière de notre désaccord politique !
    J'ajoute que ma vieille voiture émet sans doute un peu trop de gaz carbonique, mais que, comme je ne circule qu'à vélo depuis des semaines, je ne mérite sans doute pas d'être trop surtaxé pour réchauffement illicite de la planète.
    Je ne suis donc pas intéressant, ni dans le coup, si j'en juge par ce qui fait la une et les manchettes de nos journaux et de nos "infos".
    Mais, existe-t-il encore une vie au-delà de cette prétendue "actualité" dont nous anesthésient bien peu de groupes de presse et les multinationales de la Com ?

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15/10/2007

Circoncision : silence sur l'autre mutilation qui tue !

    Dans un village d'Afrique de l'Ouest, j'ai vu, un jour, deux circoncis de neuf et dix ans sur onze "opérés" mourir de septicémie sans qu'il soit possible de les soustraire à la fin du rite "de guérison" pour les faire soigner. Les décès de ce genre étaient si fréquents que l'opération était vécue comme un moment de terreur par les familles et les villages entiers. Il y a un siècle, la circoncision était pratiquée vers seize à dix-huit ans dans certaines ethnies. C'était alors une opération très dangereuse et très douloureuse ; ce qu'elle est toujours lorsqu'elle est pratiquée par des forgerons avec le couteau traditionnel et dans des conditions septiques. L'abaissement de l'âge diminue les risques d'hémorragie grave, pas ceux de septicémie. Depuis plusieurs décennies, les gamins ont essayé de prévenir les risques en se faisant circoncire dans les dispensaires ou, gratuitement, par des bonnes soeurs infirmières. Mais la hiérarchie catholique a estimé que ce n'était pas une tache convenable pour des nonnes et leur avait interdit cette activité, qui sauvait pourtant des vies.
    Il ne fait aucun doute que la circoncision a fait des centaines de milliers de morts dans toutes les populations qui la pratiquent depuis des millénaires et que cette mortalité n'a baissé ou disparu que là où elle a été médicalisée. Un juif militant contre cette opération m'a un jour assuré qu'un des grands textes du judaïsme - désolé, j'ai oublié lequel ! - prévoit qu'un couple peut s'abstenir d'opérer un troisième fils, lorsque ses deux premiers sont morts du fait de leur circoncision. Ce qui confirmerait l'hécatombe, si la référence est exacte.
    La circoncision ne se justifie médicalement, plus ou moins, que dans de rares cas de malformation du prépuce. Mais une savante intoxication sur sa "valeur hygiénique" a abouti à sa pratique systématique jusque dans des populations athées, agnostiques ou pratiquant des religions qui ne la prescrivent pas, en particulier aux Etats- Unis. Des études démographiques et épidémiologiques, biaisées ou mal conduites, menées par des chercheurs très engagés, prétendent, à l'égal des mères juives psychanalystes et des imams télévisuels, que la circoncision est une mesure d'hygiène précieuse contre les maladies sexuellement transmissibles et, en particulier, excusez du peu, prévient le sida ! Avec comme conséquence, depuis qu'une organisation internationale leur a fait écho, un nouveau slogan : "Tu ne risques rien, je suis circoncis !". Un slogan qui devrait faire autant de victimes, féminines et masculines, que le décryptage du sigle en "Syndrome Imaginaire pour Décourager les Amoureux ". Beaucoup sont découragés, définitivement !
    La circoncision est une mutilation sexuelle dont la pratique, hors urgence médicale rare, est une atteinte à l'intégrité du corps d'enfants mineurs. Elle est donc contraire aux lois ou aux constitutions de beaucoup de pays démocratiques. Elle y est tolérée hors la loi parce que musulmans et juifs y constituent des minorités importantes et influentes. Pratiquée à plus vaste échelle, elle a certainement tué beaucoup plus, dans le passé, que l'excision, autre barbarie dont on a, bien sûr, raison de dénoncer les méfaits, mais dont personne ne recommande la médicalisation hors des sociétés qui la préconisent.
    Les "données" qui soutiennent l'effet hygiénique de la circoncision viennent souvent de comparaisons entre des ethnies différentes, habilement choisies, dont les  variations de moeurs sexuelles expliquent, à elles seules, les différences de contamination. L'argument hygiéniste vient de préjugés peu justifiés sur les fermentations génitales masculines (que dire alors de l'incubateur naturel que constitue un vagin : mieux vaudrait le fuir, mais nous ne serions pas là !). On peut, à l'inverse, supposer qu'un gland protégé est moins exposé aux lésions, donc aux contaminations, qu'un membre circoncis. Sans chiffres crédibles, cette hypothèse n'a cependant pas plus de valeur que l'argument hygiéniste opposé.
    Pour clore, je citerai un ami juif qui, comme beaucoup, dit n'avoir aucun mauvais souvenir de l'ablation de "ce petit bout de peau" qu'on lui avait retiré tout bébé (âge sans souvenir conscient, mais vulnérable aux traumatismes). Un petit bout de peau "qui ne lui manque pas du tout". Pour lui signaler que les petits garçons qui l'ont encore prennent souvent beaucoup de plaisir à jouer avec leur prépuce. Si, plus tard, de grandes filles s'y intéressent, ce peut être, aussi, l'occasion de jeux raffinés, non indispensables mais fort agréables, que ses parents lui ont refusés sans lui demander son avis. Ce qui devrait interpeller un éminent défenseur des droits humains ...

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