L'anarchronique - Page 9

  • Organisons l'indignation !

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    SM03_01_Couv-OK.jpgAu moment où l'indignation commence  à faire boule de neige et à fouiller dans ses causes, il est bon de faire un bout de chemin avec ceux qui dénoncent depuis belle lurette les malversations des grands bénéficiaires de la société et de la "crise" actuelles au mépris de ceux dont le travail et la misére les fait prospérer. Alors, ne ratez pas le dernier Siné Mensuel qui titre sur le sujet et dont une fiche conseil vous aidera à choisir votre orientation sexuelle, si nécessaire. Il faut toujours joindre l'agréable à l'utile...

    Dans le même style, Fakir, petit journal édité à Amiens par des bénévoles mérite de prendre son vol pour son courage et sa détermination http://www.fakirpresse.info/

    Poursuivi au tribunal avec d'autres par un patron qu'il a sorti d'un anonymat "rapace", il organise à Paris demain mercredi soir avec "Là-bas si j'y suis" et le soutien de beaucoup d'autres "La nuit des rapaces" qui visera à "récompenser" le pire prédateur de la finance, de la politique ou des médias. La concurrence sera rude, chacun pouvant venir avec la photo de son favori et l'élection se fera au "ouhouh-mètre". Si par hasard vous passez par là demain soir, venez, ce ne sera pas triste, l'entrée est gratuite mais la sortie payante, pour défendre la liberté de la presse.

    A propos de liberté de la presse, je ne sais plus guère que penser quand mes ex-confrères de Charlie Hebdo se font brûler la paillote et que "Sarko" Guéant est le premier à communiquer - presque avant l'incendie ! - sur l'horrible atteinte aux libertés ! Alors qu'aucune piste ni revendication n'est connue, l'agent de l'Elysée parle de terrorisme - sous entendu forcément islamiste intégriste - qui s'attaque au potache "Charia Hebdo" dans lequel on ne ménageait ni les chrétiens intégristes, ni l'ensemble des musulmans, mais où l'on négligeait plutôt les criminels israéliens qui envisagent froidement d'utiliser leurs armes nucléaires pour "empêcher que l'Iran n'en ait", avec la bénédiction d'Obama et Sarko. La lutte contre les intégrismes religieux et les prosélytismes contraignants n'a de sens que si elle n'épargne aucun culte et ne fait pas l'affaire de nos ennemis politiques. Marine Le Pen peut s'abonner avec ses fidèles, ça caresse son racisme dans le sens du poil et ça mettra le feu aux ventes !

    Bien sûr, il ne faut ni tuer les gens, ni brûler les journaux, ni interdire de penser et de publier. Mais le professionnalisme consiste aussi à savoir jusqu'où on peut aller trop loin sans mettre le feu. On espère quand même qu'ils s'en remettront vite : même si l'on n'est plus souvent d'accord, il reste des gens très sympas et drôles et de très grands ancêtres parmi eux.

  • La vie, c'est chimie !

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    A l'heure où la démagogie verte, prétendue abusivement de gauche, a commencé à faire long feu aux élections fédérales, il est temps de sortir des slogans sentimentaux et inexacts pour reparler sérieusement des problèmes politiques liés aux questions d'environnement. Bref, de faire une écologie politique qui respecte autant les connaissances scientifiques que notre cadre de vie.

    Mais on ne peut faire cela qu'avec des citoyens assez cultivés pour sortir de la dialectique religieuse du bien et du mal et être ouverts à toutes les argumentations raisonnées concernant les avenirs réellement possibles. Or, depuis des années, la propagande écolo "new age" procède par slogans imbéciles genre La nature c'est bien, La chimie c'est mal, Le soleil c'est bien, Le nucléaire c'est mal, Le poireau bio, même à la Migros, c'est bien, Les tomates OGM, c'est mal, ... Même si la vie n'est qu'affaire de chimie, d'atomes et de recombinaisons génétiques naturelles, si le soleil est une gigantesque machine nucléaire naturelle et si la nature est pleine de poisons, de toxiques chimiques et de multiples dangers plus que naturels.

    Bien sûr, si vous rappelez ces évidences dans une quelconque assemblée, vous vous faites traiter d'agent pourri de Monsanto, Areva, Novartis et Firmenich, voire de militariste fanatique, même si vous n'avez jamais cessé de soutenir publiquement le GSSA, de voter contre les avions et l'armée, de dénoncer les usages irresponsables du nucléaire et des OGM et de condamner l'omerta scientifique et le grand banditisme des multinationales...

    Alors, pour parler raisonnablement du monde de demain et essayer de trouver des freins à la course à la misère et à la mort de nos sociétés, il faut cesser de parler dans le vide d'économie et d'écologie, et revenir aux fondamentaux : que sont la vie et les humains, où vont la démographie, les consommations et les ressources, comment diriger pour mieux partager.

    Et pour, d'abord, dire un peu moins de bêtises sur la vie, tout en s'amusant, je ne saurais trop vous recommander l'excellent No 7 de Drosophile journal de science amusant ET sérieux, courageusement intitulé : "La vie, c'est 100% chimique".

    Droso La vie, c'est chimie !.jpegPuisque je suis dans les recommandations, je dois aussi vous signaler le dernier Psikopat et son dossier sur "Les chasseurs" dont la couverture, bien gore, ravira tous les juniors...

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  • Claude Briot a même rencontré Dieu à Lumbini !

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    Physiquement, Claude a l'air d'un archéologue ou d'un missionnaire issu de nos montagnes ; mais sec, non bedonnant. Sinon, chauve devant mais chevelu derrière, parfois barbu, faux timide. Avec un sourire toujours amusé, sinon ironique, qui se transforme à l'occasion en rire carrément satanique. Ça tombe bien, il est au moins aussi mécréant que votre chroniqueur énervant ! En fait, il est médecin et court le monde dans tout les sens depuis des décennies, avec un attrait, de plus en plus marqué au fil du temps, pour les endroits où tout va mal et où ses compétences sont les plus directement utiles. Depuis quinze ans il a travaillé pour diverses associations humanitaires au Nigéria, à Haïti et dans beaucoup d'autres endroits où vous ne partiriez pas, en général, pour les vacances. Mais cela s'est parfois mal passé : le gaillard est franc et direct. Il ne supporte pas plus les détournements de fonds que l'incompétence ou l'administrationnite paralysante invasive de beaucoup d'ONG. Du coup, il a décidé de fonder sa propre association pour son dernier coup de cœur : au Népal, loin de tout, là où il a l'impression de vraiment pouvoir faire quelque chose. Il m'a envoyé une longue description de la vie quotidienne à  Lumbini, ville du bout du monde, que je vous résume ci - dessous avec son accord.

     

    « Dans les échoppes, des vendeurs de médicaments s'improvisent médecins. Un homme coud chemise ou pantalon. Un autre lave et repasse pour quelques roupies ... pas de mère Denis ! Au Tea shop, Rakesh, ado, ne connaît pas son âge. Il lave les verres, sert du matin au soir, dort sur place, fait gardien. Il mange à sa faim et sait compter ; lire c'est autre chose...

    De nombreux népalais ne vont pas à l'école. Malgré la scolarité obligatoire, renforcée par les maoïstes du gouvernement.

    Des efforts sont  réalisés pour les garçons, un peu pour  les filles. La fille de la campagne est  promise au mariage dès huit, dix ans.

    Des enfants rejoignent des monastères bouddhiques, quittant leurs parents pour revenir moines confirmés cinq à six ans après. Une fierté, un déchirement, mais la certitude d'une vie protégée.

    Le dispensaire est là, manque de tout. Une association fournit le minimum, dans l'urgence : nourrissons, enfants, diabète fréquent, non traité.

    Et Dieu ... ?

    Chez le photographe, qui me faisait des images pour des documents officiels, un vietnamien me demande d'où je viens. On sympathise et il m'invite au monastère vietnamien, dont il est Maître fondateur. C'est cet homme obstiné qui fait reprendre vie à Lumbini et fait venir des bouddhistes d'autres pays. Aidé par des membres de l'ONU, il considère comme un signe divin...la présence de grues ! Il protège ces oiseaux des paysans qui aiment leurs œufs. Il m'offre un livre où j'apprends qu'il a servi de médiateur entre maoïstes et gouvernement pour la paix actuelle au Népal. Ici, c'est le docteur Lam...

    Mais, pour l'état civil c'est Huyen DIEU ! »

     

    Ce n'est pas tous les jours que je ferai de la propagande pour des associations humanitaires après ce que j'ai vu, ici ou là, faire le pire en prétendant faire le meilleur. Mais Claude Briot, je l'ai accompagné pendant des semaines sur le terrain, ne comptant ni son temps, ni sa peine, ni pour Dieu, ni pour le fric. Simplement parce que notre mécréant ne supporte pas l'idée que des gens, et en particulier des enfants, souffrent quand il y peut quelque chose. Aussi, si vous aimez le Népal ou si vous voulez en savoir plus, je vous conseille vivement un tour sur le site tout neuf, encore en rodage, de son association, dont vous découvrirez l'histoire, l'action ... et évidemment les besoins urgents ! Et pour une fois, je vous promets que des dons éventuels seront utilisés au mieux...

    Adresse mail :lumbini.asso@orange.fr

    Blog : http://associationlumbini.blogspot.com/

     

    In Le Courrier du 12-10-2011

     

     

     

     

     

  • Déchets verts

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    Ainsi l'inénarable Drahusak, dont même la ville ne veut plus, trouve un job dans le privé ! Cela prouve, une fois de plus, que le privé est bien peu regardant et très myope dans ses recrutements : le public ne fonctionne pas si mal que GHI, le Matin et les autres corbeaux de la presse d'extrême droite ont tenté de nous le faire croire en tirant à boulets bleus sur notre ex-mairesse. Ce n'est pas que j'approuve la chère Sandrine de s'être associée au recyclage éphèmère du "porte flingue de Mugny" - la rumeur prétend que, jadis, il décrivait ainsi sa fonction ! Mais que Maudet soi-même, avec un regard pathétique, ait dû expliquer qu'il s'agissait d'une décision collective en dit long sur le peu de scrupules de la presse poubelle à vérifier ses sources quand la consigne est de faire la peau à quelqu'un-une...

    Au fait, que devient ledit Mugny ? A l'heure où les oiseaux sauvages envahissent les parcs et jardins, lui aurait-on trouvé une fonction discrète d'épouvantail municipal ? (ou privé, pour ne pas faire scandale...)

    Trève de plaisanteries ! Les jeunes verts font la seule chose intéressante de ces campagnes électorales en dénonçant sans relâche l'inéquité des financements des partis : comment voulez-vous que les électeurs choisissent librement entre des idées assénées au marteau-piqueur par des médias gouvernés par l'argent et des campagnes d'affichage dont les moyens varient de rien à tout ? La prétendue démocratie bourgeoise n'est qu'une mauvaise caricature de la démocratie - tout court, puisque l'histoire nous interdit d'écrire populaire, et c'est dommage ! Cela dit, en bons verts, leurs djeunes font les choses à moitié et à contretemps  puisqu'ils ne se sont qu'à moitié dénudés et ont attendu le refroisissement saisonnier pour le faire... Allez les JV, contre l'immoralité du financement des partis, ça vaut la peine de retirer aussi le bas !

    Que fait la police ?

    Vous le saurez, mieux que jamais grâce au dossier de ce mois du Psikopat01 - copie.jpg !

    Et tant qu'on est dans les mensuels, n'oubliez-pas Siné mensuel qui ne parle pas que de l'avorton de l'Elysée puisque, avec une complice, je vous y raconte comment les macaques jouent en bourse...

    sine-mensuel-2-une.jpgEt puis, ce mois-ci toujours, Drosophile sort une admirable numéro sur la chimie du vivant : eh oui, la vie c'est de la chimie, des gènes et des atomes, contrairement à ce que la désinformation new age voudrait nous faire croire.

    Mais le sujet est assez important pour que j'y revienne en détail sous peu...

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  • La fiction de vivre

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    « Cette histoire est vraie, parce que je l'ai inventée d'un bout à l'autre », clamait Boris Vian.

    Comment ne pas souscrire ? La vérité n'est que ce qui traverse, un instant, la conscience de qui parle ou bien écrit. D'ailleurs, ainsi que je le soulignais dans un livre naufragé par l'incompétence éthylique de l'éditeur*, notre vie n'est qu'un récit quotidien, éphémère, mal mémorisé, sans cesse remanié en fonction des approximations de nos sens et des embardées de nos émotions. La réalité et la vérité dont les beaux esprits se drapent sont l'illusion des inconscients. Ou, au mieux, un consensus provisoire entre pratiquants d'une même culture. Tout, dans un discours « rationnel » sur le monde pousse vers le gouffre du relativisme culturel absolu dans lequel sombra Paul Feyerabend** sur la fin de sa vie : toutes les cultures se vaudraient, aucune philosophie ne serait supérieure à aucune autre... Pour caricaturer, l'alchimie vaudrait bien la chimie, l'astrologie, l'astronomie, tout ne serait qu'une question de point de vue et l'occidental actuel n'aurait aucune raison d'être préféré à l'exotique ou au médiéval !

    Contre cette approche séduisante, mais bien naïve, de la « démocratie » et de l'égalité des cultures, deux arguments se dressent. Le premier est celui de l'histoire qui fait naître, se transformer et disparaître les sociétés, leurs lois, leurs rites et leurs croyances. Face à l'histoire, les traits culturels et les cultures se maintiennent ou disparaissent. Certains peuvent paraître géniaux et disparaître, d'autres débiles et se répandre, ce sont les derniers qui l'emportent au bilan de la sélection naturelle. Vous pouvez aimer autant les quatuors à corde croates du moyen âge que Lady Gaga. Mais vous avez provisoirement perdu... Et puis la nécessité du choix individuel fait que le temps décide, contre qui ne décide pas,.

    Dans nos sociétés revenues à l'oral par l'audio-visuel, les bons conteurs tendent à l'emporter sur les bons travailleurs, que ce soit dans le discours politique, dont on ne parlera pas ici, ou dans le discours scientifique. Le triomphe médiatique des « docu - fictions » sur les documentaires illustre bien cette tendance de notre société de l'esbroufe capitaliste où le clinquant de l'emballage a plus d'effet que la qualité du contenu. C'est désolant pour qui travaille le contenu, mais ce n'est guère étonnant pour qui connaît le rôle des émotions dans la communication...

    Les religions racontent des mondes de fiction dont les vies éternelles, les miracles et les résurrections sont des offenses à l'intelligence la plus élémentaire et dont le minimum de logique des sciences ne conserve rien, hors l'histoire des avatars culturels. D'outre tombe, Feyerabend malade et vieillissant nous souffle que cette science n'était qu'un mythe de plus. J'en retiens que la science est certes une fiction que je construis sans cesse. Mais sa méthode me semble, bien appliquée, produire des consensus plus larges que ceux des arbitraires culturels locaux. Une fiction de plus ?

    *Le sauvage central

    ** Relire Contre la méthode, de Paul Fayerabend, Le Seuil, Paris.

    In Le Courrier du 22-6-2011

     

     

     

     

     

  • SCOOP : photo non autorisée de l'enfant de Carla

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    écho carla.jpgLES DENTS DU PERE !

  • La paresse sans gène

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    L'immonde journal Les Echos relaie une étude parue dans les "PNAS", Compte rendus de l'académie des sciences étasunienne, censés être le top de la science internationale pour les savants bling bling. C'est simple : selon des chercheurs canadiens, les souris porteuses du gène AMPK parcourent des kilomètres, tandis que celles qui ne l'ont pas " restent pratiquement immobiles et commencent à grossir ».

    Ils en déduisent que le gène non-AMPK est "le gène de la paresse !"

    J'en aurais plutôt déduit que le gène AMPK joue un rôle dans le fonctionnement normal et que le gène non-AMPK est un gène de panne générale, qui coupe le cerveau ou les pattes des souris, comme la télévision lobotomise vos enfants et les rend obèses ! Et Canal J ou Disney Channel ne sont, à ma connaissance, pas codés dans l'ADN, mais, au plus, dans votre décodeur...

    Mais, chez les anglos, il faut que tout soit génétique, pour des questions d'héritage, de propriété privée et de conservation généalogique des privilèges. Aussi pour déculpabiliser : je suis criminel, homosexuel, paresseux, c'est pas moi, ce sont mes gènes !

    Ainsi naissent des pseudo-sciences, comme je le racontais ces derniers temps dans les "Regards" du Courrier - le journal qui publie n'importe qui, même moi, SANS AUCUNE CENSURE A CE JOUR, repris sur ce blog dans les mêmes conditions, à ce jour toujours, et dont je vous livre la suite ci-dessous, toute fraîche pour une fois...

    Il y aura encore une suite marrante, mais ce sera dans le No2 de Siné Mensuel, en octobre.

    Ciné quoi ? Mais non, pas Ciné, Siné, comme le dessinateur oxygéné qui sème sa Zone !

    Mais non, pas Hebdo, Mensuel : avec l'âge il prends le temps de réfléchir...

    Comment, Naville n'a plus, ou pas assez du No1, superbe collector ?

    Une minute, j'appelle Al Qaïda...

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    De la tautologie aux Totologies... in Le Courrier du 14-9-2011

    Une tautologie est une proposition qui n'apporte rien de plus que son point de départ : « je ne suis pas mort, parce que je vis encore ». Toto, c'est Ouin - Ouin chez les frouzes. Mais Ouinouinlogie sonnait mal et ne ressemble pas du tout à tautologie : le jeu de mot du titre est intraduisible en Romand !

    Les Totologies, seront donc les sciences approximatives de Toto et de Ouin - Ouin, qui n'ont pas encore une méthode très rigoureuse...

    La sélection naturelle est parfois dénoncée comme une théorie « tautologique » dans son rapport à l'adaptation des espèces vivantes à leur milieu : les populations d'animaux ou de plantes « adaptées à leur milieu » survivent et on les dit adaptées parce qu'elles ont survécu. Raisonnement circulaire dénoncent certains ! Vu comme cela, le schmilblick n'avance pas...

    Mieux vaut être précis et se souvenir que la génétique a montré que toute population change de manière imprévisible à chaque génération, surtout si elle est sexuée, tandis que la plupart des milieux naturels changent sans cesse, eux aussi, de manière indépendante. L'« adaptation » est donc un mythe après lequel la sélection naturelle courrait en vain, sans pouvoir la rattraper le plus souvent. C'est l'histoire de la « Reine rouge » qui court après son image dans le miroir, pour reprendre un « marronnier »* de la biologie évolutive ! La théorie de la sélection naturelle dit plus simplement que, dans une population qui se maintient et se transforme, assez d'individus parviennent à l'âge de la reproduction et produisent assez de descendants pour que la génération suivante remplace numériquement la précédente. Tout est donc lié par deux conditions : la survie et la fécondité. Bien des combinaisons de ces deux conditions et de la durée de vie des individus sont possibles. Les harengs ou les souris vivent peu d'années, avec une mortalité terrible, mais une énorme fécondité : leur innombrable descendance compense les dommages de la vie courte et de la mortalité énorme due aux prédateurs. Les chênes vivent longtemps, meurent en grand nombre, mais se reproduisent beaucoup. Les éléphants, les gorilles, ou autrefois les humains, vivaient longtemps, mourraient beaucoup moins, mais se reproduisaient beaucoup moins. Pour qu'une population se transforme par sélection naturelle et « s'adapte biologiquement » à son milieu, il faut qu'elle élimine beaucoup par la mortalité. Ce qui n'est pas le cas des grands mammifères et des grands oiseaux, encore moins le cas des humains actuels. Ils ne sont donc pas « adaptés » par la biologie, mais par le hasard, l'histoire, la contingence, l'apprentissage et la culture. Contrairement à ces insectes, ces plantes ou ces bactéries que l'on croirait « fabriqués pour » vivre dans leur milieu, jusqu'au plus petit détail de leurs formes, de leur couleurs ou de leurs comportements.

    Mais ceux qui n'ont rien compris de la génétique de la transformation des populations croient souvent que la sélection naturelle « optimise » tout dans toutes les espèces, y compris la nôtre, réalisant partout des écosystèmes statiques, parfaits et des « stratégies évolutives stables ». Ces nouveaux bigots de la sociobiologie et de la psychologie « évolutive »*, que nous qualifierons aimablement de « Totologies », rejoignent ainsi les néo - créationnistes qui veulent retrouver leurs dieux dans la perfection supposée de la nature et les adeptes des « théologies naturelles », qui donnèrent tant de souci à Lamarck, Darwin et Wallace et bloquèrent les avancées de la biologie pendant plus de deux siècles.

     

     

    * pour les journalistes, un marronnier est un sujet déjà traité un grand nombre de fois et que l'on reprend régulièrement en période creuse. Rien à voir avec l'arbre...

     

    **cf. regard du Courrier du 31.8.2011 ou L'Anarchronique sur blog.tdg.ch

     

  • SINE MENSUEL, C'EST AUJOURD'HUI !

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    tampon.gifC'est reparti mon kiki !


    Un pied dans la tombe mais l'autre dans le cul de tous les empêcheurs de jouir en rond, l'increvable Siné, aidé par toute son équipe de démolisseurs, remet la gomme... Attention, ça va chier des bulles !

    A partir du mercredi 7 septembre et le premier mercredi de chaque mois, 32 pages couleurs, grand format, pour seulement 4,80 euros.

    But de l'opération : distraire les lecteurs et leur donner des armes pour battre la droite aux prochaines élections. Haut les cœurs ! Pas de quartier! On va leur en faire baver des ronds de chapeaux !

    Retrouvez nous ici sur le net : www.sinemensuel.com à partir du 1er septembre avec une vidéo et un dessin par jour jusqu'à la sortie du journal.

    http://www.youtube.com/watch?v=Xb-1W_PBce0&feature=related

    http://www.youtube.com/watch?v=CMv_mu9kVZY&feature=related

    Des videos et des dessins pour annoncer la sortie de Siné Mensuel le 7 septembre sur le site de Siné Mensuel.

    Alllez y c'est drôle et faites tourner !!!

  • « Sociobiologie », « psychologie évolutionnaire » … : des pseudo – sciences attaquent les universités !

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    Newton pratiquait l'astrologie et Wallace, co - découvreur oublié de la sélection naturelle, le spiritisme. L'interprétation rationnelle de phénomènes naturels n'était pas une garantie contre des égarements de la pensée dans d'autres domaines ! Beaucoup de nos contemporains y voient un égarement de précurseurs. Ou bien les premiers effets de la spécialisation imposée par un volume des connaissances qui dépasse les capacités de chacun. Contrairement à l'injonction de Boris Vian, on ne saurait, en sciences, être un spécialiste de tout !

    La sagesse et l'histoire des sciences commandent une autre attitude quand la spécialisation de chacun croît et quand la recherche fait appel à des connaissances d'origines diverses, en partie mal maîtrisées par les chercheurs. Les pseudo - sciences ont donc, comme jadis l'astrologie, l'alchimie ou le spiritisme, des perspectives de développement croissantes. Plus encore si elles se masquent d'un arsenal technologique plus obscur que le latin des médecins de Molière et communiquent mieux que les vrais scientifiques.

    La « sociobiologie » et son avatar humain, la psychologie dite évolutionnaire ou évolutionniste sont de bons exemples. Derrière une façade de bon sens et des concepts intuitifs peu rigoureux, mais accessibles à tous, elles cachent des fondements inexacts et réfutés par des connaissances établies mais trop difficiles pour qui n'a pas fait d'études spécialisées.

    L'idée de départ est simple et peu discutable : les sociétés animales, humaines comprises, sont composées d'êtres vivants soumis aux lois de la sélection naturelle : survivre et procréer. Une organisation sociale ou un comportement qui compromet survie ou reproduction sera éliminé. Mais les sociobiologistes pratiquent la même dérive idéologique que les faux héritiers de Darwin, fondateurs du « darwinisme social » au 19ème siècle. Ils en déduisent que les sociétés et les comportements, en compétition permanente, tendraient vers une « optimisation » de leurs performances, les meilleurs, les plus « adaptés » balayant les autres. Cette croyance mystique dans un perfectionnement continuel, une optimisation de « l'adaptation » et la réalisation de « stratégies évolutives stables » est contraire à tout ce que les sciences de l'évolution et de la nature nous ont appris après Darwin. Si les sociétés doivent, comme les espèces, respecter les nécessités de la sélection naturelle pour durer (si elles se suicident comme l'Ordre du Temple solaire ou ne font plus d'enfants ou de disciples, elles disparaissent !), elles sont aussi soumises aux hasard des mutations, de la procréation et aux contingences de l'histoire. Et ce rôle de l'histoire, du hasard et des contingences est d'autant plus important que les populations sont peu nombreuses. Chez des insectes ou crustacés qui se comptent par centaines de milliards, produisent beaucoup de descendants (dont la plupart sont éliminés), sélection et compétition peuvent produire des formes et des comportements qui nous semblent parfaits. Chez des grands singes ou des humains préhistoriques qui se comptaient seulement par milliers, se reproduisaient peu et survivaient souvent, des calculs simples montrent que les effets du hasard, des contingences et de l'histoire l'emportent sur ceux de la sélection qui se réduit à l'élimination de l'impossible. Ainsi, de nouvelles mutations favorables sont, le plus souvent éliminées, tandis que, partant de la même origine, des populations séparées ont des histoires divergentes, des modes de subsistance, des sociétés et des cultures diverses, loin de tout optimum ou des stratégies évolutives stables rêvées ou calculées par les bigots de la sociobiologie ou de la psychologie prétendue évolutive.

    Ce n'est pas un hasard que ces aberrations sévissent surtout en zoologie et dans des sciences sociales où l'on ne connaît rien des recherches sur les mécanismes de l'évolution après Darwin. Ni qu'elles viennent d'un monde anglo - saxon dont l'idéologie néolibérale est l'héritière sans ruptures de la féodalité et du capitalisme sauvage du 19ème siècle...

    In le Courrier du 31-8-2011

     

  • L'escroquerie pour les nuls

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    " Du petit magouilleur qui truande un peu partout à l'escroc grande envergure, ils sont partout, dans tous les domaines. Politique, commerce, immobilier, assurances, médecine (chirurgiens esthétiques charlatans...), banques, garages auto, concessionnaires, télévision... Les escrocs sympathiques, les baratineurs de génie ("artistes" contemporains qui vendent leurs merdes pour des fortunes), les voleurs à la tire, les pickpocket, les petits voleurs dans les grandes surfaces... ceux qui truandent le fisc... Le télé-achats qui dépouille les vieux qui s'emmerdent chez eux... Plus rigolo, les arnaqueurs de stars qui leur soutirent des fortunes contre des promesses... Les pique-assiettes qui s'incrustent dans les fêtes, les cocktails... Les mecs qui se font passer pour richissimes parmi les riches... Ceux qui se faufilent pour être filmés avec les présidents de la République en se faisant passer pour des amis... Les braqueurs de banques, de bijouteries... Les faussaires (peintres, faux monnayeurs)... Les gourous de sectes..."

    Vous avez toujours rêvé d'en être, mais vous avez l'escroquerie maladroite ou mesquine ?

    Alors précipitez vous sur le Psikopat de la rentrée défini comme ci-dessus par mon complice Carali, rédac pas très chef, dessinateur et bassiste de talent, entre mille autres qualités. Et si vous ne le trouvez pas ce No 234 partout, harcelez Naville pour qu'il ne vous prive plus de ce monument de culture mensuel !

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  • Genève doit cesser de croître !

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    Il existe des faits arithmétiques et sociologiques simples en écologie scientifique que les politiciens néo - libéraux (comprendre la droite ET la gauche parlementaire) semblent ignorer. En particulier les gouvernants Verts que les écologistes de base ont eu l'imprudence de propulser au pouvoir.

    Toute population vit dans un environnement dont les ressources et les modes de vie définissent les possibilités de peuplement, ce que l'on appelle la « capacité de soutien » en jargon. Bien sûr, pour les humains, cultures et modes de vie font que les possibilités démographiques du même kilomètre carré seront d'un demi chasseur paléolithique ou fermier australien, de vingt agriculteurs traditionnels ou de milliers d'habitants à Shanghai.

    Mais le minimum de survie des néo - urbanisés des pays du sud n'est pas l'ambition de nos concitoyens qui ont le goût des espaces verts, aussi naturels que possible, d'une agriculture locale « de paysage », même si elle a cessé de contribuer à une part appréciable de notre subsistance, et de paysages, villageois ou urbains, agréables à vivre pour leurs habitants.

    Or, sous prétexte de crise du logement, la majorité des politiciens au pouvoir envisage la construction de tours et la surélévation des immeubles en ville, le remplacement des villas par des immeubles chaque fois que possible et le déclassement de terres agricoles pour de nouveaux bétonnages. Avec, à chaque opération, des coûts croissants qui excluent les très mal logés des nouveaux logements, même lorsqu'il s'agit de logements dits sociaux dont Mark Müller ne voudrait pas !

    Mais ces beaux messieurs oublient de signer leur responsabilité dans cette crise du logement, à savoir leur politique de croissance économique et financière à tout prix ou les incitations fiscales ineptes qui attirent ici des quantités d'entreprises et de gens qui n'ont rien à y faire. Des arrivants dont la présence provoque la crise, en particulier quand leurs ressources sont très supérieures à celles des indigènes.

    En particulier, le monde anglo - saxon des entreprises de banque et de finances, celui des grands trafics mondiaux de matières premières  et bien d'autres, attirés par des privilèges douteux qu'ils ne trouvent pas ailleurs, débarquent avec leurs collaborateurs exigeants, non intégrés et riches, et recrutent peu sur place. Certes, ils paient des impôts - sans doute moins qu'ailleurs - ce qui réjouit notre grand argentier Vert. Mais les électeurs écolos de base de David Hiller l'ont-ils élu pour voir s'installer dans les meilleurs quartiers et dans des logements qui leur sont inaccessibles des gestionnaires ou employés de Hedge funds méprisants, en costume cravate et qui n'ont pas l'intention d'apprendre un traître mot de la langue locale ? Souhaitent - ils vraiment cinquante mille habitants de plus (10%) dans le canton, que l'on rase les champs et les villas pour des immeubles et des tours, pour ne pas parler du cauchemar automobile aggravé par ces immigrants choisis  très motorisés ?

    Pourtant, ces gouvernants Verts qui se comportent aujourd'hui comme les pires des libéraux - radicaux - bétonneurs ont été élus sur des programmes de sirènes chantant le respect de la nature et de la biodiversité, la convivialité urbaine et champêtre, la vie à l'échelle humaine ... Pas pour poursuivre et aggraver l'urbanisation sauvage et irresponsable en cours !

    Genève, comme bien d'autres, sacrifie la qualité de vie de la plupart à l'enrichissement d'une minorité cupide et de plus en plus importée. Celle - ci est attirée par la déréglementation ou l'argent trop facile et pas par une qualité de vie qu'elle se moque de détruire... pour les autres. Il est temps de sanctionner cette politique stupide et que le canton devienne moins attractif pour les indésirables, sous peine de l'offrir aux populistes xénophobes !

    In Le Courrier du 21.7.2011

     

     

  • Les jeux de guerre, le stand de tir, la détention d'arme

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    Aucune société civilisée ne devrait accepter la perspective qu'un individu puisse tuer un grand nombre de personnes par une action prévisible et susceptible d'être prévenue.

    Dans le sinistre événement norvégien, des millions de commentaires, dans tous les sens, omettent les trois éléments les plus significatifs rendus publics dès les premières dépêches faisant un portrait du tueur :

    -      il possédait légalement une arme capable de ce massacre et était autorisé à se promener avec

    -      il fréquentait un stand de tir, d'où l'autorisation

    -      c'était un passionné de deux de ces jeux vidéo où l'on passe son temps, de manière de plus en plus réaliste, à tirer sur des humains ou des êtres humanoïdes

    Il est insensé que des particuliers puissent détenir légalement, chez eux ou sur la voie publique, des armes de guerre, ou « de jeu », permettant un tel massacre. L'article de la constitution étatsunienne qui protège cette « liberté » est un article félon qui méprise le droit de chacun de ne pas risquer d'être tué par n'importe qui, pour n'importe quoi. Cela joue aussi, bien sûr, pour nos foutus fusils militaires à la maison...

    Les stands de tir sont certainement un mal nécessaire pour les professionnels susceptibles de faire usage d'armes. Le tir « sportif » peut être toléré. Mais ceux qui s'y livrent ne devraient en aucun cas être autorisés à en sortir des armes ou à les détenir hors des stands.

    Enfin et surtout, nos magasins débordent de jeux vidéo addictifs - les plus violents en théorie interdits aux mineurs, mais en pratique, vérifiez à quoi jouent vos gosses ! On y passe son temps à tuer, tirer le plus possible, le plus vite possible, exploser, massacrer, détruire. Etonnez-vous que parmi des enfants ou des adultes passant des heures, si ce n'est des nuits entières à ce genre de loisirs, un, de temps en temps, n'ait envie de passer à l'action pour de vrai. Pas besoin du moindre prétexte politique ou psychiatrique ! Beaucoup de frustration, de n'importe quelle origine suffira...

    La culture étatsunienne a fait un mythe positif de la barbarie de ses origines et glorifie sans cesse l'usage de la violence, depuis la National Riffle Association jusqu'aux films et jeux de guerre les plus débiles. Rien ne nous oblige à l'importer et à en laisser inonder les chambres de nos enfants et les cours des écoles, ni à permettre aux détraqués de continuer à jouer à la guerre, à balles réelles, dans les stands de tir...

    La sécurité des citoyens passe avant les abus de la « liberté du commerce » !

     

  • Les grands chimpanzés au pouvoir !

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    L'agressivité et l'empathie conditionnent les relations entre individus, la répartition dans l'espace et les structures sociales des animaux. Des poissons aux primates, l'agressivité est contrôlée par les mêmes centres nerveux du « cerveau ancien » - dit abusivement « reptilien » - et les mêmes hormones, très conservés dans l'histoire des vertébrés. L'action de ce système est compliquée par les centres nerveux supérieurs qui peuvent moduler, réorienter ou changer ses manifestations. En particulier chez les mammifères à gros cortex cérébral, comme les humains et autres singes, chez qui mémoire, culture et histoire personnelle compliquent, au moment de l'action, les motivations dues à l'état sensoriel, hormonal et social du sujet.

    Et puis il y a les variations entre espèces : chez certains poissons la vue d'un congénère déclenche une  attaque immédiate et mortelle ; à l'opposé, d'autre dépérissent si on les isole et rejoignent tout groupe qui passe au plus vite. Les espèces agressives sont souvent territoriales et dispersées, sinon solitaires comme les caméléons. Les espèces moins agressives peuvent être plus grégaires ou régler leurs conflits par des affrontements ritualisés, comportant plus d'esbrouffe que de coups invasifs ou mortels.

    Il ne faut pas oublier les différences sexuelles d'agressivité, liées à des différences hormonales et à leurs conséquences dans le système nerveux. Elles sont renforcées, de façon variable, par l'éducation et la culture chez les primates supérieurs.

    On peut avoir ainsi des rapports de pouvoir, de domination et des relations entre catégories sociales (genres, groupes d'âge, familiers versus étrangers) différents entre espèces même très proches (chimpanzé et bonobo, gibbons et siamangs, etc...) et même entre des populations d'une même espèce conditionnées par des histoires et des intéractions différentes avec le monde. On se reportera avec grand profit aux passionnants écrits de Frans de Waal pour réaliser à quel point chimpanzés et bonobos, confondus par les zoologistes du 19ème siècle diffèrent : aux chimpanzés violents querelleurs, machistes, obsédés de pouvoir côté mâle, il oppose les bonobos à dominance matriarcale, paisibles et réglant leurs moindres différends par un rapport sexuel, quelle que soit la combinaison de partenaires. Chez les Gorilles, la société est très patriarcale, mais aussi paisible et ordonnée au quotidien que celle des grands chimpanzés est agitée. L'agressivité se limite à la défense du territoire ou du groupe par les grands mâles et à de rares conflits de statut.

    Bien que les humains soient également parents des chimpanzés et des bonobos, nos sociétés actuelles ressemblent beaucoup plus à celles des grands chimpanzés qu'à celles des bonobos : organisation sociale patrilocale et machiste, conflits de pouvoir permanents entre les mâles, puis entre prétendants au pouvoir des deux sexes en cas de « libération des femmes ». Avec un effet pervers : si une société décide de promouvoir les femmes au pouvoir, elle tend à sélectionner, pour régater avec les machos, une minorité de femelles parfois plus agressives que la moyenne des mâles dominants. Plutôt que de promouvoir les femmes, il vaudrait mieux dégrader les super machos et surtout dévaloriser le pouvoir et son prestige aberrant...

    Tenez, l'autre jour, je roulais paisiblement au volant d'une épave empruntée, sur une voie très fréquentée et à la vitesse maximale autorisée. Pendant près de trois kilomètres en interdiction de dépasser, j'ai eu droit à des coups de klaxon et appels de phares incessants de la part d'un gros 4x4 allemand qui finit par doubler face à un camion, en me faisant un doigt d'honneur. Eh bien ce n'était ni un costume-cravate éjaculateur précoce, ni un chasseur ivre en battle-dress : juste une petite brune sexy « libérée »...

    In Le Courrier, rubrique Regards du mercredi 8 juillet

     

  • Ras le béton, ras le fric, ras le court terme !

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    Pour celles et ceux qui ont raté Le Courrier du 25 mai, plus d'actualité que jamais !

    L'affaire de la plaine de l'Aire est exemplaire du mensonge permanent de nos autorités, fussent-elles de pseudo - gauche, en matière de politique de population et de prétendu « développement ». Certes, des terres agricoles dans le canton de Genève ne sont guère plus justifiables « économiquement » que le champ de blé un week-end installé à Paris, sur les Champs Elysées. Toutefois, à défaut de forêt primaire, elles protégeaient provisoirement quelques hectares du bétonnage des « aménageurs » qui rêvent de refaire l'horreur de Chicago ou Detroit chez nous. Et qui nous pondront à prix d'or des « espaces naturels » comme le jardin de la dalle du futur Musée d'Ethnographie. Et le logement social, me direz-vous ? Comme si des gens modestes allaient pouvoir se payer même les rares logements sociaux prévus !

    Genève manque cruellement de logements parce que Genève attire trop de monde dans un désordre qui est la conséquence directe et prévisible du saint « développement » économique imposé par toutes nos autorités.

    Quand on attire sans limites des internationaux fortunés et les fortunés tout court, on crée des spéculations sur le logement que les autochtones ne peuvent pas suivre. Ceux-là arrivent avec leurs 4x4 et leurs berlines surmotorisées, transforment la circulation en cauchemar et provoquent, dans une petite ville provinciale, une pollution digne des grandes métropoles. On crée une demande de services qui attire des quantités de travailleurs pauvres, ou clandestins - un mieux pour « l'économie » parce que moins chers et non syndicables. Tout ce monde survit sans logement décent chez les marchands de sommeil. Suivis inévitablement par la petite délinquance, celle qui pousse le peuple dans les bras des populistes, tandis que la grande délinquance, financière et spéculatrice en particulier, prospère sur la dérégulation néo - libérale, sans risque d'être inquiétée...

    Pourquoi tout cela ? Parce que les gouvernants ne voient que le court terme des impôts qui rentrent et des grands travaux permanents qui leur donnent l'impression de faire quelque chose et d'être grands eux-mêmes. Alors qu'ils détruisent l'environnement et la qualité de la vie.

    Que des élus Verts se félicitent d'être qualifiés, l'un de grand entrepreneur, l'autre de grand argentier parce qu'il équilibre les budgets et réduit la dette aux dépens du social en dit long sur leur compromission. Ce n'était pas la peine de créer les Verts libéraux, les autres le sont déjà !

    Mais quand les sages devront subir des heures de transport pour voir une vache à Fribourg ou une forêt dans le Jura, ils auront peu de raisons de rester où nous avons encore - pour combien de temps ? - une remarquable qualité de vie, très menacée...

     

     

  • Genevoiseries

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    BRAVO au Conseil administratif ! d'avoir osé ce que toute institution publique devrait faire, à savoir ne pas payer ceux qui travaillent pour elle moins que le minimum nécessaire pour survivre dans la dignité. Je ne suis pas sûr que, même avec ce supplément, les nettoyeuses-yeurs auront de quoi se loger dignement et assurer l'égalité des chances de leur descendance ; mais ce geste exemplaire de refus du dumping salarial scandaleux du secteur privé doit être soutenu comme hautement symbolique. On regrettera juste qu'une fois de plus le "sondage on line" de tdg.ch soit biaisé en proposant "oui" comme réponse par défaut, ce qui oblige à comprendre et décocher en "non" pour affirmer que l'on préfère plus de justice sociale et moins de néo-libéralisme et culte du marché ... Edipresse, néo-libéral et anti social ??? Qui l'eut crû !

    RESSOURCES INHUMAINES : Je sais que l'alliance avec les Verts oblige à recycler les déchets, mais même les Verts savent que certains déchets toxiques ne sont pas recyclables. Comment comprendre qu'un CA composé de 2 syndicalistes éminents prétendus de gauche, une magistrate réellement progressiste, une verte "sociale" et un gentil chrétien de progrès nomme comme DRH de la ville un non choisi par son parti, non élu par le peuple qui s'est fait partout une réputation de "tonton flingueur" et "porte-flingue" du Khmer vert en mettant les principaux services culturels de la ville à feu et à sang pendant des années ? HONTE au Conseil administratif !

    DUR DUR de voir une ancienne étudiante, plutôt sympa, assez foldingue devenir députée ... UDC. L'exigence de résultats et l'évaluation de l'enseignement à l'UNI ne permettent pas encore de les noyer dans ces cas-là ! Vous me direz qu'elle avait une très lourde hérédité ! Alors, suivant ici ses déclarations, ici ses interventions, je trouve ici des propos quasi tiers-mondistes, là une défense farouche de l'environnement et du patrimoine... contre les attaques débiles des abrutis néo-libéraux style Mark Muller pour ne nommer qu'un bedeau de la spéculation immobilière et du bétonnage. Parfois je retrouve des accents entendus, du temps de son vivant du mystérieux Lambert, pape secret de la n ième obédience trotskyste ... Stupéfiant, isn'it ? Vas, ZébulonPicVert, si tu continues comme ça, je vais te donner des pistes pour faire adhérer l'UDC - GE à la IV(?)ème Internationale...