11/12/2013

De Mandela à la xénophobie municipale

 

Quel bonheur de voir les dirigeants les plus crapuleux, les plus belliqueux et les plus racistes du monde, les mains humblement croisées devant les testicules ou sous les ovaires, rendre hommage à l’homme au poing levé, faiseur de paix et de réconciliation, vainqueur de l’apartheid sans guerre civile. Celui que l’on n’a sorti que depuis si peu de temps des listes de terroristes communistes de la confédération et de ses maîtres étasuniens…

J’ai raconté ailleurs à quel point Mandela avait employé une méthode non-standard, mais a posteriori aussi rationnelle qu’efficace pour vaincre et convaincre ses partisans comme ses pires ennemis. http://avisdexperts.ch/videos/view/2090/1

 

Mais si, en Afrique du sud, il reste à vaincre autant la violence, les inégalités, la corruption et le SIDA que le capitalisme, la plus grande victoire contre le racisme depuis les abolitions de l’esclavage est acquise ! Chapeau Madiba ! Ou plutôt casquette de supporter raciste Springbock. L’important n’est pas l’outil, mais ce que l’on en fait…

 

Chez nous, l’apartheid est social, politique, ethnique et … honteux. C’est la volonté des populistes xénophobes de tenir les étrangers dehors et d’envoyer les immigrés chez eux ou au diable. Ou celle de leurs alliés extrémistes libéraux d’avoir des salariés soumis au plus bas prix, ici ou ailleurs, pour maximiser leurs profits. Cherchez la contradiction ! Les uns veulent verrouiller les frontières et demanderont demain la construction d’une grande muraille de Suisse sur le modèle du rideau de fer, de la Palestine occupée ou du Rio Grande, tandis que les autres sont fans de la libre circulation sélective qui baisse jusqu’à la misère le coût du travail pour maximiser les gains des actionnaires et des dirigeants.

 

Comme prendre directement des mesures xénophobes ne passe pas toujours bien, même à droite, l’étrange coalition libéro-populiste a choisi, localement, l’arme budgétaire pour s’attaquer, à la Ville, à toutes les mesures sociales en faveur des étrangers, des jeunes et des vieux pauvres, et, tant qu’à faire, des petits efforts faits pour rendre la Ville plus humaine et plus respectueuse de son environnement et de la nature. Pour cela on propose la suppression de deux services municipaux, ce qui coule plus ou moins soixante dix associations avec un impact négatif sur presque toute la population, pour ne pas parler des quarante neuf employés à supprimer qui gèrent l’ensemble avec dévouement et des engagements internationaux bafoués (plus dans Le Courrier ce vendredi).

 

Il est temps de remettre les pendules à l’heure sur l’immigration : sans les immigrants, la Suisse et l’Europe, en vieillissement démographique extrême et répugnant aux basses besognes mal payées s’arrêteraient du jour au lendemain ! L’immigration est nécessaire et l’important c’est qu’elle soit et soit perçue comme un bien, et pas un mal, qu’elle se fasse autant que possible dans l’ordre et la dignité. Pour approfondir le sujet, rien de mieux que l’excellent entretien d’Hervé Le Bras dans le dernier Siné Mensuel (lire "Suisse" à chaque fois qu’il dit "France", c’est pareil, sur ce sujet du moins) et l’humour du dossier Immigration et intégration du dernier Psikopat…

 

L’humour et la détermination, deux armes suprêmes d’un certain Mandela !

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