05/11/2014

La famille pour tous !

Je craque complètement pour ce dessin de couverture du Psikopat qui vient de sortir, avec un dossier "Athéisme et Laïcité" qui ne manquera pas de réjouir tous ceux et celles qui n'en peuvent plus des guerres, des oppressions, du machisme, des massacres, des tortures, des contraintes arbitraires, des textes sacrés violents et obscurantistes que TOUTES les grandes religions nous font subir depuis moins de six mille ans, après mille siècles de paléolithique tranquille et quelques millénaires de néolithique hasardeux. Ce qui rappelle que les primates que nous sommes n'ont attendu ni les prêtres, ni les dogmes pour s'aider, s'occuper des gamins et survivre, malgré des conditions bien plus dures qu'aujourd'hui !

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24/09/2014

Lectures pertinentes et délicates

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Fils de rabbin, israélien, Michel Warschawski ne veut partager en rien la responsabilité des crimes commis à Gaza. C'est ce qu'il explique dans Siné Mensuel où, en éditorial, Bob Siné rappelle à ceux qui ne les ont pas connues les conditions injustifiables de la création en 1948 d'un état juif religieux agressif par l'expulsion violente de chez eux de centaines de milliers de palestiniens chrétiens, musulmans ou incroyants. Ceci, avec le soutien de l'ONU dont les résolutions pour ramener la paix ne cesseront d'être bafouées par ledit état et ses complices étasuniens et européens.

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Mais bien sûr, Siné Mensuel, c'est aussi et d'abord l'humour, même s'il peut être cruel, comme parfois, celui de notre gentil Gelück. Lequel, comme Bob Siné, n'hésite pas à appeler un chat, un chat, aussi humain et philosophe soit-il ! Dans le genre sensible, plein d'autres remarquables contributions de 01.jpgseptembre que vous pouvez encore trouver, dont bien sûr le dossier délicat du Psikopat sur les crimes et faits divers. Et octobre approche avec un Fluide Glacial précoce! J'ai toujours pensé que le rire était un dérivé de la peur, comme le suggère parfois la gestuelle des grands chimpanzés, qui ont, comme nous, le "côté sombre"(dark side) que leur attribue Jane Goodall... Bonnes lectures!

 

28/08/2014

ATAÏ : victime de la brutalité coloniale et du racisme scientifique

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Au XIXème siècle, en Nouvelle Calédonie occupée, l'armée coloniale française protégeait les colons et anciens détenus européens qui spoliaient les terres des Kanaks et laissaient leur bétail envahir et saccager les cultures vivrières indigènes. Certains chefs coutumiers se sont alors rebellés contre ces spoliations, dont Ataï fût le plus connu. Il fût tué et décapité à la hache par un supplétif kanak d'une autre tribu. Une scène terrible, décrite par Louise Michel, héroïne de la Commune de Paris, déportée là-bas lors de sa répression. Un officier de marine ramena la tête d'Ataï dans du formol à Broca, anatomiste célébré pour la découverte de la zone du langage dans le cerveau. Mais aussi fondateur de la société d'anthropologie de Paris et militant d'un racisme scientifique hiérarchisant les races et les sexes en fonctions de prétendues différences d'intelligence dues, selon lui, à des différences de volume cérébral. Broca, pourtant réputé progressiste, collectionnait des crânes et cerveaux du monde entier, volés par des militaires, médecins, scientifiques et aventuriers sans scrupules.

Ataï était une "pièce" de choix, par son exotisme et ses fonctions de chef. Il eut droit à un moulage facial mortuaire, assez terrible après le voyage, et à ce que son crâne soit dépecé, puis scié pour en extraire le cerveau. A l'époque, par une application aberrante de l'évolutionnisme naissant et jusqu'à l'apogée du nazisme, les océaniens étaient souvent décrits comme "encore plus primitifs" et proches d'un chimpanzé prétendu ancestral que les "nègres" d'Afrique.

Le crâne d'Ataï faisait donc partie de la "collection Broca", qui fût confiée à un laboratoire de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et, après déménagement, déposée "provisoirement" au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme, sans être rattachée pour autant à la collection de ce dernier et sans être inventoriée lorsque je l'ai fait informatiser. Quand le laboratoire Broca a été fermé après la retraite de sa dernière directrice et qu'il est devenu évident que sa collection resterait au Musée de l'Homme, j'ai décidé de l'inventorier. C'est à ce moment que Philippe Mennecier, responsable de nos collections, a eu la surprise d'y trouver le crâne d'Ataï, qui ne figurait pas dans l'inventaire manuel de la collection Broca et dont plusieurs "spécialistes" mal informés avaient prétendu, avec autorité, soit qu'il avait été perdu, soit qu'il n'avait jamais quitté le Musée de l'Homme et que nous le dissimulions dans la collection d'anthropologie ! Nos autorités scientifiques et politiques ont, bien sûr, été aussitôt avisées de cette redécouverte, à un moment où une nouvelle révolte contre l'occupation de la Kanaky faisait encore des victimes de la répression un siècle plus tard.

 ataï,nouvelle calédonie,colonialisme,anthropologie,histoire des sciencesPourquoi je vous raconte tout cela ici et maintenant ? Parce que les autorités françaises ont attendu plus de dix ans et choisi ce 28 Août pour restituer, plus ou moins discrètement, en ce moment à Paris, le crâne d'Ataï à sa famille de "citoyens français". Et parce que la politique qui consiste, en vue d'un référendum promis, à tenter de submerger les Kanaks par l'immigration de français et de polynésiens hostiles à l'indépendance de la Kanaky et à poursuivre l'accaparement de ses terres et richesses aux dépens de ses habitants historiques continue...

 

22/04/2014

Pensées à varier !

J'ai attendu un peu pour vous parler du TRES REMARQUABLE numéro d'avril du Psikopat sur l'Education Nationale, Titanic français qui a trouvé ses icebergs entre les réactionnaires et les socio-néo-libéraux. Sorti début avril, vous auriez pu le prendre pour un poisson alors que, sous son plumage d'humour et de BD's, vous y trouverez un ramage philosophique et éducatif majeur et délicat. Il vous reste quelques jours pour vous le procurer avant la parution de son successeur...

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Sachez quand même que, si vous venez, par exemple, du Valais à Genève en train en lisant ce type de littérature, vous risquez de vous faire tabasser par des tarés, comme ce pauvre lecteur de Fluide glacial dont la Tribune a relaté l'Odyssée. Mais les humoristes sont généreux et Yan Lindingre, boss de FG a décidé de glorifier cette victime de la liberté de lire et de penser en le couvrant de cadeaux et d'abonnements. Il va être glorifié comme lecteur de l'année. Bientôt, certains vont se faire tabasser exprès dans les trains dans l'espoir de récupérer les soixante dix vierges (euh...) de nos rédactions !

A propos de Fluide glacial, j'aggrave leur cas avec une nouvelle rubrique, "C'est fou la science !". Avec la redoutable complicité de "Terreur Graphique", dès le No de mai...    

En tout cas, merci à la Tribune d'avoir dénoncé comme il se doit cet odieux attentat ferroviaire et signalé le comportement de gentleman du réd-chef. Les plus élégants ne sont pas toujours ceux qu'on croit...

Notre ami Cuénod, le plouc chez les bobos, s'est pascalement éclaté à propos du prétendu ressuscité (drôle d'orthographe !) de la semaine. Foi de papyrus (le surnom de Poutine en Crimée)! Il aurait été marié à la divine (autrement) et volage Marie Madeleine. L'intérêt principal de la chose, c'est de montrer comment les églises ont choisi leurs sources parmi des infinités possibles, les ont découpées et rewritées selon leur besoins, et ont "canonisé" quatre Goodbooks, parmi tant d'autres contradictoires, pour faire croire à leurs salades. Comme elles ont "canonisé" des papes de l'Inquisition et veulent en faire autant pour leurs successeurs les plus rétrogrades... Pour ça, comme pour le divorce, faudrait qu'elles apprennent à "décanoniser", mais, contrairement aux sciences, elles ne reconnaissent jamais leurs erreurs...

Moi, ce qui me plaît, à Pâques, c'est l'oeuf. Mais attention, pas n'importe lequel ! Surtout le premier oeuf, issu de la première fécondation du monde vivant, et auquel nous devons toute l'histoire de la biodiversité. Je raconte ça dans Le Courrier, jeudi prochain... Tellement plus important et lourd de conséquences que les ébats éventuels des peoples, style petit Jésus !

 

 

11/04/2014

Gripen Uber Alles !

Pour moi, cépa la tsécurité des tas de ferrailles zuédoises, y passent au dsu dma tête aux zeures de bureau, pilotés par des schaffouzois, des vaudois ou des tessinois qui font des big bangs entre des binje drinks et des gangs bangs !

Alors, Ueli-le-Terrible, c’est vraiment pas la peine de nous ruiner avec tes coucous en solde, qui donnent même pas l’heure, et dont le nom même évoque qu’ils se « gripenraient » à la première tentative d’utilisation, d’entraînement ou de démonstration, au prix de beaucoup de dégâts, beaucoup d’argent et surtout de vies humaines plus précieuses que tout le reste !

On en a marre, Ueli, de tes bouffonneries fédérales avec nos économies ! Vas-donc préparer la prochaine votation débile de ton parti de nazes, avec le soutien de cette droite molle qui vous suit, faute de savoir vous précéder !

Nous, notre sécurité, c’est de ne voir dans le ciel, à travers les arbres et le minimum de pollution, que les oiseaux, les papillons, les insectes, ainsi que le soleil, la lune et les étoiles, comme en bateau à voile… chantait Charles Trenet !

18:36 Publié dans Economie, Humour, la politique, autrement, Politique, Résistance, société, Suisse | Tags : gripen, maurer, votation, armée, avions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/12/2013

SINETHON !

Et bien les curés, imams, rabbins, banquiers,notaires, socialistes, bigots, militaires, juges, chasseurs, patrons, parachutistes, toréadors, bonnes soeurs et autres culs-bénis, abrutisseurs et tortionnaires peuvent s'attendre au pire ! En envoyant le patron avec son oxygène dans les naseaux faire la manche sur son scooter à drapeau pirate, Siné Mensuel a recueilli auprès de ses fidèles lecteurs qui ne s'en laissent pas compter de quoi continuer à harceler ces crapules et socio-traîtres au moins jusqu'à l'été prochain.

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A tout ceux qui nous soutiennent, ce splendide merci du boss et cette couverture qui montre que nous tenons nos engagements :

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Notez que jouer aux myopathes ou à la Croix- Rouge, pour simplement dire doucement ce que l’on pense au milieu des torrents de désinformation sur les ragnagnas de Nabila ou des éructations populistes de Stauffer, Marine Le Pen ou Décaillet n’est pas vraiment mon truc ! Je préférerais dans mes vœux une société qui veille à l’égalité de traitement des sources d’information intelligentes qui respectent les droits et la dignité de tous les humains, plutôt que de censurer par l’argent tout ce qui ne caresse pas la finance, le conformisme néo-lib-néo-raciste-xénophobe et leurs valets médiatiques dans le sens du poil à gratter. Et qui accorde une juste prime à l’humour délicat, libre et responsable, comme celui de notre Psikopat nouveau-né, à retenir dès demain pour être sexuellement comblé en 2014 !

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17/12/2013

Education sexuelle : une initiative stupide et rétrograde !

Au sortir d’une émission « En ligne directe » sur la RTS, on peut avoir envie de préciser ce que l’on n’a pas eu le temps de dire dans un débat dont on n’était qu’une composante mineure.

Les initiants qui voudraient supprimer l’éducation sexuelle à l’école pour les « petits » (moins de 12 ans, pour eux, c’est petit !) prennent soin de préciser que c’est aux familles de faire le travail. Il faudrait, en tout et pour tout, qu’elles préviennent des abus et informent, plus tard, des dangers des maladies sexuellement transmissibles. Ce programme en dit long sur les compétences et la philosophie des initiants, pour ne pas parler de leurs orientations politiques bien peu masquées.

 

D’abord, la plupart des abus sexuels sur les enfants sont le fait de membres de la famille, quand ce n’est avec leur consentement. Confier la prévention des abus aux familles, c’est confier la sécurité aux violeurs potentiels les plus probables.

 

Ensuite, dans notre pays de grands timides, une forte proportion de parents sont assez coincés pour ne pas oser aborder de tels sujets avec leurs enfants, éventuellement au prétexte – parfois fondé - qu’ils en savent déjà autant, sinon plus qu’eux ! Ce qui peut être le cas « grâce » à la pornographie qui s’étale chez les marchands de journaux, dans les quotidiens et hebdos, à la télé, ou à laquelle on accède en trois clics sur internet.

 

Tout ceci fait que si l’initiative passait, l’éventuelle information, familiale ou autre, serait souvent restreinte aux aspects négatifs de la sexualité : risques d’agression, maladie, risque de grossesse. Elle serait évidemment complétée par les découvertes individuelles du porno dans des médias à disposition, ce qui achèverait de donner de l’amour et de la sexualité une image répugnante d’activités dégoûtantes et dangereuses. Bonjour l’épanouissement des petits ! On prépare une nouvelle génération de curés, entre autres, qui pourront assouvir leur avidité de pureté… dans la pédophilie peut-être ?

 

Et figurez-vous que nos bons initiants ne supportent pas que l’on parle de masturbation à des moins de douze ans, alors que tripoter ses organes vient naturellement bien avant et que ça n’a jamais rendu sourd ! Il importe donc de faire comprendre que, tout seul, il n’y a pas de raison grave de s’y refuser, si ça aide à s’endormir, mais qu’il vaut mieux éviter d’en faire une addiction, comme pour la télé et les jeux vidéo.

 

Bien sûr, on cite toujours les caricatures d’éducation sexuelle (qui peuvent être aussi bien le fait de familles qu’à l’école, d’ailleurs) quand des intervenants incompétents improvisent à partir de représentations ou d’un langage inappropriés, ou quand ils utilisent des « sex- boxes » vues à Bâle. Celles-ci n’appartiennent pas à la culture démo-chrétienne, udéciste ou stauférienne, c’est certain ! Cela pause le problème de savoir qui fait quoi, les instituteurs et les profs du cycle pouvant être aussi mauvais que des parents s’ils n’ont pas été formés pour, s’ils n’ont pas envie de le faire ou s’ils n’ont pas résolu leurs propres problèmes. Quant aux intervenants extérieurs, s’ils n’ont pas été formés de manière interdisciplinaire entre psychologie, biologie et para- médical, ils peuvent simplement ne pas savoir parler à des enfants.

 

Pour avoir souvent pratiqué ce genre d’information avec des groupes scolaires reçus à la demande de leurs enseignants et/ou de leurs parents, je connais bien la difficulté de répondre aux nombreuses questions des enfants, en évitant le personnel dans des entretiens collectifs et les dérives hors sujets que certains tentent parfois – rarement ! - d’induire. Je sais aussi que les questions des enfants et ados ont deux sujets principaux : se rassurer sur leur « normalité » et savoir comment gérer une relation sentimentale. Contrairement à la mienne, les générations actuelles savent en général déjà tout très jeunes des anatomies, des tuyauteries et des variantes érotiques. Elles cherchent beaucoup plus des informations sur les sentiments et les relations.

 

Il est évident que des parents malins, bien dans leur corps et leur tête, peuvent, s’ils ont de très bons rapports avec leurs enfants et adolescents, être les meilleurs « éducateurs sexuels » possibles. Mais la plupart des enfants et ados refusent d’aborder de tels sujets avec leurs parents et se « forment » sur le tas, entre pairs, souvent à partir des plus délurés, autodidactes du porno. C’est pour cela que l’Etat, à l’école et par des intervenants judicieusement formés et évalués, a un devoir de redresser la barre pour aider à donner, à ceux qui en ont besoin (ça ne peut pas faire de mal aux autres !), une image positive de la vie sentimentale et sexuelle, tout en les mettant en garde contre ses dangers, qu’il s’agisse des abus intra- familiaux ou intra-communautaires, des maladies ou des grossesses non désirées ultra précoces qui se comptent par centaines de milliers aux Etats Unis où les familles et les sectes ont tout contrôle sur l’éducation, pour le malheur de nombreux enfants.

 

De toute manière, dans les pratiques actuelles, les temps d’intervention à l’école sont très insuffisants pour peser bien lourd en face des vies familiale et avec les pairs, qui restent, pour le meilleur ou pour le pire, les premières sources du savoir de chacun-chacune. Aussi, leurs urgences sont de montrer que l’on peut en parler sans honte et de manière positive, qu’il faut savoir aussi se protéger des abus comme des pathologies, sans pour autant se gâcher la vie. Ce qui mériterait nettement plus de quatre heures par an et des intervenants bien formés et évalués.

 

11/12/2013

De Mandela à la xénophobie municipale

 

Quel bonheur de voir les dirigeants les plus crapuleux, les plus belliqueux et les plus racistes du monde, les mains humblement croisées devant les testicules ou sous les ovaires, rendre hommage à l’homme au poing levé, faiseur de paix et de réconciliation, vainqueur de l’apartheid sans guerre civile. Celui que l’on n’a sorti que depuis si peu de temps des listes de terroristes communistes de la confédération et de ses maîtres étasuniens…

J’ai raconté ailleurs à quel point Mandela avait employé une méthode non-standard, mais a posteriori aussi rationnelle qu’efficace pour vaincre et convaincre ses partisans comme ses pires ennemis. http://avisdexperts.ch/videos/view/2090/1

 

Mais si, en Afrique du sud, il reste à vaincre autant la violence, les inégalités, la corruption et le SIDA que le capitalisme, la plus grande victoire contre le racisme depuis les abolitions de l’esclavage est acquise ! Chapeau Madiba ! Ou plutôt casquette de supporter raciste Springbock. L’important n’est pas l’outil, mais ce que l’on en fait…

 

Chez nous, l’apartheid est social, politique, ethnique et … honteux. C’est la volonté des populistes xénophobes de tenir les étrangers dehors et d’envoyer les immigrés chez eux ou au diable. Ou celle de leurs alliés extrémistes libéraux d’avoir des salariés soumis au plus bas prix, ici ou ailleurs, pour maximiser leurs profits. Cherchez la contradiction ! Les uns veulent verrouiller les frontières et demanderont demain la construction d’une grande muraille de Suisse sur le modèle du rideau de fer, de la Palestine occupée ou du Rio Grande, tandis que les autres sont fans de la libre circulation sélective qui baisse jusqu’à la misère le coût du travail pour maximiser les gains des actionnaires et des dirigeants.

 

Comme prendre directement des mesures xénophobes ne passe pas toujours bien, même à droite, l’étrange coalition libéro-populiste a choisi, localement, l’arme budgétaire pour s’attaquer, à la Ville, à toutes les mesures sociales en faveur des étrangers, des jeunes et des vieux pauvres, et, tant qu’à faire, des petits efforts faits pour rendre la Ville plus humaine et plus respectueuse de son environnement et de la nature. Pour cela on propose la suppression de deux services municipaux, ce qui coule plus ou moins soixante dix associations avec un impact négatif sur presque toute la population, pour ne pas parler des quarante neuf employés à supprimer qui gèrent l’ensemble avec dévouement et des engagements internationaux bafoués (plus dans Le Courrier ce vendredi).

 

Il est temps de remettre les pendules à l’heure sur l’immigration : sans les immigrants, la Suisse et l’Europe, en vieillissement démographique extrême et répugnant aux basses besognes mal payées s’arrêteraient du jour au lendemain ! L’immigration est nécessaire et l’important c’est qu’elle soit et soit perçue comme un bien, et pas un mal, qu’elle se fasse autant que possible dans l’ordre et la dignité. Pour approfondir le sujet, rien de mieux que l’excellent entretien d’Hervé Le Bras dans le dernier Siné Mensuel (lire "Suisse" à chaque fois qu’il dit "France", c’est pareil, sur ce sujet du moins) et l’humour du dossier Immigration et intégration du dernier Psikopat…

 

L’humour et la détermination, deux armes suprêmes d’un certain Mandela !

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24/11/2013

Ville de Genève : terrorisme au Municipal !

Le budget de la ville est équilibré, elle est prospère, propre, bien gérée, malgré la crise partout autour et la circulation de multiples personnes venues du monde entier, pour leur travail dans les organisations internationales, les affaires ou le tourisme parce que l’on y vit bien. Le lac est calme, hormis un coup de bise noire de temps en temps, mais on a l’habitude !

Quelle folie furieuse et subite pousse donc, d’un coup, une faction de la commission des finances du Municipal à exiger, en urgence par un simple amendement - un pavé dans le lac ! - la suppression de deux services importants de la ville, la rupture des nombreux engagements locaux et internationaux qu’ils ont pris, et la mise à pied, subite, de leurs 49 employés ?

L’explication est dans la nature des services visés et la symbolique de leur suppression. La ville est assourdie sans cesse par des constructions de parkings pour les voitures qui l’étouffent, d’immeubles commerciaux et par des grands travaux pharaoniques qui ne font la fortune que des promoteurs-spéculateurs et pourrissent notre quotidien. Les deux services que l’on veut supprimer ont pour fonction la définition d’un projet d’urbanisme orienté vers la qualité de vie des habitants, le renforcement des liens sociaux et de la cohérence sociale, une relation équilibrée et non invasive à la nature, un projet qui se veut « durable » et non à la mode comme l’entend trop souvent ce mot galvaudé. Il s’agit en effet du Service de l’action communautaire et des espaces de quartier et du Service Agenda 21 – Ville durable. Bref deux services dont les multiples actions sont orientées vers la réflexion sur le cadre de vie et son aménagement, les relations entre la ville, l’environnement et la qualité de la vie, l’équité et l’harmonie des relations sociales entre les composantes de la société, qu’il s’agisse des femmes et des hommes, des anciens et des nouveaux résidents.

Cette mesure n’est acceptable ni dans le fond, ni dans la forme. Au niveau de la forme, il s’agit d’une gesticulation prétextée par une urgence financière inexistante, puisque tout va bien dans un budget équilibré. Et l’on supprimerait sans réfléchir, d’un trait de plume, les seuls services chargés de penser l’aménagement urbain en fonction de projets définis avec les habitants, soucieux avant tout de leur qualité de vie et de résoudre les problèmes les plus urgents de respect des droits humains et de cohésion sociale ? Sur le fond, il s’agit simplement, après la débâcle des libéraux aux élections cantonales, de montrer qu’il n’y a pas que les populistes qui sont capables de casser du fonctionnaire et de prendre, en catastrophe, des mesures démagogiques injustifiables.

Vous trouverez joints les argumentaires plus précis des opposants à cet attentat administratif, une pétition et un courrier aux élus, ainsi que leurs adresses électroniques.

Si ces ces propositions de coupes arbitraires vous choquent et vous inquiètent, plusieurs manières de réagir:
- en venant manifester avec nous lundi prochain à 16h30 au 2 rue de l'Hôtel de Ville, devant les canons,  avant la séance du Conseil municipal qui débutera à 17h.
- en signant le document "nonauxcoupes" et en l'envoyant à l'adresse 

reveillez.vous.le.25@gmail.com

 idéalement le 25 novembre avant 12h.
- si vous êtes directement concernés par ces coupes comme partenaire ou bénéficiaire des prestations délivrées par les services menacés, vous pouvez également envoyer une lettre signée, dans l'idéal, au nom d'un regroupement ou d'une association, aux membres du conseil municipal. Vous pouvez utiliser le modèle "lettre type pour CM" ci-joint. Veuillez également trouver ci-joint la liste des adresses mail des membres du Conseil municipal.

Nonauxcoupesbl.pdf

Lettre-type pour le CM bl.pdf

ADRESSESCM.pdf

05/11/2013

LE FRIC ET LA MORT !

Cré temps de Toussaint, vindiou ! Aurait juré ma grand'mère normande devant les tempêtes et déluges de saison...

Bon, on a bon être chez les parpaillots où il n'y a même pas de Toussaint, la soumission locale à l'impérialisme étasunien nous ramène quand même les morts avec la fête des citrouilles et ses zombis qui tournent autour de nos banques et les braqueront peut-être parfois, comme certains déguisés de l'escalade.

Tiens, justement, les banques, la finance, le fric, le Psikopat du jour des morts en a fait son dossier, en textes profonds et en BD's, 01.jpgcertainement très différents de ceux que vous lisez dans vos journaux locaux, hormis Le Courrier et Vigousse.

Avec une couverture qui me touche, en tant que plongeur, quand il s'apprête à plonger au milieu des requins à haut de forme et cigares et que sa jolie copine lui dit "Vas-y chéri, demande leur un crédit !"

Un qui ne demande pas un crédit, mais des dons, c'est notre patron Bob Siné qui s'inspire de l'UMP pour tenter de renflouer les caisses du journal, ainsi que le dessine délicieusement notre copain Jiho. Car la hausse des coûts et la baisse des ventes compromettent l'avenir en 2014 de Siné Mensuel, fleuron de la presse libre, sans pub, ni sponsors. Alors n'hésitez pas, les frouzes qui paient des impôts en particulier, c'est défiscalisé aux 2/3 et c'est pour une bonne cause, pas comme les tripatouillages de la campagne de Sarko :

 

http://www.sinemensuel.com/faire-un-don-a-sine-mensuel/

 

Et comme on n'est pas sectaires, on acceptera même les dons des riches, à qui Bob a fait une magnifique couverture pour le No 25 !  sine-mensuel-25-home.jpg

Jiho_dons-sine-2.jpgEt puis si vous êtes en retard pour vos cadeaux de Toussaint ou d'Halloween, ou en avance pour ceux de Noël ou les étrennes, vous êtes en plein dans le sujet avec le dernier bouquin de Bob, juste sorti des rotatives : son Journal pré-posthume (éd. Le Cherche midi), qui raconte avec un humour décapant et dessinant son agonie chronique ou la chronique de ses agonies. Siné nous fait rigoler de tout, et surtout de la grande faucheuse, ha! Ha! Ha !

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27/06/2013

L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

Un club un peu fermé et très élitiste décide de consacrer un numéro de sa revue "L'Archicube" au thème, pour eux nombriliste, "Mérite et excellence", plutôt envahissant dans nos sociétés de compétition.

Oh surprise, ils me demandent d'écrire là-dessus !

Voici donc ce que ça a donné, un peu à contrepied de ce qu'y ont écrit un général, un évêque, un président et trois ratons-laveurs... (référence en bas du texte)





L’ « excellence » se mérite-t-elle ?

 

Vivre pour quoi ?

Le prophète de la sociobiologie, Edward O. Wilson, commence l’un de ses pires ouvrages (réf.3) par une remarque triviale, mais importante :

« L’espèce (humaine) n’a pas de but en soi. »

Ce n’est pas la peine d’en lire plus, mais on peut partir de là pour parler des buts réels ou supposés des êtres vivants, humains compris !

 

La sélection naturelle n’a pas de but

Dans la nature, rien de rationnel n’assigne une finalité à notre existence ; ni à celle de n’importe quelle autre espèce. Pourtant nous choisissons, en général, de continuer à vivre, et essayons de prolonger nos sociétés, nos populations, nos cultures au delà de nos vies. Nos comportements individuels sont guidés, comme ceux d’autres animaux, par des centres nerveux qui poussent à l’action, l’orientent ou l’inhibent. Ils en analysent les effets sous forme de plaisir et de douleur, de récompenses et de punitions. Mémorisées, ces informations affectives modifient les motivations ultérieures face à des situations semblables de l’environnement. Ainsi, entre motivations « innées », « instinctives », internes et apprentissages par essai-erreur, gérés par le système récompense-punition, les animaux remplissent les deux conditions nécessaires de la sélection naturelle : survivre et procréer. Les espèces qui y faillirent une seule fois ne sont pas parvenues jusqu’à nous. N’observant que des espèces qui ont survécu, au moins un certain temps, nous avons a posteriori l’impression qu’elles, ou leurs membres, avaient un but, un projet : celui de durer dans le temps. Il s’agit, bien sûr, d’un biais d’observation !

 

Transmission, apprentissage, tradition

Les espèces sociales utilisent l’interaction entre parent et enfant ou entre pairs, pour d’autres types d’apprentissage, à partir de l’expérience des générations précédentes. L’élevage des jeunes par une mère, un père, un couple ou une communauté est l’occasion d’apprentissage par récompenses-punitions pratiquées par les congénères. Ce qui transmet des traditions par des processus de renforcement, positif ou négatif, et produit des variations de répertoires de comportements entre populations d’une même espèce, même si elles ont des patrimoines génétiques semblables et vivent dans des milieux identiques. Ces traditions, que beaucoup de biologistes n’hésitent plus à qualifier de « culturelles », malgré la réprobation des sciences humaines, portent aussi bien sur l’exploitation des ressources du milieu que sur des variations locales des interactions entre les individus ou entre les sexes.

L’apprentissage par imitation entre jeunes et parents ou pairs semblait l’apanage des vertébrés à sang chaud – certains oiseaux et surtout des mammifères. Mais la découverte des neurones miroirs, par lesquels un animal perçoit le comportement d’un autre, ses conséquences et y accorde le sien, fournit un mécanisme qui, s’il est général, explique la transmission horizontale de savoir-faire et de traditions comportementales (la transmission « horizontale » par les pairs est opposée à la transmission « verticale » selon les généalogies). Des systèmes de neurones miroirs, ou équivalents, sont nécessaires pour régir les comportements synchronisés des animaux, qu’il s’agisse de pariades sexuelles, de déplacements en bancs ou en vols ordonnés des poissons ou des oiseaux, du tango argentin, de ballets ou de jeu d’orchestre.

 

L’inné, l’acquis, l’appris

L’apprentissage par répression-récompense, et plus encore par imitation, permet une modification bien plus rapide des comportements d’une population que la transmission verticale par le patrimoine génétique, l’essai-erreur dans l’environnement et la sélection naturelle. Il permet d’adapter bien plus vite les populations qui le pratiquent à des changements rapides du milieu. Mais il comporte un risque important d’échec par une seule interruption, toujours possible, de l’apprentissage, bien moins fiable que la transmission génétique. Quand des comportements appris conditionnent la survie d’une population, l’apprentissage doit être « sécurisé », en particulier pour les comportements de fuite, alimentaires ou de reproduction. Par exemple, les éthologistes ont montré que, chez des oiseaux et, de façon moins stéréotypée et réversible, chez des mammifères, l’« objet maternel » et le futur « objet sexuel », définissant les comportements filiaux et reproducteurs à venir d’un individu, sont appris pendant deux périodes sensibles successives. Les canetons identifient à vie l’objet maternel treize heures après l’éclosion de l’œuf pendant une heure de temps qui se passe habituellement sous la mère couveuse. Chez les mammifères, la période sensible est plus longue et plus floue, mais se passe normalement auprès d’une mère allaitante. Quant à l’objet sexuel, qui conditionnera les futurs comportements, il est aussi appris par une « empreinte » post natale, plus tardive. L’une comme l’autre de ces empreintes peut être détournée au profit d’objets maternels aberrants (robot plastique ou poule pour des canetons, Konrad Lorenz pour des oies, soigneurs pour des mammifères) ou d’objets sexuels ne permettant pas la procréation (modèle en plastique sonorisé pour des poussins mâles, individus de même sexe ou d’espèces différentes). Si les conditions de la vie sauvage permettent rarement la répétition de tels détournements – la sélection naturelle veille ! -, la captivité provoque souvent des « erreurs » d’empreinte compromettant la survie, la procréation ou les futurs comportements maternels. Par exemple dans le cas fréquent où des soigneurs humains sont objets d’empreintes inappropriées.

L’expérience des grands singes captifs, en particulier de l’orang-outan Wattana (élevée avec des bonobos, elle avait appris leurs mœurs !) montre que leurs comportements sexuels sont appris, au-delà de l’empreinte, et suivent des traditions de leurs espèces ou de ceux avec qui ils sont élevés (réf.2). Des traditions culturelles flexibles et non des réponses stéréotypées à des contraintes génétiques ou physiologiques innées, contrairement à une opinion trop répandue. Ce qui amorce ce que l’on observe chez les humains : une indétermination biologique des orientations et des comportements sexuels, hors peut-être de rares cas, et leur détermination par l’éducation, la culture, l’histoire de la vie de chacun –chacune et ses contingences. Ce point de vue n’est pas l’opinion dominante dans le monde anglo-saxon, où tradition « héréditariste » et opportunisme judiciaire ont, en particulier, conduit à des publications contradictoires présentant de prétendues « preuves » d’une détermination innée – génétique pour les uns, physiologique pour les autres - de l’orientation sexuelle humaine.

 

 

Les cultures

L’absence de projet inné de l’espèce humaine et de ses proches parentes animales impose la régulation par l’apprentissage des comportements de survie et de procréation. Chez les humains parvenus jusqu’à nous, éducation et culture ont assuré ces conditions, ainsi que celle de la reproduction de la culture. Les sociétés traditionnelles assuraient, tant bien que mal, la survie jusqu’à la procréation et la procréation, en général en contrôlant la sexualité. En plus, elles assuraient la reproduction de leurs cultures. Les systèmes politiques et religieux les plus fréquents sont souvent basés sur un pari démographique et sur le prosélytisme, bienveillant, contraint ou guerrier, quitte à perdre une partie de la population.

Les prescriptions culturelles, à travers leurs justifications mythologiques ou idéologiques, vont bien plus loin, dans le détail, qu’il n’est nécessaire au maintien de la population et à la poursuite de la civilisation. Elles manifestent souvent une intransigeance totale vis à vis de variantes équivalentes, qu’il s’agisse de traditions de déguisement improbables ou d’activités cultuelles insolites, dont l’effet sur la reproduction et la transmission n’a rien d’évident. Ce qui débouche, au mieux sur des compétitions permanentes, au pire sur des guerres. L’histoire et l’actualité nous saturent d’exemples ! Il en résulte, dans les cultures dominantes, un culte de l’hégémonie et de la compétition que leurs adhérents appliquent souvent en tout contexte, même inapproprié. A l’intérieur de la même population on oppose, on classe, on hiérarchise les sexes, les genres, les classes sociales, les élèves, les professions, les régions, les villes, les artistes, les clubs sportifs, les écoles, les hôpitaux,… comme si tout problème, tout choix relevait de la compétition. Partout, on veut des « meilleurs », décrétés meilleurs parce que proclamés tels. Bref, on reprend la version Spencer de la théorie de la sélection naturelle : la survie des plus aptes, qui sont les plus aptes parce qu’ils ont survécu, et l’élimination des autres… Imparable tautologie qui néglige ce que l’on sait de la sélection naturelle : la condition de survie est une condition de seuil minimal d’aptitude, pas d’optimisation de celle-ci ; la condition de procréation l’emporte sur elle, le plus souvent ; et les meilleurs reproducteurs, « gagnants » de la fécondité différentielle, ne sont pas une élite (parfois le contraire, comme le notait Malthus !). Surtout, d’autres facteurs que la sélection sont plus importants dans l’évolution des populations peu nombreuses de grands primates, humaines ou non (migrations, dérive génétique, hasards de la recombinaison génétique, contingences de l’histoire et de l’évolution culturelle).

 

Un peu d’histoire des sciences et de politique

La théorie de la sélection « naturelle » fût prise comme argument en faveur de doctrines politiques à la fin du 19ème siècle. Le marxisme stalinien en fit, comme de la génétique, une « science bourgeoise », un épouvantail ; mais Engels et Marx y avaient cherché la justification de la lutte des classes. Dans l’entourage de Charles Darwin, outre son ami Herbert Spencer, Francis Galton, son cousin, et Léonard Darwin, son fils, furent les promoteurs du « darwinisme social », qui voulait améliorer l’espèce humaine par la sélection et donna naissance au mouvement eugéniste. Pour son bien-être futur, ce mouvement voulait changer l’humanité, comme les espèces domestiques, par le choix des reproducteurs et, dans ses formes dures, par l’élimination des prétendus inaptes ou peu performants. La génétique, balbutiante et mal comprise par la plupart, était aux premières loges du projet. Les laboratoires anglo-saxons et allemands s’intitulaient indifféremment laboratoire d’eugénique ou de génétique, si ce n’était les deux à la fois, comme le célèbre laboratoire de Cold Spring Harbor, fondé par Charles Davenport à New York. Un fondateur qui, avec la fondation Rockefeller, fût plus tard l’inspirateur du Kaiser Wilhelm Institut d’anthropologie et eugénique nazi, où s’illustrèrent Eugen Fischer, Otmar von Verschuer et Josef Mengele. Soixante mille personnes furent stérilisées aux Etats Unis sur des critères allant jusqu’à la misère sociale ou l’alcoolisme des parents, autant dans la petite Suède, « état-providence » ! Bien sûr, ce n’était que de l’eugénisme tiède : ces bienfaiteurs de l’humanité laissaient l’eugénisme fort – génocide, solution finale et choix des reproducteurs - à leurs amis nazis.

 

Les idéologies d’aujourd’hui : un lourd passé

La fin de la deuxième guerre mondiale fit classer l’eugénisme dans le camp du mal, sans extirper ses présupposés idéologiques, ni surtout les idées qu’il véhiculait. Ce n’est pas un hasard si James Watson, prix Nobel un peu usurpé pour la double hélice, et un temps successeur de Davenport à la direction de Cold Spring Harbor, s’est illustré par des déclarations sur les noirs rappelant la ségrégation raciale ou les écrits de Murray et Herrnstein, conseillers de Reagan. Ces derniers réactualisèrent les études falsifiées de Jensen sur les « comparaisons raciales d’intelligence ». Un beau monde qui fit partie du Pioneer Fund (qui, depuis l’entre deux guerres « promeut le développement de la race blanche » aux USA) et/ou de l’extrême droite du parti républicain.

 

L’héréditarisme

L’idéologie héréditariste, qui sous tendait l’eugénisme, vient de loin : elle veut que qualités et défauts humains soient transmis inflexiblement des parents aux enfants. Elle a produit les théories du « sang bleu » et de l’élitisme aristocratique, encore en vogue aujourd’hui. C’était un alibi imparable pour justifier les ségrégations sociales et l’endogamie des élites, le refus des « mésalliances ». La découverte par Weismann, en 1896, des conséquences de la recombinaison génétique, qui casse la transmission des parents aux enfants de manière aléatoire, aurait dû y mettre fin. Mais les élites concernées se crispèrent sur le succès de la reproduction sociale par la création d’un système éducatif à plusieurs vitesses, dont les établissements les plus performants étaient inaccessibles aux autres. C’est dans ce système que nous vivons encore aujourd’hui, malgré la recomposition des élites et des coups médiatiques douteux, comme « les banlieues à Sciences Po », qui, avec l’ENA, aura du mal à pratiquer démocratie et promotion sociale. L’archicube Bourdieu n’est plus là, mais ses travaux restent d’actualité quand la ségrégation sociale va de la famille, la crèche, l’école maternelle à l’ENS.

Le capitalisme sauvage a imposé l’héritage des biens fonciers et des outils de production, s’inspirant des castes de l’ancien régime où l’on héritait terres, locaux, techniques et savoirs -faire par voie généalogique. Ces pratiques ne sont plus à l’ordre du jour, hors cas marginaux, en période de révolutions technologiques. Mais nous vivons sous les lois qu’elles ont inspirées. Un héréditarisme culturel, tout aussi fallacieux, double donc l’héréditarisme biologique. Ce dernier se traduit dans le monde anglo-saxon, par la recherche de « causes génétiques » à tous les comportements animaux et humains. On invente les gènes de l’intelligence, le chromosome du crime ou des rabbins Cohen, les gènes de l’homosexualité ou de  l’infidélité conjugale. Rien ne nous est épargné dans les autoproclamées « meilleures revues scientifiques internationales », avec pour points communs des erreurs d’échantillonnage et des interprétations statistiques falsifiées. Ces résultats spectaculaires, souvent en couverture au mois de juillet, ne sont guère reproduits, mais courent dans la société, propulsés par des communiqués de presse et des pseudo sciences comme la « sociobiologie » et la « psychologie évolutionniste ». Pour faire court, celles-ci se résument à un principe « ultra darwiniste », aussi faux que simple : tout comportement observé dans la nature n’existe que parce qu’il maximise le succès reproducteur des gènes de son porteur, qui le déterminent. Allez donc rechercher l’optimisation du succès reproducteur dans l’insémination « en trolleybus » de petits insectes comme les machilis ou dans l’homosexualité humaine !

 

Les systèmes éducatifs

Le projet révolutionnaire de l’égalité des chances n’a cessé d’être remis en question et détourné, y compris par Jules Ferry ! Quand Alfred Binet, au début du siècle précédent, imagine un test pour détecter en deux heures, plutôt qu’en une année d’échec, les élèves incapables, dans l’état, de suivre l’instruction publique obligatoire, c’est pour leur apporter l’assistance qui leur fera rattraper le peloton. Mais les grands savants de Stanford s’en emparent peu après, le bricolent pour que les résultats se répartissent selon une courbe de Gauss et s’intéressent à l’autre queue de la distribution, artificiellement créée, où ils voient l’« élite ». Ou bien à la moyenne, qui permettra les comparaisons raciales que l’on sait, aux Etats Unis de la ségrégation raciale. Et la pratique confirme cette obsession : on investit presque tout dans la formation d’élites, le moins possible dans celle des masses et quasi rien dans celle des handicapés sociaux ou physiques. La science est derrière pour appuyer cela. Une interprétation aberrante de Malthus prétend qu’il faut limiter la reproduction du peuple et encourager celle des élites (dans la version intégrale de l’Essai sur le principe de population, Malthus veut comprendre les mécanismes par lesquels Dieu nous entraîne vers la catastrophe du Jugement dernier et la résurrection des morts. Loin de lui l’idée de s’opposer à la volonté du Seigneur pour le bien de ses paroissiens, comme le lui font dire, de façon absurde, les exégèses « malthusiennes » !).

Les tests de QI sont basés sur des performances très dépendantes de la culture et de ses énormes variations, selon les classes sociales et le sexe en particulier. L’intelligence est proclamée « génétique à 80% », rumeur basée, à la fois sur une interprétation idiote de la notion d’héritabilité et sur une mesure de corrélations de QI dans un grand échantillon de jumeaux monozygotiques étudiés et publiés par Sir Cyril Burt et une collaboratrice. Une enquête minutieuse de Leon Kamin (réf 1) a montré que l’échantillon improbable en question n’a jamais existé, pas plus que la collaboratrice qui était censée avoir fait le travail ! Comme il est bien évident que l’intelligence ne peut bien se développer que dans un cerveau en bon état et dans un milieu favorable, je me rallie de longue date à la formule du regretté Jean-Michel Goux, pour qui il était évident que l’intelligence, pour peu que l’on puisse la définir, est « 100% génétique et 100% due au milieu ! ». Prétendre mesurer la part de ces « composantes » en interaction permanente est dépourvu de sens, même si une analyse de variance ou un coefficient de corrélation mal compris peuvent en donner l’illusion mathématique à des esprits déconnectés du réel…

 

Excellence, élitisme, mérite et éducation

L’alibi de l’élitisme est de reconnaître et former les meilleurs pour les mettre aux commandes pour le plus grand bien de tous. Comme si les compétences techniques se doublaient d’altruisme ! Dans le système  fermé et endogame que représente l’enseignement de qualité dans le monde néolibéral, on exclut le plus grand nombre, de fait ou en probabilité, des chances d’y être intégré. Ce ne sont pas de rares exceptions, quelques « partis de rien », qui masquent l’héritabilité accablante, en France, du passage par les « très grandes » écoles, en Angleterre ou aux Etats Unis par les universités les plus prestigieuses et les plus chères. On se prive de la plus grande partie du recrutement potentiel, donc de la possibilité de trouver « les plus aptes », en admettant que le concept ait un sens. Dans un système où l’argent conditionne tout, la monomanie de l’élite et de l’excellence conduit à tout classer, les humains comme les projets, selon des échelles linéaires uniques, en négligeant la complexité et les dimensions multiples des critères d’évaluation ; à déclarer excellents ceux que les relations, la médiatisation, la propagande et les magouilles ont placés sur le dessus de la pile. Et à ne pas recruter ou financer la masse des autres. Depuis Sarkozy et successeur, et leurs exigences d’excellence et de compétitivité partout, les recrutements et les budgets de la recherche fondamentale, hors quelques niches protégées et quelques projets « excellents » se sont effondrés, ou bien ont été réorientés vers la recherche en entreprise. Sur laquelle il serait vain de prendre une position générale, mais qui fonctionne parfois de bien étrange façon, eu égard à ses objectifs déclarés.

Il en résulte que les promus de notre système d’éducation et de recherche n’ont pas souvent mérité leurs promotions et que la plupart des méritants sont tenus à la porte, pour cause de ségrégation sociale, dès le plus jeune âge.

Le plus étonnant, c’est que ce système marche encore un peu, mais au prix fort et pour des résultats médiocres !

 

Références

 

Leon Kamin (1974) The Science and Politics of IQ, LEA, Potomac.

André Langaney (2012) Ainsi va la vie, éd Sang de la terre, Paris.

Edward O. Wilson (1979 ) On Human Nature, Harvard Univ. Press.

 

in L'archicube n°14 - 01-06-2013   "Mérite et excellence"

27/07/2011

Les jeux de guerre, le stand de tir, la détention d'arme

Aucune société civilisée ne devrait accepter la perspective qu'un individu puisse tuer un grand nombre de personnes par une action prévisible et susceptible d'être prévenue.

Dans le sinistre événement norvégien, des millions de commentaires, dans tous les sens, omettent les trois éléments les plus significatifs rendus publics dès les premières dépêches faisant un portrait du tueur :

-      il possédait légalement une arme capable de ce massacre et était autorisé à se promener avec

-      il fréquentait un stand de tir, d'où l'autorisation

-      c'était un passionné de deux de ces jeux vidéo où l'on passe son temps, de manière de plus en plus réaliste, à tirer sur des humains ou des êtres humanoïdes

Il est insensé que des particuliers puissent détenir légalement, chez eux ou sur la voie publique, des armes de guerre, ou « de jeu », permettant un tel massacre. L'article de la constitution étatsunienne qui protège cette « liberté » est un article félon qui méprise le droit de chacun de ne pas risquer d'être tué par n'importe qui, pour n'importe quoi. Cela joue aussi, bien sûr, pour nos foutus fusils militaires à la maison...

Les stands de tir sont certainement un mal nécessaire pour les professionnels susceptibles de faire usage d'armes. Le tir « sportif » peut être toléré. Mais ceux qui s'y livrent ne devraient en aucun cas être autorisés à en sortir des armes ou à les détenir hors des stands.

Enfin et surtout, nos magasins débordent de jeux vidéo addictifs - les plus violents en théorie interdits aux mineurs, mais en pratique, vérifiez à quoi jouent vos gosses ! On y passe son temps à tuer, tirer le plus possible, le plus vite possible, exploser, massacrer, détruire. Etonnez-vous que parmi des enfants ou des adultes passant des heures, si ce n'est des nuits entières à ce genre de loisirs, un, de temps en temps, n'ait envie de passer à l'action pour de vrai. Pas besoin du moindre prétexte politique ou psychiatrique ! Beaucoup de frustration, de n'importe quelle origine suffira...

La culture étatsunienne a fait un mythe positif de la barbarie de ses origines et glorifie sans cesse l'usage de la violence, depuis la National Riffle Association jusqu'aux films et jeux de guerre les plus débiles. Rien ne nous oblige à l'importer et à en laisser inonder les chambres de nos enfants et les cours des écoles, ni à permettre aux détraqués de continuer à jouer à la guerre, à balles réelles, dans les stands de tir...

La sécurité des citoyens passe avant les abus de la « liberté du commerce » !

 

23:27 Publié dans société | Tags : armes, stand de tir, éducation, jeux vidéo, sécurité, liberté, etats unis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/04/2011

RESPECT !

C'était à Rennes, plutôt mondain bobo se croyant de gauche parce que lisant un journal qui en fût, il y a si longtemps ! Mais on y était fort bien accueilli pour parler du respect sous toutes ses coutures. En tant qu'anthropologue, on m'avait demandé de débattre avec un partenaire du "respect dans les sociétés "primitives"(sic!)". J'ai évidemment hurlé que les primitifs avaient disparu depuis longtemps, par définition, que le "RESPECT" commençait par parler de "traditionnelles", au plus et à condition d'y inclure la sienne, ou tout au moins celle de nos grands parents et parents si c'était le cas et si l'on se sentait un peu marginal !

J'avais choisi comme partenaire un vrai ethnologue, François Lupu, spécialiste de la Chine, où il enseigne quand ce n'est pas en France. Il nous avait fait mourir de rire dans une autre vie, en nous racontant au bistrot ses problèmes de relations sur un autre "terrain", en Papouasie-Nouvelle Guinée. J'ai ajouté le Sahel, les Inouits du Groënland et les banlieues multiculturelles.

Si vous voulez voyager dans vos oreilles, vous pouvez écouter le débat sur :

http://www.forumlibe2011.rennes.fr/fr/retrouvez-les-debat...

ou en cliquant ici Respect société traditionnelles by Rennes

Et puis voici mon texte, paru avant dans Libération du mardi 12 avril, en même temps qu'une excellente contribution de mon complice François Lupu

 

A LA RECHERCHE DE L'ORDRE PERDU

Respect, tradition, mondialisation.

 

L'accusation de manque de respect est une des plus fréquentes de la vie quotidienne des sociétés en transformation rapide. Qu'il s'agisse de l'évolution des cultures de génération en génération ou de l'immigration de provinciaux ou d'étrangers variés parmi citadins ou résidents.

Le manque de respect peut venir d'abus de la part de sujets qui violent les règles de leur société ou la déontologie de leur profession. Comme dans les contrôles policiers au faciès, où l'on tutoie, humilie et maltraite des citoyens dont le seul tort est d'être sur l'itinéraire de pandores qui sont la honte de la fonction publique.

Mais, souvent, l'accusation vient de différences de codes de communication entre les groupes sociaux de l'accusateur et de l'accusé. Des codes qui concernent à la fois le langage (lexique, syntaxe, codes, ton, niveau sonore, références implicites, etc...) et la communication non verbale (look, posture, codes du regard, gestes, attitudes, réactions,...).

Les sociétés traditionnelles, d'occident comme du reste du monde, vivaient et vivent souvent encore dans des systèmes de règles arbitraires mais très précises définissant la façon de s'adresser à l'autre en fonction des âges, des genres, des appartenances sociales et professionnelles des interlocuteurs et de l'histoire de leurs relations antérieures. Ces règles très strictes varient d'une société à l'autre et, dans une société particulière, en fonction des relations sociales de ceux qui interagissent. Elles concernent à la fois des usages conscients et des règles intériorisées devenues inconscientes, comme les distances de conversation - très différentes selon les cultures et les contextes. Ou bien les modes de salutation, avec ou sans contacts physiques variés.

Beaucoup de sociétés, par exemple, pratiquent un respect - parfois très abusif ! - des vieillards. Dans la conversation, cela se traduit par des marques de soumission désuètes d'une part, de l'autre un paternalisme qui se prétend bienveillant, mais peut être perçu comme très humiliant par l'autre.

Les règles de conversation des sociétés peuvent dépendre de relations de parenté classificatoires entre deux individus, incompréhensibles à un témoin extérieur. Dans certaines sociétés ouest africaines, toute personne du lignage d'une mère ou d'une belle sœur sera considérée comme « belle-mère ou beau-père ». Qu'il s'agisse d'une petite fille ou d'un vieillard, on doit la saluer de loin, à voix basse, lui faire de petits cadeaux à chaque rencontre, l'éviter si l'on ne peut pas. A l'opposé, un « cousin à plaisanterie » pourra être salué d'une bordée d'injures exubérante et de gestes à connotation sexuelle, même si le rapport de genre et d'âge est le même que dans le cas précédent. Malheureux missionnaires qui répétaient hors contexte des salutations mal comprises !

Chez certains touaregs du Mali on traite, au contraire, avec une grande familiarité la belle famille. Ce qui créerait des quiproquos sans fin, si ce n'est des conflits, en cas de mariages mixtes.

Dans les organisations internationales, des accusations de manque de respect innombrables opposent ceux qui parlent doucement et ceux qui parlent trop fort, ceux qui parlent de trop loin et ceux qui parlent de trop près, ceux qui déballent les cadeaux dès réception et ceux pour qui la politesse exige d'attendre le départ de celui qui a offert, ceux qui travaillent portes ouvertes ou portes fermées,... Elles sont un laboratoire de la confrontation des cultures du monde et de celles de générations successives dans la phase de mutations sociales et culturelles accélérées des villes mondialisées.

Mais personne n'a jamais imaginé que les choses pourraient être plus simples si l'école et les médias apprenaient à chacun le savoir vivre des autres qu'il rencontre, et à adapter le sien de manière à les respecter et éviter les malentendus...

 

André Langaney, Libération 12/4/2011

 

13/06/2008

Autopsie d'un désastre qui laisse la Suisse décérébrée

    J’ai juste remplacé « exsangue » par « décérébrée » dans le titre que vous avez pu lire ce jour sur le site de la Tribune, suivi de proclamations de désastre ou de cataclysme, ou bien sous le sourire niais du blog de Pascal Decaillet.
    On pourrait laisser filer en rappelant seulement que tout ce qui est excessif est vain. Ou bien que les superlatifs dépourvus de sens constituent l’essentiel des cent cinquante mots du vocabulaire sportif. Rappelons que toute langue civilisée en compte entre mille et, parfois, plusieurs dizaines de milliers !
    Mais, quand le parlement fédéral décale des séances à cause des matches, quand des députés se font photographier à Berne avec des maillots ou des écharpes de supporteurs et quand le pays se met en deuil parce que la mafia locale du foot a fait des économies - très suisses  - sur l’achat de joueurs - tapineurs brésiliens ou portugais, on peut s’interroger sur notre santé mentale collective.
    J’ai vu des étudiants arriver aphones et blêmes aux examens pour avoir hurlé toutes les nuits au lieu de travailler. J’ai vu des enfants partager, à longueur d’année, leur temps entre la télé, des jeux vidéo où l’on reconstruit les matches ou négocie les contrats financiers des joueurs, et ne parler que de cela à l’école comme ailleurs. Ils se préparent à entrer dans les études ou la vie active avec, pour seule culture, le foot. De plus en plus d’étudiants arrivent à l’université sans savoir lire ni écrire, ni jouer au ballon, non plus, d’ailleurs, puisque tout se passe sur des écrans et non sur des pelouses. Certains s’étonnent même qu’on leur demande de lire : pour eux, travailler consiste à faire des coupés - collés à partir de recherches Google ou Yahoo sur internet !
    A l’université, même les collègues qui déplorent l’excès de médiatisation, l’alcoolisme et les violences collatérales « regardent quand même les matches ». Pour ne pas parler de ceux qui, jusqu’au rectorat, hurlent devant leur poste ou fréquentent les « fan - zones ». Il n’est pas difficile de vérifier que cette pathologie grave  atteint aussi bien la haute finance, la banque et l’industrie, tellement avides de compétition.         Dans cette société, je me sens bien plus étranger que dans la brousse ouest - africaine,  la jungle des Philippines ou chez les Inuits du Groenland !
    Suite à une chronique RSR où j’avais, un tout petit peu, ironisé, j’ai reçu un mail enragé. Auquel j’ai répondu poliment en détaillant quelques arguments, qui m’ont valu pour toute réponse un : « vous caricaturez le foot, c’est indigne d’un professeur d’université ! »
J’en suis à me demander si la culture – foot ne fera pas, demain, partie des pré – requis pour enseigner dans notre Alma Mater !
    Si les Verts avaient des couilles (ce n’est pas le cas, à part un qui en a trop, mais ne sait pas s’en servir ), ce n’est pas sur les OGM qu’ils proposeraient un moratoire, mais sur le foot, responsable d’un désastre automobile, écologique et culturel. Mais, en démocratie médiatisée, il n’y a que la démagogie et le populisme qui payent.
    Alors ne comptez pas sur eux : ils vous enverraient vous faire foot !

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07/06/2008

Avec du faux, on fait du fric !

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les événements scientifiques les plus extraordinaires vous sont habituellement rapportés entre juillet et août, après et avant le foot, pendant les vacances et avant les rentrées, politiques et littéraire. Bref, à l’époque où, du temps de mes parents, le stagiaire de presse désœuvré devait parler du serpent de mer ou du monstre du Loch Ness, s’il n’y avait pas de faits divers majeurs !
Cette place subsidiaire de l’actualité scientifique par rapport aux non-événements sportifs professionnels, au radotage politique, aux mondanités ou aux chiens écrasés, est parfaitement intégrée par les – auto - proclamées - « prestigieuses » revues scientifiques « internationales » (comprendre revues anglo-saxonnes qui voudraient bétonner une culture scientifique dominante mondiale).
C’est en général dans le vide estival que ces revues publient les scoops les plus improbables, avec les titres les plus « sexy » et des communiqués de presse triomphants. Au plus, un soupçon de doute apparaît sur la fin de l’article livré, avant parution, à la presse, mais pas à la communauté scientifique capable de le critiquer.
Ainsi, des bobards scientifiques tels que les gènes de l’infidélité conjugale, de l’homosexualité ou des rabbins Cohen ont-ils rejoint la mémoire de l’eau, la fusion à froid et bien d’autres au Panthéon des « résultats » spectaculaires suspects, non reproduits, non confirmés, mais, jamais démentis, rarement discutés, hormis l’histoire très particulière de la « mémoire de l’eau ».
Cette situation a pour conséquence que tout le monde, scientifique ou pas, entend parler de « découvertes » sensationnelles, complètement prématurées ou même bidonnées, mais dont on ne verra jamais les démentis ni la confirmation. Comme ce sont les « meilleures » revues qui sont en cause, ces vérités persistent dans le public, même quand les rares spécialistes concernés n’y ont jamais crû : avec du faux au laboratoire, on fait du vrai dans la société !
Ainsi, la criminalité, l’homosexualité, la pédophilie deviennent génétiques pour le président français après que les publications de ce type qui ont répandu les rumeurs aient réjoui, dans un premier temps, le Fonds des pionniers nord américain, les clubs d’extrême droite et les mouvements néo-nazis.
C’est à ce niveau de dangerosité des rumeurs parties de publications, plus commerciales que scientifiques, qui jouissent de situations de monopoles jusque dans nos universités, qu’il convient de rappeler qu’une éthique basée sur autre chose que le règne de l’argent roi fait de nos jours cruellement défaut dans le domaine de la communication scientifique internationale.

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