L'anarchronique - Page 7

  • Les chimpanzés de Christophe et Hedwige Boesch

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    20327758.jpgCe n'est pas tous les jours que je vous encouragerai à aller voir une production Disney lancée par une grosse machine publicitaire digne du pire d'Hollywood. Mais la filiale Disney Nature, qui a déjà pris des rateaux à vouloir présenter des animaux tels qu'ils sont plutôt que des Bambis humanisés, nous montre dans son film Chimpanzés des images d'un intérêt et d'une qualité exceptionnelle. On y observe, en vrai, ce qui était décrit depuis des années dans les publications scientifiques de Jane Goodall, Christophe et Hedwige Boesch et tous leurs confrères : l'utilisation d'outils, la chasse, les conflits violents, la tendresse des soins des adultes aux jeunes. Des images que seuls des initiés avaient vues, sous forme de vidéos, médiocres le plus souvent, et qui nous confrontent tous à l'"humanité" de nos plus proches parents animaux. Cinquante ans de travail des chercheurs, des décennies de patience pour se faire accepter par des animaux extrêment farouches et accessoirement dangereux, trois ans de tournage dans des conditions inhumaines sous le contrôle sévère des chercheurs, nous offrent un spectacle qui nous interroge directement sur ce que nous sommes et ce que nous faisons à ces cousins troublants. Alors certes, Disney n'est pas une ONG humanitaire, ni chimpanzéitaire et doit rentabiliser son investissement. On a donc censuré - au montage seulement j'espère - tout ce qui était sexe, violence et cruauté de la chasse et des combats. On a donné des petits noms aux animaux - comment les identifier autrement ? Les chercheurs sont les premiers à le faire ! - et tout est fait dans le commentaire pour susciter l'empathie en humanisant "Oscar" et ses amis, ou en rendant le chef de bande ennemi encore plus patibulaire qu'il ne l'est. Le cinéma n'est pas la vérité mais la fiction quand il doit vendre des billets pour vivre. On sait très bien que les films animaliers intégristes ou austères comme les admirables "Le territoire des autres" et "La griffe et la dent" de Bel et Vienne, ou même certains Nuridsany-Perrenou se sont plantés, malgré des images à couper le souffle, parce que le spectateur moyen n'y comprenait rien et ne s'y identifiait pas. C'est pourquoi je pardonne volontier un commentaire omniprésent et moins débile que je ne craignais, qui a fait dézinguer le film à un immonde gratte-papier du journal Le Monde, qui en a fait une critique aussi snob et méprisante que déplacée. Prouvant qu'il méprise autant le public que les animaux et n'a même pas su reconnaître que la musique était bonne, drôle et judicieuse !

    Mon seul regret est que l'on ne rende pas l'hommage qui convient à ceux à qui ce film doit tout : Christophe et Hedwige Boesch qui ont passé une grande partie des quatre dernières décennies à courir après les chimpanzés dans l'"enfer vert" de la forêt de Taï en Côte d'Ivoire, malgré les pluies, les dangers, les braconniers, les guerres, Ebola et quelques autres "détails" désagréables. Espérons que les bonus du DVD rattrapperont un peu cet oubli fâcheux.

  • L'autre pays des armes

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    Il faut reconnaître que, même avec les fusils militaires le plus souvent déchargés, nous n'arrivons pas à l'éperon des cow-boys étasuniens en matière de massacres de civils innocents par n'importe quel taré et/ou déprimé. Comment ceux que nos dirigeants et nos scientifiques admirent tant qu'il faudrait tout faire comme eux, avec eux, en sont-ils arrivés à ce degré de barbarie, pour ne pas employer les mots grossiers qui me viennent à la bouche ? C'est ce que nous nous sommes demandé dans le dossier du Psikopat de ce mois...



    Et puis, sine-mensuel-17-home.jpgtant qu'on est dans les conflits, le Siné mensuel 17 en aborde de tous les types. Y compris le Mali où les dessinateurs s'éclatent à régler son compte au patriotardisme hollandien triomphant. Merci Jiho, Mix, Faujour, Lasserpe & Cie !

    Et puis Tardi, honneur pour honneur se voit inviter par Siné dans sa zone pour raconter en dessins comment il a refusé la légion d'honneur, infâme médaille distribuée à tant de militaires factieux, de paras tortionnaires et de patrons inhumains. Un délice !

    Lien permanent Catégories : Humour, lecture, Politique 0 commentaire
  • La soldatesque, les islamistes et ... Gandhi !

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    Je rentre de France occupée : par la police, l’armée, les barbus et les manifestants homophobes du FNUMP. Si vous avez l’imprudence d’y entendre la radio ou d’y voir la télé – je ne dis délibérément pas écouter ou regarder, vous n’êtes quand même pas débiles ! – l’information y est coupée en deux. Moitié communiqués militaires triomphants pour expliquer comment leurs vaillants aviateurs surarmés ont explosé depuis le ciel des cibles terrestres non défendues au prix de pertes civiles non précisées, mais sûrement considérables quand les images de bombardements montrent la destruction quasi totale de villes et villages. Merci pour les enfants, les femmes et les paysans qu’on libère ! L’autre moitié de l’info, c’est la polémique extrême au sujet de la loi « mariage pour tous » qui risquerait de rattraper une très petite partie du bon siècle de retard que le code civil a pris sur les mœurs de la population. Les autres grands sujets dont on gavait le peuple sont laminés : Kate, DSK ou Madonna sont morts, le foot ou les pitreries lamentables des exilés fiscaux connus comme Depardieu ou pleins aux as comme Bernard Arnaud rament pour obtenir la moindre brève !

    Ce qui est intéressant, c’est la différence de traitement entre les deux sujets survivants : la « guerre contre le terrorisme » (on se croirait sous W Bush dont les mêmes médias ont tellement ricané il y a peu !) est l’objet d’un consensus total des journalistes, intervenants et « commentateurs indépendants ». Même quand il faut avouer le bide total de l’échec du commando de barbouzes qui voulait libérer une barbouze en Somalie (deux victimes, plus sans doute la « cible » et un nombre inconnu de dizaines d’ « ennemis » et civils innocents massacrés ! Il n’y a que des héros, des libérateurs, de grands soldats. Pas de femmes, enfants, vieillards explosés par des grenades, des bombes et des fusils d’assaut. Quant aux villes et villages du Nord Mali, si semblables en vue aérienne à d’autres que je connais bien, j’imaginais l’effet de chaque impact de bombe commenté victorieusement par l’officier sûrement aussi catholique que cathodique : la station d’essence ! Oui, mais le dispensaire est à côté… Le dépôt d’armes ? Oui, mais c’est derrière le dortoir de l’école… Les véhicules des djihadistes ? Oui, mais ils étaient garés devant la poste, le marché où les commerçants dorment et l’hôpital… Et, de tout cela, pas un mot ; sinon une brève mention de victimes civiles, en nombre indéterminé, et autres dommages collatéraux. Pas un mot de la destruction, en une nuit, du travail de milliers de paysans, pendant des siècles et des dizaines de générations, pour construire leurs communautés et leurs maigres biens dans l’un des lieux les moins hospitaliers de la planète. La même mentalité que les anglo-américains en Irak, au Viet Nam ou, il y a un peu plus longtemps, dans ma Normandie d’origine. La « civilisation » combat le terrorisme, rompez ! 

    Que les choses soient claires : je n’ai pas la moindre sympathie pour les apôtres lapideurs et coupeurs de mains qui respectent encore bien moins les enfants, les femmes, les libertés et les droits humains que ces intégristes catholiques qui défilent pour empêcher les homos de recourir aux procréations artificielles et d’obtenir la bénédiction du maire. Il est évident que, faute d’avoir pu empêcher les djihadistes de s’armer et de diffuser leur propagande, il faudra bien les arrêter militairement. Mais ce n’est pas une raison pour faire croire que la guerre peut être aussi clean que les avions rafale au 14 juillet, que les légionnaires sont des saints et pour oublier que les civils maliens et les touarègues du Nord Mali ne sont pas un, mais des centaines de milliers d’otages à sauver, pas des avatars dans un jeu vidéo. Ce n’est pas une raison pour transformer France Inter en Radio Pyong Yang ou France 2 en Télé Algérie française ! Le débat « démocratique » sur le mariage gay est un pitoyable cache sexe de leur prétendue objectivité.

    Je voulais vous parler de Gandhi, qui a triomphé sans très grandes violences dans des rapports de force a priori tellement défavorables. Qu’aurait-il pu faire et dire face aux islamistes, avec qui le dialogue semble pour le moins difficile ? Sans doute pas grand’ chose … Les islamistes seraient-ils plus forts que l’Angleterre colonialiste du siècle dernier ?

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  • La presse et le fric

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    sine-mensuel-16-home.jpgC’est le dossier fort du Siné mensuel de janvier, qui montre bien comment, du choix des directeurs à l’autocensure et à la distribution, une poignée de super-riches de la finance et de l’industrie tentent de fabriquer dans les grands médias, journaux en tête, le consensus ultralibéral de leurs rêves. Quant à ceux qui, avec de petits moyens, font entendre un son de cloche différent, on essaie de les réduire au silence à coup de procès multipliés et ruineux. Même quand ils les gagnent tous, comme Denis Robert face à Clearstream ou Bob Siné face à la LICRA-France ou Charlie Hebdo, on tente de ruiner les vrais opposants à coup de frais judiciaires et d’avocats. Des frais qui ne représentent rien pour les riches attaquants, mais ruinent facilement un particulier ou un petit journal indépendant que l’on veut réduire au silence en leur détruisant le moral et le porte monnaie. Dans ce type de justice du fric, ce sont souvent les gagnants qui perdent ! Un contre-exemple qui finit bien, magnifiquement relaté par Delfeil de Ton :

    http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130107.OBS4644/le-waterloo-de-charlie-hebdo.html

    La presse « libre », c’est zéro pub, comme Siné mensuel, Le Courrier ou le Psikopat ; c’est aussi de petits moyens, une grande fragilité face aux attaques judiciaires, une prudence de sioux dans la critique des puissants du fric et… de bons copains avocats-militants de la liberté de la presse en cas de malheur.

    Psiko 249 Fêtes de fam 01.jpgPour parler de choses plus divertissantes, le Psikopat de ce mois vous propose des fêtes de famille hilarantes pour vous consoler, si nécessaire, de celles que vous avez peut-être vécus…

  • La justice en rouge et noir !

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    Les juges ont rarement des airs de Père Noël. Pourtant il n’y a pas que dans Stendhal que le rouge et le noir s’associent bien ! En témoigne le jugement d’appel qui vient enfin de condamner Charlie Hebdo pour le licenciement inique et infondé du dessinateur-chroniqueur Siné, militant de tous les anti -racismes respectables, accusé à tort d’antisémitisme par l’ex-patron de Charlie installé par Sarkozy dans le fauteuil directorial de France Inter. Les sanctions et indemnités sont aggravées et vous admirerez ci-dessous la couverture du prochain Charlie - un collector ! - faisant état du jugement.

    Un seul regret : ceux qui ont lancé l’ignoble campagne de diffamation contre Bob Siné, avec acharnement judiciaire pour tenter de le couler avec son journal selon les méthodes de l’extrême droite, échappent à toute sanction, qu’il s’agisse du patron haineux de France Inter, qui a quitté le navire ou de la LICRA-France. Et on ne peut pas compter sur sa mollesse Hollande pour trouver un directeur « normal » à cette radio…

    Joyeux Noël, Bob ! On compte sur toi pour nous compter et dessiner cet épisode avec ta verve et ton humour sans pitié sur  http://www.sinemensuel.com et dans le journal, en attendant d’arroser ça comme il convient, dès que les conditions le permettront !

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  • Lectures de décembre

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    palestine,droit international,onu,racisme,sport,compétition,siné mensuel,psikopatSiné Mensuel, bien sûr ! Pour une fois, je ne vous montre pas la jolie couverture de Berth annonçant dans un nuage le dossier cannabis, mais la 4ème de couverture de Carali célébrant la grande victoire symbolique des palestiniens sur les étatsuniens, leur colonie sioniste et leurs derniers alliés de Nauru ou des îles Marshall. Certes, cela ne rend ni les terres, ni les biens de ceux qui ont été chassés d'une manière ignoble par un régime raciste qui est la honte de l’occident, mais cela montre clairement que la quasi totalité des autres pays savent qui bafoue le droit international et les résolutions de l’ONU. Reste à défendre le droit et la justice contre la barbarie, le racisme et la force des armes, ce qui est malheureusement une toute autre histoire…

     

     

     

    Couv 248.jpgA propos de force, il en est forcément question dans le Psikopat de décembre et son dossier sobrement intitulé : sports de compétition, grosse arnaque. Un délice pour toutes celles, tous ceux qui ne supportent plus les hurlements des supporteurs débiles, le squat permanent des médias par des non événements à fric, les commentaires analphabètes des « journalistes » sportifs et les crétins qui ont besoin de tenues grotesques pour courir, nager, pédaler, conduire ou jouer au ballon…

    Si j’ajoute trois phrases commises dans un magazine télé pour défendre, malgré ma passion de la nature et des animaux, le minimum nécessaire d’expérimentation animale dans la recherche scientifique contre les fêlés les plus graves des amis des bêbêtes, vous ne pourrez pas dire que je cherche à me faire des amis…  

     

  • Réponses intelligentes à des questions « idiotes »

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    Fischetti.jpgAntonio Fischetti est scientifique ET journaliste, ou peut-être l’inverse. Ce qui lui permet à la fois de poser les questions « idiotes » que tout le monde se pose, en particulier à propos des idées reçues et d’y répondre avec un humour qui n’exclue pas le sérieux. Ou bien de ne pas y répondre quand la science ne propose qu’un magma d’hypothèses et de résultats contradictoires. Avec une franchise et un courage simple qui font cruellement défaut aux blouses blanches et académiciens qui ont réponse à tout, ou bien vous renvoient vos questions « idiotes » au plexus.

    La liste des trente six questions est politiquement très incorrecte et provocatrice : depuis « Les cons ont-ils une tête de cons ? » jusqu’à « Voit-on défiler sa vie avant de mourir ? », en passant par « Pourquoi les gays parlent-ils d’une façon particulière ? », « Les croyants sont-ils fous », « Pourquoi les femmes crient-elles pendant l’amour ? », « Les Juifs sont-ils surdoués ? », « Peut-on traiter un arbitre d’ « enculé » ? », « Pourquoi les Noirs gagnent-ils les courses à pied ? », « Les femmes ont-elles des chaleurs ? », etc… Chaque question est illustrée, comme la couverture, d’un dessin très décalé de Kamagurka !

    Les réponses, par contraste, sont rédigées avec beaucoup d’humour et de délicatesse avec, à chaque point névralgique de l’explication, un discret renvoi à une publication scientifique récente qui traite du sujet. Je n’avais pas dévoré un livre aussi vite depuis longtemps et quiconque s’intéresse à la vie quotidienne et aux comportements humains y prendra le même plaisir. Mon seul bémol concerne peu de références dépassées à feu la psychanalyse ou improbables à cette grande farce qu’est la « psychologie évolutionniste ». Mais c’est à propos de banalités qui ne plombent pas cette lecture des plus stimulantes. Un cadeau original pour rire, faire rire et s’instruire entre les fêtes !

    Questions idiotes et pertinentes sur le genre humain, d’Antonio Fischetti, éd. Albin Michel, Paris. 2012 Vient de sortir

     

  • Nous sommes tous des écologistes !

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    A l’heure où, pour les médias domestiqués, l’écologie consiste à magouiller avec des socio-traîtres des sièges de sénateurs ou bien des jobs de ministres soutenant des programmes contraires à ce qu’espèrent leurs électeurs, il est temps de se souvenir de l’histoire, et même de la préhistoire de l’écologie. C’est ce que propose Alain Hervé, avec, en sous titre de son livre « Merci la Terre », le titre de cette note. Il propose de revenir aux fondamentaux et d’en déduire des leçons pour la vie quotidienne. L’écologie est née, il y a un siècle, comme science étudiant les rapports entre les êtres vivants et leurs environnements physiques et biologiques, ainsi que, par extension, le fonctionnement des écosystèmes, jusqu’au niveau de la biosphère. Bref, un peu tout ce qui concerne la vie. « Vaste programme ! » aurait dit le général de Gaulle, comme quand il commentait un « Mort aux cons ! » lancé à la cantonade… Ce vaste programme piétinait les platebandes de la philosophie, de la géographie, de la démographie et des sciences de la nature qui se souciaient, de longue date, de certaines de ses problématiques. Au départ, l’écologie scientifique était plutôt réductionniste, cherchant à tout comprendre du fonctionnement d’une mare dans un jardin ou des interactions du faucon pèlerin avec les autres espèces vivantes. Mais il apparut vite à des précurseurs que les activités humaines compromettaient le fonctionnement habituel des écosystèmes naturels, qu’il s’agisse de l’agriculture industrielle, des exploitations minières invasives ou de la production d’énergie à tout prix. Leurs connaissances en écologie devaient donc émerger sur la place publique pour éviter un « désastre écologique » d’origine humaine. Les grandes remises en cause, autour de 1968, accouchèrent ainsi d’une écologie politique qui voulait mettre cette science sous les projecteurs et passer à une gestion intelligente du vivant. Journaliste, écrivain, voyageur, naturaliste de bon niveau, « Fou de Palmiers » Alain Hervé, fondateur en 1969 des « Amis de la Terre », fût avec René Dumont et François Terrasson l’un des principaux fondateurs et la plume de cette mouvance en France. On lui doit, en particulier, à l’époque, la publication de revues comme « Le Courrier de la Baleine » et, sous la protection un peu lourde du Nouvel Observateur, « Le Sauvage », qui existe toujours sous forme de blog*.

    Mais la politique, telle que la pratiquent nos prétendues démocraties, pourrit tout par sa dépendance de médias soumis aux mondes de l’argent et de la rentabilité immédiate. Cette dernière est un critère très antithétique de la science, en général, et de l’écologie, en particulier. Les politicards de l’écologie ne tardèrent pas à se perdre en querelles internes, compromis et renonciations, comme des radicaux d’autrefois. Quand ils ou elles ne finissent pas dans le blanchiment du trafic de drogue des banlieues chaudes… Et le mouvement se partage aujourd’hui entre des arrivistes prêts à n’importe quoi pour le pouvoir et des activistes sectaires marginaux, qui prêchent le bien et le mal comme toutes les religions, et annoncent la fin du monde si le « Bio » ne triomphe pas !

    Face à ces dérives, Alain Hervé, le navigateur, essaie de redresser la barre par un retour aux sources scientifiques, qu’il propose avec talent dans son « Merci la Terre » et par la résistance au catastrophisme religieux « des sauveurs de planète », dans des ouvrages semi-optimistes comme « Le Paradis sur Terre ». Il fait partie, avec son expérience personnelle et son histoire de fondateur, d’un mouvement essentiel de nos temps et il faut lire ses contributions. Même s’il convient de garder un œil critique, en ce qui concerne deux aspects, en particulier. D’une part des résidus chrétiens lui font encore partager le monde entre le bien et le mal, tout en restant conscient que c’est l’humanité et non la Terre qui est en danger. D’autre part, une critique trop indirecte de LA cause de la catastrophe : le capitalisme néolibéral, avec son culte de l’individualisme forcené et de l’argent, qui précipite nos descendants dans une impasse écologique.

    * http://www.lesauvage.org/

    « Merci la Terre » et « Le Paradis sur Terre » d’Alain Hervé, tous les deux aux éditions Sang de la Terre, Paris

    http://www.sangdelaterre.fr/

    Et très complémentaire de cette note :

    http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2012/11/21/vingt-ans-apres-le-sommet-de-la-terre-sauver-la-terre-ou-les.html

    Merci Pascal !

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  • Quand la photo anime la peinture…

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    La peinture n’est pas ma passion, mais j’aime bien la photographie. Une magnifique exposition montre Picasso au travail et en famille, vu par le photographe David Duncan. Réalisée par Tatyana Franck et Stéphanie Ansari, elle a circulé de Malaga à Roubaix. Elle termine sa carrière au Musée d’Art et d’Histoire de Genève*, avec quelques ajouts locaux. Peintures, dessins, sculptures et céramiques, saisies par l’objectif, s’exposent en regard des clichés, tandis que ceux-ci s’enchaînent pour montrer, avec la complicité amusée du peintre, la réalisation d’un certain nombre d’œuvres emblématiques donnant les clefs de son immense talent. Une scène ou un paysage se construit en quelques coups de crayon ou de pinceaux, puis se meuble de personnages et de couleurs. Le tout dans une atmosphère de désordre créatif saturé d’objets, d’enfants, d’amis et autres visiteurs. Face aux œuvres, chaque cliché illustre l’amitié et la complicité, vite apparues entre le modèle et son photographe, tandis que tous les figurants rayonnent de la joie et de la convivialité des lieux. Commentaire souvent entendu : on aurait tellement aimé passer quelques jours dans cette ambiance, à la villa « La Californie » à Cannes…

    De quoi revernir un peu l’image d’un Musée de plus sabordé par la gestion de l’ère Mugny et les choix qui en sont issus, tant du point de vue architectural que du fait d'un calamiteux « partenariat » public privé.

    *jusqu’au 3 février 2013

     

    Plein de parutions décoiffantes à ne pas manquer :

    Un Siné Mensuel dont le titre et la zone de Bob sont collectors, un Psikopat avec dossier « 3 millions de chômeurs », qu’ils devraient tous avoir lu pour se remonter le moral, un numéro de Drosophile sur « La science en chansons » et une terrible juste colère dans Causette, à propos de l’immonde décision de justice française qui banalise le viol. De quoi agrémenter les longues soirées d’hiver avec des lectures intelligentes !

    sine-mensuel-14.jpg  72 dpi.jpgcouv10.png29_couverture.jpg

     

     

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  • Le bout du sexe à Fribourg... ne le ratez pas!

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           Parfois, la campagne surprend. Quand on me demande de parler de science et religion en Valais, par exemple, tout en sachant à quoi s'attendre...

           Cette fois-ci, c'est à Fribourg que l'Association "Les 4 vents" me demande d'intervenir à l'Université sur le thème décoiffant d'une série de 4 conférences :                                               "Le sexe, par quel bout le prendre" !                                                                                                En précisant que l'on attend de moi un regard "anthropologique".                                             Ayant fait le tour - devrais-je dire la quadrature ? - des 4 regards attendus, je me rends compte que ces 4 bouts du sexe envisagés (ça fait déjà un joli sexe !) ne concernent que des sujets sciences humaines : juridique, sociétal, philosophique et anthropologique. Un rapide coup de téléphone me confirme que l'on m'attend, a priori, pour des histoires de sexualités humaines exotiques, genre ethno-bunga bunga ! Mon sang de biologiste ne fait qu'un tour :

    -  " Mais vous n'avez pas envisagé un regard biologique ? " (je me dis quand même, papa dans maman, qui dépose un petit jet collant plein de millions de spermatozoïdes en rut visant, après un parcours du combattant de sept mètres de long dans les cryptes de l'utérus, un éventuel ovocyte, avec, sauf barrage de l'Immaculée Contraception, la perspective que l'un d'entre eux puisse en faire un oeuf en se plantant dedans, tout ça, ce qui précède et la suite, et ce qu'il y a autour, tout ça, c'est plutôt de la biologie !)

    - " On y avait pensé, mais finalement on ne l'a pas retenu !"

    - " Euh... ça ne vous dérangerais pas si je parlais, quand même, un tout petit peu de biologie ? "

    - " Non, non, bien sûr, au contraire ! " 

           Ouf ! Je vais pouvoir faire mon métier... Ce n'est pas que je ne sois pas capable d'un stand up de trois quarts d'heure sur les mœurs sexuelles des populations variées que j'ai eu le bonheur de fréquenter sur le terrain et/ou par mes lectures, mais j'aurais quand même eu l'impression, en tant que prof et généticien de rater le plus gros bout du sexe, même au pays du fromage, si je n'avais pas raconté des histoires de tuyauteries et d'évolution animale et humaine ! Mais pour ne décevoir personne, il y aura bien des histoires exotiques, de chez nous et d'ailleurs...

           Dernier détail, l'opération a lieu à la Kinderstube* de l'Université, ce qui, sauf méprise grave de mon germain sommaire, doit être fréquentée par des enfants. Vu le sujet que l'on me demande de traiter, je préfère avertir les enfants qu'il vaut mieux, pour la paix familiale, laisser les parents coincés à la maison ou au bistrot le temps de la conférence...

    * "Sexe : liberté biologique et prisons culturelles" Kinderstube (Université de Fribourg, rue de l'Hôpital 4, à 19h ce mardi 30 octobre, conférence suivie d'un débat et d'UN APERO !)

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  • NON, bien sûr !

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    572916682.jpgIl y a des pays comme l'Angleterre qui ne changent jamais de constitution et gardent des textes aussi datés par le temps que la Bible, le Coran ou le Kama Soutra ; parce que, au nom de ces textes que l'histoire et le temps ont rendus dérisoires, ils ont préservé un consensus social, moral et relationnel qui n'a plus rien à voir, mais qui leur convient. Quitte à se battre éternellement sur l'interprétation du dogme dès qu'un problème pratique doit être résolu.

    Et puis il y a des pays où, au prétexte de modernisation ou d'actualisation, on ne cesse de bricoler une loi fondamentale censée contenir des grands principes permanents en fonction d'objectifs minables des dominants du moments. La caricature en étant les "coups d'état" constitutionnels qui consolident les dictatures, les régimes populistes comme la Vème république en France ou les coups d'état militaires.

    Bien sûr, l'idée d'une nouvelle constitution pensée à neuf et consensuelle à Genève  a séduit. En négligeant qu'il s'agissait de suivre des modernisations déjà vues ailleurs où le monde dominant de l'argent et ses serviteurs néo-libéraux ont utilisé ladite modernisation comme cheval de Troie pour faire avaler des alouettes de progrès contre des chevaux de régression sociale.

    La constitution actuelle, dans ses "archaïsmes", contient encore des traces de pensée sociale que le monde du fric voudrait "moderniser", comprendre éradiquer ! Il est urgent de ne pas y toucher malgré les hurlements des loups libéraux et les bêlements des brebis socialistes qui ne demandent qu'à se faire tondre pour sauvegarder quelques leviers de commande dérisoires. Il est hautement symbolique que des militants ou ex-militants du PS réputés penser autrement que par une stalinienne "discipline de parti" se prononcent contre ou se réfugient dans des votes blancs ou des abstentions gênés. Sur un sujet aussi fondamental, il est clair que le libre choix individuel et son expression devraient l'emporter sur des votes bloqués dans le style de l'extrême droite.

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  • Ainsi va la vie

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    Premier cours demain jeudi matin, nouveaux étudiants, nouveaux questionnements pour le plaisir des uns et de l'autre. Une merveille de n'enseigner qu'à des volontaires et non à des captifs, ce qui les intéresse et qui me passionne aussi. Et la recherche annuelle de toujours chercher à mieux faire passer le message tout en intégrant les derniers échos de la recherche. 

    Rentrée littéraire aussi. Alors j'y rajoute mon demi-kilo de déforestation chez un excellent éditeur super écolo : Sang de la Terre. Qui, entre bien d'autres publia les écrits de mon regretté copain François Terrasson. Ça s'appelle "Ainsi va la vie" avec en sous-titre "La science au jour le jour". C'est un bouquin hybride - on fait bien des voitures hybrides, pourquoi pas des bouquins qui permettent de changer de lecture sans changer de volume, ni zapper sur un écran ! Les connaisseurs reconnaîtront dans la première partie une version actualisée de mon "Sauvage central" victime d'une fausse couche éditoriale lors de sa première édition. La seconde partie réunit et commente mes chroniques dans le Temps et surtout comment et pourquoi je suis passé d'une liberté d'écriture quasi-totale à une censure qui conduisit à la fin des chroniques "libres" dans ce journal. Les lecteurs d'Edipresse et de sa suite apprécieront... On devrait le trouver bientôt chez nous. Sinon :

    http://www.sangdelaterre.fr/index.php?art=106&th=135

    Ainsi va la... Couv.jpeg

    Et puis je ne suis pas le seul à écrire !

    Un dossier qui ne va pas manquer de faire causer dans le dernier Psikopat, sur le mariage gay. Je pensais détonner en étant contre parce que c'est difficile d'être pour le mariage gay quand on est contre le mariage tout court, ou plutôt contre toute intrusion des administrations, des flics et des juges dans les libres relations entre deux ou plusieurs personnes adultes. Eh bien figurez-vous que j'y suis bien moins isolé que je ne le pensais !

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  • Beurk la rentrée !

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    On a même pas fini de déguster les vacances, les derniers festivals et fêtes sur les plages et les terrasses qu'il faut s'y remettre ! Déjà que les commerciaux nous ont pourri l'été en cherchant à nous vendre des cartables, des Ipads et des fringues de ski depuis le mois de juillet, prouvant une fois de plus qu'ils font comme d'hab le contraire de ce qu'une société raisonnable attendrait d'eux : ils créent et imposent une offre inutile plutôt que de satisfaire une demande utile. Comme les frouzes ne sont pas encore rentrés, on voudrait prendre une dernière bouffée de liberté au-delà de Ferney Voltaire : las ! Ceux qui espéraient encore que le chauve bedonnant "normal" à lunettes moche serait moins pire que l'hystérique ubuesque dictateur d'extrême droite qui l'avait précédé en seront pour leurs rêves. Le discours est plus soft, mais la politique reste la même : bétonnage de l'Europe selon les diktats de la finance internationale, répression tous azimuts aux frontières, alignement sur les Etats Unis, juste critique des lamentables régimes Syrien ou Iranien ; mais pas un mot contre le régime le plus raciste, le plus armé, le plus belliqueux et le plus dangereux de la région, celui qui n'arrête pas de déclencher des guerres depuis 1948 et qui projette d'attaquer l'Iran au prétexte d'armes de destruction masssive qu'il ne possède pas. Ça ne vous rappelle rien ? Les gazaouis et autres palestiniens n'ont pas fini de souffrir de l'armée coloniale de protection des intérêts pétroliers étasuniens au Proche Orient !

    Sans papiers n'est pas délinquant ! On espérait plus d'humanité dans le traitement des pauvres, des réfugiés et des sans papiers qui, attirés par les néons européens, fuient la misère ou les persécutions de chez eux et espèrent trouver un peu de travail et de paix autour d'ici. On espérait une politique dans laquelle les européens Roms le seraient autant que les autres et où l'on ne se noierait plus en essayant de passer d'Afrique en Europe à Lampedusa ou Gibraltar. Raté ! L'immigré Valls, ministre-chef de la police française, poursuit la politique de répression, détention, expulsion, maltraitance de l'immigré Sarkozy. Tenez, les mauvaises manières des Polices Aux Frontières (PAF) françaises continuent même à être exportées aux quatre coins du monde, jusqu'au fond de l'Océan Indien où le lobby colonial français joue à Schengen entre les Comores indépendantes et l'île de Mayotte, scandaleusement annexée comme "département français" par une magouille électorale. Résultat, des dizaines et probablement des centaines de morts par noyade, des détentions et expulsions de femmes, d'enfants, de vieillards et de mineurs dans des conditions inhumaines. De glorieuses statistiques de reconduite à la frontière de "sans papiers", "clandestins" qui ont eu la naïveté de croire qu'ils auraient pu, comme leurs ancêtres, circuler entre Anjouan et Mayotte comme nous entre Genève et Vaud ! Des détails dans Le Courrier après demain jeudi 30 Août ou, une semaine après, environ, sur www.lecourrier.ch/dede/

    Quelques consolations avec de belles publications de rentrée : le Psikopat prend les belles résolution de rentrée par les cornes avec son dossier "Arrêter de fumer ? Et puis quoi encore ?". A contre courant, comme d'hab, je vous explique en exclusivité comment J'AI arrêté définitivement de fumer et comment éviter le tabagisme, ses cancers et ses accidents cardio et cérébro vasculaires à vos gosses. Pour vous, il est trop tard !

    01.jpgCausette, journal féminin, féministe, qui rend même les blondes intelligentes, après un lumineux numéro d'été avec dossier clitoris, nous offre une rentrée prudente en avertissant celles qui fantasment sur les pompiers de ce qui les attend dans les casernes et un dossier sur "La fabrique de la honte". Et puis s'interroge sur "Pourquoi hurlent-elles ?" pendant l'orgasme. Pourquoi seulement "elles" ? Et est-ce vraiment obligatoire pour être, selon leur slogan, "Plus féminine du cerveau que du capiton". Comme quoi le sexisme n'a pas de genre, même mauvais ! Bon, c'est des copines et leur mag marche d'enfer, alors on peut les chambrer un peu...

    Causette#27_Couv.jpg

  • Lire autre chose l'été

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    zoolympiques droso 2012.jpegPour tous ceux qui sont hypnotisés par les centièmes de seconde gagnés par les coureurs ou les millimètres qui rendent un sauteur célèbre, je recommende vivement la lecture du dernier Drosophile sur "Les jeux zoolympiques". Plutôt que de commenter niaisement à l'infini les performances nationalistes des drogués de Londres ou du Tour de France, la sympathique équipe de dessinateurs-naturalistes-humoristes du Professeur Noyau fait l'inventaire des performances "sportives" autrement bluffantes du monde animal. Tous les détails, bons de commande, et références sur www.drosophile.net.

    Ah, réflexion faite, ce journal oublie les performances sexuelles déjà traitées dans un autre numéro ou (mieux évidemment !) dans l'inoubliable numéro 1 de Siné Hebdo Hors Série "La vie en rut" qui recombinait ma science et l'humour décalé de Carali...

    A propos du même Carali, il plonge dans l'actualité brûlante avec les coups de soleil du dernier Psikopat, tout frais sorti avec son dossier sur "Les connards en vacances" dans un numéro double spécial été, cent pages de bonheur ! Vous pouvez vous sentir visé, ça tire dans tous les sens !thumb-275_M5323_244.jpg

    Si vous préférez du plus classique, genre des nouvelles, des jeux, des visites insolites, mais quand même pas aussi chiant que dans la presse trash, même Siné mensuel s'y est mis avec un numéro double - faut bien que les contributeurs jouent aussi aux connards en vacances. La même chose que partout ailleurs, mais franchement décalé. sine-mensuel-11.jpg

    Pour ma part, après le choc des examens et corrections, je me replonge dans l'histoire des sciences qui nous en dit tant sur les errements de la recherche actuelle...

    Pour ceux qui l'auraient ratée, avant la prochaine et pour continuer à me faire plein d'amis, je vous offre ma dernière contribution à notre vaillant Courrier :

    http://www.lecourrier.ch/100353/droits_humains_ou_barbaries_religieuses

     

    Lien permanent Catégories : Culture 0 commentaire
  • Changements urgents nécessaires

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    Pour celles et ceux qui n'auraient pas lu .

    http://www.lecourrier.ch/98514/pour_un_acces_ouvert_aux_publications_de_la_recherche

    sur

    http://www.lecourrier.ch/dede

    je vous l'offre ci dessous. Le sujet me parait assez grave pour que les universités et EPF de notre pays cessent de se faire racketter par des privés sans scrupules qui empêchent la majorité des chercheurs, enseignants et étudiants de travailler normalement.

    Et puis pour vous détendre un peu en rigolant des frouzes et de leur électoralite suraigüe, rien ne vaudra :

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    Vous trouverez aussi un excellent article de Sébastien Diéguez sur les pièges de l'intuition dans le Vigousse de la semaine passée.

    Bonnes lectures !

     

    Pour un accès ouvert aux publications de la recherche !                                    Dédé la science in Le Courrier du 10-5-2012

    Les universités et organismes publics de recherche investissent des sommes considérables dans des activités produisant avant tout des publications de résultats. Ils doivent, bien sûr, offrir à leurs chercheurs et étudiants l'accès aux résultats signés par eux-mêmes et la concurrence. Mais voilà que de redoutables prédateurs financiers s'interposent et bloquent cet accès : les éditeurs privés qui rackettent par tous les bouts le système ! D'abord, ils ont conquis des monopoles de fait de la publication scientifique diffusée avec un impact important en occident. Ils font payer un maximum en amont des auteurs qui leurs donnent tous les droits sur la publication et la diffusion de résultats obtenus aux frais des contribuables. Ces éditeurs imposent ensuite des formes de publication contraignantes, souvent inadaptées. Ils décident arbitrairement ce qu'ils publient ou pas, souvent sans évaluations sérieuses. Ensuite, ils ont tellement augmenté les prix des abonnements à leurs multiples supports que la plupart des chercheurs, des laboratoires et, bien sûr, des étudiants à travers le monde n'y ont plus accès, hors quelques institutions très riches. Même au sein de celles-ci, la colère gronde devant cette privatisation des ressources publiques que sont les résultats scientifiques, pris en otages par des maffieux qui les confinent derrière un mur d'argent. Parmi les derniers « Indignés », l'Université de Harvard et quelques médailles Fields et prix Nobel anglo-saxons, que personne ne soupçonnera d'être à la pointe du combat anti - capitaliste, ont signé la pétition "Le coût du savoir" (http://thecostofknowledge.com/) contre, en particulier, Elsevier, éditeur hollandais particulièrement vénal. Ses concurrents Springer, Wiley, et les groupes qui publient Nature, Science et les comptes rendus de l'Académie des sciences étasunienne ne valent pas mieux ! Le comble de l'odieux a été atteint quand le Congrès étasunien fût saisi d'un projet de loi interdisant aux agences fédérales d'exiger le libre accès aux résultats de leurs travaux ! Projet d'un lobby parlementaire qui veut obliger l'état à légiférer contre ses intérêts et son devoir de diffusion au profit de ces rapaces !

    La première condition de bon fonctionnement de la recherche et de l'enseignement universitaire est que chercheurs, enseignants et étudiants aient accès aux résultats publiés par les organismes publics. Ce qui n'est pas un problème technique, au temps d'internet, mais un problème d'argent lié à ce racket maffieux des éditeurs privés. Les articles scientifiques sont la propriété de leurs auteurs et/ou des services publics qui financent les recherches. Ils n'ont pas à être privatisés et revendus par des machines à profit qui n'apportent rien à leur qualité, qui exploitent les chercheurs gratuitement pour leurs évaluations et qui revendent aux producteurs à des prix exorbitants, même pour les plus riches, ce qu'ils n'ont pas payé !

    Imaginez des producteurs de cinéma qui paieraient les auteurs, les acteurs et la réalisation de films à fonds perdus, qui paieraient des agences de diffusion pour les revendre avec exclusivité et qui rachèteraient les places de cinéma au prix fort à ces agences parce que les clients sont leurs auteurs : vous remplacez producteurs par états et agences par éditeurs et admirez l'entourloupe !

    En Suisse, les universités, les Ecoles polytechniques et le Fonds de la Recherche Scientifique s'alignent sur le système anglo - saxon, aux dépens des cultures locales. Vivant le quotidien d'étudiants et de chercheurs handicapés par les difficultés ou impossibilités financières d'accès à l'information professionnelle pertinente, je ne peux qu'engager nos collègues à joindre le mouvement, à refuser l'édition privée des fruits de leurs recherches publiques et à veiller à ce que leurs résultats soient accessibles à tous gratuitement sur Internet. En espérant que cela finira par inciter nos si américanophiles recteurs et présidents à suivre les boycotteurs d'Harvard et Cambridge, plutôt que les éditeurs félons...