07/01/2009

La biologie, sans dieux ni maîtres !

        Un excès de notre culture mathématique considère comme événements les anniversaires décimaux, qu’il s’agisse des noces d’or de mamie ou du quatrième centenaire et demi de l’Université !
        Cette année, des biologistes vous saouleront avec le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin auquel ils vouent un culte de la personnalité stalinien.
        Pourtant, l’essentiel des découvertes sur l’histoire de la vie a précédé sa naissance ou est postérieur à sa mort.
        Que l’histoire de la vie ait été très longue et que les êtres vivants, humains compris, constituent une seule généalogie était écrit dans la Philosophie zoologique de Lamarck. Une synthèse bicentenaire aussi cette année, mais non célébrée, pour cause d’impérialisme culturel anglo-saxon !
        Darwin a été très important pour propager des idées de Buffon, Malthus, Lamarck, Wallace, Carl Vogt même, et pour la théorie de la sélection naturelle. Il a proposé, timidement, que l’histoire de la vie se passe de finalité, ce qui balaie les dieux hors du champ de la biologie. 

         Parce qu’il pousse la bible hors du réel, les fondamentalistes haïssent Darwin!
         Ce n’est qu’il y a vingt ans qu’un pape, sous pression sociale, reconnut une partie de son œuvre.
         Sinon, Darwin n’avait presque rien compris à la génétique, croyait, à tort, à l’hérédité biologique de l’acquis et se montrait parfois raciste ou xénophobe.
         Son œuvre est impressionnante par son volume, mais datée.

         Elle ne justifie pas que l’on en fasse LE prophète d’une biologie qui n’a besoin ni de dieux, ni de maîtres !


RSR1 07-01-2009

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17/12/2008

L’avidité acquise

Parlant de la crise, un invité de la Tribune de Genève se demandait si l’« avidité » de certains avait une origine génétique.
N’aurions nous pas une tendance innée à accumuler au delà de nos besoins, qu’il s’agisse d’argent ou bien de nourriture ?
Je penserai plutôt aux « leurres supranormaux », décrits chez l’animal et étendus aux humains.
Notre survie dépend de nourriture, des moyens de l’acquérir, des soins aux jeunes ou de la reconnaissance d’un partenaire sexuel.    
Des signaux simples désignent les objets de nos désirs.
Si l’on augmente ces signaux, nos  sens sont trompés et provoquent une réponse excessive.
C’est le syndrome des « yeux plus gros que le ventre », qui fait choisir le trop gros gâteau que l’on ne saurait finir ou qui rend des fesses ou des seins surdimensionnés irrésistibles, pour certains.
C’est ce qui conduit les rapaces de la finance, de l’économie et de la politique à accumuler de l’argent, des territoires ou des pouvoirs dont ils n’ont pas l’usage.
Le besoin de nourriture ou de sexe a une origine interne, par le jeu des gènes, du développement et de la physiologie.
Mais sa transformation en avidité vient d’une mauvaise évaluation des besoins, des ressources ou bien d’une stimulation excessive des perceptions.
Parfois, aussi, d’un changement qui fait qu’une ressource rare, que la culture pousse à consommer sans modération, devient abondante, comme la nourriture en occident ou l’argent des boursicoteurs.
Qu’il s’agisse d’obésité ou de gaspillage de ressources, cette avidité acquise est une offense permanente et abjecte à un milliard de crève la faim et cinq milliards de pauvres…

Bons réveillons quand même !

RSR 1 17-12-2008

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10/12/2008

Classer n’est pas jouer !

Les citoyens genevois ne sont heureusement pas à l’image de Mr Staufer, dont les éructations représentent certains…
Ce qui m’étonne, c’est sa confiance dans l’enquête PISA qui « classe » les systèmes scolaires d’après des performances d’élèves pondérées n’importe comment.
Que Genève soit dernier, près des autres cantons romands,  dans une enquête organisée, au niveau national, par une majorité d’une autre culture n’est pas étonnant !
Personne ne sait réaliser des enquêtes indépendantes de la culture !
Des cultures différentes n’ont pas les mêmes objectifs d’apprentissage et n’accordent pas le même poids à différentes matières, connaissances ou performances.
Il y a pire : l’université de Genève se vante d’avoir progressé, l’an passé, parmi les cent premières au monde.
Qui fait le classement ? C’est un JOURNAL anglo-saxon !
Quelles sont les universités les mieux classées ?
Toujours des universités anglo-saxonnes !
Que faut-il faire pour participer ?
D’abord payer très cher au journal, ce que refusent la plupart des universités qui préfèrent investir ailleurs que dans l’auto - anglo – satisfaction … et restent hors compétition, quelle que soit leur qualité d’enseignement et de recherche.
On a donc payé cher pour participer à un classement biaisé et dépourvu de sens puisque la plupart des universités n’y participent pas.
On achète ainsi un argument promotionnel aussi bidon que l’enquête PISA, un peu comme ces diplômes falsifiés proposés, moyennant finance, sur internet.
Ce qui rassurera les citoyens – cancres, c’est que les pires élèves fassent la meilleure université ! Dans les classements du moins …

RSR 1 10-12-2008
 

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03/12/2008

Raison ET émotions !

J’ai l’habitude de voter pour des initiatives rejetées, qu’il s’agisse de débarrasser la Confédération d’une armée inutile et ruineuse ou de faire reculer l’usage des bagnoles, fût-ce quelques jours par an.
Ne l’ayant pas votée, je ne m’associe pas aux critiques des politiques et professionnels contre l’initiative sur l’imprescriptibilité des actes pédophiles.
Selon le chœur des vaincus, l’émotion l’aurait emporté sur la raison.
Ce texte maladroit, difficile et dangereux à appliquer – mais c’est là que l’on attend les politiques et les professionnels ! – aborde une réalité qui relève autant de la raison que de l’émotion.
Lesquelles ne sont pas toujours contradictoires !
Les actes de barbarie contre les enfants sont aussi immondes que les crimes contre l’humanité, dont beaucoup de pays refusent la prescription.
Ils sont d’autant plus graves si commis par des prêtres donneurs de leçons de morale ou des éducateurs donneurs de leçons de vie, à qui l’on confie les enfants.
Au delà de l’initiative, il faut tout mettre en œuvre pour en éviter l’insupportable récidive.
Hitler ou Ben Laden avaient peut-être eu une enfance difficile qui explique leurs crimes. Elle ne les justifie pas pour autant et aucun pardon chrétien n’aurait dû leur permettre de récidiver.
La difficulté sera de définir où finit la preuve d’amour et où commencent les délits ou les crimes dans les gestes, parfois inconsciemment ambigus, adressés aux enfants.
Il faut espérer que, dans ce domaine, les législateurs et les juges sauront exercer toute leur raison sans, pour autant, laisser toutes leurs émotions au vestiaire …

RSR1 03 – 12 - 2008

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26/11/2008

Viols publicitaires : que fait la police ?

Votre téléphone sonne.
Vous abandonnez ce que vous faites et décrochez.
Après des grésillements, une voie inconnue, avec accent, souvent venue de loin, estropie votre nom pour vérifier son interlocuteur.
Poliment, vous demandez qui vous appelle.
C’est Julie ou Bertrand de la société X qui vous propose d’acheter ceci ou qui vous annonce que vous gagnez une fortune imaginaire.
Vous écourtez, toujours poliment, par pitié pour le pauvre bougre payé des clopinettes à appeler jours et nuits, sur ordre de robots, des gens qui lui raccrochent au nez.
Jusqu’à trouver la pauvre vieille ou le bobet qui achètera n’importe quoi à n’importe quel prix !
Votre opérateur, qui vend déjà votre liaison trop cher, a, en plus, vendu vos données, sans vous consulter, à des organismes sordides qui violent impunément votre vie privée et vous dérangent n’importe quand.
Qui remplissent votre boîte postale de kilos de papier à jeter.
Encore heureux si le courrier important, submergé, ne s’y perd pas !
Nous avions déjà les pollutions visuelle, sonore, radiophonique et  télévisuelle de la publicité abusive.
Aujourd’hui notre quotidien ne cesse d’être perturbé par des appels commerciaux à domicile, des fenêtres émergentes sur des sites internet d’organismes présumés respectables et des courriers ou courriels mensongers de publicitaires.
Pourquoi nos gouvernants ne prennent-ils aucune mesure pour interdire et réprimer ces abus, pour empêcher le viol répété de la vie privée des citoyens par les marchands ?
Pourquoi les mondes du commerce, du marketing et de la pub n’ont-ils, de nos jours plus aucune éthique, plus le moindre scrupule ?

 RSR1 26-11-2008

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19/11/2008

Eau minérale et cacapipitalisme !

Boire à sa soif ou faire proprement ses besoins quand on a envie, sont des droits humains et de l’hygiène élémentaires.   
Dans de nombreuses sociétés, on offre à boire aux voyageurs.
De l’eau gratuite est offerte dans tous les restaurants de nombreux pays.
La loi impose parfois qu’un verre d’eau gratuit soit servi sur demande, même aux non - clients.
Mais notre société ultra libérale, dont l’argent est la seule unité de mesure, ne l’entend pas comme cela : rien ne doit être gratuit qui peut rapporter !
 Le racket – pipi - caca des toilettes publiques privatisées fait qu’une fois sur deux, faute des piécettes exigées aux saints lieux, les gosses ou les maladroits n’arrivent pas à temps ou bien polluent n’importe où.
La plupart de nos restaurateurs refusent l’eau du robinet et vendent l’eau minérale plus cher que la bière, poussant ainsi à l’alcoolisme.
Le racket évitable de l’eau minérale est un scandale écologique : des millions de tonnes d’eau circulent à grands frais tous les jours, parfois par avion, toujours en camion, sur des milliers de kilomètres, au prix d’un énorme gaspillage d’énergie.
Les emballages plastiques, au coût démesuré en pétrole, causent une pollution hideuse et dangereuse pour la faune marine. On a vu des « îles » de plusieurs kilomètres de bouteilles en plastique, jusqu’au milieu du Pacifique.
Pour le capitalisme, incapable de résoudre ce genre de problèmes, l’eau minérale est un « succès économique », un fruit de la croissance, important dans les Produits Intérieurs Bruts.
Le capitalisme n’est pas la solution mais la dissolution de l’humain, même dans l’eau minérale !

RSR1 19-11-2008

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12/11/2008

Université : une loi contre les étudiants !

Les organisations représentatives des étudiants et les syndicats soucieux d’un accès équitable à l’enseignement s’opposent au projet de loi sur l’université à propos duquel Genève vote.
Ce projet augmenterait arbitrairement les taxes universitaires déjà excessives payées par les étudiants.
Selon les vœux du patronat, l’accès à une université financée par les contribuables serait affaire de sélection sociale par l’argent.
Derrière une façade de bonnes intentions, ce projet prétendu « léger » préconise un « rectorat fort », donc une dérégulation. La « rectature » attirerait des egos démesurés, plus soucieux de gestion financière et médiatique que de qualité de l’enseignement et de la recherche.
L’université deviendrait un business rentable pour certains, plutôt qu’un lieu d’apprentissage et de culture pour tous.
Gouvernement et parlement soutiennent ce mauvais projet où une université publique francophone démocratique deviendrait entreprise de style privé, où l’anglais médiocre continuerait à supplanter le français de qualité.
Une fois de plus, députés et gouvernants, du parti socialiste et des verts en particulier, trahissent les électeurs en soutenant un projet néo - libéral.
Le peuple doit décider si, à Genève, l’accès aux études supérieures doit être affaire de ségrégation sociale.
Et si l’université, à laquelle tant de citoyens doivent leur culture, leur formation et leur réussite, peut être remplacée, contre les souhaits des étudiants, par un ersatz anglo-saxon au service du monde de l’argent.

RSR1 12-11-2008

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29/10/2008

Crise de confiance, et il y a de quoi !

     La crise actuelle nous rappelle des propriétés étonnantes de notre système financier.
    Les banques qui reçoivent nos salaires et nos économies sont toutes susceptibles de faire faillite. Si cette faillite est trop scandaleuse, on tente de l’empêcher en faisant payer les contribuables, c’est à dire, en partie, les futurs spoliés.
    Pendant que les déposants risquent leurs biens et leurs revenus, et que les salariés perdent leurs emplois, les responsables des faillites partent en empochant des fortunes. Les déposants, les contribuables et les salariés récompensent ainsi leurs incompétences et leurs magouilles.
    Les banques et les fonds de pension existent par la confiance des déposants. Ces derniers savent désormais que les économies qui devaient assurer leur fin de vie ou le décollage de leurs descendants sont susceptibles de se volatiliser.
    Il suffit pour cela que des encravatés sans scrupules jouent leurs avoirs en bourse ou tombent dans les pièges de la délinquance financière internationale.
    Les entreprises dépendent des crédits que les banques font payer cher en prêtant l’argent peu rémunéré des déposants. Quand ceux-ci auront compris qu’ils ont tort de faire confiance aux banques, les entreprises et les salariés iront mal.
    Quelques décennies de prospérité ont permis aux néo - libéraux de faire croire que les désastres économiques liés à la spéculation étaient l’apanage de pays du Sud mal gérés.
    L’actualité et l’histoire nous rappellent au contraire que les pays riches risquent autant dans ce système et que le marché et l’argent ne garantissent aucun bien être social durable.

RSR1 29-10-2008

PS : ceux qui, depuis, ont écouté Forum, ont appris par la voix de l’ « économie scientifique » que cette crise était prévue, normale, pire que celle de 1929, mais n’aurait pas les mêmes conséquences parce que l’on avait fait ce qu’il fallait et que la situation était maîtrisée !

Tout va repartir comme avant parce que les libéraux sont les premiers à condamner les excès de l’ultra libéralisme – nuance !

D’ailleurs, la preuve que le libéralisme ça marche, ce sont les brillants succès … du Chili de Pinochet !

Dans le fond, si l’on torturait un peu plus, dans ce pays, l’économie se porterait mieux, non ?
Ce qu’il y a de bien, avec les économistes libéraux, c’est qu’ils n’ont pas peur de dire des conneries. Ce qu’il y a de moins bien, c’est qu’ils les pensent !
   

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22/10/2008

Les boulimiques de l’argent

Il en est de l’argent comme de la nourriture : il y a les affamés, les boulimiques, les anorexiques, et même des heureux pour qui ce n’est pas un problème !
Les affamés d’argent crèvent de ne pas pouvoir se loger, manger et éduquer leurs enfants, jusque dans les pays riches depuis que le néo-libéralisme est religion d’état.
Les anorexiques accumulent un argent qui n’a pourtant de sens que transformé en récompenses gratifiantes.
Les boulimiques, dans les bourses, les banques et les entreprises, jouent en toute impunité aux lotos des îles Caïman avec nos emplois, nos économies et celles des petits vieux, comme s’il s’agissait des leurs.
Aujourd’hui ils gémissent pour que les états complices, donc leurs victimes, épongent leurs pertes, financent les parachutes dorés et leur permettent de rejouer.
Au néolithique, les premiers agriculteurs ont commencé à stocker de la nourriture et à se spécialiser. Comme le troc d’une vache contre un quintal d’épeautre est plus commode par l’intermédiaire d’un équivalent, facile à transporter et plus fiable que la mémoire des partenaires, ils ont inventé l’argent.
Mais cet équivalent transitoire n’avait pas vocation à devenir l’étalon du bien et du mal qu’il est devenu pour les nord-américains et pour les tarés qui voudraient nous faire vivre comme eux.
Le bonheur, comme l’intelligence, ne saurait se réduire à un axe du plus au moins, et encore moins à de l’argent.
Des relations humaines équitables et solidaires, que les adorateurs de la loi de la jungle et du marché voudraient nous faire ranger au vestiaire des utopies, sont la condition première du bien être.
Avant de renflouer gratis les épaves du capitalisme, les états feraient mieux de neutraliser les boulimiques de l’argent qui les ont sabordées, et de reprendre la barre pour protéger les citoyens.

RSR1 22-10-2008

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15/10/2008

Le terrorisme du chiffre

Le commentaire d’un beau film récent affirme que « la biodiversité représente quarante pour cent de l’économie ».
Si ce chiffre est autre chose qu’un argument démagogique, il implique que l’économie et la biodiversité soient des grandeurs mesurables et mesurées.
Il faut aussi une unité de mesure commune pour établir le pourcentage.
En économie, qui donne plus dans la démesure que dans la mesure aujourd’hui, l’argent est la seule unité que comprennent et imposent les abrutis qui nous gouvernent, du haut de leurs jets, de leurs berlines et de leurs golfs polluants.
En biodiversité, le nombre d’espèces d’animaux et de plantes actuels est inconnu, entre cinq et cinquante millions, selon les pifomètres des experts.
Et ce n’est qu’un tout petit reste des milliards d’espèces qui ont, un jour, vécu sur terre, puis disparu après deux à dix millions d’années.
Pour arriver au quarante pour cent dont nous parlons, il faut convertir les espèces en argent.
Combien valent le poisson clown ou la pâquerette, en dollars, en yens ou en francs suisses ?
Poser une question aussi idiote revient à ce que ma grand’mère appelait, en patois, mélanger les torchons et les serviettes !
Les connaissances mathématiques de ma grand’mère se limitaient au nécessaire pour la comptabilité de son bistrot.
Mais, au moins, elle maîtrisait parfaitement les conditions nécessaires à la définition et au calcul d’un pourcentage !
Contrairement aux prétendus experts de la finance, de la science et de la politique, les petits commerçants n’ont pas droit à la malhonnêteté et à l’erreur.
Jamais ils n’utiliseraient  des chiffres comme armes de désinformation massive…

RSR1 15-10-2008

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08/10/2008

Privatisons le mariage !


L’évolution des mœurs anticipe souvent de trop longtemps l’évolution des politiques et des lois.
Les derniers chiffres de l’office cantonal de la statistique sont clairs : longtemps après la Scandinavie, puis la France, l’Italie ou l’Espagne, Genève suit la tendance lourde au recul du mariage et à l’augmentation des divorces : quarante pour cent des gens ne se marient plus jamais, un couple marié sur deux divorce.
Les citoyens n’ont plus envie que l’Etat, les juges ou les prêtres se mêlent de leurs modes de cohabitation et encore moins de leur vie sentimentale et sexuelle.
Par leur comportement quotidien, ils votent massivement contre un droit du mariage qui impose un modèle archaïque, religieux et machiste de cohabitation à vie et qui n’est plus adapté aux vies plus longues et mouvementées de notre temps.
Le rôle de l’Etat est de protéger les droits des citoyens et donc des enfants d’abord, pas de prescrire le mode de vie des parents.
Les mariages, pacs ou non mariages devraient donc être des affaires strictement privées, n’ayant aucune implication juridique ou financière au niveau des impôts, des successions ou du droit des enfants selon le statut du couple ou de la nébuleuse parentale.
L’aide fournie à ceux qui élèvent les enfants devrait dépendre de leur contribution à cette tâche et non des filiations biologiques ou sociales, qu’il s’agisse de parents, concubins, grands parents ou adoptants.
Les partis rétrogrades qui, comme les libéraux, l’UDC et les Verts n’arrêtent pas de hurler à la liberté d’entreprendre - tant qu’il ne s’agit pas de sauver la bourse ! - feraient mieux d’envisager la privatisation du mariage plutôt que celle des derniers services publics !

RSR1 08-10-2008

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01/10/2008

La laïcité, seul consensus possible !

Il est curieux de voir à quel point les idées rationnelles simples peinent à s’imposer dans notre société.
Le consensus est la base de notre tranquillité et de notre paix.
C’est un exercice difficile, mais qui vaut la peine dans la confrontation d’egos et de haines qu’est devenu le débat politique.
Au moment de rédiger une nouvelle constitution pour Genève, le projet numéro un ne peut être que de faire cohabiter, dans la paix, l’harmonie et, si possible, la prospérité, des citoyens et des résidents, d’ici et du monde entier, avec leurs cultures, leurs habitudes quotidiennes, leurs religions ou leurs athéismes.
Ceci suppose le respect, pour chacun et chacune, des droits humains fondamentaux, comme la liberté de penser et de dire ce que l’on pense, dans le respect des libertés d’autrui.
Face au totalitarisme, aux prosélytismes et aux atteintes aux droits des femmes pratiqués par les chrétiens fondamentalistes, les juifs intégristes et les islamistes, la seule solution pacifique est de veiller à ce que tous les résidents puissent pratiquer la religion ou la non religion de LEUR choix, et en changer quand ils le veulent, selon leurs opinions personnelles.
Le tout sans favoriser l’une ou l’autre confession.
Veiller à ce que tous les membres de chaque appartenance bénéficient de la même liberté malgré les parents, les époux ou les grands frères violents ne sera pas simple.
Mais cette solution consensuelle s’appelle la laïcité.
Elle n’a pas à être positive, négative, relative ou aménagée.
Elle n’a pas à s’abriter derrière une théocratie confédérale symbolisée, comme en Iran, aux Etats-Unis ou en Arabie Saoudite, par une référence à un Dieu tout puissant, auquel chacun et chacune, ici, a le droit de ne pas croire …

RSR1 1-10-2008

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24/09/2008

Le nouveau racisme génétique

Pendant l’occupation nazie de la France, entre 1941 et 1945, un docteur Georges Montandon a exercé les fonctions d’ « ethnologue » auprès du gouvernement collaborateur de Vichy.
Il donnait, au Musée de l’Homme de Paris, dont beaucoup de collaborateurs étaient partis à l’étranger ou en résistance, des consultations d’ « anthropologie ».
L’objectif unique de ces consultations était de savoir dans quelles proportions le consultant était ou n’était pas juif.
D’après des témoins survivants, on était d’autant moins juif que l’on payait plus cher.
Le Docteur Montandon a très mal fini la deuxième guerre mondiale.
Que ses homonymes ou cousins neuchâtelois ou genevois, qui n’ont rien à voir, m’excusent de faire remonter un si mauvais souvenir.
Mais comment faire autrement quand une société zurichoise
fait des manchettes de journaux aujourd’hui en proposant, au prix fort, des tests d’ADN absurdes pour répondre à la même question, via Internet ?
Le judaïsme est une religion, qui fût autrefois prosélyte, ainsi qu’en témoignent, entre autres, les Falashas.
Aucun marqueur génétique n’est présent chez tous les juifs et absent chez les autres. Les gènes fréquents chez les juifs sont fréquents dans les populations de même origine, arabes ou autres, selon les cas.
Il n’y a pas plus de gènes des juifs aujourd’hui qu’il n’y avait de mesures des juifs dans les années noires.
Cette société risque de gagner beaucoup d’argent, comme celles qui, aux Etats Unis, vendent des racines inventées sans fondement aux Afro-Américains. En particulier elle peut rassurer, par ses mensonges, les juifs naïfs ou racistes qui veulent à tout prix être différents des autres.


Comment empêcher les escroqueries et dérives racistes, en particulier sur internet ? 

RSR1 24-09-2008

 Sur des développements du même sujet, voir aussi "Les mormons et les arabes n'existent pas,..." dans Siné Hebdo N°3, dès aujourd'hui et www.etrehumain.ch

 

08:45 Publié dans rsr.ch | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/09/2008

Equité et frustration chez les Capucins

Lancé par notre bon docteur Francis Waldvogel, le « Dialogue mondial des savoirs » se veut, en anglais et à Crans- Montana, le Davos de la science.
A la recherche d’un nouvel humanisme, selon le slogan de ces rencontres, chercheurs et conférenciers prestigieux ont côtoyé, la semaine passée, des politiques, des anonymes et des étudiants intéressés par les thèmes tels que coopération, altruisme et conflits dans les sociétés animales et humaines.
Entre le golf et les remonte-pentes, sans trop de policiers, notre progressiste Ruth Dreyfuss y croisait Edward Wilson père de la très contestée sociobiologie, porte parole, en science, des tendances rétrogrades de la société nord américaine.
Frans de Waals, célèbre primatologue européen émigré à l’université Emory, a provoqué la joie générale et stimulé les réflexions grâce aux images de deux petits singes capucins qui savent rendre un jeton pour recevoir une récompense, sous forme de concombre, nourriture banale ou de grain de raisin, sucrerie raffinée.
Dans un premier temps, on récompense deux individus, qui se voient, avec des rondelles de concombre : tout se passe bien, ils mangent leur concombre.
Ensuite, plusieurs fois, on récompense simultanément, l’un avec du concombre et l’autre avec un délicieux raisin, pour la même tâche. Le frustré, aux essais successifs, mange son concombre de mauvaise humeur, puis le néglige et le laisse prendre par le privilégié, enfin il le jette rageusement vers l’expérimentateur !
Qui a dit que les concepts d’équité et de justice étaient le propre de l’homme ?

   
RSR1 17-09-2008

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03/09/2008

Prématurité-Handicap : les vrais responsables

La Tribune de Genève titrait récemment :
« Les prématurés saturent l'enseignement spécialisé »
Selon le chef du DIP, les progrès de la médecine, en sauvant les grands prématurés, font déborder les classes pour handicapés.
Selon le responsable de la pédiatrie à l’Hôpital de Genève, la Suisse, avec 10%, a le plus fort taux de prématurés d’Europe, « sans pouvoir l’expliquer » a-t-il ajouté.
Les causes de prématurité sont pourtant bien connues par de nombreuses études épidémiologiques, en commençant par le tabagisme et l’alcoolisme des femmes enceintes, le travail stressant pendant la grossesse, l’âge de la mère et les grossesses multiples, en particulier celles liées aux à la procréation médicalement assistée.
Curieusement, l’article, comme les interviewés, n’évoquait ni le tabac, ni l’alcool, ni les congés de maternité trop courts, ni l’activité professionnelle excessive comme causes possibles et tout était mis sur le dos, vaguement, des « progrès de la médecine ».
Pourtant, les lobbies de l’alcool et du tabac, une protection insuffisante des grossesses et les mères qui continuent à fumer, boire et s’activer, volontairement ou contraintes, pendant leurs grossesses, sont manifestement les principaux responsables de ce record de prématurité et de ses conséquences désastreuses.
Au lieu de verser des larmes de crocodiles sur ce que cela coûte, les responsables politiques et médicaux pourraient parler des vraies causes du drame qu’ils n’ont manifestement pas le courage d’affronter …

RSR1 03.09.2008

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