05/04/2017

Pas d’immunité religieuse !

La magnifique saillie (« pas d’immunité ouvrière ! ») du camarade Philippe Poutou, représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste dans la consternante élection présidentielle française, a fait mouche. La preuve, c’est quasiment la seule chose que le site de la Julie – qui, jusqu’à ce jour, ne brillait pas dans la lutte anticapitaliste…- a retenue de plus de trois heures de débats entre une demi douzaine de psychopathes graves de l’ambition politique et quelques personnages de la vie réelle. Parmi ces derniers, deux militants sans illusions ni ambition, poussés par leur base à faire semblant pour diffuser des idées occultées par les médias. Si la formule de Poutou a fait mouche, c’est parce qu’elle dénonce, en trois mots, les privilèges, la corruption et l’impunité, totale ou relative, non seulement des gouvernants et des parlementaires, mais aussi des riches, des puissants et des paranoïaques de l’argent qui s’approprient tout ce qui passe, que ce soit les ressources naturelles ou l’argent des contribuables.

Mais, pire encore que l’appropriation impunie du bien commun, la confiscation permanente de l’information et de « la vérité » par les médias soumis à l’argent et/ou au politique n’est exposée à aucun contrôle, ni aucune sanction. Qu’il s’agisse du financement des partis libéraux par les complexes industriels ou financiers, du rachat de la presse, de l’audiovisuel et d’internet par des milliardaires fraudeurs fiscaux, ou bien des vérités Trumpeuses sur le climat. Qui paye la pub, la propagande, et leur diffusion, bricole sa vérité qui écrasera les autres au rouleau compresseur !

Le problème est qu’en journalisme, comme en science, la définition de la vérité ne va pas de soi. En science, le problème théorique est à peu près résolu parce que la partie éclairée des professionnels admet qu’il n’existe de « vérités » et de théories que réfutables et provisoires, destinées à être remplacées un jour par d’autres, plus efficaces pour représenter l’état du monde ou pour agir sur lui. Mais cette philosophie des sciences est inconnue ou incomprise hors des milieux concernés, et même de nombreux scientifiques qui continuent à chercher des vérités définitives et absolues.

Le phénomène n’est pas nouveau puisque, depuis plus de six millénaires, des prêtres imposent des « vérités alternatives » - contradictoires et incompatibles entre les différents cultes - basées sur des « faits alternatifs » d’origine douteuse, souvent réfutables ou réfutés. Que chacun ait le droit de croire aux miracles des évangiles, du coran ou du talmud est une chose. Que des gens puissent vouloir imposer aux autres, fût-ce leurs enfants, ce genre de « vérités révélées », non réfutables, est un crime contre l’intelligence humaine ! La plupart des prêtres en sont coupables depuis les débuts de leurs cultes et ils bénéficient d’une immunité scandaleuse ! Le problème n’est pas seulement la transformation de l’eau en pinard (à laquelle on aimerait croire !) ou l’ascension balistique du grand Jésus ressuscité. Il survient quand les illuminés qui croient à ces stupidités ou les diffusent veulent faire la loi et imposer leurs lubies aux autres. Quand des islamistes, au nom de ce qui est écrit dans leur coran, tuent les « apostats » ou les « coupables » d’adultère. Quand des barbares sionistes volent les terres et réinventent l’apartheid. Quand des cinglés évangélistes ou « manif pour tous » sont prêts à tuer des personnels de santé et veulent faire changer la loi, pour empêcher des femmes de faire ce qu’elles veulent de leur ventre et son contenu. Ou quand un pape, prétendu progressiste par abus, dit parler au nom d’un milliard de paroissiens pour imposer à toute l’humanité et à sa majorité féminine une vision de l’embryon humain précoce qui ne correspond en rien à l’état des connaissances scientifiques actuelles. Mais le même pape n’a toujours rien contre le racket des paroissiens pauvres et ne refuse pas plus les dons des riches que DAESH les pétro- dollars… Il faut bien vivre bien, on est infaillible et pourquoi mettre fin à deux millénaires d’immunité papale !

Le lien que je faisais ci-dessus entre science et journalisme est que les deux professions ont pour ambition de faire émerger et diffuser un état évolutif des connaissances, indépendant des faits alternatifs assénés par les religieux, les publicitaires et les propagandistes de tout poil. Les deux professions ont fait et font encore l’objet des pires persécutions depuis qu’elles existent. L’actuel répit relatif dont ont bénéficié les scientifiques en occident prend fin avec l’arrivée au pouvoir d’énergumènes amateurs de faits alternatifs comme Trump, Poutine, Netanyahu ou Erdogan, pour n'en citer que quelques uns. Qu’il s’agisse de religion ou de politique, l’immunité des puissants est la source des pires atteintes aux droits humains et aux libertés de tous…

PS : plus dans Le Courrier mardi prochain.

09/11/2016

THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

TRUMPETTES DE LA RENOMMEE …

US’KIM JUNG UN !

C’EST EN FAISANT N’IMPORTE QUOI…

L’AMERIQUE RASE POUTINE GRATIS !

THE WORST IS ALWAYS POSSIBLE …

 ...

Difficile de choisir un titre parmi l’infini des possibles après le non événement de la nuit dernière. Il se confirme en effet que les Etats-Unis sont un pays sexiste, raciste, violent, manipulé par l’argent et le lobby des armes. Et que leur autoproclamée démocratie électorale, par la prétendue volonté d’un peuple manipulé par les propagandes, n’arrête pas de tirer sur ce peuple au fusil d’assaut… en vente libre bien sûr !

Le premier titre, copié sur le si regretté Brassens et en même temps – paradoxe ! – sur les Claudettes de Claude François, évoque d’éventuelles « Trumpettes » qui, comme dans Brassens, sont sûrement « bien mal embouchées » aujourd’hui. Ce qui est certain, même si je ne connais pas les dernières statistiques sur le sexe des votants là-bas, c’est qu’il a fallu un énorme soutien de femmes, sinon une majorité d’entre les électrices pour parvenir à ce résultat. Les machos y verront l’efficacité de leur soumission et le rejet du modèle féministe ; la presse people l’effet de la jalousie ! Je pense plutôt qu’il s’agit d’un effet pervers de ce type d’élection : les multiples conséquences impliquées par le choix d’une personne ne constituent pas un programme et masquent aux électrices, comme aux électeurs en général, ce qui va contre leurs intérêts. C’est ainsi que l’on fait voter les femmes contre les féministes, les immigrés contre les étrangers, les travailleurs pour les actionnaires ou les pauvres pour les lois en faveur des riches.

Le deuxième titre est un constat d’échec de la « démocratie ». Il ne fait aucun doute qu’il existe, aux Etats-Unis, des milliers de citoyen-ne-s, plus intelligent-e-s, plus compétent-e-s, plus cultivé-e-s, plus empathiques, plus sincères, plus efficaces et en meilleure forme physique que l’énergumène élu et la mère Clinton. Comment a-t-il pu s’établir un système d’élection, dans un des plus grands pays du monde, qui ne retient, comme choix possible, que ces deux zouaves ? Les monarchies Kim, Assad & Cie ne font guère pire…

Le troisième titre, que l’on pourrait compléter en « c’est en faisant n’importe quoi que l’on élit n’importe qui ! » est évidemment une paraphrase de Rémi Gaillard – www.nimportequi.com - « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ! ». Je vous conseille de le visiter pour vous remonter le moral, si jamais il est atteint. Il vous reste alors un petit espoir : souvenez-vous avec quelle discrétion le très totalitaire Vatican avait rattrapé son erreur électorale, le pape Jean-Paul 1er, paraît-il empathique vis-à-vis de la théologie de la libération, rappelé au ciel après un mois de règne, ou comment Kennedy y a rejoint Marilyn… Trump peut encore démissionner quand il s’apercevra que président étasunien, c’est un boulot de m….! Ou bien être liquidé, plus ou moins proprement, par un drone du lobby militaro- commercial, après ses premières décisions économiques…

Le quatrième titre interroge le fait que Poutine et son « amie » Marine Le Pen ont, de loin, gagné cette élection contre Wall Street, l’Europe et les autres lobbies criminels de la finance et du commerce, mais avec celui de l’armement. Ce serait trop long et pas de ma compétence d’analyser tout ça ici, mais c’est une piste. En fait, ce titre était surtout une magnifique occasion de calembour douteux…

Le dernier titre n’est que la traduction de la première partie de ma devise favorite, qui se termine, en français, par… « ..., MAIS JAMAIS CERTAIN ! ». L’occasion de considérer les quelques avantages improbables de l’élection d’un malade mental archaïque à la présidence d’un des pays voyous surarmés de cette planète. Cette élection ne fait que confirmer la proposition du sinistre mais clairvoyant Goebbels, propagandiste en chef d’Hitler, qui avait à peu près écrit (traduction non garantie), avant la seconde guerre mondiale : « Donnez moi la propagande, et quelque soit le régime <…>, j’emmènerai le peuple où vous voudrez ! ». Le peuple américain a effectivement été mené n’importe où en croyant que choisir entre deux nazes, soutenus par des masses d’argent et des lobbies, lui permettait d’agir sur son sort, alors que, comme l’exprimait si bien un clown politicien disparu (Georges Marchais, longtemps secrétaire général du parti communiste français), les étasuniens n’avaient à choisir qu’entre « blanc bonnet et bonnet blanc ». Peut-être réaliseront-elles et ils que, comme les trumpettes, ils se font emboucher ! Certes, après W Bush, on n’imaginais pas pire, parce qu’on oubliait Amin Dada, Bokassa et Jules César. On avait tort, puisque le pire est toujours possible ! Mais, maintenant que l’on va avoir Trump, on ne peut plus avoir que de bonnes surprises, si l’on pratique le pessimisme heuristique que je recommande : LE PIRE N’EST JAMAIS CERTAIN !

PS qui me vient à la relecture : avez-vous remarqué l'amusante symétrie entre :

"nine/eleven" et "eleven/nine"?

27/07/2016

BONNES VACANCES QUAND MEME !

Nous avions pris de mauvaises habitudes dans notre oasis bienheureux, au milieu d'un monde violent : penser que notre vie était presque éternelle, tant que nous n'étions pas très vieux, qu'il était normal de manger à sa faim, et même bien plus, et de n'avoir de choix difficiles à faire que pour notre confort et nos cadeaux d'anniversaires ou de fin d'année.

Les grands pédagogues des armées islamistes, chrétiennes, sionistes et autres bouddhistes nous rappellent, tout près de chez nous, que notre vie, parmi 7 milliards d'humains est fragile et ne vaut pas grand' chose. Que notre richesse, parfois indécente et qui repose en partie sur le malheur de beaucoup d'autres, sera remise en cause, que cela nous plaise ou non. Que nos têtes mêmes ne sont pas à l'abri d'une lame tranchante comme les français en ont utilisé allègrement pendant deux siècles !

Nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours à la Disney, ou encore plus soft - Disney, c'est parfois très violent ! Nous vivons cernés de militaires et de policiers surarmés dont beaucoup rêvent de jouer avec leur matériel, comme dans les jeux vidéos, de prêtres qui, au niveau mondial, prêchent plus souvent l'intolérance que le respect des autres, et de marchands d'armes prospères qui voudraient nous faire croire qu'elles ne seront jamais utilisées qu'à l'autre bout du monde.

Notre monde est dangereux, violent, injuste et nous n'avons pas d'autre choix que de vivre avec et de le faire accepter, tel qu'il est, à nos descendants, en essayant de ne pas le leur pourrir encore davantage. Pour ça, pas d'autre solution que d'équilibrer, par autant de bonheur et de plaisirs, les agressions et le tapage d'un monde hostile. Comme les vacances rééquilibrent un peu le moral de tous ceux dont le travail n'est guère heureux...

Alors, pour les vacances, des jeux, de l'humour, de la science et de l'amour, comme on vous en propose dans deux numéros d'été de haute tenue de Siné Mensuel et du Psikopat :

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13/01/2015

COMMENTAIRES

SINE-HS2-COUV.jpgTellement de mails, de sms, de téléphones, d'encouragements de toutes sortes ces derniers jours ! Ça ne fera pas revenir nos amis exécutés par des paumés, mais ça montre au moins qu'ils, que nous ne nous sommes pas trompés en militant pour une totale liberté d'expression, tant qu'elle ne compromet pas celle des autres. Sur l'avenir, pas de doutes, nous continuerons sur la même voie avec, espérons-le un soutien qui permette à nos journaux d'exister sans faire la quête pour survivre, sans se demander à chaque numéro si l'on aura de quoi payer le minimum les collaborateurs ou simplement la fabrication. De plus en plus de journaux libres survivent - mal ! - par le bénévolat et les dons. Cette situation les confine à la confidentialité par rapport aux "fils de pub" et est une offense à la démocratie comme à la libre expression des opinions. Combien faudrait-il de martyres chaque année pour que Madame et Monsieur Toulemonde réalisent durablement que c'est LEUR liberté qui est en cause ?

Et puis, bien sûr, il y a le principal, abordé avec pertinence dans les deux commentaires ci-dessous dont je remercie les auteures. D'où viennent et comment arrêter ces victimes de nos sociétés que la misère, l'échec de l'école, la prison et leurs exploiteurs transforment en kamikazes ou en bombes vivantes. Le texte ci-dessous de Constance situe bien les responsabilités premières, loin en amont de l'EI ou d'Al Qaeda au Yemen. Quand "l'économie" réïfiée sacrifie l'éducation, la justice et la réinsertion des petits délinquants au nom de la réduction des impôts et de la rémunération des actionnaires, c'est autant de bombes sociales qui nous explosent au nez, parfois des décennies après la mort des "coupables". Je voudrais juste préciser que bien que critique sur certains points de l'organisation de la marche, je ne décourageais personne d'y aller, bien au contraire... puisque je l'ai faite avec les survivants et les autres anciens de Charlie Hebdo ! De même si Invalides il y a prochainement, je ne découragerai pas d'y aller en solidarité avec nos disparus et pour exprimer la détermination des présents en matière de liberté d'expression. Même si l'idée d'un hommage quasi militaire me donne envie d'entarter les organisateurs ou de les conchier, comme le célèbre pigeon dimanche dernier...

Je laisse la parole à Constance, tout en réprouvant, bien sûr, le côté très franco-frouze, presque UMPSFN d'un exposé par ailleurs pertinent



de CONSTANCE HAMMOND, qui fût mon étudiante (9-1-2015)

mon dd
j'ai lu ton blog et je suis a la fois Ok et pas OK ; je t'écris pourquoi.

En ce qui concerne la tuerie à Charlie Hebdo, je comprends les raisons de ton texte d’autant plus que dans cette histoire nous sommes nombreux à être responsables et je vais détailler pourquoi. Cependant je suis pour participer aux manifestations citoyennes spontanées ou convoquées.

Les politiques qui ont été et sont au pouvoir (UMP et PS) sont responsables parce que :
1.       Les politiques ont cautionné et continué un urbanisme de ghettos avec des écoles et des lycées de ghettos. Ceci afin de préserver les quartiers bourgeois de la mixité tout en n’embauchant pas les éducateurs nécessaires à la cohésion sociale. L’absence d’éducation et de devenir, et l’absence d’encadrement parental ont, dans ce contexte, entrainé certains jeunes de ces ghettos vers la délinquance avec ou sans drogues.
2.       Ces jeunes délinquants condamnés par la justice se retrouvent en prison où ils sont pris en charge par des endoctrineurs. Les politiques en cautionnant et continuant  une politique de non- réinsertion dans les prisons et en acceptant tacitement la mainmise de certains prisonniers sur d’autres parce que ceci permettrait la paix soi-disant sociale. Surtout cela permet de ne pas créer des postes de gardiens de prison, d’éducateurs....Les politiques sont responsables de la radicalisation de certains prisonniers
3.       Ces prisonniers avec un cerveau maintenant bien lavé sont, à leur sortie de prison, parfaitement prêts à aller se former  aux armes dans des pays qui ont des camps d’entrainement militaire. Les politiques sont responsables parce que parfaitement tenus au courant par leurs services de renseignement, ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour empêcher les djihadistes de nuire lorsqu’ils sont revenus en France.

Mais nous peuple de France nous sommes nous aussi responsables de ne pas avoir manifesté chaque semaine
1.       Contre l’urbanisme de ghetto et pour la mixité des populations dans toutes les villes
2.       Contre la politique actuelle vis-à-vis des prisonniers et pour une politique de réinsertion
3.       Pour dire combien il était anormal, impensable, qu’un dessinateur (Charb) soit obligé d’être sous protection policière jour et nuit.

Bien que nous soyons en très grande majorité responsables de ce qui arrive je trouve pourtant beau que des citoyens se réunissent spontanément et nombreux pour honorer la mémoire des victimes, je trouve important que des chefs d’état viennent soutenir la France. Nous sommes nés avec les humoristes et les chroniqueurs de Charlie, nous avons grandi avec eux, nos enfants ont été éduqués avec eux, nous avons tellement ri avec eux. Même lorsque nous n’achetions pas Charlie, la couverture en affiche nous faisait rire toutes les semaines. Ils sont dans notre cœur.

comment vas tu?


DE MADAME P B (?)

Merci pour la pertinence de votre papier sur le blog de la TdG.

Je suis absolument d’accord sur le fait que nous sommes tous, un peu, voir carrément, très con...

mais, malgré, les sentiments que vous ressentez suite à la perte de vos amis, nous ne devons pas oublier que malgré leur disparition aussi injuste qu’est la réalité, leurs convictions et le courage, ainsi, que la détermination dont ils ont fait preuve en ne faiblissant pas et en résistant jusqu’au bout, ils ont pu réveiller chez chacun d’entre nous les valeurs nobles qui font de nous des êtres sensibles et déterminés contre la barbarie, ces bêtes aux masques d’homme sans honneur lâches et dépourvu d’Amour délesté de la subtilité qui fait de nous des humains n’ont pas réussi à faire taire la liberté au contraire ils ont libéré le Charlie qui en chacun de nous.

MERCI à vos amis pour mes enfants p.ex (qui ne connaissaient pas leur travail il y’a encore 2 jours) j’ai le sentiment que mes enfants maintenant ressentent le bienfait de vivre dans une démocratie parfois complexe d'un monde occidental présenté par certain comme confus, absurde et décadent (mêmes si, c’est peut être un peu vrai) nous devons nous déterminer pour un monde démocratique et tolérant.

Je n’ai pas su faire comprendre à mes chers têtes blondes, ce qu’est la valeur de liberté (malgré un discours permanent de préserver cette valeur qui supplante toutes les autres) l'importance de défendre des idéaux auquel on croit par dessus tout et, maintenant non seulement mes enfants le savent mais, ils le ressent au plus profond d’eux mêmes et ils pourront le transmettre à leurs enfants MERCI pour eux et à vos amis ainsi qu’aux autres victimes de cette horrible histoire, car, ce que je n’ai su faire avec mes enfants les victimes de cette macabre tragédie eux on pu le faire!

j’ai lu quelques fois ARAKIRI et à l’occasion Charlie Hebdo et je suis fière d’avoir ri de bon coeur sur les évidences de la stupidité de nos élites (ou bien revendiquées comme telle) mêmes si, parfois j’ai été surpris par la créativité de ces dessinateurs/rédacteurs.

Je suis Charlie

Cordialement

09/01/2015

« C’est dur d’être pleurés par des cons ! »

Que d’émotion, que de confusion après l’assassinat de cinq de mes amis dont trois très proches par ce commando de plomb parti massacrer un régiment de plumes… Des envoyés du moyen âge, armés comme dans une guerre vidéo, qui pulvérisent les corps, les membres et les cerveaux de gens parmi les plus pacifiques et les plus gentils que j’ai connus. Des dessinateurs, des humoristes, un économiste qui aurait hésité avant de tuer le moustique venu le piquer. Ils ont tué les gentils, comme l’a dit justement une de leurs collègues. Ils les ont tués parce qu’ils étaient sincères : ils ne pouvaient s’empêcher d’écrire et dessiner tout ce qui leur passait par la tête. Par les fibres fragiles de ces cerveaux extraordinaires dont les débris, noyés de sang, ont éclaboussé les murs et le sol de la salle de rédaction. Parce qu’ils osaient répéter qu’Allah, Yahvé, Dieu le père et tutti quanti n’étaient que des pères Fouettard inventés par de faux prophètes et amplifiés jusqu’à l’absurde par les délires des fidèles. Une opinion, une hypothèse, certes invérifiable, donc non scientifique, mais plus simple et au moins aussi respectable que les radotages religieux des poseurs de bombe et des adorateurs de reliques. Et puis la médiatisation s’en mêle. L’affaire devient le presque unique sujet de l’ « information », de l’actualité. Cinq personnes dont la plupart des gens n’avaient jamais entendu parler, jamais lu une ligne, au plus vu un dessin ou lu un album, deviennent mondialement connues du fait de leur « martyre ». Des centaines de milliers de personnes manifestent ou défilent, des millions compatissent sans jamais avoir vu un numéro de Charlie Hebdo ou alors qu’elles réprouvaient ce genre d’expression. C’est à la fois rassurant et inquiétant. Rassurant parce que tous ces gens s’identifient aux victimes, qu’elles soient journalistes, flics ou nettoyeurs. Rassurant parce qu’ils refusent qu’on tue pour des idées et que les assassins, comme n’importe quel militaire « entraîné », aient nié l’humanité des victimes, réduites à des cibles ou des objectifs. Mais inquiétant parce que la foule est vite noyautée par les « récupérateurs » de tout poil. D’abord les politiques et les confrères journalistes, parfois réellement émus, mais qui y voient d’abord un formidable créneau pour obtenir du temps d’audience ou améliorer leurs cotes d’opinions. Ensuite les « représentants des cultes », des pitreries religieuses responsables de millions d’assassinats de même nature au cours des derniers millénaires, qui viennent pleurnicher leur horreur de la violence et leur solidarité avec les victimes. Tandis que leurs semblables font massacrer pour les mêmes causes au quotidien, partout à travers le monde. Dans cette affaire, les victimes et leurs combats sont oubliés, négligés, méprisés. Est-ce que ces foules ou ces notables se sont demandé ce que nos mécréants, politiquement pas corrects, auraient pensé des pitoyables proclamations des Hollande-Sarkozy-Le Pen sur une liberté d’expression que les puissances d’argent réduisent de jour en jour ? Est-ce leur rendre hommage que de dire des messes à Notre-Dame ? Pourquoi pas rendre des hommages militaires à Cabu et Charb qui ont passé leur vie à conchier l’armée, ou mieux : tirer des rafales de kalachnikovs en leur honneur ? L’idée que les foules qui viennent les pleurer et défendre la liberté blessée par leur mort soient débordées par des politiciens, des officiels, des prêtres et des drapeaux est obscène. Les larmes n’ont pas à être polluées par ces charognards qu’ils combattaient et méprisaient. Si des gens veulent rendre hommage à Philippe Honoré, Bernard Maris ou Charb, ils devront d’abord se montrer intelligents. Si des filles veulent rendre hommage à Wolinski ou à Cabu, elles peuvent se montrer coquines et exhiber ce qu’elles voudront. Mais si vous voulez rendre hommage à l’ensemble des cinq sur un mode respectueux de ce qu’ils avaient en commun, il ne s’agit pas d’aller défiler avec les politiques et les culs-bénits. Vous devrez d’abord vous montrer drôles, et ça, c’est beaucoup plus difficile… Selon un de leurs slogans, à peine détourné, c’est dur d’être pleurés par des cons !

PS : les émotions trop fortes, ce n'est pas bon pour l'orthographe. Merci à Marc-André Oberholzer d'être sorti de sa retraite de correcteur pour corriger mes fautes d'hier ! Charlie et Siné ont toujours été intraitables sur l'orthographe, contrairement à trop d'autres supports. L'occasion d'un hommage à tous les correcteurs et plus particulièrement Mustapha Ourrad assassiné, lui aussi, avant-hier. En même temps que notre irremplaçable Tignous, dont les fautes d'orthographe nous ont tant amusés...

                                                     

 

07/01/2015

ILS NE NOUS EMPECHERONT PAS DE PENSER, D'ECRIRE, DE DESSINER, DE CHANTER, DE VIVRE !

La violence religieuse a encore massacré, parmi mes proches cette fois, dans l'attentat contre Charlie Hebdo. Avec toute la lâcheté dont sont capables ceux qui usent d'armes lourdes contre les mots et les crayons de ceux qui dénoncent leur ridicule et leur inhumanité. Contre surtout la liberté de pensée, cauchemar des criminels religieux et politiques, qu'ils soient chrétiens, bouddhistes, juifs, musulmans ou autres.

Que faire, me demande-t-on au milieu des larmes ?

Une seule certitude en ce qui nous concerne : notre volonté commune. Nous ne reculerons pas devant leur terreur. Si leurs vies n'ont de sens que par leurs croyances, la nôtre n'en a que par nos libertés et le refus de toutes les violences inhumaines, civiles ou militaires.

28/08/2014

ATAÏ : victime de la brutalité coloniale et du racisme scientifique

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Au XIXème siècle, en Nouvelle Calédonie occupée, l'armée coloniale française protégeait les colons et anciens détenus européens qui spoliaient les terres des Kanaks et laissaient leur bétail envahir et saccager les cultures vivrières indigènes. Certains chefs coutumiers se sont alors rebellés contre ces spoliations, dont Ataï fût le plus connu. Il fût tué et décapité à la hache par un supplétif kanak d'une autre tribu. Une scène terrible, décrite par Louise Michel, héroïne de la Commune de Paris, déportée là-bas lors de sa répression. Un officier de marine ramena la tête d'Ataï dans du formol à Broca, anatomiste célébré pour la découverte de la zone du langage dans le cerveau. Mais aussi fondateur de la société d'anthropologie de Paris et militant d'un racisme scientifique hiérarchisant les races et les sexes en fonctions de prétendues différences d'intelligence dues, selon lui, à des différences de volume cérébral. Broca, pourtant réputé progressiste, collectionnait des crânes et cerveaux du monde entier, volés par des militaires, médecins, scientifiques et aventuriers sans scrupules.

Ataï était une "pièce" de choix, par son exotisme et ses fonctions de chef. Il eut droit à un moulage facial mortuaire, assez terrible après le voyage, et à ce que son crâne soit dépecé, puis scié pour en extraire le cerveau. A l'époque, par une application aberrante de l'évolutionnisme naissant et jusqu'à l'apogée du nazisme, les océaniens étaient souvent décrits comme "encore plus primitifs" et proches d'un chimpanzé prétendu ancestral que les "nègres" d'Afrique.

Le crâne d'Ataï faisait donc partie de la "collection Broca", qui fût confiée à un laboratoire de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et, après déménagement, déposée "provisoirement" au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme, sans être rattachée pour autant à la collection de ce dernier et sans être inventoriée lorsque je l'ai fait informatiser. Quand le laboratoire Broca a été fermé après la retraite de sa dernière directrice et qu'il est devenu évident que sa collection resterait au Musée de l'Homme, j'ai décidé de l'inventorier. C'est à ce moment que Philippe Mennecier, responsable de nos collections, a eu la surprise d'y trouver le crâne d'Ataï, qui ne figurait pas dans l'inventaire manuel de la collection Broca et dont plusieurs "spécialistes" mal informés avaient prétendu, avec autorité, soit qu'il avait été perdu, soit qu'il n'avait jamais quitté le Musée de l'Homme et que nous le dissimulions dans la collection d'anthropologie ! Nos autorités scientifiques et politiques ont, bien sûr, été aussitôt avisées de cette redécouverte, à un moment où une nouvelle révolte contre l'occupation de la Kanaky faisait encore des victimes de la répression un siècle plus tard.

 ataï,nouvelle calédonie,colonialisme,anthropologie,histoire des sciencesPourquoi je vous raconte tout cela ici et maintenant ? Parce que les autorités françaises ont attendu plus de dix ans et choisi ce 28 Août pour restituer, plus ou moins discrètement, en ce moment à Paris, le crâne d'Ataï à sa famille de "citoyens français". Et parce que la politique qui consiste, en vue d'un référendum promis, à tenter de submerger les Kanaks par l'immigration de français et de polynésiens hostiles à l'indépendance de la Kanaky et à poursuivre l'accaparement de ses terres et richesses aux dépens de ses habitants historiques continue...

 

11/12/2013

De Mandela à la xénophobie municipale

 

Quel bonheur de voir les dirigeants les plus crapuleux, les plus belliqueux et les plus racistes du monde, les mains humblement croisées devant les testicules ou sous les ovaires, rendre hommage à l’homme au poing levé, faiseur de paix et de réconciliation, vainqueur de l’apartheid sans guerre civile. Celui que l’on n’a sorti que depuis si peu de temps des listes de terroristes communistes de la confédération et de ses maîtres étasuniens…

J’ai raconté ailleurs à quel point Mandela avait employé une méthode non-standard, mais a posteriori aussi rationnelle qu’efficace pour vaincre et convaincre ses partisans comme ses pires ennemis. http://avisdexperts.ch/videos/view/2090/1

 

Mais si, en Afrique du sud, il reste à vaincre autant la violence, les inégalités, la corruption et le SIDA que le capitalisme, la plus grande victoire contre le racisme depuis les abolitions de l’esclavage est acquise ! Chapeau Madiba ! Ou plutôt casquette de supporter raciste Springbock. L’important n’est pas l’outil, mais ce que l’on en fait…

 

Chez nous, l’apartheid est social, politique, ethnique et … honteux. C’est la volonté des populistes xénophobes de tenir les étrangers dehors et d’envoyer les immigrés chez eux ou au diable. Ou celle de leurs alliés extrémistes libéraux d’avoir des salariés soumis au plus bas prix, ici ou ailleurs, pour maximiser leurs profits. Cherchez la contradiction ! Les uns veulent verrouiller les frontières et demanderont demain la construction d’une grande muraille de Suisse sur le modèle du rideau de fer, de la Palestine occupée ou du Rio Grande, tandis que les autres sont fans de la libre circulation sélective qui baisse jusqu’à la misère le coût du travail pour maximiser les gains des actionnaires et des dirigeants.

 

Comme prendre directement des mesures xénophobes ne passe pas toujours bien, même à droite, l’étrange coalition libéro-populiste a choisi, localement, l’arme budgétaire pour s’attaquer, à la Ville, à toutes les mesures sociales en faveur des étrangers, des jeunes et des vieux pauvres, et, tant qu’à faire, des petits efforts faits pour rendre la Ville plus humaine et plus respectueuse de son environnement et de la nature. Pour cela on propose la suppression de deux services municipaux, ce qui coule plus ou moins soixante dix associations avec un impact négatif sur presque toute la population, pour ne pas parler des quarante neuf employés à supprimer qui gèrent l’ensemble avec dévouement et des engagements internationaux bafoués (plus dans Le Courrier ce vendredi).

 

Il est temps de remettre les pendules à l’heure sur l’immigration : sans les immigrants, la Suisse et l’Europe, en vieillissement démographique extrême et répugnant aux basses besognes mal payées s’arrêteraient du jour au lendemain ! L’immigration est nécessaire et l’important c’est qu’elle soit et soit perçue comme un bien, et pas un mal, qu’elle se fasse autant que possible dans l’ordre et la dignité. Pour approfondir le sujet, rien de mieux que l’excellent entretien d’Hervé Le Bras dans le dernier Siné Mensuel (lire "Suisse" à chaque fois qu’il dit "France", c’est pareil, sur ce sujet du moins) et l’humour du dossier Immigration et intégration du dernier Psikopat…

 

L’humour et la détermination, deux armes suprêmes d’un certain Mandela !

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30/09/2013

Au travail, il pleut !

Les diplomates fonctionnaires chercheurs du GIEC me font bien rire avec leurs multiples certitudes à 90% ou 95%, basées sur des simulations numériques aux hypothèses invérifiables et leurs communiqués de presse prévoyant des réchauffements de 0,7 à 4°C, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Mais ils savent que les médias, qui vendent la panique qu'ils provoquent, ne mettront que le 2ème chiffre en gros titre d'articles que personne ne lira jusqu'au bout !

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de vous dire que le réchauffement n'existe pas et que la civilisation du gaspillage ne prépare pas un avenir nauséabond à nos descendants. La fonte des glaciers et des calottes polaires, le dégel des permafrosts et autres montées locales des eaux sont des problèmes aussi graves que les désertifications et déforestations, qui avancent plus vite ici ou là depuis deux siècles, du fait de l'absence de vision collective et à long terme de l'Homo neoliberalus, un primate borné, ravagé par l'addiction à l'argent facile, même si ce dernier ne vaut plus rien à peine gagné. Non, je voulais juste vous dire tout le mal que je pense du GIEC et des grandes et très coûteuses conférences climatiques par lesquels les gouvernements font semblant de faire quelque chose alors qu'ils ne font que du pipeau. Avec nos prétendues démocraties à alternance, ils ne tireraient que des inconvénients immédiats et aucun bénéfice de la moindre politique de bon sens à long terme, qu'il s'agisse d'éducation ou d'économie ! Entre ça et l'OMS qui lance une campagne internationale de mutilations sexuelles invasives (comprendre circoncisions), au prétexte aussi douteux que mal motivé de lutte contre le SIDA, on réalise que les politiques mondiales peuvent être aussi débiles et potentiellement plus catastrophiques que les politiques nationales...

Bon, on est passé brutalement du plein été au presque hiver, à peine chaud. Si l'on n'a pas la chance de pouvoir fuir sous les tropiques, il reste à travailler, par exemple en reprenant les cours publics, entre autres à l'uni jeudi prochain !

Et puis, en attendant la fin des averses, on peut aussi lire, par exemple de la science présentée avec humour et BD's comme dans le dernier "Drosophile"...

couv12mini-0f802.png ...qui vous raconte tout sur les microbes : autant de bactéries dans votre intestin que de cellules dans tout votre corps, et on ne peut pas vivre sans : ça interpelle, comme disent les psys !

Et puis, si vous êtes plus politiques, le dernier Psikopat, en cours de parution, s'interroge sur la guerre technologique à distance et la manière dont elle masque ses crimes à leurs auteurs. Le tout avec humour et bandes dessinées, glauques à souhait ! On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde, ...et surtout pas avec notre présidant Maurer, sinon ça gripen, c'est toujours pour la sécurité des faibles femmes...01.jpg

11/09/2013

Les Gripen en Syrie, pour la sécurité des faibles femmes !

Les Centrafricains ont eu Bokassa, les Ougandais Amin Dada, les français auraient peut-être Coluche, s’il avait persisté. Nous, nous avons Maurer dont le sketch ci-dessous vaut bien les meilleurs moments d’Amin Dada dans le remarquable film de Barbet-Schroeder :

http://www.gentside.com/suisse/pour-le-president-de-la-co...

 

J’en appelle à tous nos ennemis électeurs de droite et d’extrême droite, en particulier de sexe ou genre féminin, aux jeunes et aux vieux dont on organise ici la « sécurité ».

Trouvez-vous vraiment raisonnable que la Confédération soit pilotée par un bouffon pareil ?

Pensez-vous prudent de mettre des milliards d’impôts durement gagnés par les contribuables pour lui acheter des avions inutiles et dangereux ?

Car que va-t-il en faire de ses avions ? Les envoyer en Syrie pour la "sécurité" des femmes et des jeunes ??

Mais la Suède neutre en théorie et pacifique a sûrement imposé une clause de non engagement offensif à l’étranger de peur que l’élite de nos pilotes bombarde Malmö en se croyant à Damas !

Croyez-vous raisonnable de reconduire des candidats locaux ou nationaux qui adhèrent à une majorité qui se ridiculise ainsi ?

 

Au fait, ne manquez pas une vision sérieuse et drôle de la politique du moment dans:

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24/04/2013

François Jacob : souvenirs personnels

Pour l’étudiant que j’étais du temps de son prix Nobel, François Jacob était un monstre sacré que l’on pouvait apercevoir de loin, noyé dans la foule, lors d’une conférence prestigieuse. C’était surtout l’auteur de La logique du vivant, l’un des livres qui m’ont le plus marqué dans ma quête sur l’histoire de la vie et la nature humaine. J’y retrouvais le hasard et la contingence, rencontrés lors de mes études de biologie, qui relativisent le rôle de la sélection naturelle, mais surtout l’idée du « bricolage évolutif » qui fait que les êtres vivants ne sont pas des prototypes parfaits issus des dernières technologies apparues dans l’histoire de la vie, mais sont des assemblages de bric et de broc de caractères nouveaux et de vieilles combines archaïques, conservées indéfiniment parce qu’elles permettent aux lignées qui les portent de satisfaire les deux conditions de la sélection naturelle : survivre assez pour procréer et procréer assez pour survivre.

Et puis, après pas mal de recherches et une grande exposition réalisée grâce à de nombreux collègues du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, je publie un essai*. Quels ne furent pas mon bonheur et ma stupéfaction de découvrir, en première page du Monde une recension élogieuse de mon livre signé du prix Nobel ! Ce fût aussi l’occasion de le rencontrer, moins dans ses bureaux à l’Institut Pasteur ou au Collège de France, que dans les médias, puis à titre privé, longtemps après, par suite de contingences. La plus passionnante de nos interactions fût la préparation et l’enregistrement d’un débat télévisé d’une heure sur l’évolution, pour une chaîne de télévision de qualité mais relativement confidentielle. La préparation avait été minutieuse, de son fait, mais deux différences de sensibilités apparaissaient. D’une part, suite à un long combat gagné contre les vieux biologistes de l’université, il se battait encore pour la reconnaissance de la biologie moléculaire. Pour moi, elle avait, à juste titre mais parfois excessivement, conquis le devant de la scène. D’autre part lui, le « bricoleur de l’évolution », était encore très « sélectionniste », bien que moins que feu son compère Monod. Bien qu’amoureux des colibacilles, puis des souris, François Jacob connaissait bien mieux la génétique humaine que la plupart de ses collègues médecins et maîtrisait la biologie évolutive qu’ils ignorent souvent. Sinon, nous étions d’accord sur les conséquences philosophiques de l’état de la biologie, ainsi que sur de nombreuses issues idéologiques et politiques qui nous firent nous rencontrer souvent dans des instances et débats discutant d’éthique biomédicale ou de lutte contre le racisme. Il est vrai que nous n’avons jamais parlé d’armées et de guerres ensemble, des thèmes sur lesquels nous ne risquions pas de tomber d’accord…

 

Vous trouverez ailleurs de nombreux éloges et historiques de sa vie et de sa carrière remarquable. Ils portent sans doute moins que ces souvenirs personnels sur certaines de ses qualités, rares à ce niveau et à l’âge qu’il a atteint : un sens de l’écoute  et une attention très critique, la rigueur intellectuelle, bien sûr, mais aussi un grand sens de l’humour, souvent féroce. J’ai peut-être eu de la chance, mais je me souviens de lui presque toujours souriant ou riant. Même quand il me demandait, parfois avec une certaine insistance, comment il se faisait que sa fille, éditrice, « n’avait pas encore réussi à m’arracher un bouquin », contrairement à la plupart de ses collègues et amis. La réponse était évidente : les affinités et empathies ne sont pas plus héréditaires que les talents, selon un thème qui nous était cher et commun ! Mais la courtoisie, tant vers elle que vers lui, ne me permettait guère de le préciser… Il faut dire aussi qu’être enfant d’un personnage aussi prestigieux, célèbre et énergique n’est pas facile et que la médiatisation et les responsabilités aussi lourdes que celles qu’il a assumées pendant sa longue carrière ne facilitent pas les vies familiales…

 

*Le sexe et l’innovation, éd. du Seuil.

 

13/04/2013

Trash Thatcher !

Margaret Thatcher est certainement l'une des pires criminelles de guerre et de paix de l'histoire contemporaine. Il est particulièrement odieux que cette va-t-en guerre, semeuse de misère et destructrice du lien social et des solidarités dans son pays comme dans le reste du monde soit honorée à titre posthume comme une gloire nationale et internationale alors qu'elle méritait au mieux le tribunal pénal international et la fosse commune. Je ne peux donc que vous relayer l'appel ci-dessous que je viens de recevoir et dont j'ai résumé, ci-dessus, ce qu'il détaille dans la langue de Shakespear et de cette ignoble pétasse... De Napoléon à Staline ou Kennedy, il est temps d'arrêter de rendre hommage aux pires salauds de l'histoire !


Remember the victims of Thatcherism. Protests on 13 and 17 April.

Giving Thatcher a £10 million ceremonial funeral is an insult to all those who suffered from her policies and actions.

Thatcher was responsible for the destruction of communities and the decimation of industry, sending in troops and police to beat the unions into submission.
She openly played the race card, promoting the view that Britain was ‘swamped’ with immigrants, and sent her police force to harass and attack black communities until the inner-cities burned.
She backed police corruption at Hillsborough, attacking Liverpool fans for the deaths of their children.
She called Nelson Mandela a terrorist, but funded Pol Pot and welcomed Augusto Pinochet to tea, ignoring the untold people tortured and killed in Cambodia and Chile.
To win an election she jumped on the chance to go to war with Argentina, leaving the blood of teenage soldiers on the shores of the Falklands.

The woman who did all this is not worthy of respect, not even in death.
She has no right to be buried with honours, as she had no honour, no decency, no honesty and no compassion.
We will not forget her crimes. We will not allow the glorification of Thatcher to go unchallenged.

And this is about more than one woman. Beyond her individual crimes, Thatcher was part of something much bigger, a tide of rampant free market capitalism that is still tearing our world to pieces. Thatcher, Reagan, Bush, Blair, Cameron, Obama and the rest are the cheerleaders for capitalism, a system of greed and destruction that causes austerity, war, poverty, and crisis.

The establishment and media are trying to cover up Thatcher's crimes, as the state spreads scare stories about police clampdowns and pre-emptive arrests. But we are not scared. For our communities, for our loved ones, for ourselves and for our planet, we need to make our voices heard.

Come to Trafalgar Square on Saturday 13 th, and next Wednesday17 th in London, in Glasgow, in Sheffield, in Liverpool, in all of the towns and cities hit by Thatcherism, let's take to the streets. Talk to your friends and neighbours, organise protests in Central London and wherever you are.

No more Thatchers. No more capitalism.

***

Stop G8 is organising a week of action and events in London from June 10 to 14, including the #J11 Carnival Against Capitalism on June 11.
Our aim is nothing less than the destruction of capitalism, a system that is literally killing us. Capitalism means unemployment, cuts, and the rise of fascism in the “West”; poverty, colonialism, brutal exploitation in the “Third World”.
Capitalism is war and famine for profit, private prisons, police checks, CCTV to keep us scared and controlled.
It is a system that robs our lives of meaning and beauty, puts our dreams and our dignity up for sale, and risks the very future of our planet.

We are ready to fight, Join Us!

https://network23.org/stopg8
@StopG8UK

20/03/2013

L’horreur coloniale française s’aggrave encore à Mayotte

Un nouveau pas dans l’horreur vient d’être franchi dans les atteintes aux droits humains, en particulier à ceux des enfants, dans l’île de Mayotte, soustraite illégalement à la République des Comores pour être « départementalisée » à la frouze malgré les condamnations de l’ONU. Contre toutes les lois françaises et européennes – mais Mayotte ne connaît que des dérogations sous le système « Balladur-Sarkozy-Hollande-Valls » - la sous-préfecture prend désormais en compte les dénonciations de mahorais-collaborateurs visant à faire expulser les enfants comoriens « non français » scolarisés, et si possible leurs parents « en situation irrégulière ». Ceci pour avoir voulu continuer à vivre dans une île où ils s’étaient souvent installés du temps de la libre circulation dans les Comores et où parfois ils étaient eux-mêmes nés. L’arrestation dans les classes d’enfants « en situation irrégulière » sur dénonciations « citoyennes » ne manque pas de rappeler des souvenirs sinistres de la seconde guerre mondiale. Au delà des milliers de morts des transits « clandestins » entre Anjouan et Mayotte, il est incroyable que cette situation insupportable et ces exactions administratives d’un autre âge ne soient pas dénoncées depuis des années dans les médias français et européens. Plus d’informations dans le document joint.

Mayotte, 1er département vichyste.docx

06/12/2012

Lectures de décembre


palestine,droit international,onu,racisme,sport,compétition,siné mensuel,psikopatSiné Mensuel, bien sûr ! Pour une fois, je ne vous montre pas la jolie couverture de Berth annonçant dans un nuage le dossier cannabis, mais la 4ème de couverture de Carali célébrant la grande victoire symbolique des palestiniens sur les étatsuniens, leur colonie sioniste et leurs derniers alliés de Nauru ou des îles Marshall. Certes, cela ne rend ni les terres, ni les biens de ceux qui ont été chassés d'une manière ignoble par un régime raciste qui est la honte de l’occident, mais cela montre clairement que la quasi totalité des autres pays savent qui bafoue le droit international et les résolutions de l’ONU. Reste à défendre le droit et la justice contre la barbarie, le racisme et la force des armes, ce qui est malheureusement une toute autre histoire…

 

 

 

Couv 248.jpgA propos de force, il en est forcément question dans le Psikopat de décembre et son dossier sobrement intitulé : sports de compétition, grosse arnaque. Un délice pour toutes celles, tous ceux qui ne supportent plus les hurlements des supporteurs débiles, le squat permanent des médias par des non événements à fric, les commentaires analphabètes des « journalistes » sportifs et les crétins qui ont besoin de tenues grotesques pour courir, nager, pédaler, conduire ou jouer au ballon…

Si j’ajoute trois phrases commises dans un magazine télé pour défendre, malgré ma passion de la nature et des animaux, le minimum nécessaire d’expérimentation animale dans la recherche scientifique contre les fêlés les plus graves des amis des bêbêtes, vous ne pourrez pas dire que je cherche à me faire des amis…